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75% des entreprises paient des pots-de-vin en Algérie...

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  • hozzi2005
    a répondu
    75% je pense que c'est un bon chiffre et moi qui avait l'impression de 100%

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  • mkh
    a répondu
    Salâm,



    Ca donne vraiment envie d'investir en Algérie. En tout cas le texte est bien écrit et très comique (mieux vaut en rire qu'en pleurer).

    Pour se représenter la politique de lutte contre la corruption en Algérie, il faut se représenter un lutteur spécialiste de la lutte greco-romaine qui lutte contre lui-même, sous les yeux d’une foule qui regarde ailleurs.

    «Mais les choses fonctionnent ainsi et personne ne va en guerre contre ces règles sans finir comme salarié, ou pire, comme petit prête-nom».

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  • Stanislas
    a répondu
    A tous, les entreprneurs algériens voici un guide de survie dans la jungle de la corruption algérienne.

    Ce que vous devez savoir sur la corruption en Algérie

    Par Kamel Daoud

    Pour se représenter la politique de lutte contre la corruption en Algérie, il faut se représenter un lutteur spécialiste de la lutte greco-romaine qui lutte contre lui-même, sous les yeux d’une foule qui regarde ailleurs.

    Un observatoire de la corruption en Algérie ou une politique contre l’argent sale et les pots-de-vin sont pour la consommation des médias ou celles des opinions occidentales à attirer. Un petit patron algérien privé y croit autant que l’on croit, aujourd’hui, au socialisme. Le premier constat est que la corruption n’existe pas en Algérie, c’est pourquoi on ne peut pas lutter contre. On ne la voit jamais, mais il arrive que l’on puisse en sentir les lignes de forces et l’univers discret et pesant dans les propos d’un petit patron algérien qui tente sa survie dans le complexe général de cette industrie libre et qui se laisse aller à la confidence. Elle a ses règles qui sont strictes et obéit à des normes qui lui assurent la marge clandestine.

    - 1° «D’abord l’humilité», nous expliquera un jour un Algérien propriétaire d’une petit complexe touristique en Algérie. «La plus grave faute, lorsque vous êtes un privé et que vous avez un problème à régler ou un agent à souffrir, est de croire que vous pouvez casser le chantage d’un petit agent de l’Etat qui vous demande sa part, en allant se plaindre à son chef ou à son seigneur à Alger. Le résultat possible est que le patron de cet employé vous demandera plus que ce que demandait son subalterne pour vous régler le même problème. Ceci dans le meilleur des cas, c’est-à-dire celui où l’affaire est encore négociable dans la discrétion». L’autre possibilité est que le patron vous demande de payer son «intervention» puis vous laisse tomber dans les bras de son subalterne qui va vous faire payer dix fois la prestation en y mettant le prix d’une longue hésitation, de faux rendez-vous et de petites colères «destinées à vous inculquer, une fois pour toutes, les rapports de force» et la véritable hiérarchie du réel.

    - 2° «La deuxième des règles et celle de la lucidité», continue notre témoin. «L’erreur à ne jamais faire c’est d’étaler le problème en public, recourir à des journaux ou à la justice ou aux procédures de recours administratifs. C’est une grosse erreur car vous oubliez que vous ne pouvez rien prouver car la corruption n’existe pas et reste impossible à démontrer. Ce que vous en récoltez c’est le malheur d’être définitivement grillé dans le circuit des affaires. Vous devenez infréquentable, peu sûr et donc peu efficace pour vos affaires et les affaires des autres. Certains ne vont plus vous recevoir dans leurs bureaux par la suite et là, si vous êtes un homme d’affaires, votre affaire est une affaire qui vous reste sur les bras. Un certain nombre de vos demandes de dossiers de crédits, de facilités, d’investissements et d’autorisations vont prendre le long chemin du pèlerin qui va à pieds à La Mecque. Chaque étage de la machine algérienne aura son idée sur vous et tout le monde va vous expliquer indirectement que puisque vous avez choisi la loi et ses procédures, l’administration va faire la même chose jusqu’à ce que vous fêtiez votre 70ème anniversaire», résume avec humour notre témoin. Dans le milieu, il y a la solidarité et «une affaire peut être négociée à l’amiable tant qu’elle n’a pas atteint la surface». «Si vous vous amusez à vous défendre en public, c’est tout le monde qui se ligue contre vous.

    Même vos propres amis dans les affaires puisque vous leur portez préjudice d’une certaine manière».

