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L'Algérie, "la seconde patrie" de Mandela

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  • L'Algérie, "la seconde patrie" de Mandela

    "C’est l’Algérie qui a fait de moi un homme" Ainsi parlait Mandela en 1990 lors de son premier voyage, après sa libération, dans son pays d'adoption. Après sa disparition, le président Bouteflika a décidé la mise en berne des drapeaux pendant huit jours. Retour sur une relation historique.

    Nelson Mandela avec (à sa gauche) son instructeur le futur général chef d'état-major de l'armée algérienne Mohamed Lamari.

    "Le peuple algérien, qui s’enorgueillit d’avoir toujours été aux côtés de Madiba et du peuple sud-africain, s’associe à votre deuil et n’oubliera jamais que pour Mandela, l’Algérie est sa "seconde patrie" comme il aimait à le répéter", a déclaré aujourd'hui Abdelaziz Bouteflika dans un message au président Jacob Zuma suite à la disparition de Nelson Mandela, hier à l'âge de 95 ans. Si tout le monde connaît le héros de la lutte contre l’apartheid, son histoire avec l’Algérie reste peu connue.

    Pourtant, c'est là que Madiba, proche d'Ahmed Ben Bella, reçoit sa première formation militaire en 1961 avec le représentant du Gouvernement provisoire de la République algérienne, le docteur Chawki Mostefai. "Il nous a expliqué que ce genre de guerre n’avait pas comme objectif de remporter une victoire militaire mais de libérer les forces économiques et politiques qui feraient tomber l’ennemi, raconte Mandela. Le Dr. Mustafa nous a conseillé de ne pas négliger le côté politique de la guerre tout en organisant les forces militaires." Lors de sa visite à Oujda, où il s'est rendu dans une unité combattante de l’Armée de libération nationale, il avait déclaré : "A un moment, j’ai pris une paire de jumelles et j’ai vu des soldats français de l’autre côté de la frontière. J’avoue que j’ai pensé voir des uniformes des forces de défense sud-africaines".

    Entre 1963 et 1990, l’Algérie assure une formation militaire aux membres de l'ANC tout en menant une fronde diplomatique contre l’apartheid à l’Organisation de l’union africaine ainsi qu’à l’ONU. "C’était une armée de guérilla composée de combattants qui ont gagné leur galons dans le feu des batailles et qui s’intéressaient plus à la guerre et à la tactique qu’aux uniformes et aux défilés", avait déclaré Mandela. "A ses yeux, nous avions réussi à mener une guerre contre une armée coloniale puissante, qui nous imposait une domination coloniale similaire à celle de l'apartheid", se souvient Nourredine Djoudi, ancien ambassadeur algérien en Afrique du Sud et interprète de Nelson Mandela en Algérie lors de sa venue en 1960.
    Pour donner plus d’écho au combat contre l’apartheid à partir de l’Algérie, l’ANC a même ouvert un bureau d’informations. A l'époque, tous les dirigeants de l’ANC fréquentaient Alger, qualifiée, à cette époque, par le père de l’indépendance de la Guinée Bissau, Amilcar Cabral de "Mecque des révolutionnaires".
    "L'Algérie était pour lui un modèle et un soutien, se souvient aussi l'ancien Premier ministre Rédha Malek. Tout comme l’Afrique du Sud a toujours été un pivot de la politique étrangère algérienne comme en témoigne l’exclusion de l’Afrique du Sud par l’Assemblée générale de l’ONU proposée et obtenue par Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères, en 1974. Cette action diplomatique démontre l’engagement de l’Algérie en faveur de Mandela et de son action anti-apartheid." Un ancien diplomate s'enflamme : "A l'époque, quel pays aurait osé faire ça ? Certainement pas les Etats-Unis qui continuaient à classer Mandela parmi les terroristes jusqu'en 2008 ! Notre soutien à sa cause était du même niveau que notre soutien à la Palestine, massif et désintéressé."

    Première visite de Nelson Mandela, photographié aux côtés de Mohamed Lamari, Chérif Belkacem et Nourredine Djoudi.

