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La banque islamique en débat en Algérie

mercredi 5 novembre 2008, par Rédaction

Un forum sur la banque islamique a été organisé en Algérie en présence de représentants de plusieurs institutions bancaires.

La banque islamique en Algérie. La banque islamique est une alternative qui pourrait se substituer aux banques classiques, notamment après la crise financière qui a démontré la défaillance du système bancaire classique. C’est du moins ce qui ressort du forum algérien de la finance islamique tenu hier à Alger en Algérie. « Certaines banques sont tentées par l’expérience et commencent à réfléchir sérieusement à l’application, même partielle, d’une finance islamique en ouvrant des guichets offrant des produits conformes à la charia », a constaté Fouaz Sid, chargé de l’investissement à la Société Générale Algérie. Pour étayer ses propos, M. Sid a cité l’exemple édifiant de sa propre banque en rappelant que le président du directoire de la Société Générale a déclaré récemment au magazine le Point que sa banque (filiale Algérie) proposera des produits islamiques à partir de 2009. D’après le directeur central de la banque Al Baraka, M. Hideur Nacer, la croissance des banques islamiques est indéniable bien que la place financière algérienne ne compte que deux banques islamiques, Al Baraka Bank, qui ne détient pas plus de 1,8 % du marché bancaire national (public et privé) et 15 % du marché privé, et El Salam Bank. « Preuve en est la banque Al Baraka a réalisé une croissance appréciable de 25 % en 2007 alors que le taux de croissance du marché bancaire global a été de 17 %», a-t-il argué.

M. Hideur a affirmé que sa banque détient une importante liquidité mais elle trouve du mal à la réemployer, faute de projets d’investissements structurants. M. Hideur a évoqué par ailleurs l’aspect juridique qui entrave, selon lui, l’activité de ces banques. « Les banques islamiques en Algérie sont confrontées à des contraintes juridiques car la loi sur la monnaie et le crédit ne comporte pas de règles spécifiques à la finance islamique », a-t-il affirmé. Plus explicite, ce banquier a souligné que les opérations bancaires islamiques ont leurs propres spécificités qui ne sont pas prises en compte dans le cadre du contexte légal, réglementaire et fiscal actuel ». Il a préconisé qu’un correctif devrait être apporté à cette loi pour prendre en charge les particularités des banques islamiques et leur permettre d’exercer en parfaite cohérence avec leurs principes. M. Zoubeir Ben Terdeyet, consultant manager de la société française Islam-Invest Consulting, a insisté, pour sa part, sur l’éthique dans les finances en considérant que la crise financière actuelle est survenue justement en l’absence de cet élément moral. « Les banques ont prêté à des clients qu’elles savaient non solvables ; ensuite elles les ont expropriés en prenant leur logement et en les mettant à la rue », a-t-il constaté. La crise financière a engendré une crise de liquidités ; les banques se sont ruinées après les clients. Or, dans la finance islamique, les banques ne prêtent qu’à des gens solvables.

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après le Jeune Indépendant