Annonce

Réduire
Aucune annonce.

Ibn Fadlan : Voyage chez les Bulgares de la Volga

Réduire
X
 
  • Filtre
  • Heure
  • Afficher
Tout nettoyer
nouveaux messages

  • Ibn Fadlan : Voyage chez les Bulgares de la Volga

    Ahmad ibn-al-'Abbas ibn Rashid ibn-Hammad ibn-Fadlan (Ahmad ibn al Abbas ibn Rasid ibn ammad ibn Fadlan) fut un lettré irakien du Xe siècle qui a laissé un récit de ses voyages comme membre de l'ambassade du Calife de Bagdad au roi des Bulgares de la Volga (Kitab ilá malik).
    Le manuscrit d'Ibn Fadlan constitue le premier témoignage connu sur la vie et la société vikings. Cet extraordinaire document décrit d'une façon très vivante et détaillée des événements vieux de plus de mille ans.

    Introduction

    Préface de "Voyage chez les Bulgares de la Volga " - Ed Actes sud.

    "C'était il y a mille ans, et plus. Une ambassade quitte Bagdad, la capitale des califes 'abbâsides. Au terme de son voyage : le confluent de la Volga et de la Kama, où sont installés les Bulgares, plus précisément d'autres membres de la famille turco-mongole... Parmi les membres de l'ambassade, il y a quelqu'un chargé de la Relation. Il s'appelle Ibn Fadlân... Le texte, tel que nous l'avons sous les yeux, est tout simplement merveilleux. Merveilleux parce qu'émerveillé. Devant le jour qui n'en finit pas. Devant une aurore boréale.

    Devant des restes de rhinocéros fossiles. Devant le spectacle, imaginé celui-là, de l'étrange peuple de Gog et Magog. Mais aussi devant telle ou telle coutume particulière à tel ou tel peuple rencontré... Au pays bulgare, Ibn Fadlân, avec ses compagnons, a planté sa tente. Le soir, assis à l'entrée, il a compté les seules étoiles dont l'éclat résiste à la force d'un jour entêté qui ne veut pas mourir. Et puis, un jour, il a assisté aux funérailles d'un noble, d'un de ces étrangers d'alors, les Russes, qui passent par là, eux aussi, pour commercer. Extraordinaire récit, pour le coup. Exaltation forcenée d'éros et de mort. Quelques pages qui, à elles seules, assurent la grandeur de ce livre, unique dans la littérature arabe et, je crois bien, dans la littérature tout court."

    Sa vie et ses voyages :

    Ahmad ibn-al-'Abbas ibn Rashid ibn-Hammad ibn-Fadhlan est un lettré arabo musulman d'origine kurde. Il vécut en Irak au Xe siècle et fut un poète, géographe, grand voyageur et ambassadeur au service du calife de Baghdad.

    En l'an 921, Ibn Fadhlan a été envoyé avec une délégation diplomatique au roi Almis, roi des Bulgares de la Volga, royaume fondé entre le 7ème et le 13 ème siècles sur les territoires entre les fleuves du Volga et du Kama, au abord de la latitude 60 degrés nord en Russie occidentale. Il a été nommé par le Calife Abbasside Al Muqtadir, comme secrétaire de l'ambassadeur Hassan Er Rassi. Le but de l'ambassade visait à obtenir du roi des Bulgares un hommage au Calife, en échange de quoi il recevrait de l'argent pour la construction d'une forteresse pour lutter contre les Khazar. L'enjeu était aussi de convaincre les Saqaliba (Slaves) d'avoir à traiter directement avec le khalifa, sans passer par l'intermédiaire Khazar, dont le royaume était le vassal de Bysance, rivale des musulmans...

