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La politique monétaire en Islam

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  • La politique monétaire en Islam

    Bonjour,

    Je voudrais partager avec vous une partie de l'étude de Imad AHMED sur la politique monétaire en Islam.

    Tout d'abord, qui est Imad Ahmed ?

    Imad AHMAD, est Fondateur d'un nouvel institut de recherche et de réflexion, le Minaret of Freedom Institute, Ahmad connaît bien les fondements philosophiques de l'Islam.

    Imad AHMAD, est aussi, disciple d'Ayn Rand, la philosophe libertarienne américaine, il constate que l'Occident et l'Orient ont d'importantes racines culturelles communes.

    Imad AHMAD,est aussi, Astronome de formation et travaillant comme consultant pour la NASA, il est loin de l'image mystique et irrationnel du monde musulman souvent véhiculée par les média occidentaux. Voire, il prend le contrepied de ces arguments pour souligner ce qui réunit et rapproche la doctrine islamique à l'héritage judéochrétien.


    La traduction française, de l'essai de Imad Ahmed parue en Juin 1995, a été assurée par Jacob ARFWEDSON.


    1- Politique monétaire en Islam


    Les économistes musulmans contemporains consacrent beaucoup d'efforts à
    débattre sur la possibilité d'autoriser le prêt avec intérêt , mais ils laissent de côté la question plus large de la politique monétaire. Cela est frappant, puisqu'une monnaie saine est une condition fondamentale d'une économie saine. Même Omar trouvait problématique la question de l'usure (riba). Il considérait que tout intérêt sur l'utilisation de l'argent était usurier, et son fils voyait d'un même oeil le métayage. Cependant, non seulement
    le Prophète lui-même et les premiers califes, mais aussi l'ensemble des gouvernements musulmans pendant les premiers siècles de la civilisation islamique, acceptaient la nécessité de disposer d'une monnaie saine.
    Le Prophète lui-même n'a jamais déprécié la monnaie, ni autorisé l'émission de
    monnaie sans contrepartie. Il a déterminé des prix critiques en termes de biens monétaires, favorisant en particulier les trois devises fortes de l'époque en Arabie : l'or, l'argent et le blé.

    Les premiers califes adoptèrent sans exception ce principe, qui est resté la règle jusqu'à ce que la civilisation islamique commence à s'effriter à la fin du millénaire. Cahen (1981, 318) écrit : "Jusqu'en l'an 1000, l'émission de monnaie était, sauf circonstances exceptionnelles, saine et la monnaie circulait à sa valeur nominale ou presque, avec des pièces en provenance d'autres Etats musulmans qui étaient acceptées par les marchés".

    Lorsqu'arriva le moment où le papier-monnaie a été adopté par le monde musulman, il s'agissait clairement d'un concept importé.
    En 1294, le visir de l'Ilkhan Gaïkhatu tenta de résoudre le problème du déficit de l'époque par l'émission de "papier-monnaie, suivant l'exemple chinois. L'expérience fut un échec complet, puisque les gens ont refusé d'accepter les billets. L'activité économique s'arrêta net, et l'historien perse Rashid ud-din parle même de la 'ruine de Basra' qui suivit l'émission de la nouvelle monnaie". (Ashtor 1976, 257).

    La porte à la dépréciation monétaire fut ouverte au siècle suivant, lorsque le taux de change argent/or subit sa première modification sérieuse depuis l'avènement de l'Islam. Au cours des premiers siècles de l'Islam, le taux se situait toujours environ à 20 pour 1. Mais au 13ème siècle, les fluctuations du marché conduisaient les sages à réévaluer officieusement le taux à 10/1, même si le taux officiel restait fixé à 20/1. A mesure que les réserves en argent chutaient après 1380, le taux de change du dirham contre le dinar désormais dévalué baissait de 1/20 à 1/25, puis à 1/30 (Ashtor 1976, 35). Au début du 15ème siècle, l'émission de dirhams en argent cessa. Al-Makrizi en rend responsable un dignitaire de la cour qui essaya "de s'enrichir par la frappe de pièces en cuivre" (35). La crise monétaire fut accompagnée de famine et d'une guerre civile prolongée. Ceci entraîna la levée d'impôts supplémentaires pour équiper les armées et mater les révoltes à répétition. Les taux d'intérêt ont augmenté de 4-8% pendant les croisades, jusqu'à 18-25% au 15ème siècle (324). Bien que "l'offre d'or du Soudan occidental ne fût jamais interrompue", le Sultan Barsbay dévalua le dinar en 1425 "pour la première fois dans l'histoire du Proche-Orient musulman". Jusqu'alors, le dinar était resté une pièce d'or pesant environ 4,25 grammes. Avec la dévaluation, un dinar de 3,45 grammes appelé al-Ashrafi "restait la pièce d'or de l'Egypte jusqu'à la fin du règne des Mamelouks". C'était là le poids du ducat européen, ce qui montre le glissement de l'étalon monétaire musulman vers l'Occident chrétien acendant.


