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mendz
08/10/2008, 23h15
Les Bourses européennes ont clôturé en chute libre, mercredi 8 octobre, pas du tout rassurées par la décision simultanée des banques centrales mondiales d'abaisser leurs taux directeurs d'un demi-point. A la fermeture, le CAC 40 abandonnait 6,39 %, proche du plus bas de 8,18 % de pertes atteint en début de journée. Londres a fini en net recul de 5,18 % et Berlin de 5,88 %. Les autres Bourses d'Europe étaient sur la même tendance, Madrid clôturant en retrait de 5,20 % et Milan de 5,71 %. Vienne affichait la plus forte chute de son histoire, à 8,71 %.

Pour la sixième journée consécutive, New York termine en baisse : le Dow Jones a cédé 2 % et le Nasdaq 0,83 %. Tout la journée Wall Street a fait le yo-yo au gré des annonces des Banques centrales, sans vraiment réussir à retrouver la confiance. Le Dow Jones a ainsi lâché 14,7 % (soit plus de 1 600 points) en six séances. Il affiche un repli de plus de 30% depuis un an.

La journée de jeudi aura sans doute un goût amer pour les investisseurs américains : il y a un an jour pour jour, le 9 octobre 2007, le Dow Jones clôturait à son plus haut historique, à 14 164, 03 points. Et la situation pourrait empirer dans les jours à venir : le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, a annoncé que d'autres faillites étaient à prévoir. La Fed va fournir à l'assureur AIG, nationalisé à la mi-septembre, 37,8 milliards de dollars de liquidités supplémentaires, après que ce dernier eût consommé l'intégralité du prêt de 85 milliards.

De toutes les places européennes, Paris a connu la matinée la plus mouvementée : le CAC 40, qui avait ouvert en baisse de 2,61 %, s'est effondré en moins d'une heure, tombant en quelques minutes à -5 %, puis -6 %, -7 %, jusqu'à 8,18 % vers 10 heures, atteignant son plus bas niveau depuis 2003. Le calcul du CAC 40 a alors été arrêté pendant quinze minutes, compte tenu du nombre très important des valeurs à la baisse.

BROWN A APPELÉ À UNE ACTION CONCERTÉE

En milieu de journée, les grands argentiers de la planète avaient pourtant tenté de calmer les investisseurs. Vers 13 heures, la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine, la Banque d'Angleterre, la Banque centrale du Canada, la Banque centrale suédoise et la Banque nationale suisse ont annoncé simultanément une baisse de leurs taux directeurs (http://lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/08/la-bce-baisse-son-principal-taux-directeur_1104623_1101386.html). La Fed, dont le taux directeur était inchangé depuis avril, l'a abaissé à 1,5 %, alors que la BCE abaissait son principal taux directeur à 3,75 %, contre 4,25 % auparavant.

Peine perdue : la mesure n'a suffi à rassurer les marchés que l'espace de quelques heures. D'autant que, peu après, le Fonds monétaire international (FMI) a encore contribué à souffler le froid sur les marchés. Selon les prévisions (http://lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/08/le-fmi-prevoit-un-important-recul-de-la-croissance-francaise_1104652_1101386.html) de l'organisation, la croissance mondiale devrait atteindre 3,9 % en 2008, avant de se tasser à 3 % en 2009. Pour la France, le FMI a revu en nette baisse ses prévisions de croissance : son PIB ne progresserait que de 0,8 % en 2008, et de 0,2 % en 2009. Dans ses dernières prévisions, en juillet, le FMI tablait sur une croissance de 1,6 % cette année et 1,4 % l'année suivante.


Au niveau européen, les gouvernements ont continué à essayer de trouver des solutions communes aptes à ramener la quiétude dans le système financier et bancaire. Selon les informations du Monde (http://lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/08/vers-une-garantie-d-etat-des-dettes-interbancaires_1104663_1101386.html), le premier ministre britannique Gordon Brown a appelé dans une lettre à ses partenaires du G7 à une action concertée, au niveau européen, et dans le monde pour garantir les prêts interbancaires. Un tel mécanisme permettrait aux banques de retrouver la confiance qu'elles ont perdue les unes dans les autres, et de relancer la spirale du prêt, nécessaire à une reprise de l'économie.

Mercredi se tenait également à l'Assemblée le débat parlementaire réclamé par l'opposition pour évoquer la situation des marchés mondiaux. Le premier ministre, François Fillon, en a profité pour promettre la mise en place d'une "structure juridique" détenue par l'Etat et bénéficiant de sa "garantie explicite", dans le but d'"intervenir financièrement" en faveur des banques menacées par la crise financière. "Y compris par des prises de participation", a prévenu le chef du gouvernement.

Le Monde

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