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Maroc : augmenter la subvention du sucre ou son prix, un choix cornélien pour l’Etat

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  • Maroc : augmenter la subvention du sucre ou son prix, un choix cornélien pour l’Etat

    Avec la suppression de la subvention du fioul n° 2, les coûts de production de la Cosumar ont considérablement augmenté. La moitié de la charge de compensation du sucre ne profite pas aux ménages. Plus de 60% des besoins en sucre sont importés.


    Le gouvernement, par la bouche du ministre des affaires générales, Mohamed Louafa, répète à l’envi que le prix du sucre ne sera pas concerné par la décompensation, même de façon partielle. Tant mieux pour les Marocains dont le niveau de consommation (36 kg par an et par habitant) figure parmi le plus élevé au monde; ce qui, soit dit en passant, est une «performance» dont il vaut mieux ne pas trop se réjouir eu égard aux problèmes de santé que cela génère.

    Mais il n’y a pas que les ménages qui trouvent leur compte avec le prix actuel du sucre ; un prix qui n’a pas varié depuis 2006 et qui est considéré «parmi les plus bas au monde», dixit un responsable à Cosumar, et le plus bas au Maghreb, selon la Cour des comptes dans son rapport sur la compensation de janvier 2014. Les industriels aussi bénéficient de la subvention, y compris les limonadiers. Rappelons ici qu’en mars 1999, le gouvernement de l’époque avait décidé que les industries utilisatrices de sucre devaient toutes restituer la subvention dont bénéficiait ce produit.

    Mais en février 2006, sous le gouvernement Jettou, cette restitution avait été abandonnée. C’est à partir du 31 décembre 2008 que finalement la restitution a été partiellement réinstaurée pour les industriels de boissons gazeuses et non gazeuses: 1DH pour chaque kg de sucre utilisé. Autrement dit, cette industrie bénéficie de plus de la moitié de la subvention sur chaque kg de sucre. Ainsi, en 2013, par exemple, la subvention de l’Etat était de 2,90 DH par kilogramme de sucre. Les industriels de boissons gazeuses et non gazeuses en restituent 1 DH et gardent 1,90 DH. Quant aux autres, les chocolatiers, les confiseurs, les biscuitiers, les pâtissiers industriels et autres fabricants de glaces et dérivés de lait, de conserves de fruits, ils ne restituent plus rien depuis 2006.

    Il y a quelques semaines, certains médias ont cru savoir que l’Exécutif était décidé à étendre la décompensation au sucre, précisant que seul le pain de sucre, presque exclusivement consommé dans le rural, continuerait de bénéficier de la subvention. Joint par La Vie éco, le ministère des affaires générales n’a ni confirmé ni infirmé, se contentant de renvoyer un communiqué qu’il vient de publier et dans lequel il s’est borné à donner des statistiques sur le niveau de consommation et de subvention du sucre.

    Pour autant, il n’est pas exclu, il est même probable que le mouvement enclenché de décompensation touche aussi le sucre (et même le butane et la farine) mais dans une optique de ciblage cette fois. Ce ne serait d’ailleurs pas tout à fait nouveau puisque cela fait bien longtemps que la politique de ciblage en matière de compensation est prônée. Et si cela n’a pas été fait avant l’avènement de ce gouvernement, ce n’est pas faute de l’avoir voulu, c’était simplement, disait-on, pour des raisons liées aux difficultés de sa mise en œuvre.

    Est-ce qu’une solution a été imaginée pour contourner ces difficultés ?
    Une chose paraît désormais inévitable : ou le gouvernement augmente la subvention sur le sucre, ou alors il devra accepter une augmentation du prix au consommateur. Pourquoi ? Tout simplement parce que Cosumar, comme l’expliquent ses responsables, subit une hausse importante des coûts de l’énergie, suite à la suppression de la subvention sur le fioul n° 2 : +50% en 2013 et +60% en 2014. Or, le système actuel de fixation du prix du sucre a été mis en place sur la base d’un prix du fioul subventionné. Est-ce que Cosumar, entreprise privée, va continuer de supporter ce renchérissement du coût de l’énergie ? En 2013, le chiffre d’affaires de l’entreprise a baissé de 2,2%, son résultat d’exploitation de 13% et le résultat net de 20%, par rapport à l’exercice précédent.

