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TOURISME : et si le Maroc s'inspirait du modèle turc...

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  • TOURISME : et si le Maroc s'inspirait du modèle turc...

    L’ANIT, Association nationale des investisseurs touristiques, a organisé une conférence de presse mardi 24 novembre à Casablanca. Cette rencontre, qui avait réuni un nombre important d’acteurs publics et privés du secteur, a mis le focus sur le modèle turque. Tous les projecteurs étaient donc tournés vers la Turquie, en vue de comprendre les raisons derrière le bond géant réalisé par ce pays durant ces deux dernières décennies.

    «Analyse d’une success story et enseignements pour le Maroc» était le thème de cette rencontre. La Turquie est passée de 9 millions de touristes en 1998 à près de 40 millions en 2015, soit une croissance de 41% en 7 ans. Un chiffre qui fait rêver. D’où l’intérêt des professionnels marocains venus en masse pour écouter les experts turcs, qui s’étaient déplacés spécialement pour partager leur expérience avec leurs homologues marocains. Alors comment la Turquie a-t-elle réussi cet exploit ?

    L’accès au foncier, le développement d’infrastructures, une fiscalité incitative, et un open-sky maîtrisé, ainsi que la force du travail, tels sont les principaux ingrédients de la recette turque. «Le rôle de l’Etat et la connexion aérienne, ont été prépondérants dans cette évolution. Des centaines de milliers de terrains ont été donnés aux investisseurs. La synchronisation entre les sièges et le nombre de lits, pour un parfait équilibre des forces, est indispensable», a déclaré M. Mehmet Onkal, membre du conseil consultatif de l’Association turque des investisseurs touristiques. Et de poursuivre : «La Turquie a réalisé une révolution en termes d’infrastructures. A la fin des années 80, le nombre de lits et d’hôtels étaient inférieur à ceux de l’ile grecque Rhodes.»

    Il faut savoir que la Turquie compte 56 aéroports, et en plus de la compagnie nationale, plusieurs compagnies régionales interviennent dans le circuit aérien. A elle seule, Istanbul compte deux aéroports et un troisième en cours de construction.

    Un autre ingrédient, et non des moindres, derrière cette réussite, est l’Agence de Soutien à l’Investissement. Il est question d’un organe centralisateur pour toutes les demandes d’autorisations, permis, et autres documents administratifs. Cette institution participe ainsi à la levée des barrières bureaucratiques rencontrées par les investisseurs, notamment dans le secteur touristique. «Parallèlement, et pour résoudre la problématique du financement des investissements, les banques offraient des crédits à taux subventionné sur 10 ans pour les projets touristiques, avec un différé de paiement de trois ans.»

    Ainsi, entre 1985 et 1991, plus de 10 milliards de dollars ont été investis grâce à ces mesures incitatives. Le gouvernement a octroyé plus de 400 millions de dollars en subventions et a directement investi plus d’un milliard de dollars en infrastructures. «Les bonifications d’intérêt par l’Etat sur les prêts octroyés par les banques aux projets touristiques ont représenté plus de 700 millions de dollars», rapportent les experts turcs.

    Dans cette même dynamique, la Turquie a élaboré ces dernières années, une stratégie pour le développement du secteur du tourisme, affichant des objectifs ambitieux. La Turquie table sur 50 millions de touristes et 50 milliards de dollars de recettes à l’horizon 2023. Ce qui semble plutôt réalisable, au vu de la situation actuelle. Nonobstant un contexte géopolitique et économique assez complexe, le pays a fait montre de résilience. La Turquie est la 6ème destination la plus populaire dans le monde, avec un rythme de croissance maintenu (1,7%) et une offre en constante progression. Istanbul, Izmir, Antalya, Bodrum, Kemer… affichent, malgré une fluctuation saisonnière, des taux d’occupation intéressants. La destination représente toujours un marché attractif pour les investisseurs.

    Quant au Maroc, les tendances des arrivées pour les prochaines semaines, voire les prochains mois semblent plutôt pessimistes, à cause des récents événements en France (1er marché émetteur du secteur), selon les professionnels.

    Leila Ouazry
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