    à suivre .....


    Stanislas
    “If you think education is expensive, try ignorance”
    Derek Bok

  • #2
    merci Stanislas, je pensais justement poser cette question sur le forum Islam & Huma, mais c mieux ici. Mais c la suite qui est attendue, car que dit l'Islam contemporain de tout cela. Le seul auteur que je connaissais ayant tréité de la question, fut Mohammed Baqar Sadr, mais je fus déçu, car il n'y avait pas une vision tellement nouvelle, à la lumière des données de l'économie moderne.
    a pus
    "L'éternité c'est long surtout vers la fin" W.Allen

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    • #3
      Pas de quoi Cousous 132 !


      Fiscalité

      Le Coran mentionne quatre sources de revenus publics :

      le zakat (les aumônes obligatoires), le sadaqa (la charité volontaire), le jizya (les contributions des non musulmans bénéficiant de la protection musulmane), et le khums (20% du butin de guerre réservés à l'usage discrétionnaire du Commandant-en-chef). Le premier ne s'applique qu'aux musulmans.

      C'est en réalité une obligation religieuse plutôt qu'un impôt ordinaire. Le sadaqa est purement volontaire et n'est donc pas un impôt au sens habituel du terme. Le jizya est levé sur les non musulmans au lieu du service militaire et peut être fixé par un traité.1 La pratique des premiers musulmans indiquent clairement qu'il s'agit d'une cotisation pour la protection des minorités, remboursable lorsque la protection ne pouvait être assurée. Ainsi, elle tombe dans la catégorie des droits d'utilisation. Seul le khums est pris par la force, mais puisqu'il est pris à l'ennemi aucours de la bataille, ce n'est pas un impôt sur les citoyens, mais une part du butin de guerre.

      A l'époque du Prophète, le khums était attribué à celui-ci pour son utilisation discrétionnaire, pour ses besoins personnels aussi bien que ceux de sa famille, ainsi que pour des allocations aux nécessiteux et aux travaux publics. On peut l'interpréter comme une propriété d'Etat dont le
      régent se sert ou comme une propriété privée du Commandant-en-chef de laquelle il est censé distribuer le sadaqa. Dans le premier cas, c'est un impôt sur le butin de guerre, plutôt qu'un impôt sur les citoyens. Dans le second, les dépenses publiques nécessaires constituent un impôt sur le Commandant-en-chef et non sur les contribuables.

      D'après ce récit, il semble que l'imposition autorisée par le Coran soit strictement limitée. Cela ne doit pas nous étonner, puisque le Prophète dit qu'il ne faut priver un musulman de sa propriété légitime sans son consentement. La Sunna confirme ce principe. A l'époque de Mahomet et d'Abou Bakr, il n'y avait aucune source de revenus publics à part celles autorisées par le Coran.2 Une exception présumée est avancée dans l'affirmation que le Prophète aurait collecté le zharaj des juifs de Khaybar. Siddiqi (1970, 17) écrit : "Lorsque Khaybar fut pris par le Prophète ... les juifs, reconnaissant les vainqueurs comme les propriétaires des terres conquises (suivant les coutumes de l'époque), proposèrent de cultiver les terres en tant que métayers de l'Etat et de lui verser une part de la récolte. Le Prophète accepta et fixa le kharaj à la moitié de la récolte."
      Ceci peut être interprété de deux manières. A première vue, les juifs ont reconnu les terres comme étant la propriété de l'Etat (fay). Dans ce cas, les paiements versés correspondent à un loyer et non à un impôt. Si, en revanche, ils représentent une taxe foncière, le taux, ayant été fixé par traité, constitue un jizya négocié et reste conforme aux règles du Coran.

