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L'économie expliqué aux nuls

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  • L'économie expliqué aux nuls

    Bonjour, une approche sur l'économie assez simple et compréhensive en forme de conte, tiré du livre " Un regard citoyen sur l’économie" d'André-Jacques HOLBECQ, les forumistes trouveront des réponses au fil de ces articles.

    ... au casino mondial de l'économie et de la monnaie; ceux qui la mettent en oeuvre ont oublié que le but était le service de l'homme et non pas son esclavage.

    Le système ultra libéral fait chaque jour la preuve de son incapacité à résoudre les problèmes de chômage et de pauvreté, en France, en Europe et dans le Monde.

    Il est temps de changer tout cela.
    Mais il faut démontrer qu'un autre système économique est possible.
    --------------------------------------------------------------------------

    La Dame de Condé

    Nous sommes à Condé-sur-Gartempe. Son hôtel de la Gare est réputé pour ses ortolans et sa discrétion...! Un vendredi après-midi débarque une jeune femme, d’apparence comvenable, bien qu’un peu trop fardée.
    Elle réserve une chambre pour la nuit et, comme elle n’a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 100 euros, tout neuf. Puis elle s’en va visiter la vieille ville.

    Le pâtissier qui a vu la scène dit au patron: « ça fait six semaines que vous me devez 100 euros pour la pièce montée que j’ai livrée à l’occasion de la communion de votre fille. » Le patron lui donne le billet de bonne grâce.
    Comme cette scène a été vue par d’autres, elle se reproduit cinq nouvelles fois, car le pâtissier devait aussi 100 euros au minotier... qui en devait autant au garagiste... lui-même débiteur de cette somme au boucher... qui avait à régler 100 euros au représentant de la maison Erlida... lequel devait à son tour acquitter sa chambre à l’hôtel de la Gare pour 100 euros.
    Il redonne donc le billet au patron de l’hôtel.

    Notre Dame revient de promenade. Elle annonce, qu’ayant fait une rencontre, elle annule sa réservation. Ce qui arrange bien l’hôtelier qui, entre temps, a eu une demande d’un de ses vieux clients. L’hôtelier lui rend donc son billet qu’elle brûle aussitôt.
    « Il était faux », dit-elle en souriant.

    Moralité de cette histoire

    - Pourquoi un faux billet a-t-il été capable de catalyser autant d’échanges?
    Parce qu’un billet est de la monnaie fiduciaire (du latin fiducia: confiance). C’est exclusivement une « valeur de confiance » entre les membres d’une communauté. Dans un autre pays il n’aurait pas été accepté. Un billet faux perd « sa valeur » seulement au moment où il se révèle faux et n’est plus accepté par celui qui le reçoit. C’est celui qui le détient en dernier qui assume la perte. Dans cette histoire il n’y a pas eu de perte sauf pour la Dame de Condé qui savait de toute façon qu’il était faux.

    - Serait-ce qu’il y a carence de pouvoir d’achat dans notre société?
    En effet la Dame de Condé, en réservant sa chambre, a accru de 100 euros la masse monétaire du village, ce qui a permis à six personne d’éteindre réciproquement leur dette pour un montant total de 600 euros la « qualité » de la monnaie utilisée, bonne ou mauvaise, est indifférente

    La suite
    Dernière modification par zek, 23 janvier 2007, 12h07.
    L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

  • #2
    Le conte de Roseland

    Ceci se passait en des temps fort anciens :
    Dans le comté de Roseland vivait une population industrieuse. La prospérité et la convivialité régnaient.

    Nicolas, le cinquième fils d’un fermier, venait d’atteindre sa majorité. Il vint trouver son père et lui dit : « Père, la ferme n’a pas besoin d’une cinquième paire de bras pour continuer à prospérer. Or, on entend bien des habitants du comté regretter l’absence d’habits de fête. Aussi souhaiterais-je m’établir tisserand. »

    « Bonne idée », répondit son père. « Je peux te donner la petite grange pour y installer ton échoppe. Mais tu sais que je n’ai pas trop d’argent et il t’en faudra pas mal. Va donc voir, de ma part, le Grand Argentier du comté. »

    Ce qui fut dit, fut fait. Nicolas fut tout étonné, lors de son entrevue, de voir le Grand Argentier si ouvert et les choses si faciles. « Il te faut 250 écus ? Les voici. Bon courage, Nicolas !... »
    Nicolas se confondit en remerciements ; mais dans le couloir, il fut pris d’un doute : « Il ne m’a fixé, ni échéance de remboursement, ni taux d’intérêt ». Il revint donc frapper à la porte pour demander les conditions de ce prêt. « Nous ne te prêtons pas ces écus, nous te les donnons. L’équilibre de la circulation monétaire est actuellement atteint dans notre Comté. Il faudra donc un peu plus de pouvoir d’achat à nos sujets pour acheter tes beaux habits. L’argent que nous te donnons pour acheter tes laines, tes teintures, mais aussi pour que tu puisses créer une famille, va aller dans leurs poches par tes achats. Tu serviras la collectivité et l’équilibre subsistera. »

    Moralité de cette histoire

    1) La masse monétaire doit rester liée aux évolutions du progrès technique, à la production, et à celles de la population d’une nation. Si la population s’accroît ou si les activités augmentent, la masse monétaire en circulation doit s’accroître aussi, ce n’est pas de l’inflation.

    2) La monnaie est la propriété de la communauté. Elle est émise par son représentant mandaté. Elle ne coûte que le prix du papier et des salaires pour la fabriquer ou pour l'écrire sur un ordinateur. Mais aujourd’hui l’État ayant abdiqué son pouvoir régalien de battre la monnaie, l’accroissement nécessaire de la masse monétaire est financé par l’emprunt (conséquence de la demande de crédit des agents économiques publics et privés) et coûte des intérêts exorbitants. L’argent est créé sous forme de dettes et il est devenu propriété des banques et non plus de la communauté. Le peuple a perdu sa souveraineté.

    3) Que se serait-il passé pour Nicolas, si l’argent, au lieu de lui avoir été sagement donné, lui avait été prêté, et de plus avec intérêt ? En dépensant les 250 écus prêtés, il aurait bien accru la masse monétaire de la communauté. Mais en les remboursant, c’est-à-dire en s’en privant, il aurait cette fois diminué la masse monétaire qui serait revenue à son niveau initial. Finalement sa nouvelle activité, au lieu d’enrichir la communauté, l’aurait appauvrie.

    La suite...
    L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

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    • #3
      L'île des naufragés.

      Un peu long mais voici la suite
      http://www.yhad.fr/yhad_eco/comprend...rs/2-even1.htm
      L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

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      • #4
        comment pousse la monnaie

        D'abord, il faut que vous sachiez qu'il n'y a pas de "banque nationale" (la BNP par exemple, bien que se nommant "Banque Nationale de Paris", est une société privée), et la Banque Centrale Européenne - qui est "garante" des bons fonctionnements des banques privées - est une émanation des Banques Centrales des états membres , ces Banques Centrales étant elles mêmes des "réunions" des banques privées)

        Ensuite il faut que vous sachiez aussi que l'article 104 du traité de Maastrisch a INTERDIT aux Etats et aux Collectivités de créer de la monnaie .. c'est réservé au système bancaire sous surveillance de la BCE dont le seul mandat des Etats est de "limiter l'inflation" (on en reparlera, ainsi que des conséquences de cet article 104 aussi bien sur la pauvreté, le chômage et les déficits). ..

        Voyons donc comment le système bancaire crée la monnaie ...

        Nous sommes par exemple dans un système de 4 banques privées (B1, B2, B3, B4, .. mais vous pouvez remplacer ces sigles par BNP, SG, CL, CA, par exemple ..)

        Prenons un exemple dans lequel les "régles prudencielles" en vigueur en ce moment permettent aux banques d'offrir des crédits jusqu'à un montant de 90% des dépots (c'est très variable puisque c'est un des moyens de régulation des crédits et donc de la monnaie comme vous le comprendrez à la fin de ce mail) .

        La banque B1 recoit en dépot 1000 euros (c'est Monsieur A qui dépose cet argent sur son compte courant). C'est évidemment une dette que la banque B1 a envers Monsieur A ... car la banque s'est bien engagée à rendre cet argent à Monsieur A à sa première demande.

        Monsieur B demande et obtient un crédit à la Banque B1 qui donc, en fonction de ces régles prudencielles, lui propose 900 euros ( 1000 x 90%) avec 10% d'intéret sur un an... Monsieur B devra donc rembourser 990 euros ...

        Vous pouvez évidemment remarquer que le compte de Monsieur A n'a pas bougé ( il est toujours de 1000 euros) comme d'ailleurs ne bougeront pas les comptes des déposants dans les explications qui suivent.

        Avec ce crédit de 900 euros, Monsieur B paye un de ses fournisseurs, Monsieur C, qui va déposer son chèque dans la Banque B2 . Grâce à ce dépot, Monsieur D peut obtenir de la banque B2 un crédit de 810 euros (900 x 90%) qu'il devra rembourser 891 euros ( 810 +10%).

        Monsieur D paye à son tour un de ses fournisseurs, Monsieur E, avec ses 810 euros , lequel Monsieur E le dépose à sa Banque B3. Grace à ce dépot, Monsieur F peut obtenir de la banque B3 un crédit de 729 euros (810 x 90%) qu'il devra rembourser 802 euros ( 729 +10%).

