Sûr de son bon droit, Israël attendait toujours mercredi le feu vert américain à la création d’une “commission juridique d’enquête” israélienne sur le raid sanglant contre une flottille pour Gaza.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que son gouvernement n’avait rien à cacher sur cette opération qui a produit une vague d’indignation de par le monde.
“Moi-même, le ministre de la Défense (Ehud Barak), les autres ministres et le chef d‘état-major (Gaby Ashkenazi) serons prêts à livrer les faits sans rien cacher”, a-t-il déclaré.
“Je veux que toute la vérité soit connue au grand jour et à cette fin l’examen doit donner des réponses à des questions que la communauté internationale préfère ignorer comme, qui était derrière le groupe extrémiste sur le bateau”, a-t-il ajouté.
Il faisait référence au Mavi Marmara, où neuf militants pro-palestiniens (huit Turcs et un Américano-turc) ont été tués lors du raid mené le 31 mai contre la flottille dans les eaux internationales au large d’Israël.
M. Netanyahu a confirmé qu’Israël est en “consultations avec des membres de la communauté internationale en ce qui concerne le processus d’examen nécessaire, qui permettra de révéler les faits, concernant la flottille.”
Mais pour l’heure, les sept principaux ministres israéliens n’ont pas abouti à une conclusion sur la composition et le mandat de la commission, a indiqué la radio publique.
“Les contacts se poursuivent avec Washington pour obtenir son accord sur les contours d’une telle commission”, a indiqué à l’AFP un haut responsable israélien qui a requis l’anonymat.
Selon lui, le gouvernement ne devrait pas faire pas d’annonce officielle tant qu’une “coordination avec Washington ne sera pas mise au point”.
Auparavant, la radio avait annoncé que le cabinet restreint allait présenter ses conclusions dans la journée à l’administration américaine, qui a réclamé “une participation internationale à l’enquête sur l’assaut du 31 mai”.
Il a par ailleurs donné son feu vert à un allègement du blocus terrestre de la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, tout en maintenant le blocus maritime, selon cette source.
Selon les médias israéliens, M. Netanyahu veut s‘épargner une commission d’enquête internationale et a opté pour une commission juridique d’enquête au mandat limité aux aspects légaux de l’intervention et du blocus mais avec une possible composante étrangère.
Elle compterait des juristes israéliens de renom qui ont défendu Israël devant des instances internationales ainsi qu’au moins deux experts étrangers, dont un Américain, afin de la rendre crédible.
Mais cette initiative a été fortement critiquée en Israël même, aussi bien par les médias que parmi les juristes, qui la jugent peu crédible.
“Il n’est pas question que je participe à une commission d’enquête sans pouvoir enquêter”, a notamment déclaré l’ancien ministre de la Justice Amnon Rubinstein, qui aurait été pressenti.
L’armée israélienne a de son côté chargé le général de réserve Giora Eiland de superviser une “équipe d’experts”, composée de généraux de réserve, qui doit rendre ses propres conclusions d’ici le 4 juillet sur le déroulement du raid.
Le président américain Barack Obama doit recevoir mercredi son homologue palestinien Mahmoud Abbas pour évoquer les négociations de paix indirectes israélo-palestiniennes parrainées par Washington ainsi que la situation humanitaire à Gaza.
M. Netanyahu doit se rendre à la Maison Blanche d’ici fin juin pour s’entretenir avec M. Obama, selon un haut responsable israélien.


AFP