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La gestion des réserves de change de l’Algérie fait débat

mercredi 11 février 2009, par Rédaction

Le placement des réserves de change de l’Algérie en bons du Trésor américain n’est peut être pas la meilleure chose à faire selon un expert.

Les réserves de change de l'Algérie. Aussi, les autorités financières de l’Algérie n’ont « peut-être pas quantifié tous les risques » que peuvent engendrer de tels placements, selon M. Abdel Attou, expert et consultant international. L’expert algérien, reconnu dans le milieu de la finance internationale, a fait part de ses incertitudes hier lors d’une conférence débat sur les répercussions de la crise internationale organisée par l’Assemblée populaire nationale. Sans vouloir remettre en cause la politique du gouvernement en la matière, M. Attou a tout de même estimé que « si les gens pensent que l’Algérie n’est pas touchée, cela n’est pas vrai et nous devons faire des provisions et avoir une stratégie pour se protéger ». Selon lui, « l’assèchement des liquidités au niveau international affectera tôt ou tard les banques locales, et il va devenir de plus en plus difficile d’avoir des crédits. Cela sans compter l’impact sur les importations et sur les recettes pétrolières qui vont baisser de 65 à 70 %». Pour cet expert, la crise internationale qui a éclaté aux Etats-Unis s’est propagée par le canal de la globalisation dont elle a « montré les limites ».

Les cartes sont en train d’être redistribuées avec l’émergence de nouvelles puissances sur l’échiquier financier mondial comme la Chine qui, avec ses 3 000 milliards de dollars, peut constituer une porte de sortie de crise pour les Etats-Unis, a-t-il expliqué. Dans ce contexte, l’Algérie « doit se repositionner en tant que force régionale » pour avoir son mot à dire dans les structures mondiales qui sont en train de se constituer et dont elle ne fait pas partie, à l’image du G20, a-t-il estimé, en précisant que « nous avons les moyens et le potentiel pour le faire ». Selon M. Attou, la diplomatie ne peut permettre à l’Algérie de conquérir une telle position, « seul l’argent peut le faire ». C’est pour cela qu’il faut « capitaliser sur l’argent que nous avons et l’utiliser comme levier pour entrer dans le système et avoir un siège même en tant qu’observateur dans les structures qui se dessinent, car c’est en mettant de l’argent sur la table que nous pouvons nous faire entendre ». « Il faut savoir se vendre », a-t-il dit. Cela ne semble pas toutefois être la préoccupation des autorités algériennes, selon le conférencier, puisque lors de son entrevue avec le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, M. Hamid Temmar, celui-ci a indiqué que « l’Algérie ne pense pas à cela, et qu’il n’y pas de réflexion en cours autour de cette question ».

Synthèse de Samir, www.algerie-dz.com
D’après le Jeune Indépendant