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Voir la version complète : La religion s'impose au Salon du livre d'Alger


nassim
26/10/2008, 23h08
L’image que véhicule la plus grande manifestation culturelle de l’année – 400 000 visiteurs payants en 2007 – est aujourd’hui déplorable. L’aspect “Salon international” avec ses conférences, son colloque, ses ventes-dédicaces disparaît trop souvent au profit d’une vaste cohue, de couloirs encombrés de cartons, et de la domination absolue de la littérature religieuse, du parascolaire et des ouvrages pratiques. Et ce, sans parler des cas de censure brutale (affaire Benchicou en 2007) ou d’ouvrages de propagande islamiste (lire l’enquête ci-contre) ou même nazie (une traduction de Mein Kampf d’Adolf Hitler en l’occurrence) retrouvés sur les stands. Cette année, les organisateurs, la puissante agence de communication publique Anep, le Syndicat des éditeurs nationaux Snel, mais aussi les libraires regroupés sous la bannière Aslia promettent une treizième édition débarrassée de ces scories. “Ce sera l’édition de la maturité. Fini la vente en gros au salon, place cette année à trois acteurs seulement : l’auteur, l’éditeur et le lecteur”, a promis Mohamed Boucenna, directeur de l’Anep, lors de la conférence de presse de présentation.

En appui à ces promesses, une application rigoureuse de la réglementation et un train de mesures spécifiques. Parmi celles-ci, deux décisions emblématiques. Primo, l’exclusion du salon des libraires et des importateurs, sauf s’ils représentent une maison d’édition reconnue. Conséquence immédiate, selon Boucenna, cette mesure devrait mettre un terme au spectacle désolant de livres en surabondance, comme les dictionnaires, et présents sur une quinzaine de stands (lire également l’interview en page 4). Cette restriction aux éditeurs et à leurs représentants devrait également permettre un “traçage” plus précis des ouvrages présents au salon, un travail plus efficace de la commission interministérielle de lecture, et une responsabilisation des éditeurs. Secundo, une limitation des quantités importées, à raison de 100 exemplaires pour les nouveautés, 50 pour les titres de moins de 5 ans et 5 pour les autres. Ces mesures permettront, selon Smaïl Ameziane, représentant la grosse centaine d’éditeurs nationaux présents au salon, et Sid-Ali Sakhri, représentant Aslia, d’augmenter tout à la fois le nombre de nouveautés et d’élargir le spectre des ouvrages importés. Un premier résultat a été atteint en ce sens : 120 000 titres seront exposés cette année, contre 84 000 l’année précédente.

En revanche, on attend 400 exposants représentant 23 pays pour cette édition, soit 7 de moins que l’année dernière (pour 27 pays), alors que les exclusions auraient dû faire baisser ce chiffre. Second bémol, l’attrait économique du salon et ses livres détaxés ont engendré des comportements à la limite de la légalité de la part d’un certain nombre d’opérateurs (lire à ce sujet “Les bonnes affaires du salon” en page 4). On voit mal cesser ces activités, du jour au lendemain, sur simple injonction. Le Salon du livre a, on le voit, une triple dimension : culturelle bien sûr, mais aussi économique et politico-sociale. Et c’est sans doute cette dernière qui est la plus cruciale. Smaïl Ameziane a tout à fait raison quand il insiste sur l’urgence de “professionnaliser le salon”. Le patron du Snel prévient : “Si l’on ne le fait pas maintenant, il sera trop tard.” On connaît le triste exemple du Salon du Caire, sans doute la plus grande manifestation littéraire ouverte au public au monde.

Ce salon, malgré les mesures prises par ses organisateurs, est devenu “incontrôlable”. Étals à même le sol, vendeurs ambulants, ouvrages piratés sortis d’imprimeries clandestines, littérature intégriste, la foire qu’est devenu le Salon du Caire, malgré son caractère festif, ne rend pas service à l’écrivain ou à l’intellectuel égyptien. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit. Un Salon du livre est censé être un lieu privilégié de rencontres entre des auteurs et leur public, une fête du livre et de la production intellectuelle. À charge pour les organisateurs du Sila de faire oublier les images déplorables du passé – cartons sales, “soldeurs”, littérature islamiste ou de pilon –, à charge également pour les éditeurs nationaux et étrangers de faire leur travail en amenant leurs auteurs, en organisant des évènements crédibles et à l’heure dite, à charge enfin pour les auteurs d’écrire des livres qui racontent et rencontrent la société d’aujourd’hui. Cela fait peut-être beaucoup. Mais il faut se souvenir que le public, notamment les jeunes, les auteurs et les éditeurs nationaux seront les premiers bénéficiaires de ce “retour au livre”. Et qu’il en va non seulement de l’avenir du pays, mais aussi de son prestige et de son rayonnement actuel.