        Allez, encore une fois...

        Avec ce crédit de 729 euros, Monsieur F paye un de ses fournisseurs, Monsieur G, qui va déposer son chèque dans la Banque B4 . Grace à ce dépot, Monsieur H peut obtenir de la banque B4 un crédit de 656 euros (729 x 90%) qu'il devra rembourser 721 euros ( 656 +10%).

        Monsieur H paye à son tour un de ses fournisseurs, Monsieur A, avec ses 656 euros , lequel Monsieur A le dépose à sa Banque B1. Grace à ce dépot, Monsieur X peut obtenir de la banque....

        Avec ce système de 4 banques et de 4 emprunteurs, voyons le "bilan"

        - D'un dépot initial de 1000 euros, c'est 900+810+729+656 = 3095 euros en circulation qui ont été créés "en plus"

        - Sur un an, les emprunteurs (Messieurs B, D, F, H) devront rembourser: 990+891+802+721 = 3404 ... le système bancaire a donc gagné 3404 - 3095 = 309 euros

        - Vous avez vu la petite astuce de mon exemple... Monsieur H paye avec son crédit une dette qu'il a envers Monsieur A: donc 66% du dépot initial dans la banque B1 (par Monsieur A) proviennent des crédits que son propre dépot permet... (je sais, c'est pas facile à piger... surtout si vous faites intervenir l'ordre chronologique ci dessus, dans ce qui n'est qu'un exemple)

        D'une manière plus générale...

        - Bien évidemment, c'est un cycle permanent.. des crédits sont remboursés et d'autres les remplacent... mais il faut toujours de plus en plus de crédits pour pouvoir créer la monnaie qui sert à payer les intérets. Je dirais que les banquiers se fichent pas mal du capital (qui n'est qu'une simple ligne d'écriture), alors que les intérêts (qui vont dans leur poche), ça, oui, ils aiment!

        - Vous comprenez donc maintenant pourquoi au lendemain (ou surlendemain ?) du 11 septembre l'un des premiers discours de Bush a été "il faut soutenir la consommation ... ayez confiance" car si la confiance disparait, il n'y a plus de crédit pour remplacer ceux arrivés à expiration, et c'est donc tout le système bancaire et économique qui s'écroule puisque les intérêts ne pourront plus être payés... il a aussi fait diminuer immédiatement les taux d'intérêts pour "pousser à la consommation"...

        - Accessoirement, l'intérêt c'est la cause principale de l'inflation (on en reparlera) ... ici, j'ai été gentil, parce qu'avec un crédit à 9% par an , par le jeu des intérêts composés, c'est le double de la somme empruntée qui doit être remboursée sur 10 ans...

        - Ceci explique que ce que l'on appelle le "coefficient multiplicateur" s'établit (dans la réalité) à 6,5 (pour 1000 euros, c'est 6500 qui sont créés)... c'est à dire qu'il y a 6,5 fois plus de crédits "en circulation" que de dépots qui ont permis ces crédits... et, en remontant "à l'origine", il n'y a que #15% (100/6,5) de ce que les économistes appellent parfois "monnaie permanente" (billets et pièces), pour la différencier de la "monnaie temporaire" (monnaie de crédit , qui "s'efface" quand le crédit est rembousé). Ce qui a aussi pour conséquence que dans les banques il n'y a que 15% de monnaie sous forme de billets ou pièces: une panique et les portes seront vites fermées, vous ne pourrez partir avec votre argent.

        - Vous voyez aussi qu'on a pas parlé "d'adossement sur l'or" ... oubliez cela, c'est fini depuis longtemps! L'or n'est plus qu'une matière première et la monnaie n'est plus gagée sur l'or.

        - Enfin vous remarquerez que comme l'écrit le seul prix Nobel d'économie français que nous ayons jamais eu (Maurice Allais, en 1988): " Dans son essence la création de monnaie actuelle ex-nihilo par le système bancaire est identique à la création de monnaie par les faux monnayeurs. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents"

        - Je rajoute que le système bancaire jouis du privilège insensé de pouvoir créer de la monnaie sur ses propres dettes (ses dettes à ses déposants).

        Dernier point: si vous discutez avec votre banquier ne lui dites pas " votre banque peut créer de la monnaie" .. ce serait faux, elle ne peut que créer du crédit.

        Par contre, si vous lui dites " le système bancaire pris dans son ensemble, système dont fait partie votre banque , crée de la monnaie payante ex nihilo" ce sera vrai et il sera un peu géné... accessoirement donc, la connaissance du système vous permettra de pouvoir discuter d'égal à égal avec lui et qui sait, d'obtenir de meilleures conditions si vous avez besoin d'un crédit ...

        La suite...
        Dernière modification par zek, 23 janvier 2007, 12h20.
        L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

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        • #5
          L’intérêt de l’argent : « L’effet papillon » du monde économique

          L’intérêt procuré par l’argent est probablement le concept économique le plus pernicieux car étant apparemment de petite valeur, quelques pour-cents, il a tendance à être négligé, sous-estimé, accepté comme une chose naturelle. Il avance masqué, et comme il est l’ami de tous, ses méfaits ne lui sont jamais attribués et son existence n’est ainsi jamais remise en cause. Pourtant, l’effet papillon que la science nous a révélé, montre que des petites causes peuvent engendrer de grands effets. Il en est de même avec l’intérêt. Nous allons en examiner quelques aspects.

          • Il a le pouvoir de transférer l’argent de ceux qui en manquent à ceux qui en ont le plus.
          Il masque bien sa capacité fondamentale à transférer l’argent des mains de ceux qui n’en ont pas, à ceux qui en ont le plus. En effet, les premiers sont obligés d’emprunter de l’argent car ils en ont besoin pour vivre et les seconds leur prêtent puisqu’ils en disposent, n’en ayant pas besoin. Ainsi, par exemple, pour 100 euros prêtés, il faut en rembourser 110 . Les 10 euros d’intérêts sont donc pris à ceux qui ont besoin d’argent, pour être donnés à ceux qui en ont déjà. L’intérêt est donc bien le facteur prépondérant de l’accumulation de richesse.
          Un exemple, plus quantitatif, est tiré d’une étude qui a été faite en Allemagne par Margrit KENNEDY pour montrer le fonctionnement insidieux de notre système monétaire.
          Il n’y a pas que ceux qui empruntent de l’argent qui payent des intérêts, car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, nous en payons tous, sans même nous en rendre compte.
          En effet, dès que nous achetons un bien ou un service, nous payons toujours une part d’intérêts incluse dans le prix et cette part est fonction des investissements qui ont été nécessaires pour la production considérée. Pour des services de main-d’œuvre, cette part est voisine de 10 %, mais elle peut atteindre 80 % si la production nécessite beaucoup de capital et peu de main-d’œuvre. En moyenne, la moitié de nos prix hors taxes représente le coût du capital.

          L’étude a porté sur 25 millions de foyers allemands, répartis en 10 classes (de 1 à 10) selon leurs revenus.
          Pour chacune de ces classes, il a été pris en compte les intérêts payés, inclus dans les achats de biens de consommation, et ceux perçus par les placements de l’épargne.
          Les résultats figurent sur une courbe qui ne figure pas ici. Cette courbe met en lumière que l’intérêt ne profite qu’à la tranche supérieure, c’est-à-dire à 10 % de la population la plus aisée, qu’il est neutre pour les 10 % de la classe 9 et qu’il est prélevé sur les 8 premières tranches soit 80 % de la population. Cette courbe justifie aussi l’appauvrissement des classes moyennes.
          Le problème est qu’on a fait de l’argent une denrée rare et chère, une « marchandise », et que l’argent « créé » est réservé aux riches qui en ont déjà... alors que ça devrait être l’inverse.

          • La croissance exponentielle ne se trouve pas dans la nature.
          Pour justifier cela, il est intéressant de rappeler l’histoire de la découverte du jeu d’échecs par un sujet d’un empereur perse. Celui-ci, par enthousiasme, voulut récompenser l’inventeur de ce jeu en lui offrant ce qu’il désirait. La demande du rusé inventeur parut bien modeste et fut donc acceptée. Il s’agissait de placer un grain de blé sur la première case de l’échiquier, deux grains sur la seconde, quatre sur la troisième puis de continuer ainsi à doubler sur chacune des autres cases. Notre malheureux Empereur, peu mathématicien, a été victime, sans pouvoir l’anticiper, d’une croissance exponentielle car la quantité de blé nécessaire à la dernière case représentait des centaines de fois la production de toute la planète.
          Une seconde anecdote rappelle que le placement de quelques sous à l’époque du Christ, à 4 % d’intérêt, correspondrait aujourd’hui à plusieurs fois le poids en or de la planète.
          Enfin l'histoire vraie actuelle montre que les déficits budgétaires successifs de la France ont conduit à une dette publique qui aujourd’hui (chiffres de 1999, mais ça ne s'est pas amélioré, désolé d'être resté en francs, je trouve que c'est plus "parlant", sans doute encore pour quelques années) dépasse les 4000 milliards de francs, ce qui coûte 236 milliards de francs environ d’intérêts par an, soit plus de 646 millions par jour, ou 27 millions à l’heure ou enfin 450.000 F à la minute.