    Le gouvernement a déjà essayé…
    Si l’on considère que le gouvernement ne changera rien à sa volonté affichée de réduire les déséquilibres macroéconomiques, parmi lesquels le niveau du déficit budgétaire et donc les charges de compensation, dans un contexte de croissance économique plutôt «maigrichonne», alors une décompensation partielle ou ciblée du sucre paraît inévitable. Car, dans cette hypothèse, on imagine mal l’Exécutif accepter d’augmenter l’enveloppe de compensation du sucre ; laquelle, en 2013, s’est élevée à 3,6 milliards de DH, soit 2 847 DH de subvention par tonne ou 2,90 DH par kilo, selon le ministère des affaires générales et de la gouvernance.

    Et il aurait d’autant moins de raisons de le faire que le sucre subventionné, comme déjà indiqué, n’est pas consommé que par les ménages seuls. En 2012, par exemple, sur une enveloppe de 5 milliards de DH de subvention du sucre, seulement la moitié (2,5 milliards) a profité aux ménages. Idem en 2013, où les ménages ont capté exactement la moitié de la subvention sur le sucre, soit 1,8 milliard. Qu’est-ce qui justifierait alors que l’Etat, donc les contribuables, en fin de compte, financent, même partiellement, des entreprises privées? Certes, au Maroc, et contrairement à ce que l’on peut observer dans les pays développés, une bonne partie de la production du sucre (environ 70%) va à la consommation de bouche. Mais cela ne change rien ou si peu au fait que la subvention profite aussi à ceux qui, probablement, et même certainement, ne la méritent pas.

    Seulement voilà : le gouvernement Youssoufi, on l’a déjà dit, avait dès son installation pratiqué cette politique de ciblage en exigeant des industriels, tous les industriels, de restituer la subvention. Ça a fonctionné jusqu’en 2006. Mais ces derniers ont fini par obtenir que cette restitution soit abandonnée ; pour une raison qui n’est pas sans fondement : le Maroc ayant signé des accords de libre-échange avec une flopée de pays, ces industriels, en particulier les biscuitiers, les confiseurs, les chocolatiers, se sont vite retrouvés débordés par une concurrence qui menaçait leur existence même.

    En acceptant de leur accorder de nouveau la subvention, Driss Jettou semblait inscrire son geste dans une logique de cohérence entre la volonté d’ouverture sur l’extérieur et l’exigence de protéger le tissu industriel local. Mais est-ce que toutes les industries utilisatrices de sucre sont submergées par la concurrence étrangère ? Jusqu’à plus ample informé, la pâtisserie industrielle, qui vend ses produits à des prix astronomiques, ainsi que l’industrie des boissons gazeuses et non gazeuses ne subissent pas de concurrence.

    On peut en dire autant du sucre en morceau, majoritairement consommé par les cafetiers. Est-ce que les clients retrouvent cette subvention dans le breuvage noir qu’on leur vend dans les cafés ? Assurément non. Aujourd’hui, dans les bistrots les plus modestes (dans les villes en tout cas), il faut pas moins de 7 DH pour une tasse de café! Ailleurs, et pour peu que l’endroit brille un tant soi peu, le café est facturé entre 15 et 30 DH. Bref, il y a du boulot sur ce dossier de subvention du sucre, comme d’ailleurs sur celui du butane dont une partie, tout le monde le sait maintenant, va à des usages guère en rapport avec l’objectif de la compensation. Mais au-delà du constat, la question est de savoir comment corriger ces anomalies sans que les petites bourses en pâtissent. C’est l’éternel problème du ciblage, sur lequel de nombreux gouvernements ont buté. La Cour des comptes, dans son rapport sur le sujet, a fourni des pistes de réforme, serviront-elles à quelque chose ?

