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L'Algérie, "la seconde patrie" de Mandela

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  • Elysium
    a répondu


    Récemment libéré des geôles de l’apartheid en février 1990, le militant Nelson Mandela effectue sa première visite à l’étranger en Algérie en mai 1990. Alger avait mis à sa disposition un avion du G.L.A.M pour une tournée africaine. Quatre ans plus tard, il sera élu président de l’Afrique du Sud.

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  • zwina
    a répondu
    ""C'est une semaine bizarre pour l'Algérie qui a connu cette semaine trois disparitions symboliques. Le général Aussaresses, qui a réveillé les blessures de la guerre d'Algérie et l'image christique de Larbi Ben M'hidi, Ahmad Fouad Najm, poète égyptien, figure absolue et transgénérationnelle de la gauche arabe révolutionnaire anti-dictature et surtout Mandela, qui incarne la lutte contre l'occupation, un des fondements de l'idéologie algérienne."

    Na Ait Kaci aurait dit " ce sont des signes de changement "

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  • AARROU
    a crée une discussion L'Algérie, "la seconde patrie" de Mandela

    L'Algérie, "la seconde patrie" de Mandela



    "C’est l’Algérie qui a fait de moi un homme" Ainsi parlait Mandela en 1990 lors de son premier voyage, après sa libération, dans son pays d'adoption. Après sa disparition, le président Bouteflika a décidé la mise en berne des drapeaux pendant huit jours. Retour sur une relation historique.


    Nelson Mandela avec (à sa gauche) son instructeur le futur général chef d'état-major de l'armée algérienne Mohamed Lamari.

    "Le peuple algérien, qui s’enorgueillit d’avoir toujours été aux côtés de Madiba et du peuple sud-africain, s’associe à votre deuil et n’oubliera jamais que pour Mandela, l’Algérie est sa "seconde patrie" comme il aimait à le répéter", a déclaré aujourd'hui Abdelaziz Bouteflika dans un message au président Jacob Zuma suite à la disparition de Nelson Mandela, hier à l'âge de 95 ans. Si tout le monde connaît le héros de la lutte contre l’apartheid, son histoire avec l’Algérie reste peu connue.

    Pourtant, c'est là que Madiba, proche d'Ahmed Ben Bella, reçoit sa première formation militaire en 1961 avec le représentant du Gouvernement provisoire de la République algérienne, le docteur Chawki Mostefai. "Il nous a expliqué que ce genre de guerre n’avait pas comme objectif de remporter une victoire militaire mais de libérer les forces économiques et politiques qui feraient tomber l’ennemi, raconte Mandela. Le Dr. Mustafa nous a conseillé de ne pas négliger le côté politique de la guerre tout en organisant les forces militaires." Lors de sa visite à Oujda, où il s'est rendu dans une unité combattante de l’Armée de libération nationale, il avait déclaré : "A un moment, j’ai pris une paire de jumelles et j’ai vu des soldats français de l’autre côté de la frontière. J’avoue que j’ai pensé voir des uniformes des forces de défense sud-africaines".

    Entre 1963 et 1990, l’Algérie assure une formation militaire aux membres de l'ANC tout en menant une fronde diplomatique contre l’apartheid à l’Organisation de l’union africaine ainsi qu’à l’ONU. "C’était une armée de guérilla composée de combattants qui ont gagné leur galons dans le feu des batailles et qui s’intéressaient plus à la guerre et à la tactique qu’aux uniformes et aux défilés", avait déclaré Mandela. "A ses yeux, nous avions réussi à mener une guerre contre une armée coloniale puissante, qui nous imposait une domination coloniale similaire à celle de l'apartheid", se souvient Nourredine Djoudi, ancien ambassadeur algérien en Afrique du Sud et interprète de Nelson Mandela en Algérie lors de sa venue en 1960.

    Pour donner plus d’écho au combat contre l’apartheid à partir de l’Algérie, l’ANC a même ouvert un bureau d’informations. A l'époque, tous les dirigeants de l’ANC fréquentaient Alger, qualifiée, à cette époque, par le père de l’indépendance de la Guinée Bissau, Amilcar Cabral de "Mecque des révolutionnaires".



    "L'Algérie était pour lui un modèle et un soutien, se souvient aussi l'ancien Premier ministre Rédha Malek. Tout comme l’Afrique du Sud a toujours été un pivot de la politique étrangère algérienne comme en témoigne l’exclusion de l’Afrique du Sud par l’Assemblée générale de l’ONU proposée et obtenue par Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères, en 1974. Cette action diplomatique démontre l’engagement de l’Algérie en faveur de Mandela et de son action anti-apartheid." Un ancien diplomate s'enflamme : "A l'époque, quel pays aurait osé faire ça ? Certainement pas les Etats-Unis qui continuaient à classer Mandela parmi les terroristes jusqu'en 2008 ! Notre soutien à sa cause était du même niveau que notre soutien à la Palestine, massif et désintéressé."


    Première visite de Nelson Mandela, photographié aux côtés de Mohamed Lamari, Chérif Belkacem et Nourredine Djoudi.

    Après sa libération, en mai 1990, Nelson Mandela revient dans son pays d'adoption et déclare : «C’est l’Algérie qui a fait de moi un homme». Un proche de la Présidence souligne : "Nous avons toujours partagé avec lui la même définition du terrorisme : des militants armés pour pour lutter contre une occupation illégale ne peuvent être considérés comme des terroristes. Mandela face à l'apartheid avait le même statut que Larbi Ben M'hidi face à l'armée française : ils n'était pas considérés comme des combattants de la liberté mais comme des terroristes !"

    Abderrezak Makri, leader du MSP (islamistes), a été un des premiers politiques à saluer "un grand homme, un symbole extraordinaire", en précisant : "Il n’a pas utilisé la légitimité historique pour oppresser son peuple à vie. Il a plutôt rassemblé son peuple pour construire un grand Etat et laisser d’autres continuer ce processus. Il n’a pas tenu à mourir Président."

    Adlène Meddi, rédacteur en chef d'El Watan Week-end qui consacre aujourd'hui un sujet à la relation entre Mandela et l'Algérie, résume : ""C'est une semaine bizarre pour l'Algérie qui a connu cette semaine trois disparitions symboliques. Le général Aussaresses, qui a réveillé les blessures de la guerre d'Algérie et l'image christique de Larbi Ben M'hidi, Ahmad Fouad Najm, poète égyptien, figure absolue et transgénérationnelle de la gauche arabe révolutionnaire anti-dictature et surtout Mandela, qui incarne la lutte contre l'occupation, un des fondements de l'idéologie algérienne."

    Mélanie Matarese
    Le Figaro

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