          =>Par l’intermédiaire de l’intérêt, une somme colossale est transférée du monde économique au monde financier, et contribue à l’asphyxie du premier et à la congestion du second.

          • Les banques créent bien l’argent des prêts, mais elles ne créent pas simultanément l’argent des intérêts.
          Quand on emprunte de l’argent à une banque, par un simple jeu d’écriture dans ses comptes (comme nous l'avons vu dans le sujet "4 - mais comment pousse la monnaie? " ) , elle crée cet argent ex nihilo et la masse monétaire s’accroît d’autant. C’est l’inverse quand cet argent est remboursé, la banque le fait alors disparaître de ses comptes et la masse monétaire diminue.
          Mais à cause de l’intérêt, le mécanisme est plus subtil. En effet, si l’on emprunte à la banque 10.000 E à 10 % l’an, on lui remboursera 11.000 E l’année suivante. Mais la banque n’ayant créé à l’origine que 10.000 E, comment pourra-t-on en rembourser 11.000 ? D’où proviendront les 1000 E de plus qui n’auront pas été créés par ceux capables de le faire ?
          Eh bien ils proviendront de deux sources possibles :
          1- L’une est celle des faillites, personnelles ou d’entreprises, car dans ce cas on perd bien un patrimoine qui avait une valeur, au profit d’une tierce personne.
          2 - L’autre est celle qui oblige à réemprunter pour rembourser les intérêts du premier prêt, ce qui fait partir dans la spirale sans fin du surendettement. C'est évidemment la source la plus habituelle et la plus pernicieuse.

          • Comment l’argent qui est passif, peut-il « produire » de l’argent, c’est-à-dire s’autogénérer ?
          C’est bien sûr une impossibilité physique qui met bien en lumière la perversité du mécanisme. Un billet de 100 E ne va pas générer une pièce de 10 E et la masse monétaire qui tourne pour dynamiser l’économie ne produit pas des billets pour payer des intérêts. Ce n’est que le travail qui crée des richesses et si l’on prête de l’argent à un ami qui veut réaliser un projet, il est bien normal que ce dernier partage ensuite les fruits qu’il en aura obtenus. Il pourra alors rembourser celui qui lui a fait confiance et ajouter des "intérêts" (que je préfère appeler "dividendes"), c’est-à-dire une partie de ses gains.
          => Mais au niveau d’un pays ou de toute communauté autonome, l’intérêt n’a aucun sens puisqu’une collectivité doit émettre la monnaie nécessaire à ses échanges.

          • Pourquoi la monnaie est-elle sous-estimée en économie ?
          Parce que la pensée économique libérale historique veut qu’une monnaie soit « neutre » et ne soit qu’un « voile » ne modifiant en rien les échanges de biens et de services.
          Cela est vrai, mais il y a un présupposé qu’il n’était pas nécessaire de relever à l’époque.
          => La monnaie est bien neutre, mais à une seule condition, c’est qu’elle existe en quantité suffisante pour permettre de réaliser les échanges.
          Or aujourd’hui ce n’est plus le cas, il y a bien anémie monétaire du circuit économique et elle est la cause du chômage puis de l’exclusion.
          Il en est de même pour le corps humain. Quand il est en parfaite santé, le sang est « neutre », on ne s’en soucie pas, il alimente harmonieusement tous les organes. Mais si les globules rouges viennent à manquer, l’anémie s’installe, le corps entier devient malade et le sang ne peut plus être « neutre ». Eh bien, il en est de même pour la monnaie !

          La suite...
          L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

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          • #6
            Comment le sultan IFO s’aperçut qu’il pouvait faire beaucoup sans dépenser...

            Il y eut une fois, il y a fort longtemps, dans un pays qui s’appelait La Francassie, une terrible tempête océane.
            Des forêts entières furent abattues, mais surtout, le peuple de l’Ouest vécut de très longues journées sans électricité, les pylônes et les lignes ayant été abattus.

            Le sultan IFO manda son Grand Argentier et lui tint à peu près ce langage :
            — Monsieur le Grand Argentier, je désire que l’ensemble des câbles électriques de la Francassie soit enterré, afin que si survient de nouveau un jour une si terrible tempête, le bon peuple n’en souffre plus et que les techniciens de l’électricité puissent passer les fêtes de fin d’année tranquillement au coin du feu, avec leur famille, au lieu de grimper sur des pylônes dans le froid et la pluie. Ceci également rendra plus accueillants les paysages de notre merveilleux pays pour les millions d’étrangers qui le visitent chaque année au grand bénéfice de notre balance des paiements.

            Le Grand Argentier obtempéra, appela le directeur général de la Distribution d’Électricité en Francassie (D.E.F.) et lui transmit les souhaits du Sultan.
            — Impossible, lui répondit celui-ci, cela coûterait 100 Milliards de francass TTC (soit 83 M de francass HT), nous n’en avons pas les moyens.

            Le grand Argentier rapporta cette conversation au sultan IFO qui réfléchit quelques jours et ordonna que :
            • La D.E.F. soit maître d’œuvre de l’enfouissement des lignes électriques en Francassie.
            • Qu’elle prendrait les sous-traitants qu’elle souhaitait
            • Que les travaux seraient payés au fur et à mesure des avancements par l’État qui les financerait, ainsi elle n’aurait nul besoin de crédit bancaire, mais aux conditions suivantes :
            - Qu’il n’y ait aucune importation, de matières ou de produits finis. Tout devait être extrait et transformé en Francassie.
            - Que les entreprises sous-traitantes ne fassent, sur ce chantier, aucun bénéfice. C’est-à-dire que le flux d’argent entrant devait être intégralement distribué, soit en salaires, soit en paiement de fournisseurs amont, soit en Taxe Vraiment Admirable (1) qui était un impôt sur l’ajout de la valeur que réalisait chaque créateur de biens ou de service, soit en charges en retour à l’État. Il n’y aurait donc aucun impôt sur ces sociétés puisqu’elles ne faisaient pas de bénéfices.
            - Que seuls des salaires seraient payés, du balayeur au directeur, de telle manière que chacun ait la juste rémunération de son labeur et que chacun s’engage à dépenser ces salaires dans le commerce, au fur et à mesure, et à ne pas les immobiliser dans d’éventuels placements financiers que proposaient encore les banques de l’époque. Les actionnaires, n’ayant aucun labeur réel dans cette opération (ils se contentaient de toucher des jetons de présence aux Assemblées générales), n’auraient aucun dividende.
            - Les amortissements seraient intégrés dans les coûts, à charge pour les entreprises d’effectuer les investissements de remplacement dans le cadre défini ci-dessus.

            La D.E.F. chercha quelque temps les entreprises qui acceptaient ces conditions, et finalement en trouva deux, en décidant de se charger elle-même de faire les nœuds aux extrémités des câbles, travail difficile et dangereux s’il en était.
            - La société DUFIL qui fabriquait les câbles,
            - La Société LETROU qui se chargeait de réaliser les tranchées et de poser les câbles au fond de ses trous.

            Et l’on se mit au travail.
            Je vous passe les difficultés que rencontrèrent les entreprises pour éviter toute fuite de francass à l’exportation, par exemple lorsqu’elles avaient besoin d’acheter une pelleteuse mécanique, du ciment, ou des ordinateurs, avec la certitude que tous les composants étaient fabriqués en Francassie et que les matières premières qui servaient à les fabriquer ou à les faire fonctionner venaient également de Francassie. Mais il est inutile de rentrer dans ce genre de détail.

            Au bout du compte, tous les câbles furent enterrés en une année et la Francassie retrouva ses paysages naturels.

            Le grand Argentier mit plusieurs mois à comprendre comment l’enfouissement des câbles n’avait rien coûté à l’État francassien et avait permis une augmentation substantielle de l’activité et par conséquence une diminution importante du chômage qui, à l’époque, frappait durement la Francassie.
            Il est vrai que, depuis sa sortie de l’ENA (2), il avait toujours été ministre du Sultan, et chacun sait bien que les ministres sont très peu au courant des véritables réalités économiques...
            Mais il y avait, fort heureusement, quelques conseillers qui eux ne venaient pas de l’ENA, dans son ministère. Ils lui donnèrent quelques cours du soir et lui expliquèrent, pas à pas, ce qui s’était passé.

            Le Grand Argentier finit par comprendre que toute production de biens réels ne coûte que du travail et des marges imbriqués, les matières premières étant fournies gratuitement par la nature (celle-ci n’ayant pas de compte en banque) et donc que seul coûte, en salaires, le travail pour les extraire ou les transformer.
            Que l’argent ne se consomme pas et qu’il circule de mains en mains ! Que les chaînes en cascade représentent des cycles !
            Que tant que de la capacité de travail est disponible, l’injection de francass dans l’économie ne coûtait rien à l’État, sous réserve bien sûr qu’il ne doive pas payer de quelconques intérêts sur cette monnaie, fiduciaire ou scripturale, car, en définitive, tout argent donné par l’État revient à l’État.
            Les agents de la D.E.F. passèrent, jusqu’à leur dernier jour, les fêtes de fin d’année avec leurs familles, malgré les autres tempêtes océanes dues au dérèglement général du climat sur la Planète, jusqu’à ce que celle-ci reprenne son équilibre au fur et à mesure de la diminution de la pollution et de l’excès d’activité des hommes.
            Mais ceci est une autre histoire.