    LaVieEco

  • #2
    c'est une aberration de laisser les industriels profiter de la subvention , pour le reste on peut la supprimer pour le lingot et le morceau dont la consommation est faible comparativement au granulé et au pain ,mais en parallèle continuer à encourager les agriculteurs à cultiver la betterave et la canne à sucre pour réduire les importations du sucre brut et investir dans les extensions des capacités de traitement des usines pour réduire les charges

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    • #3
      voilà ou ça mène

      • le subventionnement ( double dans ce cas de figure )
      • les transactions boursières douteuse
      • la main mise de la holding royale sur un business
      • La Rationalisation( synonyme de monopole) à outrance
      " Je me rend souvent dans les Mosquées, Ou l'ombre est propice au sommeil " O.Khayaâm

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      • #4
        haddou

        des broyeurs de pains de sucre, ça existe, une suppression pure et dure s'impose avec une distribution d'une aide directe aux méritants

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        • #5
          Un système économique subventionné est un système global qui ne fonctionne pas, tout système qui ne peut pas vivre sans subvention doit s’adapter ou disparaitre.

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          • #6
            la main mise de la holding royale sur un business
            Le maintien du monopole sur le sucre par la Cosumar est un non-sens dans une économie ... qui se veut ouverte et "pas recroquevillée sur elle même"
            Dernière modification par jawzia, 30 septembre 2014, 13h21.

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            • #7
              Un système économique subventionné est un système global qui ne fonctionne pas, tout système qui ne peut pas vivre sans subvention doit s’adapter ou disparaitre.

              Même en Europe le sucre est subventionné par les aides aux agriculteurs ,le marché est protégé , en cas de surplus , la quantité est vendue sur le marché international, sinon toutes les unités fermeront à cause du prix inférieur du sucre produit à partir de la canne

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              • #8
                Oui je sais en Europe la PAC est l'une des pires aberrations économiques que le monde n'a jamais rencontré. Si un système ne fonctionne pas doit-il encore exister ? De nombreux secteurs agricoles européens ne devraient plus exister les subventions que ces secteurs absorbent les empêchent d'évoluer et d'aller vers les réformes. Alors que cet argent serait réellement profitable pour autre chose.

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                • #9
                  Ce monopole est une grosse arnaque ou la vache laitière du Roi

                  Enquête. La face cachée de la vente de Cosumar par la SNI

                  Par Le360 le 21/02/2014

                  La SNI a présenté le non contrôle de Cosumar par un groupe étranger comme une volonté de préserver le caractère marocain de l’entreprise. Les faits révèlent une autre histoire.

                  La phase 2 de la cession du contrôle de Cosumar par la SNI, réalisée le 22 janvier 2014, a été présentée comme un coup de maître. La presse a salué par des hourras l’introduction d’un consortium d’institutionnels dans le capital de cette entreprise : Axa Assurances, CNIA Saada, RMA Watanya, SCR, Wafa Assurances, MAMDA, MCMA, CDG, CMR, RCAR, Wafa Gestion, CFG. Cette phase 2 complète la première cession durant laquelle SNI a conclu, le 15 avril 2013, un "accord stratégique" avec le premier groupe agroalimentaire en Asie, Wilmar International, au terme duquel ce groupe est entré dans le capital de Cosumar à hauteur "seulement" de 27,5%. Le non contrôle de Cosumar par un groupe étranger a été interprété et proclamé comme une volonté délibérée de SNI de maintenir la gouvernance du sucre dans le giron marocain.

                  Pourquoi SNI n’a pas fait preuve du même patriotisme, lors des cessions de BIMO, de Cristal-Lesieur et de Centrale Laitière, qui sont des entreprises dont le contrôle est assuré par des groupes étrangers ? Est-ce que Wilmar International a cherché à obtenir le contrôle de Cosumar et comment SNI a pu convaincre ce géant de l’agroalimentaire à y renoncer ? La réponse d’un haut responsable à la SNI, qui a requis l’anonymat, est catégorique : "Les candidats à la reprise des sociétés cherchaient avec insistance à chaque fois à obtenir la majorité ainsi que le contrôle franc. SNI s’est imposé la contrainte d'associer le capital marocain à travers les investisseurs institutionnels pour doter les sociétés cédées d'un équilibre dans la gouvernance et pour défendre les intérêts marocains et des petits porteurs, alors qu’il était plus facile pour elle par exemple de vendre une majorité franche de Lesieur et Cosumar". Le ton péremptoire de cette réponse résiste pourtant mal à l’épreuve des faits et des chiffres.

