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France: « Pour nous, descendants de harkis, le 12 mai représente un jour de deuil »

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  • France: « Pour nous, descendants de harkis, le 12 mai représente un jour de deuil »

    "Il y a cinquante-neuf ans, le gouvernement français décidait d’abandonner les soldats arabo-berbères qui avaient rejoint les rangs de l’armée française pendant la guerre d’Algérie".

    En résumé, il s'agissait de collabos avec l'occupant comme les Français qui s'étaient rangés du côté allemand lors de la guerre de 1939-45.

    - Il y a cinquante-neuf ans, le gouvernement français décidait d’abandonner les soldats arabo-berbères qui avaient rejoint les rangs de l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Dans une tribune au « Monde », un collectif, composé de membres d’associations, de l’historienne Fatima Besnaci-Lancou et de la journaliste Dalila Kerchouche, rappelle cet épisode tragique.

    Qui se souvient encore des harkis ? Peu de films leur sont consacrés, et leur histoire est absente des manuels scolaires. Nombre d’entre eux, très âgés, sont décédés. Avec eux, une mémoire française singulière disparaît. Lors de son entrée à l’Académie française, Simone Veil (1927-2017) déclarait au sujet des harkis : « La tragédie de ces familles entières abandonnées laisse une tache indélébile sur notre histoire contemporaine. »

    Cet abandon est daté.

    Le 12 mai 1962, par un simple télégramme, le gouvernement français scelle le sort de ces hommes et de leurs familles. Ce jour-là, Pierre Messmer, ministre des armées, interdit toute initiative individuelle pour le rapatriement des harkis et menace de sanctionner les militaires qui désobéiraient.

    Le 16 mai, Louis Joxe, ministre d’Etat en charge des affaires algériennes, annonce à son tour le renvoi en Algérie des « supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général de rapatriement » (à partir du 20 mai). Il demande « d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure ».

    Malgré ces intimidations et cet ultimatum, environ 43 000 personnes arrivent en France grâce au dévouement de militaires français, qui mettent en place des filières semi-clandestines, voire clandestines. Jour après jour, ils accueillent dans les casernes françaises ces hommes dont les autorités civiles ne voulaient plus. Souvent accompagnés de leurs familles, qu’il fallait également protéger des persécutions qu’elles subissaient.

    Un plan de rapatriement restrictif

    Comment le gouvernement en est-il arrivé à une si terrible décision ? Un an avant la signature des accords d’Evian censés, entre autres, mettre fin à la guerre et à ses violences, le sort des harkis est débattu à Paris. Les conclusions d’une étude confiée à un haut fonctionnaire d’Etat sont inflexibles. Leur rapatriement en France n’est « ni à prévoir, ni à souhaiter, encore moins à encourager… » (Chantal Morelle, « Les pouvoirs publics français et le rapatriement des harkis en 1961-1962 », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2004/3, n° 83).

    Le 18 mars 1962, les accords d’Evian sont signés par des représentants des deux
    parties. Le soir même, des harkis et leurs familles font l’objet de violences de la part de membres du FLN. Pour ne citer qu’un exemple, à Saint-Denis-du-Sig (région de l’Oranie), on dénombre plusieurs harkis massacrés (Les Harkis, de Fatima Besnaci-Lancou et Abderahmen Moumen, Le Cavalier Bleu, 2008)-.

    Le Monde.fr




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