    - 3° «La troisième règle est la perspicacité». Notre bonhomme est un bonhomme qui travaille dans le tertiaire, en Algérie. «Lorsque vous avez une affaire, vous apprenez très tôt à calculer la marge nécessaire des gratuités des services». Chaque secteur du complexe-Etat a son quota de jours gratuits et de prise en charge totale, à l’oeil. «Etre un bon patron, c’est savoir calculer cette marge pour ne pas faire sombrer le complexe hôtelier dans la ruine, mais aussi bien distinguer dans le lot des demandeurs ceux qui peuvent vraiment vous faire mal et ceux qui ne sont là que pour tester votre docilité. Cela n’est pas souvent évident et il faut en la matière avoir une longue expérience. Un petit agent d’une administration annexe que vous négligez sera peut-être, un jour, à l’origine d’une brigade de contrôle qui vous fera payer ce qu’un gros cadre de l’Etat aurait été incapable de vous faire subir». L’équation est mathématique, mais fonctionne à l’intuition pure. La paix absolue s’obtient en offrant le gîte et le couvert -et la boisson- gratuitement, à tout ce beau monde de la prédation para-administrative et donc fermer boutique à la fin de la saison. «L’autre solution et de demander à tout le monde de payer ses vacances comme tout bon citoyen algérien, mais là aussi on risque de se faire fermer la boutique à la fin de la saison pour une histoire de conformité d’un plafond avec un texte datant de 1967». «Le problème en Algérie c’est que l’on ne sait pas toujours qui commande qui et qui il faut payer. Contrairement au Maroc ou à la Tunisie, la corruption en Algérie n’est pas organisée et ses adresses sont floues. On perd un temps fou à distinguer dans le labyrinthe «Qui commande qui?», pour pouvoir payer là où il faut, la personne qu’il faut et dans le temps qu’il faut.

    - 4° «La quatrième règle est celle de la prévoyance». C’est un autre bonhomme de l’Algérie qui négocie sa présence dans le privé algérien qui nous l’explique. «Il faut être à l’écoute des nouvelles nominations et faire acte d’allégeance le plus vite possible. Lorsque vous êtes convoqué pour un prétexte futile dans un bureau quelconque, prévoyez quelques invitations d’honneur pour une prochaine réception, découvrez quelques relations communes, de préférence anciennes ou familiales pour ne pas multiplier les pourcentages et ayez à l’esprit de montrer votre disponibilité pour un quelconque service futur éventuel. C’est chez vous que votre haut cadre doit se sentir chez lui». Et dès les premiers jours du marquage du territoire et du test des pouvoirs.

    - 5° «La patience et la rapidité dans l’intuition». «Lorsque vous êtes coincé et que vous voyez que toutes vos démarches légales se heurtent à des refus presque systématiques, dans des administrations pourtant cloisonnées et qui, apparemment, n’ont aucun rapport entre elles, il vous faut comprendre qu’il y a un super gros parrain, très, très haut placé, une sorte de guichet unique qui vous indique son chemin et le chemin de son bureau de la manière la plus subtile. Bien sûr, vous ne verrez jamais cette personne, mais comme vous en reconnaîtrez l’émissaire à l’instant même où il se présente à vous. L’intermédiaire ne vous vendra rien sauf le temps, mais c’est justement cela que vous voulez gagner. Le temps que vous auriez pu dépenser à attendre un cachet humide, une autorisation ou un accord écrit pour votre projet.

    Sa facture n’a rien d’illégale, elle est même la bienvenue. Si vous cherchez un terrain, il vous le trouve, même sous les pieds d’un wali ou dans un cimetière grec. Il vous le fournit au prix de l’Etat, avec les papiers de l’Etat et les actes de l’Etat. Ce que vous lui payerez, peut-être quatre fois plus que ce que vous avez acheté, c’est le miracle de la rapidité». Bien sûr c’est illégal et immoral. «Mais les choses fonctionnent ainsi et personne ne va en guerre contre ces règles sans finir comme salarié, ou pire, comme petit prête-nom».

    - 6° «La profonde conviction que tout est fragile». «Avec de telles règles pour faire fortune ou seulement défendre la sienne, il faut être idiot pour ne pas comprendre que toute entreprise est presque un jeu de hasard, de baraka et de ruses et d’homonymes. On fait des affaires parce qu’on comprend d’abord comment elles se font et avec qui. Avec la marge magique on gagne certes du temps, mais ce gain est précaire car, du coup, on n’est couvert que par des noms et des personnes qui peuvent partir un jour ou l’autre». Si la corruption fait gagner du temps, elle introduit aussi son client dans l’univers des humeurs, où tout dépend de tout et de rien. «On peut gagner gros, mais aussi perdre le tout. Avec de telles règles de réussite, l’entreprise algérienne du privé en est encore à la mentalité de l’opportunité, de la razzia et de la bonne affaire». «La conclusion: l’économie algérienne n’est pas encore au stade du marché libre: c’est une économie qui passe de l’époque du «dirigé» à celle des rapports de force».

    Merci Kamel, pour ce diagnostic, de la corruption en Algérie

    http://www.quotidien-oran.com/quot3065/actualite.htm

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  • Avatar de « Invité »
    Invité a répondu
    Vous remarquerez qu'en Algérie, les gens ne se plaignent du piston que dans les cas où ils n'en bénéficient pas. Comme quoi on a réussi l'exploit d'intégrer à la morale l'abus et le passe droit. C'est triste, mais n'importe qui trouve normal de piétiner le voisin pour arriver à ses fins.

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  • Avatar de « Invité »
    Invité a répondu
    75% des entreprises paient des pots de vin en Algérie

    Bonsoir Yassine, Thirga and Co

    En Algérie nous avons beaucoup de chance.