                  Dans notre enquête, nous avons commencé par nous pencher sur le dernier rapport annuel de Cosumar et particulièrement sur le compte annuel des résultats de l’entreprise datant de 2012. Nous avons montré ce rapport financier à une source familiarisée avec les cessions des grandes entreprises. Notre source a feuilleté le rapport et s’est arrêtée devant un dessin qui retrace la chaîne de valeur de Cosumar. En haut de ce dessin, sont figurés deux moyens de transport : un bateau (allusion à l’importation de sucre brut) et un camion (allusion à la production locale de canne à sucre et de Betterave). "Si vous voulez avancer sur votre enquête, suivez le bateau !", lance notre source.





                  Sur la piste du bateau
                  L’itinéraire du bateau conduit aux fournisseurs de Cosumar en sucre brut. Le Maroc est l’un des plus grands consommateurs de sucre au monde. Alors que la moyenne mondiale annuelle de consommation de sucre par personne est de 20 kgs, le Marocain consomme plus de 37 kgs de sucre par an, selon des chiffres rendus publics par Cosumar. Cette consommation fait du Maroc un client de choix pour les exportateurs de sucre brut. Et justement, Wilmar International, qui a racheté des parts dans le capital de Cosumar sans en assurer le contrôle, se présente sur son site web comme un grand vendeur de sucre brut "qui vend et distribue ses produits sur un réseau de distribution étendu à des clients présents dans plus de 50 pays". Combien de tonnes de sucre brut importe Cosumar par an ? Dans le bilan 2012 des résultats de l’entreprise, le montant alloué aux achats s’élève à 6647,7 millions de dirhams. Nous avons interrogé avec insistance Mohamed Fikrat, PDG de Cosumar, pour connaître le pourcentage de sucre produit localement et de sucre importé dans ces plus que 6,6 milliards de dirhams, dédiés à l’achat de produits qui interviennent dans la fabrication du sucre raffiné. Il a refusé de nous répondre. Que peut bien cacher la gêne du PDG de Cosumar à répondre à cette question ?

                  Dans le dernier rapport de l’Office des changes, on apprend que le Maroc a importé 1.002 566 tonnes de "sucre brut ou raffiné" en 2012. Valeur : 5.100.807.000, 00 dhs. Compte tenu du fait que Cosumar a le monopole du sucre au Maroc, il est par conséquent l’unique importateur de sucre brut au pays. "Pour protéger la production locale, le sucre raffiné (granulé et morceaux) est soumis à une taxation de 35 à 42%. Ce qui veut dire que la part de sucre raffiné dans le montant des 5,1 milliards de dirhams, affichée par l’Office des changes, est nulle et que cette somme est allouée quasi totalement à l’importation de sucre brut", précise un acteur de l’économie qui a requis l’anonymat.

                  A ce sujet, le rapport sur la compensation du projet de loi des Finances pour l’année budgétaire 2014 est sans appel. On y apprend que "les importations du sucre brut ont augmenté de près de 39% entre l’année 2008 et l’année 2012 en passant de 746.000 tonnes (T) à près de 1.040.000 de tonnes pour faire face à la faiblesse de la production locale de sucre". Le document du ministère de l’Economie et des finances précise que les 1.040.000 de tonnes de sucre brut importées en 2012 ont été achetées à 578 dollars USD par tonne. Ce qui fait plus de 601 millions dollars US, et correspond à peu près à la somme de 5,1 milliards de dirhams alloués, selon l’Office des changes, à l’importation du sucre au Maroc. Ce même document ajoute que la production locale de sucre était de 20% en 2012 et est passée à près de 30% en 2013. Donc, ce document apporte une réponse précise à la question à laquelle le PDG de Cosumar a refusé de répondre : en 2012, la production locale couvrait seulement 20% des besoins en sucre et 80% ont été importés. C’est cette manne financière supérieure à 5 milliards de dirhams par an qui intéresse Wilmar International. En entrant dans le capital de Cosumar, Wilmar s’assure l’exclusivité de la vente de sucre brut à l’entreprise marocaine. Du moment que Wilmar sécurise l’exclusivité de l’approvisionnement de Cosumar en sucre brut, le contrôle de cette entreprise lui importe peu. "La gouvernance et les performances de Cosumar ne revêtent pas d’intérêt pour Wilmar. Ce qui intéresse les Chinois, détenteurs de l’entreprise établie à Singapour, c’est de prendre le minimum de parts dans une entreprise à laquelle ils peuvent vendre ad vitam æternam leur sucre brut", précise notre source.

