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Un député européen interdit d’entrer aux États-Unis!

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    Stélios Kouloglou, un député européen interdit d’entrer aux États-Unis

    Le président du Parlement européen, David Sassoli, vient de demander à l’ambassadeur des Etats-Unis à Bruxelles une « explication claire » sur son refus d’accorder un visa d’entrée au député européen Stélios Kouloglou, qui fait partie du groupe parlementaire « La Gauche ». Depuis 11 ans, ce député grec, membre de Syriza, n’a jamais pu entrer aux Etats-Unis, la dernière fois, au début du mois de novembre, comme représentant de son groupe dans une délégation de parlementaires européens qui se rendait aux Nations Unies. En Grèce, Syriza a dénoncé un refus « incompréhensible et inacceptable », expliquant que « le refus de visa à un député élu du Parlement européen n’était pas une simple affaire bureaucratique, mais une insulte politique aux institutions européennes ».

    Stélios Kouloglou est journaliste et réalisateur, auteur de nombreux documentaires sur la politique internationale qui ont été diffusés sur la chaîne de télévision publique grecque ERT. Entretien.

    Dans quelles circonstances le visa pour les Etats-Unis vous a-t-il été refusé la première fois ?

    STÉLIOS KOULOGLOU Pendant et après la guerre en Irak, l’ambassade américaine a commencé à protester auprès du gouvernement grec en disant : comment voulez-vous que nous vous aidions sur la question chypriote si la télévision de service public grecque diffuse des documentaires comme « Vingt-cinq mensonges pour vendre la guerre », que j’avais réalisé en 2004, ou « Lanceurs d’alerte » en 2005, et un autre qui a été diffusé en salle aux Etats-Unis, à New-York et à Los Angeles, intitulé « Apologie d’un assassin économique » qui date de 2008. À ce moment-là, j’avais un visa de journaliste pour les Etats-Unis. Lors d’une réunion de direction à l’ERT, la télévision publique grecque, il a été dit que mes films créaient des problèmes avec l’administration américaine, et un mois après j’étais licencié sous des motifs fallacieux. Nous étions en 2008. Deux ans plus tard, à la suite d’un changement de gouvernement - c’était le gouvernement Papandréou - mon émission a recommencé. Je suis allé au consulat américain à Athènes avec deux de mes assistants cameramen pour demander le renouvellement de nos visas. Le consulat a donné immédiatement leurs visas aux deux cameramen, et à moi, on me dit d’attendre, et depuis 2010, j’attends.

    Après le premier refus, quelles sont les autres tentatives que vous avez faites pour vous rendre aux Etats-Unis ?

    STÉLIOS KOULOGLOU En 2016, j’ai été invité à Chicago dans une réunion de la gauche anticapitaliste, mais je n’ai pas pu m’y rendre faute de visa. En 2017, j’ai fait partie d’une délégation officielle du Parlement européen pour aller à Washington rencontrer des sénateurs américains, mais là encore, je n’ai pas eu de visa. Il y a eu des protestations, la presse en a parlé. Finalement, j’ai reçu un courrier du consulat où, sans me dire exactement pourquoi on me refuse le visa, on avait coché une case sur laquelle était inscrit « terrorisme ». Terrorisme selon les règles américaines, cela va de commettre un attentat jusqu’à faire l’éloge d’une organisation terroriste. Ce qui signifie par exemple, que si j’écris un article en expliquant, sans justifier ses actions, les raisons pour lesquelles le Hamas agit de telle ou telle façon, j’adopte le terroriste. J’ai pourtant fait beaucoup de documentaires contre le terrorisme. L’un de mes documentaires les plus vus en Grèce est dédié aux familles des victimes du « Groupe du 17 novembre » (organisation révolutionnaire ayant commis des attentats de 1975 jusqu’au début des années des années 2 000, N.D.L.R.). Je n’ai jamais eu aucune relation, directe ou indirecte, avec des terroristes, aucune.

    Et puis, vous avez à nouveau essuyé un refus il y a quelques jours…

    STÉLIOS KOULOGLOU Oui. Du 1 er au 4 novembre je devais fait partie d’une délégation d’une douzaine de députés européens pour aller à New-York aux Nations Unies, et encore une fois, on ne m’a pas donné de visa, sans aucune explication. J’étais le seul représentant du groupe « La Gauche » du Parlement européen, donc le groupe est resté sans aucun représentant.

    Comment expliquez-vous que les autorités américaines persistent depuis plus de 10 ans dans leur refus de vous autoriser l’entrée du territoire ?

    STÉLIOS KOULOGLOU Faire partie d’une liste noire, c’est presque comme commencer une guerre. On peut facilement la commencer, mais c’est difficile de l’arrêter. C’est la même chose pour la liste noire, c’est facile d’y entrer, mais difficile d’en sortir. Je pense qu’au départ, c’est lié à mes documentaires. Et depuis que je suis parlementaire, j’ai continué à faire les mêmes choses que comme ce que je faisais comme journaliste. Par exemple, à tenir énergiquement sur le cas de Julian Assange. J’ai fait des réunions et des séminaires au sein du Parlement européen, je suis allé à Londres en tant qu’observateur pour son procès, je l’ai invité à participer en audioconférence aux réunions que j’organisais au Parlement européen, etc. En tant que député, je n’ai rien changé des orientations que j’avais dans mes documentaires, à savoir promouvoir la vérité.

    Qu’est-ce que les soutiens que vous recevez actuellement peuvent changer ?

    STÉLIOS KOULOGLOU Il faut que les autorités américaines m’expliquent de manière précise, en se basant sur des faits concrets, pourquoi je suis sur liste noire. J’ai demandé plusieurs fois des explications. L’un des ambassadeurs américains en Grèce que je rencontrais en tant que journaliste, était sidéré, mais il ne pouvait me donner aucune explication. Cela a été la même chose avec l’ambassadeur des Etats-Unis à Bruxelles, qui m’a conseillé de faire une demande de visa touristique. J’ai essayé, mais là encore, je n’ai pas eu de réponse. Je pense que ce refus est tout à fait lié à mon travail de journaliste et je le considère comme une médaille d’honneur. D’ailleurs j’ai parlé il y a quelques jours avec l’un des protagonistes de mon documentaire sur Chypre, « Apologie d’un assassinat économique », il pense la même chose.

    Qu’est-ce que ces interdictions vous disent sur la façon dont évoluent les Etats-Unis ?

    STÉLIOS KOULOGLOU C’est un phénomène symbolique de la dégradation de la démocratie nord-américaine. Il y a 15 ans, personne n’aurait osé faire la même chose envers un journaliste connu, qui est aussi, comme je le suis, un parlementaire. Ce n’est pas seulement mon cas qui est en cause. C’est aussi celui de journalistes citoyens américains qui sont sous surveillance ou qui subissent des fouilles quand ils couvrent des évènements, jusqu’au cas de Julian Assange. Demander l’extradition d’un journaliste qui n’est pas américain pour qu’il soit jugé aux USA, c’est sans précédent. Qu’est-ce qui se passerait si demain Erdogan demandait que je sois extradé en Turquie parce que j’ai écrit un article contre lui, ou s’il disait que j’ai divulgué des secrets d’État turcs ? Cela ouvre la boîte de Pandore. La démocratie aux USA est minée par l’argent et par les guerres infinies de l’empire américain



    humanite
    25.11.2021
    البعره تدل على البعير

    Quand l’injustice devient la loi, la Résistance est un Devoir !✊🏼DZ
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