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Vieux 14/06/2007, 07h34   #1
morjane
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Par défaut Le Soupir de ma plume de Farid Meghari

Le Soupir de ma plume de Farid Meghari est un soupir qui fuit

«Il faut vivre le malheur pour sentir sa douleur, misérable, lâché en plein désert avec comme corollaire, la vision des mirages à tous les horizons pour déceler mon image misanthrope. J’ai tellement soif d’amour, de tendresse et d’affection que mon rêve s’est abîmé dans les fonds insondables», disait Farid Meghari dans l’introduction de son recueil de poésie, en ajoutant: «De cela, un refoulement sur soi a permis la fertilisation de mon érudition et mon éclatement parabolique...», et de conclure: «Pour cela, ce que je n’ai pas pu réaliser sur le terrain, je l’ai accouché noir sur blanc comme pour imprégner de mon empreinte, ma vacation».

Farid Meghari est un jeune comme il y en a des milliers à Béjaïa. Il vit dans une société qu’il décrit comme «ignare et ignorante des préceptes les plus élémentaires de l’omniscience», «je ne veux être un délitant dans une situations confuse avec un esprit tranché par une situation effrénée de la junte féminine», écrit-il pour exprimer son refus de suivre le rythme de ce bouleversement, de cet épanouissement, de cette éclosion. Il se retrouve alors comme dans un rêve, dénudé, livré aux regards inquisiteurs des personnes bornées et sans scrupule.

Né le 9 janvier 1972 à Adraânane, un village situé au fin fond de la commune de Tizi N’berber dans la wilaya de Béjaïa, Farid Meghari est un autodidacte forgé par les vicissitudes de la vie. La soif de fait naître en lui le désir ardent de s’instruire.

La solitude me suit
Le chagrin me nuit
Le rêve me fuit
L’angoisse me torture chaque nuit»

Voici sa vie décrite en quelques mots. Le poète sensible, encore enfant, a vite vu sa passion pour la lecture se transformer en passion d’écriture. Une passion qu’il ne tardera pas à exploiter pour accoucher d’un recueil de poèmes en langue française.

Le Soupir de ma plume est «un soupir qui fuit, c’est déjà une humanité qui pleure. Un soupir qui s’écrit est le début d’une guérison. Un soupir qu’on lit, c’est la délivrance. Le mouchoir tendu pour essuyer le malheur...». Ce sont là quelques vers d’un autre poète, M’hamed Hassani, pour décrire le travail de Meghari dont l’oeuvre attise nos espérances et devient ainsi notre lueur d’espoir. Dans ce recueil, Farid Meghari vit dans la peau d’un amoureux, ayant perdu l’amour de sa vie pour devenir un solitaire dans une dérive totale.

Pour apaiser sa douleur, quoi de mieux que les vers comme expression tantôt pour tenir sa bien-aimée pour responsable de tous ses déboires, tantôt pour s’acharner sur la cruauté du destin.

Tu as brisé ma jeunesse, je suis vieillard,
Quand je consomme de l’alcool, dans des coins je m’isole. Comme un prisonnier de sa geôle mes pensées vers Nina s’envolent
Le malheur que je ressens
Forme les rides sur mon front
Ce signe, qui jamais ne meurt
Donne l’image de mes très mauvais moments

Ces quelques vers témoignent des souffrances de l’auteur, qui a dû débourser de sa poche pour éditer son recueil, bon à lire cet été.

Par L'Expression
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