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Endettement alarmant, déficits persistants…Maghreb Steel peine à s’en sortir

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  • Endettement alarmant, déficits persistants…Maghreb Steel peine à s’en sortir

    PAR ABIR LABIED
    12-07-2018

    Bousculée par les importations européennes et turques d'acier et le contexte mondial et national difficile, Maghreb Steel connait depuis quelques années d’importantes difficultés financières. Accords de restructuration, rééchelonnement des dettes par les banques, refinancement sur le marché, mesures de défense commerciale de l’Etat… Toutes ces mesures été mises en place pour secourir le sidérurgiste marocain, mais ce dernier n’arrive toujours pas à sortir la tête de l’eau. Tour d’horizon.

    Maghreb Steel, société opérant principalement dans le laminage des tôles actuellement, peine à mettre fin à ses difficultés malgré les différentes mesures prises par son management, l’Etat et ses partenaires financiers. En 2017, les comptes de l’entreprise affichent toujours un résultat net déficitaire, et ce, malgré une légère progression du chiffre d’affaires par rapport à 2016. La société a consommé tous ses fonds propres qui sont passés dans le rouge (-163,6 MDH en 2017), et a alourdi ses dettes financières (4,6 MMDH en 2017) malgré une petite amélioration notée l’année précédente. La situation reste alarmante !

    En 2012, le RNPG Maghreb Steel s’élevait à -423,9 MDH avant de se creuser à -561 MDH en 2013, à -641 MDH en 2014 puis à -793 MDH en 2015.

    Ce n’est qu’en 2016 que l’entreprise est arrivée à réduire ses pertes pour afficher un déficit de -119 MDH, avant qu’il ne s’accentue légèrement à -121 MDH en 2017.

    Concernant le chiffre d’affaires, celui-ci est passé de 2,7 MMDH en 2012 à près de 3,7 MMDH en 2017.

    Notons que le chiffre d’affaires de 2017 est presque entièrement absorbé par les charges pour générer un résultat d’exploitation d'à peine 7 MDH, ce qui reflète une pression sur les prix face à une structure des charges rigide à la baisse.

    Pour rappel, l’entreprise créée en 1975 sous la dénomination sociale Maghreb Tubes (changée à Maghreb Steel S.A. en 2000) avait pour mission la fabrication de tubes soudés en acier. La société a élargi son champ en diversifiant ses activités notamment dans le domaine du fer et de l’acier. Par la suite, Maghreb Steel a installé ses propres unités de galvanisation et de prélaquage, augmentant au fur et à mesure sa capacité de production. Néanmoins, la société a fini par procéder à la cession effective de l’activité « Tubes » en 2000. Depuis, Maghreb Steel opère principalement sur le segment du laminage de la tôle.

    Retour sur les raisons de la situation difficile de Maghreb Steel.

    Tout a commencé en 2011 où le marché mondial de l'acier plat a été affecté par une crise se traduisant par une baisse de la consommation et des perturbations dans les prix des produits transformés. Cette situation a naturellement impacté l'activité de Maghreb Steel qui devait faire face, en plus du ralentissement de la demande locale et mondiale, à la concurrence de produits importés à bas prix (turcs et espagnols), et donc à une contraction de son activité et ses marges.

    S'ajoute à cela la lourdeur des plans d’investissements réalisés à contre-cycle et financés par endettement.

    En effet, dans un contexte mondial et local difficile, le leader marocain dans les produits d'acier plats a malgré tout investi un montant de 5,7 MMDH pour un complexe sidérurgique comprenant Aciérie et laminoirs à chaud, financé en grande partie par un consortium composé de 6 banques marocaines. Ainsi, l’année 2012 a été marquée par le démarrage du laminoir à chaud Plate d’une capacité de 500.000 Tm/An.

    Au niveau national, les industriels s’accordaient à dire que la taille du marché de la sidérurgie et la métallurgie demeure petite, ne permettant pas à Maghreb Steel de répondre à une demande variée en termes de nuances de produits et de dimensions sans avoir une quantité minimale commandée.

    Aussi, les intrants indispensables à la sidérurgie sont l’énergie et le fer, que le Maroc importe ou produit à des coûts élevés.

    Tout laissait croire que Maghreb Steel avait fait le mauvais choix au mauvais moment en optant pour un investissement important dans un tel contexte national et international.

    La situation financière du sidérurgiste n’a pas tardé à se compliquer. Le 20 novembre 2012, l'entreprise a remis aux autorités marocaines une requête de mise en place de mesures anti-dumping sur les importations de tôle d’acier laminée à chaud originaires de l’Union Européenne et de la Turquie afin d'éviter la faillite.

    Il est à noter que l’enquête a été initiée en janvier 2013 par le gouvernement marocain qui a conclu à l’existence d’un dumping. Ainsi, un droit de douane provisoire sur les produits concernés a été instauré, faisant courir de graves risques à tout le secteur industriel. Un sujet qui a fait l’objet d’un vif débat au sein des milieux d'affaires qui ont vu leurs intrants se renchérir. Malgré tout, la décision du gouvernement d'instaurer des mesures anti-dumping définitives a été prise en 2014.

  • #2
    Aussi, les intrants indispensables à la sidérurgie sont l’énergie et le fer, que le Maroc importe ou produit à des coûts élevés.

    Tout laissait croire que Maghreb Steel avait fait le mauvais choix au mauvais moment en optant pour un investissement important dans un tel contexte national et international.
    Avec 6 déficits consécutifs et des couts non-compétitifs, son sort est presque scellé.

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    • #3
      Je croyais que le salut allait venir du contrat prévu avec Renault et Peugeot pour fournir les carrosseries, d'ailleurs cette entreprise avait obtenue la norme ISO nécessaire...enfin c'est ce qui avait été posté ici même...
      "Ce qui est à moi, est à moi, ce qui est à vous est négociable."

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