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La France loin d’être la plus austère en Europe

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  • La France loin d’être la plus austère en Europe

    Source E24 26/05/2010 Elsa Meyer

    Les pays européens rivalisent d’austérité. Tous adoptent des mesures d’économies pour sortir leurs comptes du rouge.

    L’objectif: faire passer leur déficit en-dessous des 3% du PIB en 2013, comme exigé par Bruxelles. Et rassurer des marchés financiers, toujours inquiets de leur situation budgétaire.

    Si la France ne fait pas exception, elle est loin d’être la plus mal lotie. Mais comme pour les autres pays, son plan de rigueur a peu de chance de réussir.

    La France moins sévère

    Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière 95 milliards d’euros d’économies en trois ans. Entre réduction des niches fiscales et baisses des dépenses de l’Etat, les mesures sont ambitieuses. Mais beaucoup moins sévères que dans le reste de l’Europe.

    En Espagne, au Portugal ou en Italie, les salaires des fonctionnaires vont par exemple être gelés.

    L’Irlande va quant à elle les réduire de 5 à 10%, tandis que la Grèce compte supprimer les 13 et 14e mois de ses agents publics.

    Finances publiques en meilleur posture

    Si la France fait preuve de moins d’austérité, c’est qu’elle en a moins besoin. Ses finances publiques ont mieux résisté à la crise que celles de certains de ses voisins.

    Avec 7,5% du PIB en 2009, Paris doit réduire son déficit de 4,5 points pour passer sous la barre des 3%. Le Portugal accusait quant à lui l’année dernière un déficit de 9,4%, le Royaume-Uni de 11,1%, l’Espagne de 11,2% et la Grèce de 14% du PIB.

    L’effort à réaliser n’est donc pas du tout le même. D’autant que dans certains de ces pays, la dette a aussi explosé. Elle reste en-dessous de la moyenne européenne dans l’hexagone.

    Irréalistes?


    Point commun cependant de ces plans de rigueur européens : aucun n’a vraiment de chance de réussir.

    Les objectifs annoncés seront difficiles à réaliser sur une période aussi courte, alors que la croissance en Europe n’est pas prête de repartir.

    «La France, comme les autres pays, a annoncé un plan trop ambitieux. Réduire le déficit de 5 points du PIB en trois ans, alors que la reprise n’est pas au rendez-vous, serait du jamais vu. Comme pour le reste de l’Europe, ces mesures très sévères pourraient donc freiner la croissance et faire exploser le chômage», explique à E24, Eric Heyer, Directeur adjoint au Département analyse et Prévision de l’OFCE.

    Contre l’excès de zèle

    Plusieurs économistes ont mis en garde l’Europe sur les risques de proposer des plans aussi radicaux et donc peu réalistes.

    «Les autres pays européens n’ont pas besoin de prendre des mesures aussi draconiennes que la Grèce (…) Le risque est en effet que, sous la pression des marchés, certains pays fassent du zèle dans l'austérité. Ce serait une erreur», a averti le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, dans un entretien au journal La Tribune publié mardi.

    Car les marchés ne sont pas dupes: les Bourses et l’euro continuent de plonger malgré l’annonce de ces plans de rigueur. Et le non respect des promesses ne pourrait qu’aggraver la crise de défiance que traverse l’Europe.
    Cria cuervos ...
    Elèves des corbeaux et ils te crèveront les yeux
    (proverbe espagnol)
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