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Nador West Med : Les armes du Maroc en Méditerranée

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    Nador West Med : Les armes du Maroc en Méditerranée

    Ce n’est pas pour expliquer les données techniques du projet Nador West Med, aussi gigantesque soit ce projet, que Karim Ghallab, ministre de l'équipement et du transport, est allé à Casablanca, à la rencontre des responsables de la presse et que trois de ses collègues du gouvernement -la ministre de l'énergie, des mines, de l'eau et de l'environnement, Amina Benkhadra, le ministre de l'industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Ahmed Reda Chami et, last but not least, le ministre de l'économie et des finances, Salah Eddine Mezouar- étaient présents à cette rencontre.

    C’est pour en expliquer la portée.

    Nador West Med, c’est le Maroc qui « sort la grosse artillerie » en Méditerranée.

    Après Tanger Med 1 et Tanger Med 2, ce 3ème complexe portuaire intégré qui sera érigé dans le prolongement des deux autres, sur la façade méditerranéenne, côté oriental, confirme une vision globale, des ambitions et une démarche que quatre ministres n’étaient pas de trop à détailler.

    Certes, le projet Nador West Med est encore plus ambitieux que Tanger Med 1 & 2, tant sur le plan des infrastructures que sur le plan des objectifs qu’il s’est assignés. Il est encore plus innovant, dans le sens où il prévoit -grandes nouveautés- un port hydrocarbure, des capacités de stockages et une activité export. Ce que ne prévoyaient pas les complexes Tanger Med. Mais au-delà de ces prouesses, propres au complexe, il y a des challenges propres, eux, au pays tout entier. C’est ce qu’ont expliqué les quatre ministres.

    Les challenges ? « D’extrême intérêt », dira Karim Ghallab, « hautement stratégiques », ajoutera Amina Benkhadra, «déterminants pour notre compétitivité », renchérira Ahmed Reda chami, « vitaux pour notre positionnement », conclura Salah Eddine Mezouar.

    Résumons-les (pour le détail, voir, ci-contre, les explications de chaque ministre).

    Le Maroc a d’abord l’intention d’exploiter sa façade maritime de façon optimale. Il a pour objectif de développer son économie en captant toutes les opportunités qu’il aurait pour attirer les investisseurs, créer de la valeur et créer de l’emploi. Or, non seulement les complexes portuaires de la Méditerranée le lui permettent, mais ils lui permettent également d’anticiper la sortie de crise internationale et d’améliorer substantiellement son positionnement, à l’échelle mondiale.

    Ainsi par exemple, pour ce qui est du positionnement, après la réalisation du port Tanger Med, le Maroc est passé, selon l'indice de connectivité de la CNUCED, du 78ème rang mondial en 2004 au 33ème rang en 2008. Aujourd’hui, il se classe 2ème en Afrique (après l’Egypte), loin devant l'Algérie, la Tunisie ou l'Afrique du Sud. Et il va de soi que le complexe Nador West Med lui permettra d'améliorer encore ce classement et de mesurer sa compétitivité à celle des pays avancés.

    Cette politique agressive de positionnement ne doit cependant pas être mal interprétée. Le ministre Karim Ghallab l’a longuement expliqué. Interrogé sur les rivalités que les parts de marché que pourrait prendre le Maroc à ses voisins du pourtour méditerranéen (Espagne, Italie, Algérie…) risqueraient d’attiser, il a vivement rejeté cette approche.

    Pour lui, même si le Maroc a le droit légitime de développer son économie avec les opportunités que lui offre son espace géographique, il ne le fait pas dans l’esprit de rafler la mise à ses voisins. Au contraire, soutient-il, ce genre de projets structurants crée une dynamique dont tout le monde peut profiter. Attirer les regards, les investissements, le commerce international et les circuits industriels vers cette région, c’est y faire naître des activités à cercles concentriques qui ne profitent pas seulement à l’intéressé (ici, le Maroc), mais à tous ceux qui se trouvent dans la région.