            ============
            1) TVA: Taxe Vraiment Admirable dans la mesure ou elle a réussi à faire que ce soit les entreprises qui soient devenues percepteurs de l'Etat .. mais ceci est un autre débat..
            2) ENA: Ecole Nullement Adaptée ... est ce vraiment nécessaire de s'apesantir ? icon_smile.gif
            ===========

            Une démontration "mathématique" simplifiée de ce conte, dans lequel j'ai pris l'exemple d'une réalisation d'un ouvrage collectif écologiquement nécessaire ( le ferroutage nord/sud dont le coût estimé était justement, il y a quelques années, de 100 Milliards de francs : désolé, je suis encore en francs icon_smile.gif ), peut être téléchargée sur: http://www.local.attac.org/13/documents/doc20.pdf (ca fait # 80 Ko). Il s'agit d'un document en support d'une petite intervention locale lors d'un "Café Attac Citoyen(CAC)"
            La démonstration complète se trouve pages 117 à 125 sous le titre: " Comment toute création de biens et services commandés par l'Etat ... ne coûte rien à la collectivité si ce n'est du travail, ne nécessite pas d'impôts supplémentaires, induit une activité multiplicatrice et crée des emplois."
            Il y est également démontré que sous certaines conditions:
            - toute injection par l'Etat, à utilité de travaux collectifs qu'il commande aux entreprises privées, revient intégralement à l'Etat au terme d'un certain nombre de cycles (de l'ordre de 4 à 5 ans)
            - que pour une injection de 100 MdF l'activité totale générée s'établit à 420 MdF car les activités secondaires générées ont un effet multiplicateur
            - que, toujours pour une injection de 100 MdF, les salaires bruts distribués le sont pour un total de 246 MdF, et donc que le coefficient multiplicateur des salaires est de 2,46.
            - Que 246 MdF , pour une moyenne de salaire brut de 150.000 F annuel, représentent ceux de 1.640.000 emplois, qui deviennent pérennes s’il y a injection de 100 MdF de commandes publiques annuelles. Ces emplois supplémentaires permettent soit de diminuer les prestations d’Assedic (donc les charges salariales et patronales), soit d’augmenter les prestations compensatoires envers les laissés-pour-compte de la société.
            - Que les charges sociales redistribuables représentent 157 MdF.
            Ce que l’on peut y voir aussi, compte tenu de la vitesse annuelle de rotation de la monnaie (actuellement entre 4 et 5) c’est qu’au terme d’une rotation, c’est-à-dire une année, L’État a déjà récupéré 75 % et le total des charges redistribuées a atteint 116 MdF.

            Ces démonstrations restent valables quel que soit le bien ou service d’intérêt général, même s’il s’agit d’une bibliothèque municipale, sous réserve que ce soit l’État qui finance (ou rembourse la commune de son « avance de trésorerie », ce qui revient au même).

            Conclusions
            Les grands et petits travaux, biens collectifs d’utilité publique, présentent des avantages certains :
            - Ils procurent les biens d’équipement collectifs, vitaux pour le pays.
            - Ils procurent du travail à ceux qui n’en ont pas.
            - Ils permettent la création d’activités individuelles secondaires.
            - Ils permettraient, en injectant moins de 200 MF, de résorber totalement le chômage et l’exclusion, sous réserve que la main-d’œuvre qualifiée soit disponible.

            Cette étude invite aussi à se poser quelques questions fondamentales:
            - Pourquoi l’État a t-il abandonné son droit de créer l’argent dont il a besoin, avec pour conséquence qu'il doit donc maintenant couvrir les déficits ( qui correspondent grosso-modo aux intérêts payés) en empruntant sur le marché financier?
            - Pourquoi refuse t-il de lancer les grands travaux dont nous avons besoin (ferroutage, enfouissement des lignes électriques, investissement dans la recherche, développement des énergies renouvelables, indépendance logicièle et informatique, etc, et en allant plus loin, l'aide aux PVD sous forme de "plan Marshall")

            Je n'ai pas de réponse à ces dernières questions ... Qui nous a mis dans cette "m...e" en négociant le Traité de Maastricht? Quels fonctionnaires, quels "politiques", de quel droit et pour quels avantages personnels (ou simplement par bétise) ? ... et tout cela me rend furieux! icon_tresfache.gif
            .
            L'État dit "je n'ai pas d'argent", alors qu'il a tout fait pour ne pas en avoir.
            L’État dit "je n’ai pas d’argent pour créer de l’emploi ", alors que l’emploi n’en consomme pas,

            "Coûter cher" signifie simplement "coûter beaucoup de travail... "
            C’est justement l’objectif recherché pour résorber le chômage.

            La suite...
            L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

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            • #7
              Comment la comptabilité a déformé ce qui était simple!"

              Il importe de bien faire la différence entre L'ÉCONOMIE RÉELLE ET L'ÉCONOMIE SYMBOLIQUE...

              J'aurais pu titrer aussi: "Comment la comptabilité a déformé ce qui était simple!"

              L’économie réelle est celle des biens matériels et des ressources naturelles.
              L’économie symbolique est celle de la valeur des choses, des cours (matières premières, monnaies...), de l’argent.
              Les richesses réelles sont concrètes, ce sont toujours des biens matériels. Leur représentation symbolique est toujours abstraite et s’exprime en unités monétaires.
              Nous regarderons leurs différences grâce à deux courtes histoires :

              Histoire 1: Les dix commerçants
              Dans une petite ville, dix commerçants vivaient en bonne intelligence. Tous réalisaient un bénéfice de 25 % sur chaque vente. Un beau matin, l’un d’eux reçoit la visite d’un client qui lui achète un objet de 1000 F contre deux beaux billets de 500 F tout neufs. Heureux de cette aubaine, notre commerçant décide d’acquérir un objet de même valeur, qu’il convoitait depuis longtemps chez son voisin sans pouvoir l’acheter ; il lui remet les 2 billets. Le deuxième commerçant en use de même avec le troisième ; et ainsi de suite jusqu’au dixième.
              Bonne journée pour tous. Ils ont enregistré un honnête gain de 25 %, soit 250 F chacun. Hélas, le lendemain, il faut déchanter, les billets étaient faux. Nos neuf commerçants, mus par un sentiment de solidarité, s’accordent pour verser au dernier, qui a donc gardé les billets, les 2/5 de leur bénéfice, soit : 100 F x 9 = 900 F.
              Ainsi, tous sont payés. Et il reste à chacun un bénéfice de 150 F issu des deux faux billets. Du point de vue comptable, l’opération est impeccable. Tout le monde est satisfait, le percepteur et les volés presque autant que le voleur.

              Moralité de cette histoire : L’ensemble des commerçants a été dépossédé d’une valeur matérielle, emportée sans paiement par un escroc, mais cette opération augmente leur bénéfice comptable.

              Il est à noter que si ces faux billets avaient circulé 100 fois (au lieu de 10), c’est 10 fois plus de bénéfices comptables qui auraient été réalisés... et on revient au fait que l’injection de monnaie (vraie de préférence) dans un système économique, génère une activité multiplicatrice, cette activité étant également multipliée si la « vitesse de rotation » de l’argent augmente (l’argent qui tourne génère de l’activité et de l’emploi, l’argent stocké dans un bas de laine n’en génère pas).
              Le problème (l’astuce ?) de cet apologue des 10 commerçants est que, dans la réalité de notre monde, le dernier escroqué (celui qui s’aperçoit que les billets sont faux) est le seul qui en est de sa poche, car, dans cette même réalité les différents intervenants (commerçants) antérieurs ne se grouperont sûrement pas pour partager leurs bénéfices, même s’ils ont été réalisés par circulation de fausse monnaie... Mais, je répète, il ne s’agit que d’un apologue...


              Histoire 2: Les Valbans et les Mélans
              Il était une fois deux pays, la Mélanie et la Valbanie, qui vivaient en bonne intelligence. Les Mélans produisaient beaucoup de blé, quelque mille tonnes de plus que leur consommation. Mais ils manquaient fortement de briques pour la construction. Or, quand elles tournaient à plein régime, les fabriques valbanes de briques en produisaient quelque mille tonnes en excédent. Mais tout s’arrangeait parce que les Valbans étaient friands du blé importé de Mélanie.
              Curieusement, les prix de revient du blé et des briques étaient identiques : 100 piastres la tonne.
              Pour prendre une juste mesure de la qualité des relations qui s’étaient nouées entre les divers producteurs de chaque pays et les divers importateurs de l’autre, il faut savoir qu’en ce temps-là, la conjoncture était bonne et les prix stables : jour après jour la cotation du blé et celle des briques se maintenaient à 100 piastres la tonne.
              C’est ainsi que les briques servaient de fret de retour aux navires apportant en Valbanie un blé très apprécié par sa population.

              La réalité matérielle est favorable : les producteurs des deux pays enrichissent leurs collectivités de biens matériels et les échangent rationnellement.
              Un observateur naïf, n’ayant pas subi de formation classique, serait tenté d’assimiler ces transactions à du troc. "Ces affaires-là, penserait-il, sont sages et bonnes puisqu’elles satisfont aux intérêts des deux parties, qui se défont de leurs surplus pour acquérir des produits qui leur manquent."