    Partie de Bagdad le 12 Juin 921 (11 Safar 309 de l'hégire), l'ambassade traversa l'Irak, l'Iran,passa par Boukhara et Khawarizm en Ouzbékistan et en Turkmenistan (au sud de la mer d'Aral), le Kazakhistan, Jurjaniya (où ils passèrent l'hiver), au nord de L'Oural avant d'arriver, après maintes difficultés, chez les Bulgares aux trois lacs de la Volga au nord de Samara le 12 Mai 922 (12 Muharram 310). D'ailleurs cette date est retenue comme une fête nationale et religieuse dans le Tataristan moderne

    Cette mission fut un échec car ils ne réussirent pas à collecter l'argent destiné au roi qui, irrité de ne pas recevoir la somme promise pour le financement de fortifications contre les Khazars, refusa de passer du rite Malékite au rite Hanafite de Bagdad. Après son arrivée à Bolgar, ancienne capitale de l'actuel Tataristan, Ibn Fadhlan se rendit à Wisu, l'actuel Perm Krai en Russie occidentale, où il consigna ses observations sur le commerce entre les Bulgares de la Volga et les tribus finnoises locales. C'est lors de cette mission diplomatique que les Bulgars de Kama, de l'actuelle république de Chuvashia en Russie occidentale, adoptèrent l'islam en luttant contre les Khazars et en cherchant l'aide et la protection du calife de Baghdad Al Muktadir.

    C'est grâce à Ahmed Ibn Fadhlan que l'on sait qu'en ce pays vivaient, en plus des Bulgars, les Russes, les Oguzes et les représentants des autres peuples turcs et finno-ougriens. Il fut le premier à constater à son arrivée, à l'été 922, chez les Bulghares de la Volga, l'impossibilité de pratiquer les cinq prières quotidiennes selon les canons classiques; pendant les courtes nuits estivales. En effet, les Bulghares étaient contraints d'accomplir la prière de la nuit (yâstû) en même temps que celle du crépuscule (akhsham).

    Son oeuvre :

    Ibn Fadhlan fut consigné ses notes et ses mémoires dans un ouvrage majeur " Rissala" appelé " Kitab ila Malik al-Saqaliba". Il y a citédécrit d'une façon magistrale les détails de ses voyages, en prenant soin de décrire les différentes populations rencontrées, leurs usages, leurs traditions, leurs systèmes politiques ainsi que les spécificités de leurs environnements géographiques et climatiques. Il a probablement été écrit vers 924-926 après J.C. mais a été perdu et reconstitué par morceaux.

    Pour très longtemps, seulement une version incomplète de cet ouvrage été connue. Sa transmission incomplète fut assurée par le géographe syrien Yaqut Al Hamawi (1179 - 1229), qui l'a incorporé dans son dictionnaire géographique nommé Mujam al-Buldan. Yaqut présenta les récits d'Ibn Fadhlan sous les rubriques : Atil, Bashgird, Bulghar, Khazar, Khwarizm, Rus, qui fut publiées par Fraehn en 1823.

    C'est seulement en 1923 qu'un manuscrit fut découvert par l'universitaire turque Zeki Validi Togan, dans une librairie de la ville iranienne de Mashhad. Ce manuscrit de 420 pages, été daté du 13 ème siècle ( 7 ème de l'hégire) et contient une version plus complète de l'oeuvre d'Ibn Fadhlan. D'autres passages complémentaires fuent repèrés dans un ouvrage du 16 ème siècle du géographe persan Amin Razi.

    Ibn Fadhlan consacra une partie non négligeable de son récit à la description d'un peuple qu'il nomme les Rùs ou Rusiyyah identifiés par la majorité des érudits comme étant les Rus ou Varègues, ce qui ferait de son récit l'un des premiers portraits des Vikings. Le manuscrit d'Ibn Fadhlan constitue le premier témoignage connu sur la vie et la société vikings. Cet extraordinaire document décrit d'une façon très vivante et détaillée des événements vieux de plus de mille ans et fut une source fondamentale pour de nombreux historiens. Les Rùs sont présentés comme des commerçants tenant négoce sur les rives proches du camp bulgare.

