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Vieux 08/06/2008, 10h51   #1
morjane
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Par défaut Le scorpion tue toujours en Algérie

Il n’avait que 4 ans, il s’appelait Nabil... il jouait avec ses petits camarades du quartier à Biskra, il rencontrait la mort sous une pierre. Elle s’appelait Nora, elle venait d’avoir son baccalauréat ce jour-là, elle mourait sur le perron de la polyclinique de Tolga.

Il s’appelait Abdallah, pieds nus, il était sur sa terrasse par une torride nuit d’été, dont seule Ouargla en détient la recette. A la première marche, le dard venimeux lui injectait la mort dans une veine plantaire, à l’âge où l’insouciance élude les craintes. « Le scorpion est considéré comme le plus vieil animal au monde (500 millions d’années). Il s’agit d’un animal nocturne, actif en été, se nourrissant de proies fraîchement tuées ou vivantes, résistant aux agressions thermiques, au jeûne (il peut rester 1 an sans manger), à la déshydratation (40 %), à l ’asphyxie, aux infections microbiennes et même aux irradiations (il a été retrouvé vivant après les essais nucléaires de Reggane). L’envenimation scorpionique est un problème de santé publique en Algérie selon l’OMS. En effet, chaque année on dénombre en moyenne 25 000 à 50 000 piqûres/an - 100 à 200 décès/an. Pour l’année 2004, on a dénombré 44.653 piqûres ayant entraîné 81 décès. 28 wilayas, sur les 48 que compte le pays, sont concernées par ce problème » (1).

Le scorpion, ce fléau des Hauts Plateaux et du Sud, cet arachnide aussi vieux que le monde, fascine et terrorise à la fois. Les espèces venimeuses les plus connues, sont Buthus occitanus où scorpion languedocien, se faisant de plus en plus rare au sud de la France, Centurus le mexicain et enfin, Androctonus australis hector le nord-africain. Ce dernier, bien de chez nous, est appelé à juste titre, le tueur d’hommes. Il y a lieu de se poser légitimement la question, sur la persistance et l’extension de cet accident venimeux qui évoque de prime abord, les zones inhabitées ou steppiques de l’Algérie profonde.

Loin s’en faut, 28 wilayas sur l’ensemble du pays sont sujettes à l’infestation scorpionique, dit-on. Le fameux triangle de la mort, constitué par le périmètre Ksar-Chellala, Ouargla et Biskra, semble évoluer pour intégrer d’autres contrées.

L’endémie est péri-urbaine à 65 % et l’incidence de l’envenimation calculée, il y a quelques années de cela, était intra domiciliaire à plus de 65 %. Le mal devenait intra mural. Les vieux ksour et médinas se transformaient en lieu de prédilection du scorpion. Il trouvait un gîte favorable dans les ruines et gravats de vieilles masures, abandonnées par leurs légataires à la disparition des anciens occupants. L’extension urbaine l’a spolié de ses repaires naturels. De moeurs nocturnes, l’absence d’éclairage public encourage cet insecte craintif à vaquer librement. Le réseau d’assainissement lui offre des facilitations pour ses déplacements, il peut ainsi le faire de jour, dans ces conduits humides et frais à l’abri des regards. Les conduites d’évacuation des baignoires et lavabos, le font pénétrer dans des endroits insoupçonnés. Parmi ses paradoxes, il craint la chaleur. Il gîte sous la pierre, relativement fraîche le jour, pour la quitter le soir, lui préférant la fraîcheur extérieure. Les nuits torrides pourvoient les urgences médicales, en nombre exceptionnel de cas d’envenimation. La glande pleine de venin, il part la nuit tombée à la recherche de sa pitance. Sa piqûre serait moins nocive au petit matin, son ampoule évidée par ses multiples piqures sur ces proies, ne contiendrait pas assez de venin pour tuer.