              Mais voici qu’à la suite d’un événement extérieur, la conjoncture mondiale se détériore. Les cours du blé et des briques s’effondrent. Chacun baisse de moitié et c’est la catastrophe économique. Le troc serait resté identique mais les producteurs de blé et les fabricants de briques déposent leurs bilans, faute de pouvoir supporter une perte de 40.000 piastres. Les échanges cessent aussitôt, au grand dam des habitants des deux pays amis.

              Moralité à ce supplément de la fable : C’est la comptabilité qui a déguisé cette réalité en calamité financière, qui n’aurait eu sans cela aucune incidence pratique pour les deux producteurs.

              Deux déductions s’imposent :
              La première : Il y a deux sortes de biens :
              - les biens réels (matériels, concrets) : ce sont par exemple : une récolte de pommes, l’achat d’un appareil photo, l’audition d’un concert. En somme : « tout bien ou service dont on peut profiter ».
              - les biens financiers (symboliques) : ce sont par exemple le produit de la vente des pommes ou de l’appareil photo ainsi que la recette du concert. C’est la quantité d’argent que reçoit le vendeur. Il s’agit de « l’image des ventes réelles ».

              La seconde : Il n’y a pas nécessairement concordance entre ces deux biens. Il peut même y avoir opposition entre eux. En effet :
              - il est possible d’enrichir la collectivité en perdant à titre individuel (fabriquer des produits appréciés par ses clients et devoir déposer le bilan car on n’est pas rentable face à une concurrence externe ou sauvage).
              - il est aussi possible d’appauvrir la collectivité en gagnant à titre individuel (détruire une partie de sa production pour maintenir les cours).

              Finalement :
              => L’économie traditionnelle ne mesure que des représentations symboliques (prix de revient, chiffre d’affaires, taux de rentabilité...).
              => L’économie traditionnelle ne se préoccupe pas des richesses réelles produites par l’action des hommes pour répondre à leurs besoins ou à leurs désirs. Elle ne se préoccupe pas non plus des avantages ou des dangers de ces productions.
              Pour paraphraser Korzybski, l’économie traditionnelle oublie que « le mot n’est pas la chose », ou bien que « la carte n’est pas le territoire ». De même, la comptabilité n’est pas l’entreprise.
              La confusion entre ces deux notions justifie par exemple :
              -la mise en jachères, l’existence de quotas, la destruction des surplus... dans le seul but de maintenir les cours.
              -le maintien de la fabrication de produits dangereux (amiante, sang contaminé, drogue...) ou la génération de pollution (rejet dans l’air ou dans l’eau) pour des raisons de rentabilité financière


              Note: Réflexion « utopique » d’une régulation douanière simple : « La régulation semi-automatique des échanges internationaux »

              Voici, simplifié à l’extrême, un schéma de « régulation douanière bivalente » dont résulterait, entre les nations qui l’adopteraient, un marché non pas « commun » comme celui dont nous subissons les agressions anarchiques, mais « solidaire ».
              Supposons trois nations (ou nations groupées, tels l’EEC ou les USA), A, B, et C, soucieuses d’établir entre elles un marché solidaire équilibré par les mécanismes d’une régulation douanière bivalente. Elles commencent par confier à des statisticiens le soin de calculer les tarifs douaniers propres à réaliser, au départ, un équilibre approximatif. Une étude des trois marchés en cause conduit aux constatations suivantes : les prix sont de 100 chez A, 125 chez B, 150 chez C, comptés en même unité.

              Ces données statistiques acquises, la solution du problème relève de l’arithmétique la plus simple : il s’agit d’élever de 25 % et 50 % les marchandises produites par A lorsqu’elles franchissent les frontières de B et de C, et d’abaisser à 100 le prix des marchandises qui font le chemin inverse. Les recettes douanières encaissées par B et par C sont affectées à cet usage. Les « prix exportation » de ces deux pays étant ramenés à 100, le même tarif douanier reste applicable aux échanges entre eux.
              Ce mécanisme suffirait à équilibrer inviolablement les échanges entre les trois pays en cause. L’organisation d’un marché solidaire accessible à deux nations, à dix nations ou à toutes les nations du monde libre ne présenterait guère de difficultés théoriques ni pratiques. Chaque nation établirait elle-même son tarif douanier en fonction de ses vocations économiques particulières, sans abandonner la moindre parcelle de sa souveraineté.
              Bien entendu, le présent schéma est abusivement simplifié. Les difficultés de sa réalisation pratique sont, en matière de détails, passablement nombreuses, notamment sur le plan juridique.

              Des traités de toutes sortes semblent y opposer toutes sortes d’obstacles, mais aucun n’est insurmontable ni même très sérieux. Au demeurant, ce moyen d’obtenir l’équilibre des échanges internationaux n’en est guère qu’un parmi beaucoup d’autres. En le décrivant sommairement, l’objectif poursuivi est de montrer que des moyens fort simples peuvent suffire à résoudre des problèmes réputés insolubles.

              La suite...
              L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

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              • #8
                Les évolutions génératrices de la crise structurelle

                Voyons les quatre évolutions génératrices de la crise "structurelle"

                Les évolutions technologiques : les machines peuvent remplacer l’homme.

                Si une production de 1000 E a été faite pour 800 E par des hommes et pour 200 E par des machines, cette production n’a distribué au maximum que 800 E de pouvoir d’achat.
                Mais avec 800 E on ne peut acheter la production que pour 800 E et non pas pour 1000 E car les machines n’ont pas de pouvoir d’achat. Le manque de pouvoir d’achat entraîne donc la chute des prix, ce qui oblige encore à accroître la rentabilité donc à remplacer des hommes par des machines.
                C’est une spirale sans fin. De plus, pour maintenir les cours, il y a parfois destruction des surplus dans un monde qui a faim.

                Les évolutions commerciales : le libre-échange est sans régulation.

                Dans ce cas c’est une concurrence sauvage qui impose une recherche effrénée de rentabilité.
                L’écoulement des biens et des capitaux est fluidifié par la suppression des frontières et ainsi il n’y a plus de coupe-feu. Les salaires de misère pratiqués en Extrême-Orient tirent les prix vers le bas et motivent les délocalisations.
                Les prix baissent, les revenus diminuent, le chômage et l’exclusion s’amplifient.

                Les évolutions financières : les taux de change flottants induisent la spéculation.

                L’argent est maintenant une marchandise qui se vend et s’achète !
                Les taux de change sont déterminés par les flux financiers internationaux (environ 1.000 milliards d'euros par jour), 50 fois supérieurs aux échanges commerciaux qui ne représentent que 2 %.
                Le rôle régulateur des marchés est devenu un mythe. L’argent ainsi « gagné » par des jeux financiers spéculatifs et improductifs vient enrichir la sphère financière et il est soustrait au monde économique des échanges.

                Les évolutions monétaires

                Les États ont abdiqué leur droit de créer leur monnaie ; ils empruntent au « marché » pour financer leurs déficits.
                Ainsi, tout développement économique avec accroissement de richesses réelles se traduit par une augmentation des dettes, donc une augmentation des intérêts à payer. Les impôts ne peuvent qu’augmenter alors que les gains de productivité devraient les faire diminuer, et de plus ils sont alourdis encore plus par le « remboursement » de la dette sociale.

                • • •

                LES CONSÉQUENCES de chacune de ces quatre évolutions majeures conduisent à une diminution régulière du pouvoir d’achat distribué.

                LA RÉSULTANTE conduit à la situation suivante : des porte-monnaie vides devant des magasins pleins.

                => En continuant à ne rechercher que la rentabilité immédiate, le système économique génère la misère dans l’abondance.

                Le problème est d’ordre monétaire

                => Il y a chômage parce qu’il y a pénurie de monnaie et insuffisance de pouvoir d’achat.
                Toutes les mesures prises pour aider l’emploi ont été sans effet autrement qu’à la marge ; elles n‘ont pas pris en compte l’aspect monétaire neutralisé dans les théories économiques libérales (voile de la monnaie) et elles n’ont eu pour but que d’aider la production, comme si nous étions encore en période de pénurie.

                La suite...
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                • #9
                  L'anémie monétaire du circuit économique est bien la cause du chômage

                  Il est intéressant d'établir les relations entre M1, P.I.B. et taux de chômage afin d'essayer de démonter que l’insuffisance de la masse monétaire est la cause de ce taux de chomage.

                  Avant tout, quelques précisions d’ordre général en ce qui concerne les « masses monétaires ».

                  Il existe quatre « agrégats » monétaires qui s’emboîtent les uns dans les autres :
                  M1, regroupe tous les moyens de paiement, billets, pièces, dépôts à vue (c’est-à-dire la monnaie scripturale). En résumé c’est M1 qu’on appelle la masse monétaire et elle comprend la monnaie fiduciaire (billets et pièces) ainsi que la monnaie scripturale (dépôts à vue).
                  M2, regroupe M1 et la quasi-monnaie, c’est-à-dire les comptes sur livrets que l’on peut liquéfier sur-le-champ.
                  M3, regroupe M2 et tous les avoirs à court terme gérés par les banques (Sicav, Fonds communs).
                  M4, regroupe M3 et les titres négociables à court terme émis par le Trésor (Bons du Trésor) et par les institutions non bancaires (Crédit Foncier, Caisse des Marchés de l’État).

