14-12-2007 La vidéo sur le web tarde à se développer en Afrique. Manque d’équipements et de lignes à haut débit. C’est regrettable car ce ne sont ni les sujets, ni les idées qui manquent.


Par Cedrick Makom, Paris


Il y a un peu plus d’un an que YouTube a été racheté par Google. Pour plusieurs personnes, YouTube est quasiment devenu synonyme de « partage de vidéos en ligne ». YouTube est leader sur le marché de la vidéo en ligne loin devant Yahoo Vidéo, Dailymotion et autres MsnVideo.



Grâce à YouTube, nous sommes devenus des téléspectateurs capables de composer notre grille de programmes parmi des milliers de clips et films. Quid du téléspectateur africain dans cette nouvelle séquence télévisuelle ? Pour exister, les sites de partages vidéo ont besoin de leurs utilisateurs qui partagent leurs réalisations ou trouvailles vidéo.


En faisant une recherche avec le mot clé « Africa » sur YouTube, le résultat donne quelques centaines de milliers de vidéos partagées. Ces vidéos sont essentiellement postées par des utilisateurs vivant hors du continent, à l’exception des Sud-Africains, Kenyans, Marocains et Nigérians.



Les autres Africains donnent l’impression de ne pas bien connaître l’existence de ces sites de partage vidéo.


Faibles débits


Faibles débits En effet, très peu nombreuses sont les vidéos réalisées par les Africains se trouvant sur le continent. Avec toutes les scènes de vie quotidienne, les manifestations, les séries humoristiques qui passent sur les chaînes locales, ce ne sont pourtant pas les occasions ni les sujets qui manquent.



Ce manque peut s’expliquer par le fait que très peu d’Africains disposent de caméras numériques pour réaliser des clips, même si certains appareils téléphoniques offrent la possibilité de capter des scènes de la vie quotidienne avec une qualité raisonnable.



Aussi, il n’est pas facile d’uploader une vidéo de 100 Mo avec les faibles débits disponibles dans certains pays africains encore dépourvus d’un accès de type ADSL.


Avec toutes les scènes de vie quotidienne, les manifestations, les séries humoristiques qui passent sur les chaînes locales, ce ne sont pourtant pas les occasions ni les sujets qui manquent.


Emergence de plateformes



Toutefois, là où les internautes ont la chance d’avoir l’accès au haut débit, il y a des utilisations intéressantes que l’on voit apparaître sur le continent.



Ainsi les policiers marocains ont, il y a quelques temps, mis en ligne sur YouTube une vidéo pour dénoncer leurs conditions de travail et faire connaître leurs revendications. Plusieurs entrepreneurs africains ont compris la tendance et proposent ainsi aux Africains des plateformes qui leur sont spécialement dédiées.



L’entreprise Sanaga fournit ainsi aux sites africains des plateformes de partage vidéo clés en main à leur couleur. Le Sud-Africain MyVideo a, de son côté, lancé son offre de partage vidéo.



Comment les chaînes de télévision traditionnelles, africaines, broadcastées et linéaires vont-elles résister à ce morcellement des audiences sous les coups de boutoir de la vidéo personnalisée et à la demande ? Certaines ont compris le danger et essayent de contre-attaquer en mettant leurs émissions à disposition des internautes.


La chaîne camerounaise Canal2 le fait déjà et d’autres sont en train de suivre le mouvement. Pour elles, il ne s’agit pas de prendre en marche le train de cette nouvelle télévision mais bien de l’apprivoiser pour capter, grâce au web, le téléspectateur de la diaspora avide d’informations en provenance d’Afrique et, surtout, prêt à payer.