    Après sa libération, en mai 1990, Nelson Mandela revient dans son pays d'adoption et déclare : «C’est l’Algérie qui a fait de moi un homme». Un proche de la Présidence souligne : "Nous avons toujours partagé avec lui la même définition du terrorisme : des militants armés pour pour lutter contre une occupation illégale ne peuvent être considérés comme des terroristes. Mandela face à l'apartheid avait le même statut que Larbi Ben M'hidi face à l'armée française : ils n'était pas considérés comme des combattants de la liberté mais comme des terroristes !"Abderrezak Makri, leader du MSP (islamistes), a été un des premiers politiques à saluer "un grand homme, un symbole extraordinaire", en précisant : "Il n’a pas utilisé la légitimité historique pour oppresser son peuple à vie. Il a plutôt rassemblé son peuple pour construire un grand Etat et laisser d’autres continuer ce processus. Il n’a pas tenu à mourir Président."
    Adlène Meddi, rédacteur en chef d'El Watan Week-end qui consacre aujourd'hui un sujet à la relation entre Mandela et l'Algérie, résume : ""C'est une semaine bizarre pour l'Algérie qui a connu cette semaine trois disparitions symboliques. Le général Aussaresses, qui a réveillé les blessures de la guerre d'Algérie et l'image christique de Larbi Ben M'hidi, Ahmad Fouad Najm, poète égyptien, figure absolue et transgénérationnelle de la gauche arabe révolutionnaire anti-dictature et surtout Mandela, qui incarne la lutte contre l'occupation, un des fondements de l'idéologie algérienne."


    Le Figaro

  • #2
    Abderrezak Makri, leader du MSP (islamistes), a été un des premiers politiques à saluer "un grand homme, un symbole extraordinaire", en précisant : "Il n’a pas utilisé la légitimité historique pour oppresser son peuple à vie. Il a plutôt rassemblé son peuple pour construire un grand Etat et laisser d’autres continuer ce processus. Il n’a pas tenu à mourir Président."
    Bravo !

    Une excellente gifle à nos révolutionnaires à nous !
    Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément.

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    • #3
      "Mandela n’a pas utilisé la légitimité historique pour oppresser son peuple à vie. Il a plutôt rassemblé son peuple pour construire un grand Etat et laisser d’autres continuer ce processus. Il n’a pas tenu à mourir Président."

      Ça fait du bien de le répéter.

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      • #4
        Très bonne réflexion. C'est l'histoire qui retiendra les grands hommes.
        Le Hirak est une idée et une idée ne meurt pas (الحراك فكرة و الفكرة لن تموت)

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        • #5
          le président Bouteflika a décidé la mise en berne des drapeaux pendant huit jours
          n'importe quoi !! bon sang ! 8 jours !!?? la facilité, il n ' y a pas d'autres actions symboliques pour manifester la tristesse et rendre hommage à cet héros, hormis la mise en berne le drapeau pdnt 8 jrs. ?

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          • #6
            Reste encore Fidel Castro, un autre homme qui a essayé tant bien que mal de lutter contre l'impérialisme occidental en Afrique, notamment en appuyant sur le terrain les militants et les mouvements de gauche, en ce sens il y a lutté et fait la guerre aux sud-africains de l'Apartheid mais également aux portugais d'un pays voisin. Il faut également dire que l'Afrique a été un enjeux stratégique majeur pour les grandes puissances, les deux blocs s'étaient affrontés par l'intermédiaire d'organisations et de pays sur le continent, un siècle d'enfer pour le vieux continent noir qui a beaucoup souffert (et ça n'a pas épargné l’Afrique du nord, l'affaire du Sahara Occidental est là pour en témoigner). Rappelons également que le Mahatma Ghandi avait fait ses classes en Afrique du sud. Les luttes pour l'indépendance et la décolonisation a marquée le continent et ses hommes, Mandela faisait partie de ce petit cercle à qui on doit des combats dignes des éternités, des combats inscrits en nous dans la moindre de nos fibres !

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            • #7
              Citation:
              le président Bouteflika a décidé la mise en berne des drapeaux pendant huit jours


              Sans manquer de respect a la mémoire de ce géant de notre continent qui a lutté toute sa vie pour la dignité de son peuple je trouve les huit jours de mise en berne des drapeaux éxagérée.Tous les jours nos fréres en irak ,egypte,syrie et yemen meurent par dizaines sans émouvoir nos dérigents .