source : Liberté

absent
27/10/2008, 16h20
CEst une des raisons de notre sous-dev
deplorable

absent
27/10/2008, 17h10
d’ouvrages de propagande islamiste (lire l’enquête ci-contre) ou même nazie (une traduction de Mein Kampf d’Adolf Hitler en l’occurrence) retrouvés sur les stands

on est vraiment un pays d'élites, on a toute l'avenir devant nous... parfois j'ai honte du niveau atteint par nos citoyens.
quel peuple !

Harrachi78
27/10/2008, 17h26
Il est vrai que le "salon" avait pris des allures de foire au sens le plus negatif du terme ces dernieres annees ! Il etait grand temps d efaire un netoyage de tout cela.

Je compte y faire un tour demain ou apres demain, on verra ce qu'il en sera vraiment et si quelque chose a change cetet annee ou non.

verider
27/10/2008, 17h35
j'ai beau lire meme entre les lignes, je n'ai pas trouvé de relation entre le salon du livre et la religion :rolleyes:

shadok
27/10/2008, 17h38
Les éditions du salon du livre international d'Alger des années précédentes étaient dominées par les importateurs et la vente en gros du livre islamique. Le salon était fréquenté que par des barbus venus de tous les coins du pays. Un autre cadeau fait par le pouvoir pour avoir les faveurs des islamistes. Ils n’ont pas tiré leçons du laxisme des années 80 et 90 qui nous a conduit à la tragédie nationale.

verider
27/10/2008, 17h50
un salon est fait pour vendre, maintenant si ce genre de livre trouve preneur alors tant mieux pour les affaires.

Allane
27/10/2008, 17h53
.....d’ouvrages de propagande islamiste (lire l’enquête ci-contre) ou même nazie (une traduction de Mein Kampf d’Adolf Hitler en l’occurrence) retrouvés sur les stands


En quoi un livre ecrit par un dictateur allemand dans les années 30 pourrait nous nuire. Les occidentaux se bouscuent pour mettre dans leurs étalages le moindre livre islamophobe. Qui ne se rappelle pas le livre de Salman Rushdie.

absent
27/10/2008, 18h20
*****

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shadok
27/10/2008, 18h35
Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dis. Les salons des années précédentes étaient à 70% composés de livres islamiques. Dans ce cas, ce n'est plus un salon international du livre. En plus, le contenu des livres islamiques vendus n’est pas contrôlé. Des livres de certains oulamas datant de plusieurs siècles, n'ayant pas de droits d’auteurs, sont vendus à bas prix et trouvent acquéreurs chez des néophytes. Des trabendistes, appatés par le gain facile, vient acheter des cartons de livres pour les revendre après à la sortie des mosquées. Ce n'est pas tous les algériens qui sont des oulamas et peuvent interpréter ce genres de livres. Des fetwas de Ibn Taymia n’ont pas étaient détournées pour justifier les assassinats de civils dans des attentats ? Avec des fetwas du genre "Youhcharouna Aala Hassba Niyatihim" de l'époque des tatars ?

Je me rappelle du salon international du livre des années 80, le contenu était plus équilibré entre livres islamiques, scientifiques et littéraires.

Sigma
27/10/2008, 18h39
c'est plutot l'aspect présentation qu'il faut voir : c'est devenu un marché pour la vente et essentiellement pour les islamistes la critique n'est pas sur le contenu mais la manière des livres par terre partout des gens qui encaisse comme si c'etait du batat voila nce qui me dérange

absent
27/10/2008, 18h55
90% des livres islamiques sont des livres non dangereux, mais le reste c'est un ensemble de gredinerie, d'analyses moyen-âgeuses, de livres à la morale nefaste justifiant toutes les derives de nos societes musulmanes (lapidations, djihad violent etc). c'est en cela le danger. c'est pas par rapport à l'occident, c'est par rapport notre jeunesse. hier grosso modo vous aviez un jeune comuniste qui prenait exemple sur che guevara aujourd'hui ce même jeune est totalement tourné vers l'islamisme, le livre de hitler il va l'acheter dés demain ! ensuite vous vous etonnerez que le pays vole en eclat sous les assauts de tous ces jeunes amnibulés par une revanche militaire sur israel (ils ont étudier les guerres egyptiennes de general chazli et ses defaites ou ses victoires sur sharon etc), ils ont dans la tête de renverser vos gouvernements pour retablir le califa, refaire la guerre aux juifs, les eliminer ou les mettre à la mer etc ! si c'est ça qu'on fabrique comme citoyens et comme psychopathes, merci effectivement allez au salon et achetez tous les livres que vous voudrez ! mais on est egalement en droit de penser que nos etats arabes sont en danger, pas par menace externe, mais par menace interne.

