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Israël et le Liban concluent un accord « historique » sur leur frontière maritime

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    Après l’annonce par Israël d’un accord entre les deux pays sur la délimitation de leur frontière maritime, le Liban a demandé, mardi 11 octobre, au groupe français TotalEnergies d’entamer « immédiatement » le forage d’exploration dans ses eaux. La recherche d’hydrocarbures au Liban était au point mort depuis 2020 en raison du litige avec Israël autour de gisements offshore.

    Le premier ministre, Najib Mikati, « a demandé aux représentants de TotalEnergies de prendre immédiatement les mesures opérationnelles pour le forage d’exploration dans les eaux libanaises », a annoncé un communiqué de son bureau. M. Mikati a formulé sa demande lors d’une réunion avec une délégation de TotalEnergies, qui a reçu une licence d’exploitation en 2018.

    Après d’intenses négociations sous l’égide des Etats-Unis, Israël a annoncé mardi avoir conclu un accord « historique » avec le Liban pour délimiter leur frontière maritime et lever des obstacles-clés à l’exploitation de gisements gaziers en Méditerranée orientale.

    L’annonce officielle encore attendue


    Le Liban, en plein effondrement économique, a affirmé de son côté être satisfait de l’accord, mais doit encore annoncer officiellement l’accepter. M. Mikati a dit espérer une approbation rapide, ce qui ouvrirait la voie à « l’exploration de gisements de gaz dans les eaux libanaises ». « Les questions d’ordre logistique requièrent du temps, mais les travaux commenceront immédiatement », a déclaré pour sa part le ministre de l’énergie, Walid Fayad, qui assistait à la réunion.

    TotalEnergies fait partie d’un consortium de géants de l’énergie qui ont obtenu, en 2018, une licence pour explorer du gaz dans deux des dix blocs offshore du Liban, connus sous le nom de bloc 4 et bloc 9. Un puits foré dans le bloc 4, au large du centre du Liban en 2020, n’a révélé que des traces de gaz mais aucun réservoir commercialement viable.

    Le bloc 9, près de la frontière avec Israël contient le vaste champ de Cana, où TotalEnergies sera en charge du forage. Mais comme une partie de ce gisement dépasse la future ligne de démarcation, l’Etat hébreu toucherait une part des futurs revenus de l’exploitation gazière de Cana par TotalEnergies, selon des sources israéliennes.

    Le négociateur libanais et vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, a cependant assuré qu’il y avait eu « un accord entre Total et les Israéliens » en vertu duquel ces derniers pourraient « recevoir des compensations » du géant énergétique et non du Liban.


    Les deux pays avaient signifié au début d’octobre leur satisfaction à un projet d’accord du médiateur américain Amos Hochstein. Mais jeudi, Israël avait affirmé son refus d’une série d’amendements libanais au projet d’accord, ce qui avait douché les espoirs. Les négociations en coulisse se sont poursuivies ces derniers jours et Israël a expliqué mardi avoir reçu une réponse favorable à ses préoccupations sur les demandes d’amendements libanais.

    « Cet accord historique va renforcer la sécurité d’Israël, injecter des milliards [d’euros] dans l’économie israélienne et assurer la stabilité de notre frontière nord [avec le Liban] », a déclaré le premier ministre israélien, Yaïr Lapid, précisant qu’une réunion de son cabinet de sécurité était prévue mercredi sur cet « accord conclu » à l’issue d’une médiation américaine.

    « Toutes nos demandes ont été acceptées », avait déclaré plus tôt Eyal Hulata, conseiller à la sécurité nationale du premier ministre. A Beyrouth, la présidence libanaise a déclaré que la version finale de la proposition était « satisfaisante » pour le Liban. « Elle répond aux demandes du Liban et préserve son droit à ses richesses naturelles », a-t-elle ajouté, espérant que l’accord serait « annoncé au plus tôt ».


    Cette annonce survient à vingt jours de la fin du mandat du président libanais, Michel Aoun, qui expire le 31 octobre. En Israël, des législatives doivent se tenir le 1er novembre, les cinquièmes en trois ans et demi, qui pourraient consacrer le retour au pouvoir de Benyamin Nétanyahou avec ses alliés des partis ultraorthodoxes et de l’extrême droite.

    La semaine dernière, cet ancien premier ministre avait critiqué ce projet, accusant M. Lapid de « donner » au Liban un « territoire souverain d’Israël », de « capituler » face au Hezbollah libanais et menaçant de ne pas respecter l’accord en cas de retour aux affaires.

    « Le Hezbollah, qui fait partie du Parlement libanais, est conscient de la situation économique catastrophique du Liban et il a un intérêt à ce que le Liban puisse exploiter du gaz », a commenté mardi le ministre de la sécurité publique israélien, Omer Bar-Lev.

    Mardi, des responsables israéliens ont précisé que l’accord allait être présenté au Parlement, sans fournir de date précise. Selon des informations de presse et des responsables, le texte prévoit que le gisement offshore de Karish soit sous contrôle d’Israël et que les réserves de Cana, situées plus au nord-est, soient octroyées au Liban.

    Doper ses livraisons de gaz


    Dans un contexte où l’Union européenne cherche à diversifier ses approvisionnements en gaz en raison de l’invasion russe de l’Ukraine, Israël mise sur le gisement de Karish, prêt à entrer en production, pour doper ses livraisons de gaz au Vieux Continent.

    Or, dimanche, la société Energean, mandatée pour exploiter ce gisement, a annoncé le début de tests pour raccorder au territoire israélien sa plate-forme gazière offshore, étape-clé pour le début de la production.

    En juillet, le premier ministre israélien, Yaïr Lapid, avait évoqué ce dossier avec le président français, Emmanuel Macron, espérant voir Paris user de son influence pour faciliter un accord avec Beyrouth, d’autant que le français Total est pressenti pour explorer le gisement de Cana. Mais, contrairement à Karish, ce gisement est encore loin de pouvoir être activé et doit faire l’objet de plus de prospection pour en déterminer les ressources gazières récupérables.

    Dans ce cadre, le directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord de la branche exploration-production de TotalEnergies, Laurent Vivier, est arrivé mardi au Liban, d’après l’agence de presse officielle libanaise ANI.
    Lemonde

  • #2

    oopa !!! Soudain, le nationalisme arabe et la résistance ont disparu,.... et Nasrchaytan de hezbollah a été réduit au silence... vive les millions $ de gaz et de pétrole.

    c'est pas ça une NORMALISATION déguisée ?


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    • #3
      oopa !!! Soudain, le nationalisme arabe et la résistance ont disparu,.... et Nasrchaytan de hezbollah a été réduit au silence... vive les millions $ de gaz et de pétrole.
      Grande G.........mais quand il s’agit de son nombril ,

      Perte de décibel.

      Cela vaut pour le Hezbollah et les régimes qui l’ouvrent pour les autres et la bouclent quand il s’agit d’eux mêmes(Iran,Algérie,...........)
      Dernière modification par manneke, 13 octobre 2022, 13h14.

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      • #4
        j'espère que l'Algérie dénoncera le Liban pour cette marche vers la normalisation.

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