John Kennedy disait d’elle : « Ce serait une fille agréable, si seulement elle se débarrassait de ce stylo et de ce bloc-notes. » Figure emblématique de la presse américaine, Helen Thomas n’occupera plus le devant d’East Room, la salle de presse de la Maison-Blanche où se déroule la conférence hebdomadaire du Président.

Doyenne des correspondants de presse à la Maison-Blanche, où elle avait commencé à travailler au début du mandat de John F. Kennedy, elle a été « contrainte » à la démission, lundi dernier (7 juin), après avoir tenu des propos contre Israël. Des propos qui avaient provoqué une violente polémique aux USA. Sollicitée par un rabbin, le 27 mai dernier, pour faire un commentaire sur Israël, elle avait déclaré : « Dites-leur de foutre le camp de la Palestine. » « Souvenez-vous que ces gens-là sont occupés et qu’il s’agit de leur terre, que ce n’est ni l’Allemagne ni la Pologne (…) Les Israéliens ‘‘peuvent’’ rentrer chez eux, en Allemagne, en Pologne, en Amérique et n’importe où ailleurs. » Mais l’interview n’a été diffusée que quatre jours après l’attaque de l’armée israélienne contre la Flottille de la liberté dans les eaux internationales. Trois jours après, elle a annoncé sa décision de « partir » en retraite sans donner d’explication.
Connue pour ses positions politiques audacieuses, Helen Thomas a qualifié de « crime international et de massacre prémédité » l’attaque contre la flottille d’aides humanitaires. A 90 ans, elle est la journaliste la plus redoutée des chefs d’Etat américains. Elle a accompagné dix présidents, depuis Kennedy. En 2006, elle avait traité George Bush de « pire Président de l’histoire ». Le 9 février 2009, lors de la première conférence de presse de Barack Obama, le Président lui a donné la parole pour qu’elle pose sa question en lui disant sur un ton humoristique : « Helen, c’est mon moment d’investiture ici, je suis vraiment excité. » Helen Thomas ne plaisantant pas, pose une question embarrassante. Elle a demandé au nouveau Président quels sont les pays possédant l’arme nucléaire au Moyen-Orient. Obama n’a pas su quoi répondre.

Par Hacen Ouali (El Watan).