nassim
27/10/2008, 21h39
Je pense en effet qu'il faut professionnaliser le Salon du livre d'Alger et ne pas le laisser se transformer en un souk El-Harrach du livre.

Quant aux livres religieux, chacun est certes libre de lire ce qu'il veut, mais il est difficile de nier le fait que parmi ces livres, il y a bien des livres qui propagent des pensées djihadistes (dans le sens "terrorisme islamiste") d'une manière plus ou moins directe.

Ce n'est pas un hasard si des dizaines de milliers de jeunes algériens ont été endoctrinés durant les années 90. Ils avaient été nourris aux doctrines djihadistes qu'ils lisaient dans les livres écrits par des fanatiques religieux Egyptiens, Saoudiens...etc.

bledard_for_ever
28/10/2008, 07h52
http://www.liberte-************/apps/edition/images_editions/4906/dilem.jpg

absent
28/10/2008, 09h13
Bonjour,

Il y a déjà une législation réglementant l'importation d'ouvrages religieux. L'Etat fait la chasse aux livres "salafistes", c'était l'une des décisions de Khalida Toumi.

Maintenant pour ce qui est de la situation éditoriale en Algérie, elle est ce qu'elle est. Les gens sont plus intéressés par les livres traitant de sujets religieux que par des romans; c'est pour cela qu'il y a plus d'importation de ce type (par des privés, il faut le rappeler).
Personnellement, si la législation est appliquée, ça ne me dérange pas, on ne peut obliger les personnes à aimer la littérature ou à s'intéresser aux essais.
Dans un colloque tenu à la Sorbonne hier, un intervenant rappelait les chiffres de tirages des romans en Algérie:
- En moyenne 40 romans en langue française sont édités chaque année.
- 10 en langue arabe
- Les romans sont tirés à 500 exemplaires en moyenne.
- Une réussite éditoriale est un ouvrage venu à 1000 exemplaires.
On ne peut pas faire un salon du livre pour 500 "lecteurs"...

Cordialement

absent
28/10/2008, 12h41
Shadok, je ne t'ai pas fait dire ce que tu n'as pas dit, d'ailleurs je ne m'adressait pas à toi, je dis juste qu'il y en a marre de vouloir toujours tout interdire aux personnes qui ont décidés d'être barbus, même la culture pourtant facteur de dévellopement des pensées humaines!!!! Ce n'est pas parceque ce salon vend des livres de oulémas du 16ème siècle, que c'est forcément un salon islamique, l'une de spécificité du salon du livre, c'est de vendre tout écrit sans être controllé ou censuré, c'est ce que j'appelle LA LIBERTE D'EXPRESSION, et j'espère que cette liberté d'expression, sera maintenu partout, dans les livres ou sur internet!!!!!!!:22:

Laari1
28/10/2008, 12h51
Les gens sont plus intéressés par les livres traitant de sujets religieux que par des romans; c'est pour cela qu'il y a plus d'importation de ce type (par des privés, il faut le rappeler).

Les responsables algériens concernés doivent se préoccuper du choix des ouvrages à importer en priviligiant la rentabilité intellectuelle au bisness. Certains sont peut-être plus chers et moins demandés, ce n’est pas une raison pour ne pas les proposer.

A titre d’exemple, et sans vouloir choquer personne, des revues à caractère pornographique pourraient intéresser beaucoup de gens, est-ce une raison suffisante pour en permettre l’importation ?

jawzia
28/10/2008, 12h55
120 000 titres seront exposés cette année, contre 84 000 l’année précédente.
L'idée a été de demander aux éditeurs de ramener moins d'exemplaires et plus de titres. Ce que je trouve judicieux.

Sigma
28/10/2008, 12h55
A titre d’exemple, et sans vouloir choquer personne, des revues à caractère pornographique pourraient intéresser beaucoup de gens, est-ce une raison suffisante pour en permettre l’importation ?

les barbus en premier parceque c'est des jaawari :lol::lol:

absent
28/10/2008, 14h52
il faut subventionner le livre scientifique, qui est cher

oeil du cyclone
28/10/2008, 19h33
Je me rappelle du salon international du livre des années 80, le contenu était plus équilibré entre livres islamiques, scientifiques et littéraires.