      Ainsi, il est clair que le Prophète n'a jamais établi d'impôts en dehors de ceux
      spécifiés par le Coran, exceptés les droits d'utilisateur. Il en va de même pour Abou Bakr. La pratique générale des premiers califes corrobore cette analyse. C'est ainsi que Abou Abdullah Mu'awaiya ibn Ubayd Allah écrivit dans un traité sur la fiscalité à l'intention du calife al-Mahdi (Lapidus 1981, 177) que :
      " 'le Trésor doit assumer toutes les dépenses de travaux publics, y compris la
      construction de passages voûtés et de ponts, l'assainissement de rivières et la maintenance de barrages sur les grandes rivières'. Par ailleurs, on considère
      cependant que les canaux d'irrigation font partie du domaine privé, et les
      juristes débattent de la question des droits de l'eau et la distribution des
      dépenses d'irrigation entre particuliers. Ils donnent l'impression que la
      responsabilité à cet égard était plutôt limitée."

      A suivre ...

      Stanislas
      Dernière modification par Stanislas, 23 décembre 2005, 19h22.
      “If you think education is expensive, try ignorance”
      Derek Bok

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      • #4
        tres instructif, tout cela fait partie de la fiscalité, on va attendre le volet qui pose le plus de problème ! les taux d'interets.

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        • #5
          Excélent travail Stanislas,

          cependant, j'ai eu l'occasion de travailler sur le système financier islamique...et j'aimerai ajouter quelques détails concernant le taux d'intérêt et l'islam...si vous le permetez bien sur...
          qu'en dites vous?

          Commentaire


          • #6
            Toute contribution est la bienvenue.Surtout de la part d'une économiste !
            “If you think education is expensive, try ignorance”
            Derek Bok

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            • #7
              Définition du concept "la finance islamique" FI

              La pratique de la finance islamique a prédominé en Islam durant le Moyen Age, le développement du crédit stimulant le commerce et les activités de l’entreprise. En Espagne ,dans les autres pays de la Méditerranée comme dans les Etats baltes ,les marchands islamiques devinrent des intermédiaires indispensables aux activités de négoce .En fait ,les financiers et les hommes d’affaires européens adoptèrent par la suite de nombreux concepts ,technique et instruments financiers islamiques.

              Par contre ,le terme « système financier islamiques (SFI) « remonte seulement au milieu des années 80 .Auparavant ,toutes les activités commerciales ou mercantiles conformes aux principes de l’Islam étaient regroupées sous la catégorie des pratiques bancaires « sans intérêt »ou « islamique « .Cependant ,l’absence d’intérêt ne suffit pas pour décrire correctement l’ensemble d’un SFI,mais il s’appuie sur d’autre principes de la doctrine islamique tels que la promotion du partage des risques ,les droits et les devoirs des particuliers ,le droit de propriété et le caractère sacré des contrats .De même ,un SFI ne se limite pas aux activités bancaires ,mais englobe aussi la formation de capital ,les marchés de capitaux et l’intermédiation financière sous toutes ses formes .

              Le SFI se fondent sur l’interdiction absolue de toute forme de rentabilité prédéterminé et garantie .Les intérêts sont donc exclus, de même que l’utilisation de titre de créance .Favorable au partage des risques ,le système joue en faveur de l’esprit de l’esprit de l’entreprise ,mais en l’encontre de la spéculation ,et souligne le caractère sacré du contrat .

              Les principes de base du système financier islamique peuvent être schématisés comme suit :



              Interdiction des intérêts : la riba que l’on interprète comme tout accroissement injustifiable du capital, qu’il s’agisse de prêt ou de vente, est le précepte essentiel .Tout taux préétabli, fixe et positif, lié à l’échéance et au montant du principal est assimilé à la riba et interdit.

              Cette interdiction s’appuie sur la justice sociale ,l’égalité et le droit patrimonial .l’Islam encourage les bénéfices et interdit les intérêts ,car les premiers ,qui sont ex post ,symbolisent la réussite de l’entrepreneur et la création de la richesse supplémentaire ,tandis que les seconds ,qui sont ex ant , représente un coût venant s’ajouter quelle que soit l’issue de l’opération et ils risquent de ne pas créer de richesse en cas de pertes .La justice sociale veut qu’emprunteur et prêteurs partagent équitablement les avantages aussi bien que les pertes et que l’accumulation et la répartition des richesse soient conformes à la justice et à la productivité véritable .