                  Une fois que l’on sait que Wilmar n’est intéressé que par l’approvisionnement de Cosumar en sucre brut, le contrôle de cette entreprise par des institutionnels marocains sonne beaucoup moins comme un coup de génie. Et les propos catégoriques du haut responsable à la SNI affirmant que Wilmar a cherché la majorité franche dans Cosumar s’en trouvent vigoureusement ébranlés. "Cosumar est une société que la SNI n’a pas réussi à vendre, en dépit de plusieurs tentatives", nous confie l’économiste Najib Akesbi. Et tout porte à croire que cette entreprise a été vendue à celui qui a bien fini par se présenter et non pas à celui à qui on a décidé de la vendre moyennant des conditions strictes pour en préserver la marocanité, comme l’affirme le responsable de la SNI.

                  Vendre à qui veut acheter

                  Indépendamment des véritables motivations qui ont poussé Wilmar à entrer dans le capital de Cosumar, nous avons demandé à la SNI pourquoi le schéma du contrôle de Cosumar par des actionnaires marocains n’a pas été appliqué à Lesieur-Cristal et à Centrale laitière qui opèrent dans des domaines aussi sensibles que le sucre. "En ce qui concerne Lesieur-Cristal, l’appel à manifestation avait été ouvert aux industriels étrangers et marocains.

                  Ces derniers n’ayant pas répondu présents, SNI a structuré une opération associant un opérateur international leader aux investisseurs institutionnels marocains", répond le haut responsable à la SNI qui a requis l’anonymat. Nous avons interrogé un responsable dans une société marocaine qui était susceptible d’être intéressée par la cession de Lesieur-Cristal. Ce responsable confirme effectivement que la SNI avait fait le tour des Marocains pour vendre Lesieur-Cristal. Mais il apporte une précision de taille : "Les Marocains ont été approchés pour un rachat global de Lesieur. A aucun moment, il ne leur a été proposé de participer au contrôle de cette entreprise, comme pour Cosumar. En des termes plus clairs, l’entreprise marocaine qui aurait pu être intéressée par Lesieur devait allonger un chèque pour le rachat de toute la boîte". Personne n’a voulu racheter Lesieur-Cristal dans sa totalité. Résultat : Sofiproteol rachète le 12 juillet 2011 41% du capital de Lesieur-Cristal (1,3 milliards de dirhams) et devient l’actionnaire de référence de cette entreprise. D’emblée, le groupe français ne fait aucun mystère sur ses intentions de "détenir au moins 51% du capital de la société pour pouvoir piloter la stratégie de développement de la société avec de larges marges de manœuvre". Ce contrôle était au demeurant irrévocable et programmé depuis le rachat des 41% par Sofiproteol, eu égard aux 14,70% d'actions détenus par de petits porteurs et à la volonté proclamée de la SNI de se désengager des 22,30% de parts qu’elle y détient encore dans le cadre d’une offre publique de vente (OPV) à la Bourse de Casablanca.

                  La cession de Centrale laitière rompt davantage avec le schéma de Cosumar, censé préserver le "caractère national" de l’entreprise. Le 27 juin 2012, SNI vend à Danone 37,8% de Centrale laitière pour 6,1 milliards de dirhams. Danone, qui était déjà dans le capital de Centrale laitière depuis l’ONA, devient actionnaire majoritaire à 67%. Moins de deux mois après le contrôle de Centrale laitière, le groupe français crée l’électrochoc en augmentant le prix du litre de lait de 40 à 50 centimes, suivant les gammes. "Le scandale de la hausse des prix du lait souligne les différences qui existent entre le groupe français qui a pris le contrôle de Centrale laitière et le groupe singapourien. Danone, qui n’a rien à vendre à Centrale laitière, se doit de contrôler cette entreprise et de mettre en place une stratégie pour faire des bénéfices. Les Français n’ont pas accepté de partager le contrôle de l’entreprise avec des Marocains, parce qu’ils veulent maximiser leur investissement", conclut notre source. Pourtant, le lait, qui fait vivre des dizaines de milliers de petits éleveurs, est aussi stratégique pour les intérêts nationaux que le sucre. Mais SNI ne semble pas avoir eu la préoccupation d’en préserver le "caractère national" comme elle l’a proclamé pour Cosumar. Au final, il faut bien se résoudre à l’idée que la SNI n’a fait que donner à chacun ce qu’il voulait et n’a pas protégé les intérêts de l’Etat comme elle aime à le répéter.

