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Un groupe du GSPC intercepté au Tchad

Accrochage entre des terroristes et l’armée tchadienne

mercredi 10 mars 2004, par Hassiba

L’armée tchadienne a indiqué avoir intercepté un convoi du GSPC au Nord du Tchad et engagé le combat contre eux. Les militaires tchadiens disent avoir neutralisé quatre terroristes et fait un prisonnier de nationalité algérienne.

C’est à 80 km en profondeur dans le territoire tchadien que l’armée tchadienne a intercepté une colonne de six véhicules 4X4 pick-up tout-terrain avec une vingtaine de membres salafistes du GSPC.

C’est depuis le Niger que ce convoi a pénétré au Tchad avant de rencontrer l’armée tchadienne à Data, dans la région de Tibesti, à l’extrême nord du Tchad limitrophe avec la Libye. Le groupe salafiste, qualifié de « important et fortement armé » par une source de l’armée tchadienne, a été engagé dans un affrontement violent qui se poursuivait jusqu’à hier mardi. Un des 4X4 au moins, immatriculé en Algérie et récupéré par les forces tchadiennes, était équipé d’une mitrailleuse lourde 14,5 mm. Quatre membres du groupe salafiste ont été tués lors de l’accrochage et l’un d’entre eux, de nationalité algérienne, a été fait prisonnier, a ajouté cette source militaire. Les cinq autres véhicules et leurs occupants, encerclés, se sont retranchés dans une grotte et résistaient toujours mardi en fin de matinée, ajoute le militaire tchadien.

Rien n’indique encore si cette colonne était commandée par Amari Saïfi alias Abderezak El Para, le cerveau du kidnapping des 32 touristes européens dans le Sahara algérien. Déjà, début février, l’émir salafiste a perdu une quinzaine d’hommes dans l’interception par l’armée algérienne d’un convoi d’armement se dirigeant vers In Salah. Le groupe salafiste a été signalé depuis une semaine en dehors du territoire malien, où il avait trouvé refuge depuis six mois, se dirigeant vers le Niger qu’il n’a apparemment fait que traverser pour se diriger vers Data qui se trouve à une centaine de kilomètres de Wour, sous-préfecture située à 1.000 km au nord de N’Djamena et à une trentaine de km de la frontière avec le nord du Niger.

C’est dans ces contrées désertiques que se trouvent les troupes rebelles tchadiennes du Mouvement pour la justice et la démocratie au Tchad (MDJT), dont le Tibesti est le fief. Le régime d’Idriss Deby est en proie à cette rébellion qui avait harcelé l’armée régulière tchadienne depuis trois ans, faisant une centaine de morts. Le mouvement rebelle qui était dirigé par son fondateur, Youssouf Togoïmi, qui avait perdu ses deux jambes après que son véhicule eut sauté sur une mine et qui est mort des suites de ses blessures à Tripoli en septembre 2002, était, jusqu’à un passé récent, en cessez-le-feu avec N’Djamena.

Pour le gouvernement tchadien, il ne fait aucun doute que le GSPC algérien venait prêter main-forte à la rébellion du Nord tchadien : « Ce groupe tentait de rejoindre des membres de la rébellion tchadienne », a indiqué une source militaire tchadienne à l’AFP en précisant que les accords de paix ont été dénoncés par le MDJT. La rébellion tchadienne de Togoïmi est d’essence tribalo-religieuse. Les rebelles sont des musulmans orthodoxes de la tribu des Toubous, une ethnie du Nord du Tchad, qui veulent faire tomber le pouvoir du président Deby. Ce dernier accuse Tripoli de soutenir, en sous-main, cette rébellion. L’intrusion du GSPC dans le rôle de milice aidant les musulmans Toubous est énigmatique. La région du Tibesti se prête à une zone de repli du moment que l’armée régulière tchadienne pénètre difficilement le périmètre. Fort des millions d’euros versés par la diplomatie allemande aux salafistes algériens, Abderezak El Para n’était probablement pas à la recherche d’un mercenariat mais d’un objectif politique déterminé.

Le GSPC s’était déjà mis dans l’idée de fédérer les tribus musulmanes du Sahel dans la perspective d’offrir ses services à Oussama Ben Laden et à l’organisation Al-Qaïda qui cherchait une profondeur stratégique de repli dans la région subsaharienne. Ses tentatives dans le Nord du Mali, auprès des tribus touarègues, l’ont découragé à fédérer les mouvements de rébellions au Mali et au Niger, d’essence targuie, pour une internationale sahélienne du terrorisme.

Le GSPC pouvait fournir armes et entraînement aux mouvements séparatistes de toutes sortes (on a même évoqué des contacts avec les mutins militaro-islamistes en Mauritanie), notamment les anciens rebelles touaregs. Or, le rejet des populations locales du deal avec les salafistes a pu les contraindre à quitter le Mali où le projet d’allumer des feux ethniques qui déstabiliseraient Nouakchott, Niamey, Bamako et indirectement Alger n’était pas viable

Mounir B., Le quotidien d’Oran