Que faisaient donc les anciens pour s’en prémunir ? Et bien en recourant à ses prédateurs naturels, que sont les gallinacés : poulet, dinde et pintade, qui généralement cohabitaient avec la famille. Le hérisson, autre insectivore, était domestiqué pour les besoins de la cause. Celui-ci, de moeurs nocturnes, assurait la relève des premiers cités qui sont des « couche-tôt ». D’autres pratiques ataviques étaient de mise tel que le sac de jute mouillé mis au pas de la porte, la fraîcheur du tissu retenait le scorpion jusqu’au matin. Les chaussures n’étaient jamais abandonnées à l’extérieur des logis. Les ustensiles et autres contenants étaient toujours renversés et haut placés pour ne permettre aucune intrusion désagréable. Le couchage à même le sol était évité ; la « sedda » confectionnée à partir de palmes tressées était placée sur des tréteaux et tenait lieu de lit. La literie était préalablement vérifiée, avant son utilisation. Dans la palmeraie du M’Zab, une technique populaire, consistant à placer de gros morceaux d’oignons découpés sous un bidon troué sur les côtés, faisait s’agglutiner les scorpions autour du récipient. N’y aurait-il pas un tropisme quelconque, entre l’insecte et cette racine bulbeuse ? On trouvait souvent, dans la tradition oasienne, le scorpion enfoui dans l’oignon sec ensaché ; on préconisait toujours de vider le sac, à l’extérieur des demeures. Quelle que soit l’efficacité ou non des méthodes utilisées çà et là, il demeure indéniable que l’individu, dans un souci de conservation, tente de trouver la parade. Sa passivité, par contre, participerait sans nul doute, à sa perte.

Les techniques médicales modernes, telles la sérothérapie et autres médications, ont quelque peu dépossédé le citoyen de sa vigilance. Il pense qu’il serait sauf en cas d’envenimation, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. L’enfance y est tragiquement plus vulnérable et plus exposée. Les moyens physiques de lutte sont la suppression des gîtes occasionnels constitués par les anfractuosités des murs démunis de crépissage, l’éloignement des gravats et déchets ménagers et l’éclairage extérieur individuel éclairage public. Dans la vallée du M’Zab, les habitants placent des tubes au néon sur le fronton de leur domicile, allumés au moment de la la prière du Icha’a, ils ne seront éteints qu’à la prière de l’aube. C’est une conduite citadine à mettre sur le compte d’une conscience citoyenne. Les pesticides sont, aux dosages usuels, de nul effet. L’épandage de mazout autour des logis, sans toxicité pour le scorpion, lui est cependant répulsif, il peut l’éloigner momentanément. Le Mexique, qui vivait aussi les affres de la neurotoxine scorpionique, aurait barré la route à son Centurus. Les constructions seraient ceintes de carreaux céramiques à l’effet d’annihiler toute tentative d’escalade des murs extérieurs.

Ne dit-on pas qu’à chaque chose malheur est bon ? L’on me dira où serait le bon dans le scorpion ? Je dirais : « dans son venin ! ».

Le Dr Koubi médecin vétérinaire, ancien chercheur à l’Institut Pasteur d’Algérie, qui a consacré une bonne partie de sa vie au scorpion, le connait jusqu’au paradoxe de l’affection. Il faisait nourrir son élevage de scorpions avec des vers de farine, qu’ils produisaient dans son propre réfrigérateur. Ce ver aurait été ramené jusque-là, des Pays-Bas, si j’ai bonne mémoire. Ce praticien, originaire de Ouargla, faisait de la lutte antiscorpionique un point d’honneur à la limite du militantisme. Il sollicitait de sa hiérarchie l’extension des stalles destinées aux chevaux, sur lesquels on prélevait le sérum antiscorpionique. Le sérum algérien très demandé à travers le monde (USA et Arabie saoudite) est reconnu de bonne qualité thérapeutique. Ce « poison » pouvait rapporter de l’or. Il me racontait ainsi, l’histoire de ces globe-trotters français, qui parcourraient dans les années 70, nos zones arides à la recherche de scorpions et de vipères qu’ils faisaient « pisser » ou « vomir » après capture. Les venins collectés dans des flacons de 10 grs, vendus à un fameux Institut scientifique français, pouvaient ramener plusieurs millions de F.F de l’époque.

Ne peut-on pas développer ce créneau, au bénéfice de la recherche scientifique ? Sauf si ce n’est déjà fait, bien sûr ! En guise de conclusion qui ne peut être que partielle, ce problème, déjà national, interpelle plus d’un secteur, Agriculture et Forêts, Urbanisme et Environnement à faire un effort particulier pour soustraire les potentielles victimes à ce fléau mortel. Le drame des familles, touchées par un décès par envenimation, est mal vécu par celles-ci de par le caractère inattendu de l’accident venimeux. Le reproche qu’il nous serait donné d’assumer relèverait autant de la responsabilité de la collectivité, du clan que de la famille elle-même.