    Qu’est ce que le complexe Nador West Med ?

    C’est le 2 juillet dernier que le Roi présidait, à Nador, une séance de travail consacrée à la planification des aménagements portuaires du Royaume et au projet Nador West Med (NWM), un complexe intégré, portuaire, industriel, énergétique et commercial.
    Le projet NWM sera érigé dans la baie de Betoya, située au niveau de l'estuaire de l'oued Kert, à 30 km à l'ouest de la ville de Nador. C’est un emplacement idéal pour plusieurs raisons : bonnes conditions topographiques et bathymétriques, bonne position sur les routes maritimes, disponibilité du foncier public et privé.
    Le complexe comprendra, à terme, un grand port en eaux profondes, un pôle énergétique (production, conditionnement, stockage à), une plate-forme portuaire dotée de capacités importantes pour le transbordement des conteneurs, l'import export et le traitement des produits vrac et une plate-forme industrielle intégrée ouverte aux investisseurs nationaux et étrangers et destinée à abriter les métiers mondiaux du Maroc (MMM).
    Les travaux de réalisation de ce projet débuteront l'année prochaine par la mise en place d'une plate-forme énergétique dédiée essentiellement à l'export. Ce port hydrocarbure, le premier noyau de NWM, dont les études techniques ont déjà débuté, sera fin prêt en 2015 avec une capacité de stockage variant entre 1 et 2 millions de tonnes et un quai long de 3.000 ml.
    Le complexe pourra disposer d’un foncier public de 850 ha. Il sera réalisé par tranches, d’ici à 2025, mais pourra encore se développer au-delà de cette date. Le Maroc s'inscrivant, cette fois-ci, dans une logique de planification à moyen et long terme.
    L’infrastructure port hydrocarbures n'est pas dédiée au seul marché intérieur. Au contraire, elle est orientée vers l'exportation, avec l’objectif de drainer vers le Maroc une partie du trafic international des produits énergétiques. Trafic qui est appelé à se développer vu la croissance de la demande européenne sur ces produits.
    En effet, la consommation des hydrocarbures en Europe devrait augmenter de 10 à 20 millions de tonnes par an. Un besoin supplémentaire qui constitue une opportunité que le Maroc est déterminé à saisir par la mise en place d'installations de stockage répondant aux standards internationaux.
    De même, le potentiel de transbordement dans le monde est appelé à passer de 130 millions d'EVP en 2006 à 230 millions d'EVP en 2015-2017, soit une capacité additionnelle de 100 millions d'EVP, dont 20 % à capter potentiellement en Méditerranée occidentale. Ce qui nécessite une capacité supplémentaire de 30 millions d'EVP.

    Pour la réalisation de ce projet d'envergure, il faudra capitaliser sur l'expérience du port de Tanger-Med. Des liens –y compris institutionnels- seront d’ailleurs établis entre les complexes de Tanger et de Nador.

    Quatre ministres expliquent…

    Karim Ghallab : Avec des paris de cet ordre…

    « Le plan directeur portuaire est un document de planification qui doit projeter le Maroc sur une trentaine d’années. Mais le projet Nador West Med relève des chantiers structurants voulus par Sa Majesté.

    C’est un projet grandiose, gigantesque qui doit répondre aux stratégies nationales qui ont besoin de capacités portuaires et aux investissements et commerces étrangers également consommateurs d’infrastructures portuaires. Ces dernières années, on a souvent été sollicités pour des projets d’envergure, mais on n’avait pas une offre suffisante. Avec Nador West Med, les opérateurs pourront importer d’où ils veulent et exporter où ils veulent. Nous sommes au croisement des routes du monde et les coûts de main d’œuvre sont moins chers.