                  L’agrégat M4 est maintenant supprimé dans les bilans de la BCE, et se trouve inclus dans M3.
                  M2 et M3 sont des « ensembles vides ». Il n’y a de monnaie que dans M1 car la comptabilité de ces agrégats M2, M3 ne représente que des « transits » ; comme le disent les économistes, ce sont des « bulles monétaires ». Nous ajoutons que leur caractéristique est qu’elles sont vides.
                  Contentons-nous de vous laisser voir les relations existantes entre M1 (masse monétaire en circulation), le PIB et le taux de chômage...

                  Constatation des évolutions de M1, du PIB, du chômage

                  Dans le tableau qui suit, les trois colonnes de droite représentent des « possibilités » à partir des données des colonnes M1, PIB, Vitesse de rotation de M1 et pourcentage de chômage

                  La vitesse de rotation est le nombre de "circuits" que réalise la monnaie en un an, de quoi produire le PIB. Elle ne se "décrète" pas, c’est juste une donnée qui est une observable à postériori et sur laquelle les pouvoirs publics ne peuvent avoir aucune prise, sauf à créer un impôt sur la thésaurisation (thèse de Gesell).

                  Pour que mon tableau "tienne" sur le forum, j'ai été obligé de rajouter des zéro devant les chiffres... mais au cas ou, après l'année (de 5 en 5), vous avez les éléments suivants: M1 | PIB | Vitesse de rotation de M1 | % de chômage | PIB possible avec chômage = 0 | M1 souhaitable en gardant la même vitesse de rotation | Insuffisance de M1

                  2000 | 2481,0 | 9216 | 3,7 | 09,9 % | 10128 | 2737 | 256
                  1995 | 1823,0 | 7675 | 4,2 | 11,6 % | 08690 | 2064 | 241
                  1990 | 1685,2 | 6509 | 3,9 | 08,9 % | 07150 | 1851 | 166
                  1985 | 1301,6 | 4700 | 3,6 | 10,2 % | 05242 | 1452 | 150
                  1980 | 0678,4 | 2808 | 4,1 | 06,3 % | 03001 | 0725 | 047
                  1975 | 0426,5 | 1468 | 3,4 | 04,1 % | 01531 | 0445 | 018
                  1970 | 0234,2 | 0794 | 3,4 | 02,5 % | 00814 | 0240 | 006
                  1965 | 0177,2 | 0483 | 2,7 | 01,5 % | 00491 | 0180 | 003
                  1960 | 0095,8 | 0297 | 3,1 | 01,4 % | 00301 | 0097 | 001

                  Pour 2000, le PIB a été de 9216 Milliards de francs. Il aurait été de 10128 Milliards de francs si tous les chômeurs avaient travaillé [9216 x 109,9 % ]. Mais dans ce cas la masse monétaire aurait dû être de 2737 milliards de francs en conservant la vitesse de rotation de 3,7 (calculée par le quotien PIB divisé par M1).

                  L’augmentation à #4,1 de la vitesse de rotation de la monnaie aurait le même effet puisque dans ce cas une masse monétaire de 2481, qui "tourne " 4,1 fois dans l'année, aurait produit 10172 milliards de F de PIB…

                  À vitesse constante de rotation de la monnaie (3,7), il aurait donc fallu (en 2000) un excédent de masse monétaire de 256 milliards de francs pour assurer le plein emploi. Et la surprise est de constater que cela représente quasiment l’intérêt de la dette nationale, somme prélevée dans le monde réel économique pour enrichir le monde symbolique, financier.

                  Nous voyons bien que dans les années 60 à 70 "l'insuffisance de M1" était très faible ... et que le taux de chomage l'était également .. la dégradation a commencé en 1975 pour atteindre des sommets à partir de 1985, année où l'écart entre la masse monétaire réelle et la masse monétaire souhaitable a été de 150

                  L’anémie monétaire du circuit économique est bien la cause essentielle du chômage

                  Nous allons essayer de démontrer l’affirmation que l’anémie monétaire est la cause essentielle du chômage
                  Un petit calcul simple va l’illustrer. Soit :
                  N = la population totale du pays
                  a = le pourcentage des actifs dans le pays
                  t = le taux de chômage
                  q = la production moyenne par actif au travail

                  Relation entre chômage et monnaie en circulation

                  Allez, courage, un peu d’algèbre... L’équation générale des transactions utilisée par Irving FISHER, dès 1894, relie la production vendue PV à la masse monétaire M en circulation et à la vitesse de circulation v de la monnaie : PV = M x v
                  La production totale PT du pays est :
                  PT = q x (N x a) x (1- t) [La production totale d’un pays est égale à la production moyenne par actif multiplié par le nombre d’actifs.]. Ceci semble assez évident... Ils sont compliqués ces économistes !
                  Toute la production est vendue si PV = PT,
                  donc, si M x v = q x (N x a) x (1 - t) [… si la Masse monétaire multipliée par la vitesse de rotation de la monnaie est égale à la production totale d’un pays...]
                  En extrayant le terme « t » (taux de chômage), on obtient la relation :
                  t = 1 - [(M x v) / (q x N x a)] […. le taux de chômage est égal à 100 % diminué de la masse monétaire multiplié par la vitesse de rotation de celle-ci, ce dernier terme divisé par la production moyenne par actif, ou, dit autrement : le taux de chômage est égal à 100 % diminué de la production vendue divisé de la production moyenne par actif.]

                  => Donc, si la masse monétaire est égale à zéro ou bien que la vitesse de rotation de la monnaie est nulle, le taux de chômage est égal à 1 soit 100 %.
                  => Donc, si la masse monétaire qui circule [représentée par (M x v)], reflète exactement la production, on a (M x v = q x N x a) et le taux de chômage est nul (t = 1 - 1 = 0).
                  => Donc, il est illusoire d’espérer réduire le chômage sans une injection de monnaie suffisante.

                  A ceci je rajoute que quand je parle "d'injection de monnaie", je veux parler de la monnaie permanente, et non de monnaie temporaire issue des demandes de crédit et "productrice" d'intérêts (monnaie payante)...

                  Et pour répondre tout de suite à l'objection habituelle de ceux qui, entendant parler d'injection monétaire, pensent immédiatement "planche à billet"... non! l'injection de monnaie n'est pas inflationniste à deux conditions:
                  - capacités productives inemployées (en équipement et en hommes, c'est-à-dire jusqu'à un chômage plancher que les économistes estiment à 2%)
                  - elle doit être concommitante avec la production .. augmentée en même temps que la production augmente, diminuée si la production diminue, de telle manière que la monnaie en circulation permette d'acheter la production..

                  La suite...
                  L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

                  Commentaire


                  • #10
                    Je trouve que c'est une tres bonne idée ce genre de livres, ils doivent obliger les collegiens et lyceens a les assimiler pour qu'ils ne soient plus les dindons de la farce quelques années plus tard.

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                    • #11
                      Le saviez-vous ?

                      Les gouvernements autour de la planète consacrent 1.000 milliards de dollars américains à la défense, tandis qu'ils dépensent seulement 50 milliards de dollars pour le développement.

                      En pleine guerre du vietnam, les américains ont dépensé jusqu'à 8 milliards de dollars par jour pour maintenir leur armée dans cette région. Ce fut d'ailleurs une période d'abondance matérielle et financière sans précédent pour les américains...
                      Plus proche de nous, la guerre actuelle: Coût de la guerre en Irak (compteur)
                      Quand je l'ai pris (23 juillet 2004) c'était environ 124 milliards de dollars.


                      On peut donc réfléchir à cette question:
                      Quelle différence cela ferait-il pour l'économie américaine si au lieu de bombes ils avaient "parachuté" (c'est une image, évidemment) de l'outillage agricole, des réfrigérateurs, des écoles et du matériel hospitalier?
                      S'ils avaient proposé ce plan, ne croyez-vous pas que la coalition aurait été beaucoup plus étoffée ?

                      Saviez-vous également que:

                      *En 1960, les 20 % de la population mondiale vivant dans les pays les plus riches avaient un revenu 30 fois supérieur à celui des 20 % les plus pauvres.
                      ... alors que, en 1995, il était de 82 fois supérieur, et que dans plus de 70 pays, le revenu par habitant est inférieur à ce qu'il était il y a vingt ans, et que près de 3 milliards de personnes - la moitié de l'humanité - vivent avec moins de 2 euros par jour.

                      * Les 3 personnes les plus riches du monde possèdent une fortune personnelle de 200 milliards d'euros
                      ... alors que le PIB cumulé des 48 pays les plus pauvres, le quart des États du monde, est inférieur à ce montant.

                      * Le plus riche, Bill Gates, a triplé sa fortune personnelle en 3 ans. Elle est maintenant de plus de 100 milliards d'euros...
                      ... alors que 70 pays les plus pauvres se sont encore plus appauvris et que 100 francs permettent à une famille malgache ou africaine de manger pendant un mois

                      *Les 200 personnes les plus riches détiennent 1000 milliards d'euros en capital personnel.
                      Un prélèvement sur le capital de moins de 4% annuel suffirait pour donner à toute la population du globe l'accès aux besoins de base.......
                      ... alors que le budget annuel de l'UNESCO, en faveur d'1,8 milliards d'enfants en difficulté dans le monde, est 100 fois plus faible.

                      * Si on estime les revenus des 200 personnes les plus riches à seulement 7% de leur capital, ces revenus représentent plus de 70 milliards d'euros par an. ...
                      ... alors que, avec ces 70 milliards annuels on peut nourrir 400 millions de personnes affamées...