              Partage de risque : les intérêts étant interdits, les bailleurs de fonds deviennent des investisseurs, et non des créanciers .Ils partagent avec l’entrepreneur les risques de l’opération et ses bénéfices.



              L’argent, capital en puissance : l’agent ne devient un capital effectif qu’à partir du moment ou son association avec d’autre ressources permet une activités productrice .l’Islam reconnaît la valeur temporelles de l’argent, mais seulement lorsqu’il joue le rôle de capital, et non lorsqu’il n’est que du capital virtuel



              Interdiction de la spéculation : le SFI décourage la thésaurisation et interdit les transaction faisant intervenir les risques, les jeux de hasard et les incertitudes extrême.



              Caractère sacré des contrats :l’Islam défend les obligation contractuelles ,qui représente de même que la divulgation de l’information ,un devoir sacré ,l’objectif étant de réduire le risque d’informations asymétrique et d’effets pervers



              Activés sanctionnées par la sharia : seules les activés industrielles et commerciales qui ne sont pas contraires à la sharia constituent des investissements. Ainsi, tout investissement lié à l’alcool, aux jeux de hasard et aux casinos est interdit.


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              • #8
                Interdiction de l’intérêt

                La FI est fondée sur l’interdiction par l’Islam de l’usure, appelée en arabe riba

                La prohibition du riba est inscrite dans le Coran. Le riba est explicitement condamné aux chapitres 2 (sourate de la génisse, aussi dite de la vache), 3 (sourate de la gent ou famille de iimran) et 30 (sourate des Romains, qui étaient en fait des Byzantins). D’aucuns ont aussi vu la prohibition du riba, mais ici davantage dans sa dimension d’intérêt, dans certains hahadith , ou dires et actes attribués au Prophète, les hahadith formant la sunna ou tradition, cette dernière constituant, avec le Coran, la sh ari ia ou loi islamique.

                Selon un had hit, fréquemment cité, le Prophète aurait en effet interdit l’échange

                en quantités inégales de l’or, de l’argent, du blé, de l’orge, des dattes et du sel

                (« or pour or, argent pour argent, etc. »), ce qui a largement été interprété comme une

                Interdiction du prêt à intérêt lui-même (Schacht, 1994).



                L’assimilation de la pratique de l’intérêt à l’usure n’est pas spécifique à la religion musulmane, cette pratique fut critiquée tout au long de la pensée

                Dans la Grèce antique, Aristote (384.322 av j. c) qualifie la pratique du prêt à intérêt de détestable dans son ouvrage « la politique » : « ce que nous exécrons le plus et à juste titre, c’est la pratique du prêt avec intérêt » car, le profit qui en résulte est généré par l’argent lui-même et ne répond en rien à l’objectif pour lequel a été découverte la monnaie. La monnaie a été créée en effet, dans le seul but de permettre les échanges, alors que l’intérêt multiplie la quantité même de l’argent. C’est de là d’ailleurs que vient le mot « intérêt » qui est l’argent généré par de l’argent. En conséquence cette façon de réaliser des gains et la méthode la plus opposée qui soit à la vraie nature des choses »

                La question de l’intérêt chez les Hébreux a fait l’objet de recommandations suivantes :

                « Si tu prête de l’argent à l’un de mon peuple, à un pauvre, ne soi pas avec lui comme débiteur et ne lui réclame pas un intérêt »



                La pratique de l’usure est condamnée, menant l’interdiction du tarbit, mot hébreu qui signifie, à la fois usure et intérêt. Les Juifs, dans leur interdiction du tarbit, furent cependant plus sélectifs que les musulmans : le tarbit était interdit entre Juifs, mais permis entre Juifs et non Juifs.

                L’église catholique était initialement très opposée à la pratique de l’intérêt, fondant sa position ferme sur le texte biblique très explicite à ce sujet. Sous l'impulsion de Calvin (au XVIe siècle) l'autorisation fût donnée aux protestants, et par la suite la pratique se répandit à l'ensemble de la communauté chrétienne, cependant, il fallait respecter une limite morale (ne pas pratiquer un taux d'intérêt trop fort).

