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morjane
26/10/2008, 09h31
A Bgayet, ces hommes ont connu des années de galère, le squat et parfois même la mendicité pour survivre.

Silhouette décharnée, regard franc, Laâziz B., cinquante ans révolus, a touché les bas-fonds de la misère après la dissolution de l’entreprise de bâtiment où il exerçait comme ferrailleur. Laâziz est l’un de ces galériens du macadam qui, après une longue traversée du désert, a su remonter la pente, à force de pugnacité et de persévérance. Il nous raconte sa résurrection sociale : “Je travaille comme manutentionnaire dans une boîte privée. Pour en arriver là, j’ai dû batailler inlassablement et faire intervenir des connaissances, etc... Mais qu’à cela ne tienne, je reprend du service et je me sens vraiment renaître !”

Comme beaucoup de ses pairs de misère, Tayeb M. a connu, avant la dégringolade, la vie normale, ordinaire, d’un contribuable : “J’ai bossé pendant cinq ans dans l’éducation. J’ai accepté sans broncher des affectations, même dans des écoles très éloignées. Jusqu’au jour où l’on a décidé de me dégommer, sous prétexte que je n’avais pas le diplôme requis. Une aberration, d’autant plus qu’à mon recrutement, personne n’avait trouvé à redire !”, se remémore-t-il. Commencent alors de sérieuses difficultés financières et l’inexorable enlisement dans le dénuement. Quoiqu’ayant sérieusement accusé le coup, Tayeb était loin de s’avouer vaincu. Après des années de purgatoire, il est parvenu à retrouver le chemin de la réinsertion. Il occupe désormais “un poste qui correspond à son profil de formation dans le secteur des finances”, se contente-t-il de nous dire en substance.

Malek, 28 ans, nous conte son passé d’infirmier : “J’ai fais une connerie qui m’a précipité dans le gouffre”, nous a-t-il confié. La galère a duré longtemps, jusqu’au jour où une idée “lumineuse” lui a traversé l’esprit : s’investir dans les nouvelles technologies de l’information. Une formation intensive sanctionnée par un diplôme lui ouvre les portes du bonheur. Malek se retrouve à présent gérant d’un cybercafé : “Une activité fort passionnante et qui nourrit son homme”, nous confesse-t-il, d’un air jubilatoire.

Autant dire, c’est la croix et la bannière pour être réinséré dans la vie active après avoir perdu son travail, a fortiori quand on est sans diplôme, dépourvu de l’expérience professionnelle requise ou n’ayant plus l’âge de ses artères. “Mon âge m’a joué de bien vilains tours. On m’a éconduit à plusieurs reprises au motif que je suis trop vieux pour faire carrière”, se rappelle encore Laâziz.

L’état de déliquescence de l’économie locale, la rigidité du marché du travail et un tas d’autres facteurs, qui ont parfois très peu à voir avec l’emploi sollicité, font que seuls les plus entreprenants, les plus téméraires, arrivent à retrouver le chemin du travail, quand ils ne peuvent pas, ou ne sont pas tentés d’actionner les leviers du favoritisme.

Par la Dépêche de kabylie

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