Il me semble que l'Etat algérien verse "un peu" dans la légitmité islamique.

Harrachi78
28/10/2008, 20h34
J'y suis passe ce matin, et cette annee je trouve qu'il a l'air carrement minable ce salon !

D'ailleurs la recolte a ete plus que maigre pour moi cette annee, a peine deux livres que j'ai pu denicher, et sans grande conviction a vrai dire.

absent
29/10/2008, 11h36
ça a du péricliter, il y a quelques années (2002 ou 2003), j'étais très impressionné par les stands. Il y avait un importateur de la collection "point Essai" du seuil et l'on pouvait trouver des ouvrages de Ricoeur, Barthes, Genette, Todorov à foison. Même chose pour les romans (Kundera, Sollers...).
Et c'était très abordable, dans les 350 D.A l'ouvrage.

C'est dommage ce qui arrive maintenant...

Harrachi78
29/10/2008, 18h29
En realite, selon ce que j'ai pu voir cette annee, l'un des rares stands qui maintiennent enore une certaine qualite d'ensemble est celui de Gallimard.

Meme Flamarion qui a d'habitude un tres beau et tres grand stand affiche cetet annee une sorte d'etals de quincaillerie aussis exigu que moche!

shadok
29/10/2008, 20h03
J’ai fais un petit tour aujourd’hui au salon du livre. Premier constat, moins d'importateurs trabendistes que lors des précédentes éditions. Secondo, je trouve qu’il y a moins de maisons d’éditions françaises que par le passé. Seulement quelques maisons d’éditions françaises représentées par des algériens.

Comme toujours la part du lion revient aux livres arabes et islamiques. Beaucoup de bousculades dans certains stands. J’ai eu même le privilège de croiser l’ancien Emir repenti de Médéa Ali Benhadjar.

J’ai pu acheter quelques livres intéressants chez une maison d'édition algérienne Sedia :

- Le dernier livre de Yasmina Khadra « Ce que le jour doit à la nuit » à 950 DA. Je l’ai trouvé à 20 Euros à la Fnac en France.

-Le Best Seller de Jacques Attali « Une brève histoire de l’avenir » à 800 DA.

Bonne soirée

djamal 2008
29/10/2008, 20h03
Il faut savoir la raison pour laquelle les livres religieux se vendent bien et en même temps chercher comment motiver les jeunes surtout à lire sur d'autres sujets. Ce n'est pas que quelqu'un impose le livre religieux aux lecteurs. Je pense plutôt que l'engouement des algériens pour la lecture soit faible et que les gens sont plutôt orientés vers la toile, puisque le temps est limité pour nous tous, alors ont fait des choix qui nous semblent appropriés à nos préférences. Il est plus fructueux pour nous tous de promouvoir les ventes de livres non-religieux, par n'importe quel moyen, quitte à faire intervenir l'Etat, que d'essayer de remettre en cause les succès relatives des ouvrages religieux. Je pense qu'il faut être franc avec nous-mêmes, et admettre que le problème est plutôt culturel et que le citoyen algérien se refuse de lire en français, parce que pour la plupart il se semble qu'il ne sont pas consubstantiel avec notre culture. Encore les écrivains algériens, de plus en plus, ecrivent-ils pour l'étranger pour des raisons économiques, j'en suis sûr. L'attentat,Le Village de l'Allemand qui aurait besoin de propagande pro-sioniste, sinon anti-arabo-musulman. Il est arrivé, de jubiler sur le fait qu'un écrivain soit plus connu que son pays... alors il ne faut s'étonner que le livre religieux est plus reconnu et plus populaire.

absente
29/10/2008, 20h16
Des religieux j'en ai vu même vu au salon de l'informatique à alger vendant des cd et livres religieux!!.........ils foutent leur nez partout et allez les en empêcher!! :confused:

Harrachi78
29/10/2008, 20h17
Moi je n'ai pas deniche grand chose cette annee :

- "Les Sarrasins" d'un certain John Tolan, 1050 DA (chez Flamarion)

- "La Grande Guerre 1914-1918" d'un certain Marc Ferro, 980 DA (chez Gallimard)

- "Les dynasties musulmanes" de C.E. Bosworth, 1600 DA (chez Sindbad)

En gros, je n'ai pas debourse grand chose lors du salon cette annee ... lol

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