                      * L'ensemble des salaires versés en France annuellement est de 400 milliards d'euros , mais à elles seules, les transactions spéculatives sur les monnaies (et elles ne sont en aucune façon ni productives, ni taxées) représentent dans les "mauvais jours" 1000 milliards d'euros par jour ...
                      ... alors que taxées à seulement 0,1% (Taxe Tobin), elles fourniraient des recettes d'environ 360 milliards d'euros par an. Partagée entre les pays collecteurs et un fond à destination des pays pauvres, les pays collecteurs augmenteront leurs capacités d'investissements collectifs et les pays pauvres verront la faim et d'autres maux disparaître en quelques années.

                      * La Citibank, en spéculant sur les devises au cours du seul premier semestre 98, a réalisé un bénéfice de 0,5 milliards d'euros, avec 350 employés...
                      ... alors que dans le même temps les 140 000 employés de Peugeot ne permettaient à l'entreprise que de dégager un bénéfice sensiblement équivalent.

                      ... alors que des 4,5 milliards d'habitants que comptent les pays en voie de développement, près d'un tiers n'ont pas accès à l'eau potable, un cinquième des enfants n'absorbent pas suffisamment de calories ou de protéines bien que les disponibilités permettent à chacun des 6 milliards d'habitants de la planète de disposer d'au moins 2700 calories par jour. Encore faut-il qu'ils puissent être achetés par les groupes humains qui en ont besoin..
                      ... alors que 2 milliards d'individus - le tiers de l'humanité - souffrent d'anémie, que 800 millions de personnes souffrent de sous-alimentation chronique et que chaque jour 100000 personnes, dont 20000 à 30000 enfants, meurent de faim.

                      Il n'est bien évidemment pas question de se culpabiliser en permanence... mais il ne faut pas oublier ces chiffres.

                      La suite...
                      L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

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                      • #12
                        Reconsidérer la richesse

                        L'introduction du rapport "Reconsidérer la richesse" réalisé par Patrick VIVERET, Conseiller référendaire à la Cour des Comptes, en janvier 2002, commence par ces paragraphes:

                        ''Nous avons la preuve permanente que notre représentation actuelle de la richesse, et l'usage contre-productif que nous faisons de la monnaie, aggrave les problèmes auxquelles nos sociétés sont confrontées au lieu de nous aider à les résoudre. Dans la plupart des dossiers qui ont été au cœur des débats publics de ces derniers mois, de la vache folle à l'Erika, de l'amiante aux accidents de la route, des conséquences de la grande tempête de décembre 1999 à la crise des carburants de l'automne 2000, il y a toujours un élément commun que l'on oublie curieusement de rappeler : ces catastrophes sont des bénédictions pour notre Produit Intérieur Brut , ce chiffre magique dont la progression s'exprime par un mot qui résume à lui seul la grande ambition de nos sociétés matériellement développées et éthiquement sous développées : LA CROISSANCE !

                        Plus de destructions = plus de PIB
                        Car les centaines de milliards que coûtent à la collectivité ces destructions humaines et environnementales ne sont pas comptabilisées comme des destructions mais comme des apports de richesse dans la mesure où elles génèrent des activités économiques exprimées en monnaie. A supposer que nous n'ayons aucun accident matériel ou corporel, ni morts ni blessés sur les routes de France l'année prochaine, notre PIB baisserait de manière significative, la France perdrait une ou plusieurs places dans le classement des puissances économiques et l'on verrait nombre d' économistes nous annoncer d'un ton grave que la crise est de retour.

                        Les activités bénévoles font baisser le PIB
                        Dans le même temps, toutes les activités bénévoles qui, grâce en particulier aux associations loi 1901, dont nous nous apprêtons à fêter le centenaire, ont permis d'éviter ou de limiter une partie des effets de ces catastrophes, par exemple en allant nettoyer les plages polluées ou en aidant gratuitement des handicapés, n'ont, elles, permis aucune progression de richesse et ont même contribué à faire baisser le produit intérieur brut en développant des activités bénévoles plutôt que rémunérées. Autant dire que nous marchons sur la tête et que dans le même temps où l'on va célébrer le rôle éminent des associations, nous continuerons à les traiter comptablement, non comme des productrices de richesses sociales mais comme des "ponctionneuses de richesse économiques" au titre des subventions qu'elles reçoivent.

                        Il est temps de changer de représentation
                        Il est donc plus que temps de nous atteler à ce chantier considérable du changement de représentation de la richesse et de la fonction que joue la monnaie dans nos sociétés. Définir l'évaluation comme une délibération sur les valeurs, La question des "indicateurs" qui relève des outils ne peut donc être dissociée de celle des "critères" qui relève du débat sur les fins. "Oui à l'économie de marché, non à la société de marché" Il s'agit, on l'a compris, de retrouver, à l'aube de ce siècle, la force originelle du principe associatif , celle qui cherche, à travers et au delà l'économie, à substituer la logique coopérative des jeux gagnants/gagnants à la logique guerrière des jeux gagnants/perdants. "

                        Les indicateurs de développement humain
                        La philosophie générale des "rapports mondiaux sur le développement humain" vise à rétablir le lien entre l'économie et l'éthique à rebours du mouvement historique que nous avons relaté dans la première partie de ce rapport. Ils sont nourris, depuis 1990, par un indicateur composite, l'IDH, indicateur de développement humain .

                        L'introduction du rapport de 1996 situe bien la triple perspective du projet : (*PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, 1996.)
                        - "le développement humain est une fin dont la croissance économique est le moyen";
                        - " les dernières décennies montrent on ne peut plus clairement qu'il n'existe pas automatiquement de lien entre croissance économique et développement humain";
                        - " il importe de consacrer davantage d'attention à la qualité de cette croissance afin de s'assurer qu'elle accompagne les objectifs que sont le développement humain, la réduction de la pauvreté, la protection de l'environnement et la viabilité à long terme du développement''

                        Nous sommes, on le voit, d'emblée sur le terrain d'une recherche qui place au premier plan les deux richesses fondamentales oubliées par l'économie dominante : les humains et leur environnement naturel. C'est pourquoi, note le rapport, "les biens ne doivent pas être valorisés intrinsèquement, mais considérés comme les instruments de la réalisation de certaines potentialités telles que la santé, la connaissance, l'estime de soi et l'aptitude à participer activement à la vie de la communauté"


                        Les 10 poncifs sur la richesse; extraits de ce rapport


                        1. Le PIB est un bon indicateur de la richesse créée.

                        De la vache folle à l'Erika, de la tempête de décembre 1999 aux accidents de la route ou à l'explosion de l'usine AZF à Toulouse : toutes ces catastrophes sont des bénédictions pour notre produit intérieur brut ! Les centaines de milliards de francs qu'elles coûtent à la collectivité ne sont pas comptabilisées comme des destructions, mais comme des créations de richesse : dès lors qu'il faut payer des garagistes pour réparer les voitures endommagées, des cimentiers pour brûler les farines animales ou des médecins pour soigner les victimes de la pollution, des valeurs ajoutées monétaires sont enregistrées dans les comptes. Ce qui contribue à gonfler le PIB (produit intérieur brut).


                        2. Seules les entreprises produisent de la richesse

                        Notre système économique repose sur la stricte séparation entre, d'un côté, des entreprises considérées comme seules productrices de richesse et, de l'autre, des activités sociales et écologiques financées par prélèvement sur cette richesse. Un tel mythe condamne les associations à quémander leurs moyens d'existence à l'État ou à les rechercher sur le marché, faute de disposer de ressources directement liées aux richesses sociales qu'elles contribuent à créer ou à préserver. En termes de comptabilité nationale, les associations concourent à faire baisser le PIB en développant des activités bénévoles plutôt que rémunérées. Ce système pervers fait des services publics un secteur suspecté en permanence de parasitisme.


                        3. Les indicateurs de productivité de l'ère industrielle sont toujours valables

                        Nous disposons d'outils de mesure de la productivité forgés pour favoriser une croissance matérielle de nature industrielle. Ceux-ci s'avèrent largement contre-productifs lorsqu'il s'agit d'affronter les trois grands défis de l'avenir : entrée dans l'ère informationnelle, enjeux écologiques, rôle des services relationnels (éducation, santé…) dans notre développement. Ainsi, en matière de santé, ce qui compte n'est pas le nombre de visites chez le médecin, mais le fait de savoir si l'on est guéri ou, mieux, si l'on échappe à tel ou tel risque. Or, dans la comptabilité actuelle, plus on fait de prévention, plus on casse la croissance (puisqu'on consomme moins de médicaments et d'heures d'hospitalisation) !


                        4. La monnaie sert d'abord à faciliter l'échange

                        Exact, mais pour une part seulement. Le mot "payer" vient du latin pacare, qui signifie pacifier et Montesquieu a développé une théorie du " doux commerce " comme alternative à la guerre. Mais, si la monnaie remplit cette fonction lorsqu'elle facilite l'échange entre partenaires, elle devient facteur de violence quand elle se fait outil de domination d'un capitalisme relevant plus de la volonté de puissance que du désir d'échange. Que des personnes désireuses d'échanger et de créer des activités ne puissent le faire au motif qu'elles sont insolvables est en contradiction avec la théorie de la monnaie comme outil d'échange.