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              • #8
                Un autre temoignage , ou nos " revolutionnaires" Chadli en tête n'étaient pas présents à son arrivée à Alger


                Mandela, un signe de reconnaissance remarquable
                Mai 90, de Robben Island à Alger

                le 07.12.13 | 10h00


                L’Algérie a fait de moi un homme.» Ainsi parlait Madiba lors de sa visite à Alger, en mai 1990. Deux mois seulement après sa sortie de la prison Robben Island.


                Le témoignage est de Noureddine Djoudi, ancien ambassadeur d’Algérie en Afrique du Sud et interprète de Nelson Mandela. Tayeb Belghiche, éditorialiste à El Watan, raconte la ferveur populaire suscitée par la visite du leader de l’ANC dans la capitale algérienne ; il se souvient de cet accueil officiel pas du tout «à la hauteur» de la légende sud-africaine. «Mandela vénérait l’Algérie combattante», témoignait le journaliste qui couvrait à l’époque l’événement. «Son premier voyage à l’étranger, à sa sortie de prison, Mandela le réserva à l’Algérie et ce, au moment où toutes les capitales mondiales le réclamaient à cor et à cri.»

                Mai 1990, à l’aéroport d’Alger, pas de faste ni de tapis rouge pour l’icône flamboyante des peuples en lutte pour leur liberté. «Sur le tarmac, il n’y avait pas le président Chadli, seulement le ministre des Affaires étrangères Sid Ahmed Ghozali et le secrétaire général du FLN, Abdelhamid Mehri.» Froissés, les décideurs algériens étaient «contrariés», confie une source du comité d’accueil par la demande formulée par Mandela de rencontrer le président Ben Bella, Chawki Mostafai et Cherif Belkacem, personnages que le résistant sud-africain avait rencontrés au maquis. Sid Ahmed Ghozali avait reçu en mai 1990 le prophète de la lutte anti-apartheid. Il garde des souvenirs indélébiles de chacune de ses rencontres avec Mandela.

                «A Alger, il était venu pour dire aux Algériens toute sa reconnaissance à l’Algérie combattante.» Dans ses trois meetings animés en Algérie, sa conférence télévisée à la RTA, Mandela n’avait de cesse de réitérer que sa «formation, il la devait à l’ALN», conte Ghozali. «C’est que Mandela entretenait une relation spéciale à l’Algérie», ajoute-t-il. «Imaginez Mandela arrêté quelque temps après qu’il avait séjourné dans les maquis algériens et qui ne pense, à sa sortie de prison, qu’à se faire inviter en Algérie alors que tous les grands de ce monde se précipitaient vers lui et le réclamaient.»

                L’ancien chef de gouvernement avoue tout le privilège d’être l’un des rares responsables algériens et étrangers à l’avoir côtoyé de près et rencontré nombre de fois. Ghozali garde en mémoire ces «cinq heures mémorables» de vol Abuja-Alger à bord de l’avion présidentiel : «A Abuja, à la fin du sommet de l’OUA, en juin 1991, il m’avait demandé si je pouvais le déposer à Paris. Ce que je fis. Après m’avoir déposé à Alger, l’avion présidentiel continua son vol vers la capitale française et à son bord, Nelson Mandela.»

                Dans les années 1960, Djelloul Malaïka coordonnait l’action de nombre de mouvements de libération dont il était l’interface à Alger du temps où celle-ci était un carrefour pour combattants de la liberté. Malaïka se souvient de l’arrivée (en 1961 et plus tard, après le cessez-le-feu, en mars 1962) des combattants de l’ANC dans les bases de l’Armée de libération nationale à Oujda. «Mandela était subjugué par la révolution algérienne, confie-t-il. Il nous disait que la Révolution algérienne était la révolution de l’espoir. Et effectivement, bien avant même l’indépendance, la Révolution algérienne accueillait et inspirait déjà les combattants de la liberté venus du monde entier. Du Mozambique, d’Angola, de Guinée Bessau, du Cap Vert, etc.» Comme Madiba, Amilcar Cabral, le leader nationaliste cap-verdien, pensait avoir trouvé en l’Algérie la terre sainte de la résistance. «Les musulmans vont en pèlerinage à La Mecque, les chrétiens au Vatican et les mouvements de libération nationale à Alger !» dixit Amilcar.



                Mohand Aziri
                " Celui qui passe devant une glace sans se reconnaitre, est capable de se calomnier sans s'en apercevoir "

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                • #9

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