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Chine: Sarkozy au pied du mur

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  • Chine: Sarkozy au pied du mur

    Par Nicolas MOSCOVICI leJDD.fr

    Après l'onde de choc provoquée mercredi par l'annonce du report du sommet Chine-UE, Pékin a affirmé ce jeudi être prête à donner une seconde chance à Nicolas Sarkozy. Jugé par la Chine trop conciliant avec le dalaï-lama, le président français est appelé à prendre des "mesures concrètes". En attendant, les relations économiques entre Paris et Pékin souffrent de ce mic-mac diplomatique.

    Chantage supplémentaire ou petit pas en arrière? Après l'annonce mercredi du report sine die du sommet UE-Chine prévu à Lyon le 1er décembre, en raison, d'un comportement jugé trop conciliant de la part de Nicolas Sarkozy envers le dalaï-lama, Pékin rectifie le tir. Ou enfonce le clou, c'est selon. Au cours d'une rencontre avec la presse jeudi matin, Qin Gang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a en effet laissé la porte ouverte à un nouveau sommet, dont la date "dépendra du moment où la France (...) adoptera des mesures concrètes pour créer les bonnes conditions nécessaires à ce sommet". Une manière de mettre une pression supplémentaire sur l'Elysée -qui a par ailleurs annoncé l'annulation du sommet France-Chine prévu le lendemain- mais également de déminer un imbroglio diplomatique dont personne ne peut réellement sortir vainqueur.

    150 Airbus cloués au sol


    Visiblement mû par la volonté de "punir" le président français, coupable à plusieurs reprises depuis le printemps dernier de froisser les susceptibilités de Pékin sur la question tibétaine, le régime chinois à également jeté un froid sur l'ensemble du Vieux continent. "Je crois qu'il faut avoir une politique claire en matière de droits de l'homme, a expliqué, jeudi matin sur Canal+, Joaquin Almunia, le commissaire européen aux Affaires économiques. On ne peut pas accepter des interdictions, des restrictions de la part de nos partenaires sur quel personne, quel leader, quel parti, quel interlocuteur on peut avoir. Chacun a ses propres responsabilités et ses propres principes". Avant cela, dans un communiqué, l'Union européenne avait, dans son ensemble, condamné la décision chinoise, précisant toutefois que malgré ce couac, le partenariat stratégique entre les deux parties était appelé à se poursuivre. Sauf que dans les faits, les échanges sino-européens sont en train de prendre un sérieux un coup de froid.

    Conséquence directe du coup de sang chinois, Airbus a annoncé dans la matinée le report de la finalisation d'une commande, signée en novembre 2007, de 150 appareils. Et même si le groupe aéronautique se dit confiant quant à la conclusion prochaine de ce dossier, ce contre-temps pourrait, au rayon économique, ne pas être le seul point de tension entre Paris et Pékin. Les Echos du jour affirment en effet que "les milieux d'affaires français de Pékin et Shanghai (ont été) atterrés par le spectaculaire geste de colère chinois." Toujours selon le quotidien économique, les sociétés hexagonales redoutent même, en pleine crise, "un nouveau durcissement de leur environnement". Et ce, alors qu'elles ont déjà dû encaisser plusieurs coups durs cette année, conséquences directes du passage mouvementé de la flamme olympique dans les rues de Paris en avril dernier.

    Mais l'économie n'est pas tout. A un niveau certes plus modeste, la ville de Lyon fait elle aussi les frais de la brouille diplomatique entre Pékin et Paris. Pourtant "hors normes", dixit Le Progrès, les précautions prises par la préfecture du Rhône pour éviter "toute manifestation susceptible de heurter les hôtes chinois", ne serviront donc à rien. Le quotidien rhodanien dévoile au passage qu'un plan "anti-drapeau tibétain" avait même été mis en place. Celui-ci prévoyait carrément la mobilisation de... nacelles afin que "les policiers du GIPN puisse décrocher très vite tout drapeau tibétain accroché sur une façade." L'objectif était, entre autres, de chasser des esprits le souvenir du 22 octobre 1999, où, armé d'un mégaphone, un dissident chinois avait alors pu invectiver le président Jiang Zemin, hôte de prestige du maire de l'époque, Raymond Barre. Peine perdue. Tant pis pour les nacelles.
    L'alcool ne résout pas les problèmes.
    D'ailleurs l'eau non plus.
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