                        La suite du rapport Reconsidérer la richesse.
                        L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

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                        • #13
                          Reconsidérer la richesse

                          5. L'argent reste le fondement de tout système d'échange

                          Le système d'échange le plus universel entre les êtres humains est en réalité celui du temps. Celui-ci remplit d'autant mieux les rôles d'unité de compte et de moyen d'échange traditionnellement dévolus à la monnaie que ses unités (heures, minutes, secondes) ont l'avantage, contrairement à l'argent, d'être universellement reconnues et invariables. Bref, ce qu'on appelle l'argent, et qui n'est en fait que la " monnaie de marché ", n'est qu'un cas particulier de l'échange de temps. Il serait plus judicieux de dire que " l'argent, c'est du temps " plutôt que " le temps, c'est de l'argent ".


                          6. C'est la rareté qui fait la vraie valeur d'un bien

                          Nous définissons la valeur, au sens économique, par la rareté. Mais cette intuition devient fausse lorsqu'elle dénie toute valeur à des biens non rares mais dont la perte serait irréparable : l'air est abondant et gratuit, mais sa disparition condamnerait l'espèce humaine. Ce qui montre que la valeur marchande est un sous-ensemble d'un système de valeurs plus élevé, dont il suffit de simuler la perte pour découvrir l'importance.


                          7. Les ressources planétaires sont insuffisantes pour satisfaire tous les besoins

                          La guerre économique actuelle, que l'on nous présente comme liée à des logiques de rareté et de survie, se situe dans un contexte où les besoins fondamentaux des six milliards d'êtres humains peuvent être satisfaits. Les chiffres du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) sont éloquents : il faudrait environ 40 milliards de dollars par an pour éradiquer la faim, permettre l'accès à l'eau potable pour tous, pour les loger décemment et combattre les grandes épidémies. Soit dix fois moins que pour les dépenses mondiales de publicité !


                          8. L'économie est née de la nécessité d'affecter des ressources rares

                          Dans la plupart des cas, ce n'est pas la rareté mais l'abondance qui caractérise la nature : que l'on pense à l'abondance des espèces, des cellules et, de manière générale, à la formidable profusion dont témoigne le phénomène de la vie… Loin que l'économie apparaisse comme l'activité de base, condition de toute survie, elle est beaucoup plus, à partir de sa réinvention moderne au xixe siècle, l'idéologie dominante de la société industrielle.


                          9. L'économie joue un rôle central dans toutes les sociétés humaines

                          S'il est un trait commun à la plupart des civilisations, c'est la subordination du travail, de la production et, plus largement, de la sphère économique à des activités ou des valeurs jugées plus fondamentales comme la politique, la culture, la philosophie. Même Adam Smith, le père de notre économie politique, estimait que le vrai rôle de l'économie était, en organisant l'abondance, de réunir les conditions pour construire ensuite une " république philosophique ". Quant à Keynes, il considérait que l'économie devrait occuper, à terme, une place réduite dans l'activité sociale et les économistes accepter que leur rôle ne soit pas plus important que celui des " dentistes ".


                          10. Il n'y a pas d'alternative au plan international sur ces questions

                          Dès aujourd'hui, on peut s'appuyer sur un courant de recherche international pour faciliter la transformation de nos systèmes de représentation de la richesse. En témoignent les indicateurs de développement humain et de pauvreté élaborés par le Pnud, ceux de l'Union européenne sur des indicateurs environnementaux et sociaux, le débat récent sur la " responsabilité sociale de l'entreprise " et même certaines études de la Banque mondiale et de l'OCDE sur " le capital social " et le " capital naturel ". Enfin et surtout, l'exigence croissante de la société civile mondiale pousse les acteurs institutionnels et économiques à bouger sur cette question : la rencontre de Québec " globaliser la solidarité ", organisée par les acteurs de l'économie sociale et solidaire, et le Forum social mondial de Porto Alegre ont tous inscrit la reconsidération de la richesse à leur ordre du jour. Du coup, il devient difficile d'arguer du fait que la France ne saurait s'engager seule dans une stratégie de transformation pour justifier l'immobilisme.

                          Hors des circuits commerciaux et financiers traditionnels, des réseaux informels de solidarité se mettent en place dans nombre de pays. Loin d'être négligeable, leur action est aujourd'hui prise en compte par les autorités.

                          La suite...
                          L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

                          Commentaire


                          • #14
                            Epistémologie économique : changer les paradigmes de l'économie

                            Epistémologie économique - Réflexion inspiré d’une publication de Daniel Favre et Philippe Foucou (symposium écrit, 9° livraison, août 1995, Institut de la Méthode, Bienne – CH)

                            Qu’est ce que l’épistémologie ?

                            La définition d’Eric Schwarz est la suivante : « L’épistémologie étudie les méthodes, les outils, les présupposés de la science, le non-dit, ce qui va de soi, ce que tout le monde fait sans se poser de question, bref, ce qu’on tient pour vrai »

                            Les problèmes économiques : problèmes d'économie ou problèmes d'épistémologie?

                            Les médecins et les physiologistes qui ont refusé collectivement pendant plus de 100 ans la théorie d'Harvey sur la circulation sanguine présentaient-ils tous un déficit intellectuel majeur pendant toute cette période ?. … non, évidemment pas . Seulement, un changement de paradigme nécessite le plus souvent de surmonter des obstacles épistémologiques qui désignent « des représentations induites en particulier par les expériences premières que nous avons associé à un concept » (Bachelard). Cette notion d'obstacle permet de comprendre les raisons de l’exemple de la circulation sanguine. Face à un changement de paradigme, les partisans d’un ancien paradigme ne sont pas sensibles aux caractéristiques d’un nouveau ni aux démonstrations qui réfutent l'ancien.

                            Les effets des dysfonctionnements économiques actuels, qui contribuent à plonger notre société dans le désarroi, ont autant une origine épistémologique qu’économique, car les applications du dogme des théories économiques actuelles sont toutes fondées sur la gestion des ressources rares ( Voir l'article: Pénurie et abondance ) .

                            Ce paradigme actuel nous propose quatre choix pour assurer notre « perdition » :

                            - soit par l’augmentation sans fin du chômage
                            - soit par l’augmentation de l’inflation
                            - soit par l’augmentation du déficit budgétaire
                            - soit par l’augmentation du déficit extérieur.
                            … la guerre étant la seule solution trouvée à ce jour pour permettre à l’économie de dépasser ces contradictions

                            Or, le concept de la monnaie a évolué et s’est transformé au cours des siècles, des coquillages à l’or, pour aboutir à une totale dématérialisation (depuis 1978) qui a pour conséquence qu’aucune monnaie n’a de contrepartie en matières précieuses ou rares.

                            Or, si une collectivité a
                            1 – un besoin,
                            2 – la volonté de le satisfaire,
                            3 – les moyens techniques et énergétiques,
                            4 – Un excès de main d’œuvre et le savoir-faire,
                            … Pourquoi ne peut-elle réaliser ce besoin par faute de financement ?

                            L’obstacle épistémologique est le suivant :

                            La monnaie reste conçue comme une réalité matérielle (précieuse) de quantité finie donc rare et épuisable, alors qu’elle ne l’est plus puisqu’elle est dématérialisée et qu’un nouveau paradigme devrait pouvoir être assimilé. Ce nouveau paradigme, c’est celui dans lequel :
                            1 - Aucune loi physique n’empêche un Etat, une Banque Centrale ou de second rang de créer toute la monnaie nécessaire. Ne pas le faire est la conséquence d’actes volontaires, de lois humaines.

                            2 - Contrairement à l’ancienne prémisse (ressources rares), le nouveau est : comment écouler nos surplus pour mieux satisfaire nos désirs et nos besoins dans le respect de l’écologie planétaire ( abondance permise par le progrès technologique)

                            3 - La création monétaire peut être ajustée de telle manière à ce que l’ensemble du pouvoir d’achat soit équivalent à l’ensemble des productions susceptibles d’être vendues, et ceci en fonction de trois paramètres :
                            a) le potentiel de production
                            b) les désirs d’achat
                            c) les conséquences écologiques

                            4 - L’équilibre des balances commerciales est à prendre en compte car il ne faut ni affaiblir les autres pays qui sont nos clients potentiels, ni s’affaiblir, pour éviter le risque de dépendance.

                            5 – Le déficit budgétaire est signe que les créations monétaires relatives aux échanges économiques possibles à l’intérieur du pays sont insuffisantes

                            Faut-il attendre que les responsables inventent de nouveaux paradigmes ?
                            Non, il faut agir nous-mêmes! Nous essayons, pour notre part, sur le site "societalism "

                            =========

                            Pour terminer cette série, je mets la suite en ligne immédiatement "[AJH] 13 - Les démonstrations du paradigme ", auxquels vous pouvez rajouter le premier forum de cette série " [AJH] 1- La Dame de Condé " donc le but était justement de vous montrer la caractéristique principale (et peu connue) de la "fausse monnaie"
                            1 - la « monnaie « fondante » ou « monnaie franche »
                            2 - Le "miracle monétaire" de Schwanenkirchen
                            3 – Le « miracle monétaire » de Wôrgl :
                            4 - Ithaca
                            5 – Un « plan Marschall Européen ? »

                            La suite...
                            L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier

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                            • #15
                              Zek, merci pour tes posts ils sont trés instructifs

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