Les grands électeurs le désigneront officiellement, aujourd'hui, président des États-Unis.À un mois de son investiture, comment Barack Obama prépare-t-il son mandat ?
• Barack Hussein Obama sera officiellement élu, ce soir, président des États-Unis. Le 4 novembre dernier, les électeurs américains ont désigné 364 grands électeurs pour le candidat démocrate. Ces grands électeurs se réunissent aujourd'hui. Le 20 janvier, Barack Hussein Obama sera donc investi 44e président des États-Unis pour quatre ans. Hussein ? C'est le second prénom d'Obama. Ses adversaires le lui ont reproché, en le taxant de proximité avec les islamistes, cherchant ainsi à entretenir la confusion avec les musulmans. Obama a déclaré qu'il respectait la tradition présidentielle d'être nommé par ses deux prénoms.

• Son gouvernement est déjà formé. Le vice-président Joe Biden, son adversaire des primaires Hillary Clinton et le secrétaire à la Défense maintenu Robert Gates sont les trois piliers d'une équipe d'unité nationale. Obama s'est entouré de solides responsables en économie : Timothy Geithner au Trésor, Bill Richardson au Commerce, Paul Volcker, conseiller à la Reconstruction économique, Lawrence Summers à la tête du Conseil économique. Pour défendre sa nouvelle politique de santé, il a choisi un vieux briscard des joutes parlementaires, Tom Daschle. Et pour remettre sur pied le marché du logement, un ancien de l'équipe Clinton, Shaun Donovan.

• Premier changement : le climat. Pour mener à bien sa volonté de s'engager dans la limitation d'émission d'oxyde de carbone, Obama a nommé Nancy Sutley à la tête du Conseil de la Maison-Blanche sur la qualité de l'environnement. Son prédécesseur avait bloqué la lutte contre l'effet de serre ; Nancy Sutley a dirigé une politique de normes antipollution à la mairie de Los Angeles. Un ancien prix Nobel de physique, Steven Chu, devient secrétaire à l'Environnement et l'ancienne directrice de l'Agence de protection de l'environnement, Carol Browner, sera chargée de coordonner les questions climatiques, énergétiques et environnementales.

• Économie : un premier échec. Pour avoir défendu un plan automobile de 14 milliards de dollars soutenu aussi par l'équipe Bush, Obama partage avec le président sortant son rejet par le Sénat, jeudi soir. « Je suis déçu. J'espère que l'administration et le Congrès trouveront une façon de donner à l'industrie l'aide temporaire dont elle a besoin. Une restructuration à long terme est absolument nécessaire », a déclaré le président élu. Le plan de relance de l'économie sur lequel travaille l'équipe Obama atteindrait 700 à 1 000 milliards de dollars.

• Étranger.L'Afghanistan est la priorité d'Obama. Mais le retrait d'Irak pourrait être moins rapide qu'annoncé. Robert Gates l'a laissé entendre, samedi à Bagdad, où lui a succédé, dimanche, George Bush. Dégager en 16 mois 146 000 soldats, dont 14 brigades de combat, « pour finir la guerre en Irak de façon responsable », objectif fixé par Obama, nécessite une accélération du calendrier fixé par le Gates de Bush. Celui-ci a signé un accord stratégique donnantjusqu'à fin 2011 pour ce retrait total. Et les élections en Irak pourraient retarder de neuf mois le début du retrait. Mais Gates reste « optimiste ». Autre souci immédiat :l'Iran. « Il faut rendre la vie dure à l'Iran », a déclaré Obama. « Des propos de cow-boy », a répondu Larijani, président du Parlement iranien. Tandis que Gates a transmis un « message de continuité et d'engagement » d'Obama aux alliés des États-Unis dans la région. « Quiconque penserait mettre à profit les premiers mois du Président pour mettre à l'épreuve la nouvelle administration » aurait tort, a prévenu Robert Gates, l'homme clé de la transition Bush-Obama.