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Situation de la femme en Algérie

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  • Situation de la femme en Algérie

    Douze pays arabes, dont l’Algérie, sont parvenus à l’égalité entre les sexes dans l’enseignement supérieur. Le rapport 2005 sur le développement humain dans le monde arabe consacré à la promotion de la femme arabe a été présenté à Paris par ses auteurs dont le Dr Rezig, de l’université d’Alger.

    Cette quatrième édition de la série des rapports sur le monde arabe, élaborés sous l’égide du Pnud, tente une analyse de la situation des femmes arabes à la lumière des données et tendances sociales, politiques, économiques et religieuses. Sur ce dernier point, le rapport consacre un long chapitre aux courants islamistes et leur interaction avec les processus de réforme. Il est nécessaire de souligner que les auteurs venus de différents pays arabes ne partagent pas le même point de vue sur cette interaction. D’ailleurs, lors de la conférence de présentation à la presse, la Tunisienne, Mme Sellini, exprimera nettement son désaccord avec l’analyse de sa collègue palestinienne, le Dr Islah, présente, elle aussi, à la tribune.

    Cette dernière estime que «certains courants islamistes modérés reconnaissent les droits universels de l’homme et, partant, ceux de la promotion de la femme». Mme Islah rappellera, à maintes reprises, le succès du Hamas palestinien et ses réalisations dans ce sens. Mme Sellini, en revanche, ne fait pas de distinction entre islamisme modéré et radical et se dit «pessimiste pour l’avenir de la femme arabe, car tout s’explique et s’interprète pour l’instant par le phénomène religieux». Le Dr Rezig expliquera alors le processus d’élaboration du rapport, rappelant à ses camarades le caractère collégial de ce travail qui doit donc être assumé collectivement.

    Afin de lever tout ambiguïté, il rappellera que le rapport a tenté de décrire la situation des femmes en tenant compte des réalités du terrain. L’une de ces réalités porte évidement sur la place du religieux dans les sociétés arabes. Le rapport affirme, en conséquence qu’«aucune force politique ne peut faire semblant d’ignorer que la religion, l’Islam, en particulier, est un élément crucial du tissu culturel et spirituel du peuple arabe. Cependant, la réouverture de la porte de la réflexion jurisprudentielle (ijtihad) indépendante,son encouragement et sa consolidation restent une demande si l’on veut que se produise le mariage créatif nécessaire à la société de liberté et de bonne gouvernance, entre liberté dans son acceptation contemporaine et les finalités de la loi islamique (charia).

    Il importe d’ajouter que les courants islamistes qui en appellent à la renaissance du monde arabe se doivent d’inscrire dans leur agenda et de considérer comme étant de leur responsabilité le devoir de jouer un rôle d’avant-garde en ce qui concerne cette demande». On l’aura compris,le rapport tranche dans le débat sur la volonté des courants islamistes d’oeuvrer à l’émancipation des femmes et au respect des droits fondamentaux de la personne humaine. Mieux, le rapport invite ces mouvements à être à l’avant-garde des réformes car ils «constituent un large éventail avec une extrême diversité interne. La plus grande majorité des courants islamistes représentent, dans les pays arabes, de larges forces de la société avec un profond ancrage populaire, lequel est l’aboutissement d’une action sociale et politique menée sur plusieurs années parmi les petites gens».

    La complaisance, voire la sympathie de certains des auteurs du rapport, s’affiche davantage lorsque l’on aborde le fonctionnement de ces courants islamistes qui voient l’émergence dans leurs rangs de «jeunes dirigeants plus éclairés» et qui connaissent «une dynamique ascendante en vue pour davantage de démocratie interne». Néanmoins, le document relève que d’autres forces politiques craignent les retombées négatives, notamment sur les droits des femmes si les islamistes arrivent au pouvoir. Concernant les gouvernements arabes, il leur est reproché les reformes mensongères, et la multiplication des restrictions des libertés publiques pour se maintenir en place. Néanmoins, des évolutions positives sont notées à leur actif.

    Le document citera la Charte pour la paix et la réconciliation nationale initiée par le président Bouteflika en Algérie, la publication des rapports sur les droits de l’homme en Egypte et en Jordanie, l’enseignement de la démocratie et des droits humains à l’école à Bahreïn, la création de la première association des droits de l’homme aux Emirats arabes unis et le travail de l’instance Equité et réconciliation au Maroc. Pour ce qui concerne la situation des femmes, le rapport reprend les constats plus ou moins connus. Ainsi, au plan de l’égalité juridique, il est souligné qu’il existe dans les Constitutions des pays arabes une base solide sur laquelle peut reposer l’élimination des discriminations et des inégalités entre les deux sexes.

    Mais dans les faits, les législations sur le statut personnel annulent souvent les dispositions constitutionnelles. En matière d’éducation, des efforts considérables ont été accomplis. Douze pays arabes dont l’Algérie sont parvenus à l’égalité entre les sexes dans l’enseignement supérieur. Dans les pays où les données sont disponibles, il est constaté que «plus de la moitié des meilleurs élèves sont des filles». En politique, et même si le droit de vote est général - sauf en Arabie Saoudite et aux Emirats arabes où n’existent pas d’instances élues - le rôle des femmes «reste symbolique, limité à des portefeuilles mineurs et circonstanciels, c’est-à-dire tributaire des pressions internes et externes».

    Au volet santé, la situation est en constante évolution, surtout dans les pays producteurs de pétrole. Le taux de fécondité recule mais reste élevé par rapport au reste du monde développé: 3,8 naissances vivantes contre 2, 9. Et économiquement, les femmes arabes sont encore marginalisées et leur proportion dans la population est encore parmi les plus faibles dans le monde: 33% contre 69% en Asie et plus de 60% en Afrique subsaharienne. Le rapport est disponible sur le Net depuis ce jour.

    Par Ghania Khelifi - L'Expression, le 9 décembre 2006.
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