Le Maroc abrite la 3ème plus grande capacité d’énergies renouvelables du monde arabe, et détient la 2ème plus grande augmentation de capacité solaire et éolienne de la région, selon le dernier rapport Global Energy Monitor. Ces nombreux avantages font du royaume une nouvelle centrale en énergies propres non polluantes et le projet maroco-britannique Xlinks en est la meilleure représentation.

« Le projet Xlinks changera la donne s’il va de l’avant », a déclaré sur Twitter le consultant international et ancien diplomate britannique Rupert Joy en réaction à un article sur le projet énergétique bilatéral qui doit fournir jusqu’à 8 % de la demande d’électricité de Grande-Bretagne depuis le soleil et les vents du Maroc.



En effet, le Royaume-Uni et le Maroc travaillent sur un projet qui devrait changer la donne en termes d’énergies renouvelables, lançant un projet novateur ambitieux qui ouvrira la voie à toute la région et d’autres pays de tirer profit de leurs ressources naturelles, comme leur ensoleillement ou leur vent pour créer de l’énergie propre et pouvoir la commercialiser.

« Xlinks est le descendant indirect du projet ambitieux, mais imparfait Desertec, une initiative allemande visant à utiliser l’énergie solaire dans le désert du Sahara pour alimenter l’Europe. Son succès ouvrira plus d’opportunités pour les pays d’Afrique du Nord et au-delà », a indiqué le professeur Michaël Tanchum, chercheur non résident du programme sur l’économie et l’énergie du Middle East Institute, cité par le média Arabian Gulf Insight (Agbi) qui a consacré un article à ce sujet.

Le plan de Xlinks repose sur un investissement 20 milliards de dollars en construction qui créera un parc éolien et solaire dans la région de Guelmim Oued Noun et profitera des 3 500 heures d’ensoleillement par an au Maroc, contre 1 500 heures du Royaume-Uni.

« Alors que le monde est en proie à une crise énergétique, l’énorme projet Xlinks a obtenu l’autorisation d’installer près de 12 millions de panneaux solaires et 530 éoliennes sur une zone désertique de 370 milles carrés dans la région marocaine de Guelmim-Oued Noun, puis de transférer l’électricité qu’ils génèrent au Royaume-Uni via le câble électrique sous-marin le plus long du monde », a noté Arabian Gulf Insight (Agbi) dans un article autour du projet.

La première phase du projet devrait être mise en service en 2029, la deuxième phase étant prévue en 2031, et d’ici 2030, plus de sept millions de foyers britanniques seront alimentés par de l’électricité propre marocaine.

Le Maroc dispose de 1,9 GW de capacité solaire et éolienne, faisant de lui le 3ème pays du monde arabe avec la plus grande capacité d’énergies renouvelables derrière l’Egypte et les Emirats arabes unis, selon le dernier rapport Global Energy Monitor.

En outre, le royaume devrait produire 14,4 GW supplémentaires à partir d’énergie solaire et éolienne dans les 5 ans à venir soit l’équivalent de 6 fois la capacité de ses projets gaziers potentiels.

Xlinks moins cher, moins polluant et plus rapide que le nucléaire


Selon le professeur Michaël Tanchum, cité par Agbi, la capacité combinée des deux connecteurs qui atteindront la Grande-Bretagne va dépasser la capacité de la centrale nucléaire de Hinkley Point C.

« Les deux interconnexions peuvent fournir jusqu’à 8 % de la demande d’électricité de la Grande-Bretagne. Si le projet réussit, il changera la donne pour les exportations d’énergies renouvelables », a-t-il affirmé.

« Cette énergie moins chère et plus verte ajoutée à notre système énergétique pendant 20 heures par jour réduira les factures de tout le monde », a déclaré de son côté un porte-parole de société énergétique britannique Octopus Energy Group (OEG).

Pour sa part, le directeur général de Xlinks, Simon Morrish, a déclaré à Agbi que le projet « Xlinks est extrêmement important pour aider le Royaume-Uni à atteindre son objectif net zéro », ajoutant que le nucléaire « est également une très bonne option, mais cela prend vraiment beaucoup de temps. Xlinks va coûter la moitié du prix du nucléaire et dans un délai beaucoup plus rapide ».

« Nous avons l’habitude de considérer les grands producteurs de pétrole et de gaz, comme l’Arabie saoudite et les monarchies du Golfe, comme nos fournisseurs d’énergie », a estimé Jim Krane, chercheur en énergie au Baker Institute de l’Université Rice cité par l’article.

« Cela change rapidement. Les nouveaux pays producteurs sont ceux qui disposent d’avantages compétitifs en matière de rayonnement solaire, de ressources hydrauliques et éoliennes, de gisements miniers ou de capacités de raffinage des métaux », a-t-il poursuivi en ajoutant que « le Maroc est peut-être pauvre en pétrole, mais il a tellement d’autres avantages – soleil, vent, minéraux – qu’il devient rapidement une nouvelle centrale énergétique ».

Hespress