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Vieux 07/03/2008, 18h36   #1
Jallal-a-bad
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Smile Rencontre avec Jacques Derrida


L’ISLAM & L’OCCIDENT, Rencontre avec Jacques Derrida


De Mustapha Chérif © Editions Barzakh Alger 2006



Citation:
Chapitre IV : Unité et différence.

« Le concept de démocratie, le nom, sont d’abord de culture grecque, personne ne peut le denier, ce n’est pas faire du gréco-centrisme, ou de l’européocentrisme que de le dire, il vient d’abord de la culture grecque. Mais la culture grecque à associé, dès le départ, le concept de démocratie à des concepts dont aujourd’hui la démocratie à venir tente de se libérer : le concept d’autochtonie, c’est à dire la naissance sur le sol, de l’appartenance par la naissance, le concept de territoire, le concept même d’Etat. Je n’ai rien contre l’état, je n’ai rien contre la citoyenneté, mais j’ose rêver d’une démocratie qui ne soit pas simplement liée à l’Etat nation et à la citoyenneté. Et c’est à cette question là que l’on parlera d’une démocratie universelle, une démocratie qui est non seulement cosmopolite mais universelle. Certes, le cosmopolitisme est une notion très respectable, mais elle appelle néanmoins à la notion d’Etat et de politique liée à la polis (cité) comme Etat-nation et territorialité. »

« J’utilise peu le mot dialogue dont les connotations parfois abusives sont connues. Cette parole adressée à l’autre reconnu comme autre, reconnu dans son altérité. Cette parole adressée à l’autre suppose la liberté de tout dire, dans l’horizon d’une démocratie à venir qui n’est pas liée à la nation, à l’Etat, à la religion, qui n’est même pas liée à la langue. Naturellement, il faut reconnaître la religion de l’autre, l’idiome linguistique de l’autre, bien entendu. Mais il faut traduire, c’est à dire à la fois respecter l’idiome de l’autre et, à travers ce respect, faire passer du sens. A travers ce respect, faire passer du sens, cela suppose donc une démocratie universelle, c’est-à-dire une démocratie par-delà les souverainetés d’Etat nationales, territoriales, par-delà les territorialités, et à travers toutes les nouvelles technologies qui permettent justement de dépasser les limites territoriales de la communication, qui ouvre sur un nouveau droit international. »

« Vous savez que les crises que nous traversons sont avant tout des crises de droit international, des crises de souveraineté liées, à la fois à la perte de souveraineté de petits Etats et l’abus de souveraineté d’Etats puissants. Je place la question de la souveraineté et de l’Etat nation au cœur de notre discussion et je crois qui si ce que vous appelez l’universalisme de la démocratie doit rendre possible ce que vous appelez le dialogue, dont nous sommes privés aujourd’hui, cela passe par un nouveau droit international. »
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Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion.

Hegel
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