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                  • #10
                    J'ai remarqué que les Marocains ont tendance à mettre trop de sucre dans leur thé à la menthe, c'est presque du sirop,

                    Mais la plupart dîne avec un M'semen et du Thé à la menthe, on ne peut pas leurs en vouloir s'ils mettent trop de sucre dans le thé, ça remplace la viande.
                    Si vous ne trouvez pas une prière qui vous convienne, inventez-la.” Saint Augustin

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                    • #11
                      Rappel sur la privatisation du secteur sucrier

                      Lorsque le Maroc a lancé la privatisation des sucreries nationales , personne ne s'est intéressée à reprendre les outils de production et maintenir l'activité agricole avec 80 000 agriculteurs , et à chaque fois on déclare l'appel d'offre infructueux , les soumissionnaires lorgnent seulement le marché de consommateurs et se proposent de construire des raffineries et importer du sucre brut , la dernière société était SAVYOLA de l'Arabie Saoudite ,partie en Algérie et a construit avec Cevital la raffinerie de sucre , donc on est dans un secteur capitalistique et risqué , il y a les aléas climatiques , sécheresse ou inondation , mise à niveau de l'outil de production vétuste , agriculteurs volatiles , ils changent de culture en fonction de leurs intérêts et ne veulent pas s'engager à faire la betterave ou la canne malgré toutes les facilités accordées


                      NB

                      il y avait 11 sucreries à privatiser

                      Commentaire


                      • #12
                        Les sucreries ont été rachetées par le Roi (enfin Cosumar - ce qui est du pareil au même)


                        Compte tenu du fait que Cosumar a le monopole du sucre au Maroc, il est par conséquent l’unique importateur de sucre brut au pays.
                        Le Roi se sucre à fond !!!

                        Que c'est malsain toute cette confusion des genres.
                        Dernière modification par jawzia, 30 septembre 2014, 15h21.

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                        • #13
                          Le maintien du monopole sur le sucre par la Cosumar est un non-sens dans une économie ...
                          La partie en gras peut être enlevé , t'aurais une affirmation plus générique avec laquelle je serais d'accord ....

                          Il va sans dire que je suis d'accord aussi avec ce cas particulier




                          qui se veut ouverte et "pas recroquevillée sur elle même"
                          LOL .......

                          J'espère que tu ne t'attend pas a ce que je te contredise .....
                          " Je me rend souvent dans les Mosquées, Ou l'ombre est propice au sommeil " O.Khayaâm

                          Commentaire


                          • #14
                            Lorsque le Maroc a lancé la privatisation des sucreries nationales , personne ne s'est intéressée à reprendre les outils de production
                            Et pour cause ! Qui aurait osé concurrencer le Roi et ses holdings ?

                            Commentaire


                            • #15
                              Et pour cause ! Qui aurait osé concurrencer le Roi et ses holdings ?

                              Les premiers appels d'offres lancés dans les années 90 , la COSUMAR s'est abstenue de participer , il y avait le français Beghin say qui a retiré le CPS , mais il a refusé de reprendre les anciennes sucreries , après plusieurs tentatives infructueuses , c'est en 2004 que la Cosumar , après un accord avec l'Etat , a gardé les sucreries nationales avec un plan de restructuration et d'investissement dont la fermeture des unités vétustes et l'extension des capacités de traitement pour celles qui restent , en plus de l'introduction de semence mono germe pour augmenter les rendements dans le périmètre betteravier et l'utilisation de l'irrigation gouttes à gouttes

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