Le site archéologique de Kasr El Kahina, situé dans la commune de Baghaï, non loin de Khenchela, vestige important de la période post-byzantine, nécessite d’être protégé et valorisé au regard de sa haute valeur historique, estiment les responsables du secteur culturel et des archéologues.

Selon le directeur du musée de Khenchela, Chaabane Sekiou, c’est sur les plaines de la région de Baghaï que le roi berbère Bidas a érigé le camp militaire à partir duquel il lança, vers l’an 534, les assauts qui repoussèrent l’armée byzantine.

A son tour, la reine El Kahina fit ériger dans cette région plusieurs forteresses lors de son opposition à l’avancée de l’armée du conquérant musulman Hassan Ibn Nouamane, qu’elle a défait en l’an 680 juste après qu’il eut conquis Carthage. Elle affrontera une seconde fois, en 701, l’armée de ce même général, près de Kaïs, à 28 km de Khenchela, où elle fut vaincue et contrainte de se réfugier près de Bir El Ater, dans la wilaya de Tébessa où elle aurait été enterrée. Ce qui expliquerait l’appellation de Bir El Kahina donnée par certains historiens à Bir El Ater.

Lors d’une intervention, samedi dernier lors du 6ème colloque sur El Kahina, à Khenchela, le Pr. Zineb Ali Benali de l’université Paris VIII (France) a soutenu cette thèse de l’enterrement de la reine amazigh à Bir El Ater, la qualifiant de «plus plausible que celle de sa décapitation et de l’acheminement de sa tête à Damas (Syrie) au palais du calife omeyyade Abdelmalik Ibn Merouane». En plus de la présence de Kasr El Kahina, Baghaï est une zone archéologique renfermant des sites de multiples civilisations, allant de la période préhistorique aux époques romaine, byzantine et musulmane.

Ibn Khaldoun avait écrit que l’appellation originelle de Baghaï est «Baghaya». C’était un village agricole réputé pour ses vergers d’oliviers, contrôlé par la dynastie aghlabide puis fatimide à partir de l’an 907. Elle passera ensuite des mains des Beni Hamdoune à ceux des Zirides avant d’être soumise par les tribus nomades des Beni Hilal. La ville de Baghaï, qui s’étend sur une superficie de 8,5 hectares, est entourée d’une muraille de 1 172 mètres, accessible par deux entrées surmontées de hautes tours.

Pour de nombreux historiens, Kasr El Kahina serait enseveli à proximité des ruines romaines, d’où la nécessité, ont-ils affirmé lors du colloque sur la reine El Kahina, tenu les 23 et 24 avril derniers à Khenchela, de mener des fouilles et des études plus poussées, outre l’organisation de rencontres scientifiques pour développer les connaissances sur cette «phase historique charnière».

Par APS