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Si Mohand ou M’hand le poète de la révolte

mercredi 17 mai 2006, par Kahina

Si Mohand ou M’hand qui fut très bouleversé par la perte tragique de son père après la révolution de 1871 de cheikh El Mokrani, avait incarné le poète de l’errance et de la révolte.

Cet épisode a été vécu comme un drame, un choc à ne plus s’en remettre. Les portes de l’errance s’ouvrent donc grandement devant les yeux du poète telles celles de l’enfer.

Mon coeur tout troublé
Par le kif et l’alcool
N’a suivi que ses penchants
Accueillez le vagabond
O gens sensés et nobles
Etranger dans son pays
Dans l’exil et dans l’oubli
J’ai ignoré mes devoirs
C’est maintenant que mon coeur saigne.

A quelques exceptions près - la langue et la situation géographique seulement les séparaient -Si Mohand ou M’hand ressemblait de beaucoup à son égal français Arthur Rimbaud, l’autre amoureux des sentiers, des chemins inconnus et des contrées lointaines qui aimait d’ailleurs à répéter :

« Je suis un piéton rien de plus. »
« De l’Alma à Ménerville
L’ennui me prit
A la côte des djellabas
Je suis parti tôt le matin
J’ai marché sans relâche !
Le soleil est descendu sur les crêtes
Sans honte je m’affale dans un café
Mourant de fatigue
Et demandant pardon aux saints. »

A ce sujet, Mouloud Feraoun, qui avait mené une grande recherche sur sa poésie et sa vie, écrira : « Il était pareil à une feuille que le vent emporte et qui ne pourrait se fixer nulle part ailleurs que sur la branche d’où elle a été détachée. » Comme pour dire que le poète ne pouvait s’enraciner que dans sa Kabylie, plus précisément au sein de son village natal. Et comme il a tout perdu (déraciné de sa terre natale), il se livre alors à l’errance et, de surcroît, au gré des vents.

Plus qu’un choix, une raison de vivre, l’errance avait un ascendant terrible sur lui puisque le poète a toujours refusé, selon des témoins de son époque, de monter dans un train ou une diligence (qui est un moyen de transport de l’époque par excellence), non pas par crainte mais par esprit d’indépendance.

Le poète Si Mohand ou M’hand naquit vers 1845. La date de sa naissance n’a été rendue possible, et approximativement, que parce que beaucoup de témoignages et de dires confondaient la durée de sa vie avec celle du Prophète (Qsssl). Soit dit 63 ans. Mais si on fait le décompte -sa mort a eu lieu en 1906 à l’hôpital des Soeurs blanches à Michelet- Si Moh devait avoir au moment de sa mort 61 ans.

Synthèse de Kahina, algerie-dz.com
D’après l’Expression