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L’Algérie fait face à une bulle financière

dimanche 1er février 2009, par Rédaction

L’Algérie ferait face à une bulle financière causée notamment par l’inflation des salaires selon l’économiste Saâdani Belmadi.

Une bulle financière en Algérie. Le Financier : Un salaire de 120.000 dinars pour un jeune diplômé issu de l’université algérienne, n’est-ce pas un peu décalé de la réalité ?

Saâdani Belmadi : Non. L’échantillon ne représente pas l’ensemble des entreprises algériennes. Il représente surtout les meilleures entreprises opérant sur le marché. Pour cette classe, le recrutement respecte les règles de base, à savoir un salaire correct, un cadre qui répond aux attentes des collaborateurs, etc. C’est vrai que les lauréats des universités algériennes ne sont pas les plus recherchés par les entreprises, mais ceux qui arrivent à être recrutés, et qui sont forcément les meilleurs, obtiennent de meilleures rémunérations.

Estimez-vous que l’on assiste à une inflation de salaires ?

Oui. L’euphorie que connaît l’économie nationale a fini par créer une tension sur le marché. On assiste à une activité très dense, beaucoup de grands projets ont été lancés, des entreprises se sont installées, et l’Etat, à son tour, investit dans les grands chantiers. Cela, bien entendu, a fini par créer une pénurie de compétences. Les entreprises sont devenues très exigeantes en matière de compétences, et la forte demande entraîne une pression de salaires à la hausse pour les bons profils, car l’offre n’a pas suivi la demande. Le système de formation ne prépare pas suffisamment de personnes qualifiées répondant aux besoins du marché.

Ne pensez-vous pas qu’il s’agisse d’une réponse logique à l’augmentation générale du niveau de vie ?

Pas du tout. Cela ressemble à une bulle financière. Les investissements étrangers sont notre seule chance pour nous développer. Que les cadres voient leurs salaires augmenter est une très bonne chose, mais atteindre les standards des pays développés, surtout pour les jeunes diplômés, risque de nuire à l’économie. Nous n’avons ni leurs infrastructures, ni leurs moyens. Nous risquons d’être taxés de « pays cher », et cela poussera les investisseurs à réfléchir à deux fois avant de venir s’implanter en Algérie. Il ne faut pas oublier que des pays comme l’Egypte, le Maroc ou la Turquie ont les mêmes avantages que nous, tout en restant des pays à bas coûts. Votre raisonnement peut tenir si seulement les augmentations de salaires concernaient tout le monde. Chez nous, elles touchent uniquement une élite qui est payée au-dessus de la moyenne, le reste continue de vivre dans la misère.

Synthèse de Samir, www.algerie-dz.com
D’après Le Financier