                Si les Chrétienne et les Juifs ont renoncé à l'interdiction du prêt à intérêt, les musulmans demeurent partagés entre traditionalistes qui considèrent le (Riba) comme un péché ,et les moderniste . Ces derniers visant une nouvelle interprétation de l'Islam en général, poussent à une interprétation à l'esprit de la loi et non à la lettre. Ils contestent donc en disant que le Coran a interdit l'usure et non l'intérêt légitime. Parmi ces modernistes ,on peut citer :

                Youssouf al-Qaradâwî, qui autorise les musulmans vivant en occident, et qui ne peuvent bénéficier de prêts sans intérêt, à avoir recours au prêt à intérêt dans l'unique but d'acheter un bien indispensable, de première nécessité.

                Muhammad Sayyed Tantawi , l’actuel cheikh d’Al Azhar en Egypte qui avait depuis longtemps interprété le dogme de façon à ne proscrire que l'intérêt " excessif ". Aujourd'hui c'est toute l'Université d'Al-Azhar et le Conseil islamique supérieur qui se rangent à ses côtés : les 21 sages ont décrété licites les intérêts sur les dépôts bancaires.

                Pourtant, la majorité des économistes Islamiques maintiennent que l'intérêt est aussi interdit pour tout crédit productif, puisque le terme 'riba' signifie augmentation et que par conséquent tous les remboursements au delà du montant original du prêt sont illicites. Les banques Islamiques en activité aujourd'hui suivent cet avis dans leurs opérations.

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                • #9
                  La justification de l’interdiction de l’intérêt

                  Comme pour la grande majorité des préceptes de l'Islam il y a à cet interdit des explications historiques. L'économie de la péninsule arabe du VIIème siècle reposait en effet sur des cités-états marchandes vivant dans un environnement hostile. Du fait de leur isolement, elles souffraient le plus souvent d'un manque de liquidités qui favorisait l'usure et la thésaurisation. Les préceptes islamiques visèrent à refréner ces phénomènes sociaux indésirables. Car si les taux d'intérêts appliqués aux négociants se déplaçant de ville en ville étaient trop élevés, cela décourageait le commerce et augmentait considérablement le coût des marchandises. L'Islam a dû créer l'obligation morale de n'utiliser l'argent qu'à des fins de production, pour soi et pour le bien de la communauté, en investissant dans des entreprises rentables. Mais ce que l'on entend par rentable consiste en un apport concret positif et indiscutable à la communauté, et ne dépend pas uniquement du jugement porté par le marché des capitaux pour assurer l'allocation des ressources .

                  les savants musulmans justifiaient l’interdiction de l’intérêt par Dieu, dans le Coran comme suit :
                  Ils ont défini les fonctions naturelles de la monnaie
                  - Fonction d’étalon de valeur, la monnaie sert à mesurer la valeur des biens et des services
                  - Fonction d’instrument d’échange, parce qu’elle sert à acquérir les biens et les services.
                  En revanche, son rôle de réserve des valeurs n’a pas été admis. Car, il était considéré comme non naturel et conduit l’homme à amasser de l’argent (thésauriser). La monnaie ne devait pas non plus servir (par l’intermédiaire du prêt à intérêt) à enrichir ceux qui détenaient de l’argent.


                  Aujourd’hui, la loi n’est plus justifiée de cette manière, des fondements nouveaux à l’interdiction apparaissent. Ainsi, d’après ces savants musulmans, la loi peut être accréditée de deux façons : économique et juridique.

                  la justification économique

                  les savants musulmans mettent l’accent sur le manque de théories satisfaisantes de l’intérêt lesquelles ne sont que des tentatives d’explication de l’existence d’une institution profondément ancrée dans les économies modernes.
                  En voici deux:


                  - Une théorie présente l’intérêt comme une récompense à l’épargne ou encore à la non consommation. Les savants musulmans pensent qu’une récompense ne serait acceptable que si cette épargne débouche, par le placement qui en est fait, sur la création de richesses.
                  - Une autre théorie présente l’intérêt comme ce que rapporte le capital productif. Selon les savants musulmans, il faut distinguer charge d’utilisation de la monnaie (véritable définition de l’intérêt) et produit du capital productif.
                  La remise en cause du principe même de l’intérêt caractérise l’islam. En effet, avancer de l’argent dans l’invention du commerce et (ou) de la production, peut se faire pour recevoir une part des profits (provenant du «capital monétaire» et de l’effort de l’entrepreneur) car à ce moment, le prêteur est copropriétaire de l’entreprise et partage donc les risques de l’entreprise. Par contre, est banni le créditeur prêtant avec un intérêt fixé à l’avance dans le contrat et ne tenant pas compte des profits ou des pertes de l’entreprise, ne courant pas de risques en ce sens.
                  Le seul risque pour lui est celui de la non solvabilité de l’entrepreneur.
                  Si prêt il y a, celui-ci doit être sans intérêt.
                  Ainsi, l’islam accorde, dans le respect des limites imposées par
                  la SHARIAH
                  , une grande liberté en matière de contrats et approuve tout accord basé sur le consentement des partis aussi longtemps que les éléments d’incertitude, concernant les profits, les gains que chacun doit recevoir et donc de risques partagés, sont présents. Ceci signifie la condamnation du risque unilatéral, considéré comme injuste, et la mise en valeur du risque mutuel.
                  En somme, la condition nécessaire au gain est le risque mutuel et la condition suffisante, le profit


                  La justification juridique

                  Il faut noter, tout d’abord que la détention de monnaie correspond à la détention de droits de propriété. Le prêt équivaut à un transfert de ces droits en retour il ne peut en être exigé plus.
                  En effet, l’intérêt est une création de droits de propriété injustifiable car il se situe en dehors de l’ensemble légitime des droits de propriété reconnus par l’islam.

                  Commentaire


                  • #10
                    banques islamiques.

                    si vous voulez plus de détails sur le fonctionnement des banques islamiques et sur leur techniques pour contourner le taux d'intérêt...faites moi signe.

                    Commentaire


                    • #11
                      Le terme en arabe Ribâa est trop osuvent confondu entre interet et usure. Ce qui est deux choses différentes.

                      L'usure est definie par la banque de France comme un taux d'interet prohibitif (ribâa fahich, en arabe). Quand est il des interets ?

                      Dans sa derniére préche le Prophéte lors du dernier pélérinage (hijjat el wada3) a dit " qu je mets ribâa ibn el abaas sous mes pieds !"

                      Oui, mais il est connu que les prêts de cette époque etaient usuriers !

                      alors comment intrerpreter le texte ? j'avoue que je n'ai pas assez de connaissance en Islam. J'ose éspérer que des economistes qui ont aussi des connaissances en theologie ( double compétence) puissent nous donner des éléments de réponse.
                      “If you think education is expensive, try ignorance”
                      Derek Bok

                      Commentaire


                      • #12
                        Bonsoir a tous et merci léconomiste pour ta contribution!

                        Je serai tres curieux de savoir comment fonctionnent les banques qui suivent les conditions de l'Islam. Car une banque reste avant tout une entreprise qui doit generer de l'argent. Alors comment une banque peut avoir de l'argent sans poser d'interets sur ses prets?

                        Commentaire


                        • #13
                          Bien léconomiste et stanislas, ma question serait d'ordre philosophique qui rejoint un peut celle de GAbdelkader
                          En somme, j'ai compris que, le preteur n'a pas le droit de s'enrichir au détriment de l'emprunteur.
                          dans ce cas comment justifier que l'emprunteur puisse s'enrichir au détriment du preteur.

                          Commentaire


                          • #14
                            @Stanislas
                            pour la définition du taux d'intérêt: :
                            il est généralement défini comme étant le revenu que l'on tire d'un capital placé auprès d'autrui ou exploité directement. il se calcule en pourcentage de la valeur nominal de ce capital et s'exprime généralement en un taux annuel qui indique alors le prix à payer pour le prêt d'un an d'une valeur correspondant à 100 unités monétaires. Le taux d'intérêt désigne dans ce cas, le loyer de l'argent.
                            Comme on l'a déjà constaté, le taux d'intérêt à longtemps été condamné par la morale et les religions, puis d'abord confondu avec le profit par l'école classique et présenté comme une partie de la plus value réalisée dans la sphère de la production par Marx, l'intérêt est l'objet d'analyse spécifique avec l'école néo-classique, l'école suédoise, la théorie keynésienne.Déjà évoquée par certains classiques (Ricardo, Sénior) l'abstinence (ou préférence pour le présent) du prêteur du capital est présentée comme la justification du droit d'obtenir une rémunération, d'autant plus que l'emprunteur utilisera ce capital à accroître sa production totale (productivité marginale du capital positive). L'abstinence ou le sacrifice consenti est d'autant plus fort que le montant du capital prêté est élevé.

