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Voir la version complète : Les entreprises commencent à revoir leurs prévisions


icosium
09/10/2008, 17h32
La crise financière contamine chaque jour un peu plus l'économie réelle. Des entreprises industrielles et de services constatent des reculs d'activité les conduisant à revoir à la baisse leurs perspectives de résultats.

Distribution : sauvée par le low-cost

C'est une question de moral. « Si les consommateurs ont le sentiment que nous sommes sortis du tunnel de la crise financière début décembre, nous pourrons sauver l'année », veut croire Jérôme Bédier, le patron de la Fédération de la distribution. Les grandes surfaces réalisent 15 % de leurs ventes juste avant Noël. Dans le cas contraire, les seuls à tirer leur épingle du jeu seront les hard discounters, les enseignes armées de MDD compétitives en prix et celles qui auront su multiplier les promotions et les baisses de tarifs ciblées sur les grandes marques… Sans trop sacrifier leurs marges. À l'avenir, la priorité sera de retrouver une croissance des ventes en volume des produits de marque, et non plus de compenser leur érosion par des hausses de prix.

Auto : production en baisse

La limitation de l'accès au crédit - qui finance trois achats de voitures neuves sur quatre en France - accélère la baisse de la demande, déjà en chute libre en Europe. Tous les constructeurs diminuent leur production. On voit mal comment ils pourraient ne pas revoir à la baisse leurs objectifs financiers dans les prochaines semaines. Renault fera le point sur ses prévisions annuelles à la fin du mois. L'allemand Daimler (Mercedes et Smart) donnera aussi des prévisions sur ses objectifs le même jour.

BTP : retournement

La crise financière a précipité le ralentissement en cours dans le secteur. Entre janvier et juin, le nombre de défaillances d'entreprises a augmenté de 34 % par rapport à l'an passé. L'année 2008 sera donc celle du « retournement », selon la Fédération française du bâtiment : « Après onze ans de hausse, c'est l'entrée dans la phase baissière qui s'annonce. » Les entreprises du bâtiment font les frais du coup de frein porté à la construction de logements neufs. L'emploi ne devrait pas être épargné. Le bâtiment, qui compte 1,2 million d'actifs, a déjà supprimé 1 100 postes d'intérimaires au deuxième trimestre.

Transports : ralentissement

Air France a connu un recul du taux de remplissage de ses avions de 1,4 point à 80,9 % en septembre. Le trafic cargo du groupe a chuté de 12,2 %, frappé par la chute des échanges avec l'Asie. « Dans un contexte difficile de crise financière et économique », la compagnie annonce l'arrêt de son vol Londres-Los Angeles lancé avant l'été. British Airways a prévenu que ses objectifs de résultats annuels risquaient d'être mis à mal par une baisse de fréquentation des classes affaires et première sur ses long-courriers. Sur les rails, le fret SNCF a vu son trafic baisser de 8,8 % entre janvier et août, selon la CGT-cheminots. La SNCF indique ne pas ressentir encore d'effets sur le transport de voyageurs. Eurostar, dont l'activité est très dépendante des échanges entre Paris et la City, pourrait néanmoins être touché en premier.

Tourisme : trésorerie précaire

« Le modèle de l'industrie touristique en France est bâti sur des équilibres de trésoreries précaires. Si les hôteliers et les compagnies aériennes se mettent à exiger des paiements plus rapides, c'est toute la chaîne qui risque d'exploser », assure René-Marc Chikli, président du Ceto, qui réunit 80 voyagistes. La perte de confiance a déjà commencé, avec la chute hier d'un spécialiste du low-cost. Le tour-opérateur Switch, propriétaire du site partirpascher.com (250 salariés), a été placé en redressement judiciaire. Un autre voyagiste, Karavel, assurera la continuité de service.

Mécanique : carnets en baisse

L'industrie française est en proie à des difficultés depuis trois mois déjà. « Aucune relance n'aura lieu avant 2010 », prévoit Yvon Jacob, président du Groupement des fédérations industrielles (GFI). Les PME de la mécanique constatent une dégradation de leurs carnets de commandes et craignent un fort ralentissement des affaires. À l'exportation, le GFI redoute que les entreprises soient pénalisées par les relations interbancaires délicates menaçant les indispensables crédits documentaires qui sécurisent les transactions commerciales.

Luxe : atterrissage en douceur

Après trois ans de croissance insolente, le luxe se prépare à un retour sur terre. LVMH publie ce soir son chiffre d'affaires pour le troisième trimestre. Selon les analystes de HSBC, la croissance pourrait atteindre 6 %, contre 15 % l'an dernier. Le joaillier Bulgari a revu ses prévisions de résultats à la baisse et ne s'attend pas à une amélioration avant 2010. En France, les ventes d'habillement sont en chute libre depuis le printemps.

High-tech : moindre demande

Même si les ventes mondiales d'ordinateurs et de téléphones mobiles doivent battre des records en 2008, des firmes d'électronique subissent déjà les conséquences de la crise financière. Le groupe japonais Sharp attend une moindre « demande des consommateurs au Japon » pour ses téléphones portables, ce qui l'a conduit à réduire de 43 % sa prévision de résultat net pour l'exercice fiscal clos au 31 mars 2009 et de 5 % son chiffre d'affaires. Et dès le début septembre, Nokia avait réduit ses prévisions de part de marché.

Logiciels : fléchissement

Les géants européens du logiciel et des services informatiques commencent à mollir : « SAP n'a pas été épargné par la crise économique et financière qui a frappé les marchés dès la mi-septembre et nous a obligés à revoir à la baisse nos prévisions », a reconnu lundi Henning Kagermann, le coprésident de l'éditeur de logiciels allemand.

Le Figaro
09/10/2008

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