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Le sort de Saddam Hussein est secondaire par rapport aux violences en Irak

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  • Le sort de Saddam Hussein est secondaire par rapport aux violences en Irak

    Bonsoir, le peuple irakien a été trompé, voilà ce que c'est d'échanger un cheval borgne contre un cheval aveugle américain.
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    Pour bon nombre d’Arabes, le sort de l’ancien président irakien Saddam Hussein, dont la condamnation à mort a été confirmée mardi en appel, est devenu secondaire face aux massacres qui ensanglantent quotidiennement son pays.

    Certains Arabes redoutent que la pendaison de l’ancien raïs, qui doit se faire dans les trente jours, aggrave encore les violences intercommunautaires en Irak où s’affrontent la majorité chiite et la minorité sunnite, prédominante sous le régime de Saddam Hussein.

    Mais d’autres estiment que les violences en Irak ont leur propre dynamique et que l’exécution de Saddam Hussein n’y changera pas grand-chose. « Je me demande combien de personnes s’intéressent encore au sort d’un individu, vu ce qui se passe en Irak et dans le reste de la région », dit Sami Baroudi, professeur de sciences politiques à Beyrouth.
    « L’exécution de Saddam fera qu’il y aura une mauvaise personne en moins au monde (...). Elle n’aura pas d’effet sur le chaos dans lequel est maintenant plongé l’Irak. Il est devenu négligeable », renchérit Abdel-Khalek Abdoullah, qui enseigne la même discipline à l’Université des Émirats.

    Une situation « pire que sous Saddam »

    « Saddam Hussein mérite peut-être l’exécution (...) mais qui tient les Américains pour responsables de la mort de 600 000 civils irakiens au cours des trois dernières années ? C’est plus que ce que Saddam a tué en trente ans », note Safaa Fadlallah, commerçante à Beyrouth.

    « À l’époque de Saddam Hussein, les gens étaient en sécurité en Irak. Maintenant, nous apprenons en allumant la télévision que des centaines de gens sont tués chaque jour. Mieux vaut avoir un tyran qui maintient son peuple en sécurité qu’une situation où l’on tire constamment dans la rue », estime quant à lui un Égyptien de 54 ans, qui a requis l’anonymat.

    « Ce que l’on voit en Irak est bien pire que tout ce qui s’est passé sous Saddam », renchérit Fatima Haddad, une mère de famille sunnite de Bahreïn.
    De nombreux Arabes ont approuvé le verdict de culpabilité rendu contre Saddam Hussein, bien qu’ils s’interrogent sur la légitimité d’un procès qui s’est déroulé alors que les forces américaines sont toujours présentes en Irak.

    « Que nous ayons ou non des doutes sur le procès, le verdict est juste », tranche Bara Moussa, un militant des droits de l’homme en Syrie. « C’est une personne responsable du sous-développement et de l’élimination de ressortissants de son pays, de sorte qu’il mérite ce verdict. D’autres pays devraient suivre cet exemple. »

    Mais certaines personnes auraient préféré une peine de réclusion à vie, estimant que l’exécution de Saddam Hussein ne fera qu’envenimer les choses.

    « Plan de destruction de l’Irak »

    Ghassan Charbel, rédacteur-en-chef du journal al-Hayat, écrit que les crimes de Saddam Hussein ne sont rien en comparaison de ce qu’il perçoit comme un plan visant à détruire l’Irak. « Je sais que beaucoup de gens rêvent de voir Saddam Hussein mort. Ils comptent les jours et se préparent à danser. Ils veulent que leurs proches soient vengés », dit-il. Mais, avertit-il, « le corps de Saddam Hussein allumera l’incendie (...). Il renforcera le plan de destruction de l’Irak. Ceux qui se réjouissent aujourd’hui (...) doivent maintenant revoir leurs calculs. »

    « Sa présence en prison alimente des violences en Irak. Si le verdict est exécuté, la situation explosera encore davantage », prédit Azzam al-Ahmad, responsable palestinien chargé des Palestiniens en Irak. Il est l’un des rares à créditer Saddam Hussein d’avoir « servi la cause arabe, en dépit de quelques erreurs et de divergences avec les autres » dirigeants arabes.
    « Il y a eu de vives représailles pendant le jugement. Qu’en sera-t-il lorsqu’il sera exécuté? Cela dépassera ce que l’on peut imaginer. Les violences intercommunautaires seront sans précédent », s’inquiète Mohammad Mostafa, un ingénieur de Cisjordanie.
    Dans la bande de Gaza, Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, affirme quant à lui que les États-Unis veulent pendre Saddam Hussein comme exemple « pour tous les autres qui pourraient être en désaccord avec la politique américano-sioniste dans la région ».

    Talal MALIK Reuters
    L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier
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