                            Pour l'usure, je ne pense que je suis bien qualifiée pour y répondre, mais j'ai pu suivre quelques débats sur la question.

                            l'usure est définie par la majorité des oulamas comme étant toute opération de prêt exigeant la condition de remboursement du montant initial en plus d'un montant supplémentaire, surtout quand il s'agit d'emprunts destinés à des pauvres ou à des personnes en besoin.
                            cependant un des Oulamaa (Dr Chahatta. rahimahou lah) avait dit:" oui, mais si vous considérez que mes dépôts auprés de la banque est perçue comme une opération de prêt: vous oubliez que: la banque n'est pas pauvre!".
                            D'autres disent que l'usure réside dans l'origine des taux d'intérêt offerts pour les dépôts des épargnants. en d'autres terme: les bénéfices réalisés par les banques (à travers les opérations de transformations de dépôts (ex: vous avez un compte d'épargne chez un banque, votre percevez un taux d'intérêt de 2%, au même temps la banque utilse vore argent pour occtroyer des crédits disons à un taux d'intérêt de 7%, le bénéfice est calculé à travers la différence des deux taux: 7% - 2% = 5%).En d'autres termes: la défaillance réside au niveau des origines de ces bénéfices qui sont conçus comme étant usuriers. (surtoutquand il s'agit des crédits à la consommation, où généralement les demandeurs de crédit, sont perçus comme ds gents en besoin)

                            D'où, la création de banque islamique, pour contourner ce principe. mais entre nous je ne vois pas vraiment la différence.

                            pour la deuxième partie de votre question, je ne me sens pas capable de vous répondre.

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                            • #15
                              Sources financières des banques islamiques



                              Outre le capital et leurs fonds propres, les banques islamiques trouvent leurs principales ressources dans les opérations ci-après:



                              Les dépôts

                              Il existe plusieurs sortes de comptes : les comptes de dépôts à vue, les comptes d’épargne et les comptes de dépôts affectés à l’investissement. La nature du compte doit être précis lors de la passation du contrat conclu entre la banque et le déposant.



                              Les comptes courants :ce sont des dépôts à vue n’impliquant aucune rémunération ,et exigible à tout moment par le déposant .Il ne présentent donc pas d’originalité par rapport aux même types de dépôts proposés par les autres banques , ne faisant pas intervenir le principe d’association(musharaka).



                              Les comptes d'épargne :participent aux résultats générés par leur investissement selon un taux de répartition convenu, qui est fonction de la stabilité des dépôts. Ce taux, déterminé lors de la passation du contrat ne garantie pas un taux fixe.



                              Les comptes d’investissement : ce sont les comptes les plus caractéristiques du système islamique, puisqu’ils font intervenir totalement le principe du partage des résultats. C’est à dire que le titulaire d’un compte d’investissement devra théoriquement supporter les pertes éventuelles du projet dans lequel son argent aura été investi.

                              On distingue les dépôts d’investissement affectés et non affectés :

                              Les dépôts d’investissement non affectés : ils sont versés dans un fonds commun pour être utilisés au mieux par la banque .Il s’agit alors du vieux système de la mudharaba, utilisés par les marchands des premiers temps de l’Islam, et qui laisse au mudharib, celui à qui sont avancés les fonds (ici la banque), toute liberté dans le choix de ses projets.

                              Les dépôts d’investissement affectés : Ils sont destinés à une entreprise spécifique, déterminée avec le client.



                              Le Zakat ou compte de service social: Les fonds collectés sont dépensés conformément à la

                              loi islamique et ils ont pour fonction réelle de permettre au pauvre de se suffire à lui-même par ses propres moyens de telle sorte qu'il ait une source de revenu fixe qui le dispense de recourir à l'aide d'autrui.

                              Autres opérations

                              La banque islamique est habilitée à réaliser toutes sortes d’opérations conventionnelles :
                              • L’encaissement des créances.
                              • Virement,
                              • Change par achat et vente de devises, au cours du jour,
                              • Expertises financières et consultations,
                              Ces opérations doivent nécessairement s’accompagner d’une transaction réelle et apparente. La banque se rémunère du service rendu lors de cette transaction. Par conséquent, la notion d’escompte, opération purement financière, est totalement absente en économie islamique. La rémunération de la banque, pour prestations permis, comporte sa commission et les frais réels engagés (salaires versés, téléphone, frais postaux…)

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