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Oussama Ben Laden, un voisin si discret

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  • Oussama Ben Laden, un voisin si discret

    À Abbottabad, où le chef d'al-Qaida a vécu ses dernières heures, personne ne soupçonnait la présence du terroriste le plus recherché de la planète.

    Ils n'en reviennent toujours pas. Les habitants d'Abbottabad sont massés par centaines en face de ce qu'ils appellent "la maison d'Oussama Ben Laden". Devant le portail, trois policiers armés de kalachnikov montent la garde. Impossible d'entrer. Des scellés ont été posés sur la porte. Assis à l'écart, Hamayoun Khan, la cinquantaine, contemple la scène, mi-amusé, mi-incrédule.

    "Les propriétaires s'appelaient Tariq et Arshad Khan. Ils avaient une trentaine d'années et disaient être originaires de Charsadda, près de Peshawar. On ne les voyait presque jamais et je ne les ai jamais vus recevoir d'invités. Ils disaient bonjour et au revoir, c'est tout."

    Une maison isolée au milieu d'un champ

    Les deux hommes affirment être cousins. Ils ont fait construire leur demeure en 2004 et, aux yeux du voisinage, c'étaient des gens paisibles qui vivaient là avec leur épouse. "Ils ne sortaient que pour acheter de la nourriture, complète Soheil, qui vit juste en face. Et ce qui était étrange, c'est qu'ils ne faisaient jamais leurs courses dans le quartier. Ils allaient en voiture à l'autre bout de la ville."

    Tariq et Arshad possèdent deux 4x4, dont l'un, un Toyota Land Cruiser, a les vitres teintées. Depuis l'extérieur, impossible d'apercevoir l'intérieur de la propriété. Elle est entourée d'un mur de quatre mètres de haut surmonté de barbelés. La maison de Ben Laden est isolée au milieu d'un champ. Le premier pâté de maison est à 200 mètres. Bref, une famille discrète et sans histoire. En apparence.

    Des traces de combat

    Lundi vers 1 heure du matin, un hélicoptère de combat Apache bombarde la résidence. Les habitants sautent de leur lit. "On a entendu des explosions et on a vu un hélicoptère de transport de troupes déposer des soldats. Quand on a voulu s'approcher, des commandos qui entouraient la maison nous ont ordonné de rentrer chez nous, raconte Haroon Nawaz. Ils parlaient parfaitement le pachtoune et l'ourdou, les deux langues utilisées ici." Effrayés par les tirs, la plupart des habitants du quartier se terrent chez eux.

    Le lendemain matin, ils découvrent les traces des combats. Les murs de la propriété sont intacts, mais l'hélicoptère Apache s'est écrasé dans la cour intérieure. A-t-il été abattu par les proches de Ben Laden ou a-t-il été victime d'un problème technique comme l'affirme la Maison-Blanche ? Impossible à dire. Immédiatement après le raid, les soldats pakistanais investissent les lieux. Un voisin est arrêté en pleine nuit devant sa famille. "Ils ont frappé à la porte et ont ordonné à mon père de sortir, explique Muhammad Qadri, son fils âgé d'à peine 15 ans. Je n'ai pas compris ce qui se passait. Ils l'ont emmené sans nous dire pourquoi." Pendant ce temps, d'autres soldats s'attellent à évacuer la carcasse de l'hélicoptère. "En quelques heures, les débris étaient déposés sur un camion et emportés", se souvient Haroon Nawaz. Hier vers 14 heures, l'armée a finalement évacué les lieux, qui sont désormais gardés par la police.

    Malaise à Islamabad

    Même si les militaires ont fait vite pour effacer les traces du raid, la mort de Ben Laden a fait voler en éclats la version officielle. Islamabad a toujours maintenu que l'ennemi numéro 1 des États-Unis n'était pas au Pakistan, alors qu'il séjournait à trois heures de route de la capitale. Encore plus étrange, parmi ses 900 000 habitants, Abbottabad compte beaucoup de militaires. Plusieurs régiments de l'armée sont basés là, en particulier l'Académie militaire de Kakul, une des plus prestigieuses écoles du pays. Avec ses commerces, ses bureaux de poste, ses avenues bien entretenues et même son école catholique "Saint Peter", Abbottabad a des allures de cité modèle.

    De quoi accentuer un peu plus le malaise autour de la présence de Ben Laden. Difficile d'imaginer que les services de renseignements n'aient pas été au courant. Ironie de l'histoire, à l'entrée du district, on peut lire ces instructions sur un panneau bleu au bord de la route : "Les ressortissants étrangers doivent se signaler au commissariat de police le plus proche." De son côté, l'armée ne fait aucun commentaire, même officieusement. "Nous traversons une période très difficile, confie un officier d'une voix triste. Je ne peux rien dire pour l'instant."

    De NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À ABBOTTABAD, EMMANUEL DERVILLE
    Dernière modification par kaiser, 03 mai 2011, 22h18.
    "En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire" (G. Orwell)

  • #2
    voisinage..

    Il n'allait pas acheter son pain lui même visiblement..

    Commentaire

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