    Ils sont décrits comme ayant les corps les plus parfaits qui soient, aussi grands que des palmiers avec des cheveux blonds et une peau vermeille. Ils sont tatoués du cou jusqu'aux pieds avec des motifs d'arbre et d'autres figures, tous les hommes étant armés d'une hache et d'un long couteau. Tout en notant avec étonnement qu'ils se peignaient les cheveux chaque jour, Ibn Fadlan les décrit comme sales et les considère comme frustes et barbares. Il a également décrit en grand détail leurs modes de vie et leurs rituels funéraires dont certains comprennent des sacrifices humains.


    Les périples d'Ibn Fadhlan, un film à succès :

    Le mercredi 18 Août 1999 est sorti sur les écrans français un film de John Mc Tiernan, Le treizième guerrier, avec le beau ténébreux Antonio Banderas dans le rôle principal. Ce film est en fait inspiré du roman de Michael Crichton, Eaters of the dead (1976), qui a été traduit en français sous plusieurs titres, comme Le royaume de Rothgar, Les mangeurs de morts, et finalement Le treizième guerrier dans la réédition récente chez Robert Laffont, à l'occasion de la sortie du film. Le treizième guerrier est présenté comme une mise en forme à peine romancée de vieux manuscrits arabes, contant les aventures d'Ahmed Ibn Fadhlan, envoyé du calife de Bagdad auprès des Russes, et capturé par des Vikings, vers 920. Le roman joue sur la relativité des choses, Ibn Fadhlan étant un poète issu d'une civilisation raffinée, alors que les Européens, en la personne des Vikings, sales et ivres d'alcool, sont en l'occurrence les "barbares" aux yeux de l'Oriental.

    Il s'inspire magistralement, et dans un excellent travail de recherche, des travaux de Sörgen de l'Université d'Oslo sur Ibn Fadhlan et sa mission diplomatique. Accompagnés de Melchisidek, un vieil ami de son père, conseiller et traducteur, Ibn Fadhlan et ses quelques hommes de confiance se font attaquer par un groupe barbare des steppes asiatiques. Ils sont sauvés par l'arrivée d'un drakkar viking. Sauvés et accueillis, ce qui permet à Ibn Fadlan d'observer les us et coutumes nordiques, ce qu'il partage avec nous dans ce récit. En effet, ces Vikings doivent rentrer chez eux, ce qui suppose un long voyage, et pour s'assurer la sécurité et la protection des dieux, les guerriers écoutent un oracle selon lequel ils doivent être au nombre de treize... le treizième sera Ahmed.

    S'ensuit une sorte de saga plus ou moins crédible, mais intéressante, et c'est là que Crichton commence à prendre quelques libertés avec les traductions existantes. Arrivés à destination chez Rothgar, le roi, ils découvrent que toute la région est infestée d'une bande de curieuses et malodorantes créatures cruelles nommés " Wendols ", supposés êtres les restes des descendants de Néanderthal selon Mc Tiernan et qui, selon Ahmed Ibn Fadlan, sembleraient avoir existé. Une nuit, ces guerriers provoquent la fuite des étranges choses Wendols. Puis ils décident d'aller visiter une des fermes, où ils trouvent du sang en abondance, des idoles, etc. Les lieux sont saccagés. Au final, le bien triomphe, non sans mal... ce qui semble d'ailleurs être le cas dans le vrai récit d'Ahmed Ibn Fadlan


    Réferences :

    • Ibn Fadlan, Voyage chez les Bulgares de la Volga, trad. Marius Canard, Paris, 1988.
    • Ch. M. Fraehn. Die ältesten arabischen Nachrichten über die Wolga-Bulgaren aus Ibn-Foszlan's Reiseberichte. - " Mémoires de L'Académie Impér. des Sciences. ", VI serie, 1823.
    • Voyage chez les Bulgares de la Volga - Avril 1995 / 22,5 x 14,1 / 136 pages ISBN 978-2-7274-0158-2 / F73253 . Ed Actes Sud. Prix indicatif : 13,72 €
    Imper. des Sciences.", VI serie, 1823.
    • Collection of Geographical Works by Ibn al-Faqih, Ibn Fadlan, Abu Dulaf Al-Khazraji, ed. Fuat Sezgin, Frankfurt am Main, 1987.
    L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

  • #2
    message effacé

    Commentaire

    Chargement...
    X