    Le Maroc a une ambition méditerranéenne qui s’est traduite par plusieurs projets. Notamment, Tanger Med, la rocade du Nord, Saïdia, Al Hoceima… Son objectif légitime, c’est de développer son économie en captant toutes les opportunités. Et ne parlez pas de concurrence avec les voisins. Chacun essaie de développer son pays du mieux qu’il peut. Ce qu’il faut, c’est replacer ce projet dans une logique de complémentarité. Ne parlez pas non plus de projet démesuré. A Tanger Med, il y avait beaucoup d’inconnues. Le succès du projet a pourtant été 4 à 5 fois plus grand que ce que l’on attendait. C’est avec des paris de cet ordre que le Maroc pourra avancer ».

    Amina Benkhadra : La stratégie du stockage

    « Le projet NWM présentera des avantages stratégiques à ses utilisateurs, notamment en matière de sécurité et de régularité de l'approvisionnement en hydrocarbures. Et cela, grâce à la politique de stockage.

    Au sortir de la crise, il y aura croissance de la demande des pays de la zone méditerranéenne en hydrocarbures et pour accompagner ces besoins, il faudra des stocks stratégiques.

    Or, nos capacités de stockage sont toutes situées sur l’Atlantique.

    Le Maroc se devait de saisir cette opportunité pour se positionner comme pôle stratégique de stockage, sur la façade méditerranéenne.

    D’ailleurs, le Maroc aura lui-même des besoins de stockage.

    Le site choisi pour abriter ce complexe bénéficie d'une position géographique exceptionnelle, située sur l'une des grandes voies maritimes des hydrocarbures. Il est proche d'un marché potentiel pour l'export (le marché européen).

    NWM renforcera la position du Maroc dans la région méditerranéenne ».

    Ahmed Reda Chami : Perdre à ne rien faire…

    « Le projet du complexe intégré de Nador prévoit une plate-forme industrielle intégrée destinée à abriter les métiers mondiaux du Maroc (Offshoring, automobile, aéronautique, électronique, textile et cuir…). Cette zone franche renforcera la compétitivité de l'industrie marocaine.

    Parce que, d’une manière générale, le statut de zone franche est extrêmement attractif.

    Mais aussi, parce que cette zone franche présentera plusieurs avantages. Notamment une offre de service adaptée, un guichet unique, une offre immobilière diversifiée et flexible, une offre de formation intégrée.

    L’avantage logistique se traduit par un avantage industriel.

    Est-ce que nous ne voyons pas trop grand avec tous ces projets ? Est-ce que nous ne prenons pas de risques ? Et si la demande ne suivait pas l’offre ?

    A mon avis, on risque plus de perdre à ne rien faire qu’à faire…

    Moi, je partage le crédo de ceux qui ont pu dire : « Build it and they will come » (construisez, ils viendront !) »

    Salaheddine Mezouar : L’Etat financera

    « Le Maroc a un avantage géographique. Mais ça ne suffit pas.

    Avec ce projet, on sait où on va.

    Le projet NWM renforcera la présence du Maroc sur les voies maritimes internationales, d’une part et d’autre part, il permettra aux différentes stratégies de développement sectorielles lancées au Maroc, dans plusieurs domaines (tourisme, agriculture, industrie, énergie, commerce...) d’aboutir.

    Car nous ne devons pas oublier un enjeu : le challenge de la structure de notre économie.

    http://www.**************/index.php?o...que&Itemid=198

  • #2

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    • #3
      on risque plus de perdre à ne rien faire qu’à faire…
      C'est pertinent!!

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      • #4
        Certes, le projet Nador West Med est encore plus ambitieux que Tanger Med 1 & 2, tant sur le plan des infrastructures que sur le plan des objectifs qu’il s’est assignés. Il est encore plus innovant, dans le sens où il prévoit -grandes nouveautés- un port hydrocarbure, des capacités de stockages et une activité export. Ce que ne prévoyaient pas les complexes Tanger Med.
        c'est le plan emergence II

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