    Nous n'avons pas à payer des bakchichs pour vendre les hydrocarbures. et comme nous ne vendons quasiment rien d'autre.....nous sommes à l'abri de devenir des corrupteurs.

    "Nnif" est sauf.

    Serait-ce de l'humour, de l'ironie, pas sûr.

    A+

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  • Thirga.ounevdhou
    a répondu
    Bonjour Yassine,
    Oui yassine c'est sur que ça existe partout mais en Algérie c'est un PHENOMENE qui on le trouve partout même dans les plus petites entreprises, dans la rue..Pour avoir un job, une promotion, une habitation, un visa...tout absolument tout.. Les gens vivent avec, c'est décevant.

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  • Avatar de « Invité »
    Invité a répondu
    Pour répondre à ta question Thirga : la corruption existe dans le monde entier. En France aussi elle est omniprésente dans la politique.

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  • Thirga.ounevdhou
    a répondu
    Corruption "phénomène caractérisant l’Algérie ou exit-i

    Corruption "phénomène caractérisant l’Algérie ou exit-il dans le monde"entier"

    Révélé ce matin par La brigade de gendarmerie d’El Harrach hier
    Dix-sept personnes, dont deux Elus, impliques dans une affaire de corruption (Détournement de 3 milliards de centimes à Sidi Moussa la caisse de l’APC de Sidi Moussa)http://www.lanouvellerepublique.com/...27&cahed=1

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  • Avatar de « Invité »
    Invité a répondu
    Ce problème économique nécessite une réponse politique.
    Sur les 20000 PME qui existent en Algérie, si 75% payent des pots de vin; il faut imaginer quel est le destin des autres.
    Certains entrepreneurs qui importent des biens de consommation voient leurs cargaisons bloquées dans le port jusqu'à pourrissement, c'est alors qu'elles obtiennent un laissé passé.
    Un ami saharien ayant eu besoin d'une foreuse pour irriguer ses palmeraies a vu sa foreuse (provenance: Europe de l'Est) bloquée dans le port.
    C'est une question de monopole: le gros poisson qui touche de grosses commisions sur les importations ne veut pas que le petit marche sur ses plates bandes (ceci pour le premier exemple cité) et ne veut pas que le pays produise, ce qui limiterait les importations, donc les commissions (ceci pour le deuxième exemple cité)

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  • morjane
    a répondu
    Bonjour,
    Au dela de la corruption en tant que tel, il faut aussi penser à la lourdeur des procédures adminsitratives qui favorise et entretient ce climat de tchipa. Il y a une différence de traitement selon le circuit où l'on passe a savoir le légal ou l'informel qui lui est plus rapide.
    L'immatriculation d'une entreprise en Algérie nécessite plus de 52 jours et 16 procédures. Pour le respect des contats commerciaux, la BM enregistre 49 procédures d'une durée de 407 jours avec un coût de 28,7¨% du PIB par habitant.
    C'est aussi à cela qu'il faut s'attaquer, simplifier les procédures d'enregistrements au maximum et eviter cette difference de traitement selon le circuit par lequel on passe.
    Je vous conseille de lire aussi le rapport de la Banque Mondial 2005 Un meilleur climat de l'investissement pour tous.

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  • zek
    a répondu
    Disons que les pots de vin font parti des relations publiques, poste frais publicitaire !

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  • Avatar de « Invité »
    Invité a répondu
    Envoyé par LaPinta
    ... Quelques hommes intègres... Qui parce qu'ils ne profitent pas passent pour des c***.
    Exactement, à notre époque les gens malhonnètes ou vicieux sont admirés alors que les gens intègres ou vertueux sont ridiculisés. Mais Allah soubhanna oua ta'ala aime la vérité et il fera le tri.

    Qu'Allah nous guide tous incha Allah.

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  • Virginie
    a répondu
    ... Quelques hommes intègres... Qui parce qu'ils ne profitent pas passent pour des c***.

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  • Avatar de « Invité »
    Invité a répondu
    Azul

    Ca étonne quelqu'un? Honnetement?
    En France aussi la corruption est très répandue, peut etre pas au meme niveau que l'Algérie mais il ne faut pas se leurrer. Quand une mairie ou un département fait un appel d'offre, ce n'est pas forcément l'entreprise qui a le meilleur rapport qualité/prix qui est choisie. C'est celle qui donne une valise de billets pour les vacances du Maire ou pour la campagne politique de son parti, ou bien encore celle qui construit une piscine chez le maire....
    Dès qu'il y a politique, il y a systématiquement corruption, mais je pense qu'il y a toujours des hommes intègres, incha Allah...

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  • Virginie
    a répondu
    sincérité

    Les patrons (ou employés) des entreprises algériennes sont donc particulièrement sincères parce que cette pratique est quasi systématique dans tous les milieux de business, même dans un milieu hyper sensible comme le nucléaire (sans donner le nom d'une grande compagnie française leader dans ce domaine), seulement, tout le monde ne l'avoues pas aussi facilement, d'autant moins lorsque tu mets en jeu l'avenir de populations entières et que tes activités osnt couvertes par le "secret défénse"...

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