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morjane
21/10/2008, 11h20
La réhabilitation et revitalisation urbaines ont été les thèmes principaux du Colloque international qui se tient à Oran et auquel prennent part des experts internationaux. D’ambitieuses recommandations, qui sanctionneront les travaux du colloque, sont attendues, d’autant plus que des experts du projet Rehabimed (organisme espagnol habilité en matière de restauration de l’architecture traditionnelle méditerranéenne) sont présents en force.

Au deuxième jour des travaux de la rencontre, les intervenants sont unanimes à dire que la réhabilitation urbaine constitue un élément important en matière de développement et les spécialistes passent au peigne fin le sort du Vieil Oran, Sidi El Houari. La problématique de la rénovation a été posée avec acuité par la direction de l’urbanisme de la wilaya d’Oran.

La ville d’Oran est dépositaire d’un riche legs historique. Aujourd’hui, le paysage qu’elle donne, montre des anomalies: terrains en friche, bâtisses abandonnées, immeubles anciens, espaces publics dégradés. Cet état de fait est, selon le rapport de la direction de l’urbanisme, expliqué par la négligence due à l’absence des moyens matériels et financiers accentué par l’incompréhension de la notion de copropriété.

L’important patrimoine que recèle la ville d’Oran est concentré au centre-ville et ses alentours immédiats.

Il est dans un état de dégradation très avancée. La requalification de ce patrimoine immobilier passe inéluctablement par une démarche scientifique multidimensionnelle (urbaine, économique et sociale). Aussi, on préconise que la problématique actuelle du patrimoine immobilier nécessite une stratégie qui doit apporter des solutions à l’état de dégradation du cadre bâti. Le cas de Sidi El Houari est édifiant où il a atteint un degré très inquiétant.
La direction de l’urbanisme met en évidence plusieurs contraintes qui sont d’ordre juridique, réglementaire et organisationnel.

Ainsi, le problème du financement pour la réhabilitation durable ou recyclable, ne peut, à lui seul, créer la dynamique de la réhabilitation. Ajoutez à cela le peu de textes juridiques qui régissent de façon spécifique les opérations de restauration. Le terme réhabilitation ne fait l’objet d’aucune définition législative ou réglementaire, note la direction de l’urbanisme. Par ailleurs, la réussite des opérations de réhabiltation est tributaire de la coordination de tous les opérateurs, en l’occurrence l’APC, Epeor, Duc, Sonelgaz, CTC et l’Opgi. Le problème de recasement des familles pour permettre la restauration, est resté posé. Les quelques tentatives effectuées par la wilaya d’Oran ont mis à jour plusieurs lacunes et difficultés pour entreprendre des actions appropriées. Le diagnostic établi par la même direction interpelle au plus haut niveau.
Au total, 54.000 logements sont proposés au diagnostic. Un appel d’offres national et international vient d’être lancé. En attendant les résultas du constat, une opération de 200 immeubles est inscrite pour la rénovation. Un montant de 700 millions de DA y a été consacré. Pour sa part, l’Opgi a recensé quelque 1 990 immeubles menaçant ruine.

S’ajoutent à cela les sites et monuments historiques qui continuent à disparaître. La situation est grave. La question qui est et se doit d’être posée est: «Ira-t-on vers la restauration des monuments historiques ou résidentiels?» La réponse sera apportée à l’issue des travaux consacrés en ateliers.

Par l'Expression

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