Par Farouk Zahi, le Quotidien d'Oran

Note de renvoi :
1- F. Aliane « Envenimation scorpionique en Algérie » in « Santé Maghreb ».

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Vieux 08/06/2008, 12h32   #2
ETTARGUI
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Hormi les travaux, très louables, de Monsieur Koubbi (que je salue au passage), je n'ai pas connaissance d'autres travaux de recherche sur le scorpion et l'envenimation scorpionique (il faut dire que je suis loin de cette thématique).
Il est tout de même regrettable qu'il n'y est pas de publications sur cette question en 2008, alors que dans les archives de l'Institut Pasteur d'Alger, qui datent du début du siècle dernier (et jusqu'aux années 40) on trouvait des articles très intéressants.
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Vieux 08/06/2008, 20h45   #3
pax
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j'avais une nuit ,croisé un scorpion dans l'ancien hammam salhine de biskra. Il fut capturer et mis en boîte. Petits , on était informé du danger et on nous demandait de ne pas gratter les murs en torchis et de ne pas glisser les doigts dans les fentes. Mais on était toujours pieds nus. Par contre à ma connaissance, je n'ai pas connu personnellement une personne piquée par un scorpion. Il faut donc relativiser le danger, je pense.
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Vieux 08/06/2008, 21h19   #4
Bachi
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A biskra, il y a beaucoup moins de scorpions qu'au Sud, par exemple à El Oued.
On en meurt, c'est vrai, mais c'est quand même rare.
J'ai été piqué de très nombreuses fois quand j'étais enfant.
La période la plus dangereuse c'est avril et mai...
__________________
Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et inversement...
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Vieux 08/06/2008, 21h30   #5
pax
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Vieux 08/06/2008, 21h30   #6
rica
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comment font les gens qui se font piquer avant l'arrivée des secours? ou si pas d'intervention médicalisée assez rapide, je veux dire de façon artisanale, je suppose que plein se font piquer en Algérie au sud et ailleurs dans ces régions surtout les enfants mais très peu en meurent heureusement
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Vieux 08/06/2008, 21h44   #7
Bachi
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Citation:
Quel est le marabout qui veille sur toi ?
Sidi Zerzour, bien sûr...

Rica,
On va à l'hôpital, sinon on laisse passer les douleurs et généralement ça passe.
Mais y a de méchants scorpions qui tuent...

J'ai vu mon père avec un scorpion dans la paume, il lui lisait des versets et ça ne l'a pas piqué. Mais bon, peut-être que le scorpion n'aimait pas la peau rugueuse de mon père, qui sait...
__________________
Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et inversement...
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Vieux 08/06/2008, 21h45   #8
zaki123
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Géneralement la piqure du scorpion n'est pas mortel. il faut comme le dit rica apprendre aux gens les premiers secours. le venien est generalemnt une proteine, donc elle loqiuement detruite par l'alcool ou la chlaur. echamma qui contient de l'alcool d'apres un amie pourra convenir a moins que je me trompe. souvent on reçoit n'importe quoi a l'université
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Vieux 08/06/2008, 21h59   #9
rica
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Citation:
On va à l'hôpital, sinon on laisse passer les douleurs et généralement ça passe.
Mais y a de méchants scorpions qui tuent...
Je suppose qu'on doit donc connaitre ceux qui tuent de ceux qui ne provoquent que le douleurs alors

Citation:
le venien est generalemnt une proteine, donc elle loqiuement detruite par l'alcool ou la chlaur. echamma qui contient de l'alcool d'apres un amie pourra convenir a moins que je me trompe
y a surement des soins de ce genre que les anciens maitrisent qu'il transmettent à leurs tour et qui neutralisent le venin ou ses effets,
sinon l'alcool ah bon, c sûr que ça évite une infection locale déjà dû à la morsure mais pour le venin!, et c koi la chlaur ?
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Vieux 08/06/2008, 22h40   #10
rica
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Citation:
Ensuite a l'aide d'une lame propre on procède a plusieurs petites scarifications tout autour de la piqûre en vue d'en faire évacuer le venin, certains pratiquent même la succion que l'on recrache par la suite, on donne a la personne un verre de vinaigre d'alcool a boire
ok merci , c bien ce que je voulais savoir, c un peut comme pour la morsure vénéneuse d'un serpent finalement( enfin je pense), le procédé reste celui d'arrêter la progression du venin
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