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État de droit: l'impossible parachèvement du Maroc

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  • État de droit: l'impossible parachèvement du Maroc

    Une dictature de droit divin est incapable d'accéder à une société moderne et démocratique car elle n'appartient qu'à une minorité de nervis soumis à une divinité autoproclamée et d'où la dictature marocaine handicapée de maturité.


    - L’année 2005 aura été riche d’événements dont il n’est pas toujours aisé de mesurer la portée politique dans le Maroc de Mohammed VI. Les dossiers politiques ont partagé la couverture des magazines avec des reportages sur des faits de société aussi divers que la prostitution, le tourisme sexuel, les vols dans les palais royaux et les conversions au christianisme. Ces dossiers, dont la publication était impensable avant la « nouvelle ère », soulèvent des questions fondamentales. En effet, le pays a opté pour une stratégie de développement du secteur touristique, l’apostasie est condamnée par l’Islam, les prêches belliqueux de certains imams rencontrent un grand succès et enfin des militants de la cause amazigh en appellent à la laïcité. Ce faisant, le traitement de la pauvreté, les choix économiques ainsi que le rapport à la liberté et à l’individualisation sont interpellés. En l’absence d’un véritable débat au sein de la classe politique sur le projet de société pour le Maroc, quelques organes de presse indépendants remplissent le vide actuel avec plus ou moins de profondeur et de rigueur dans l’analyse. Ils s’emparent des mots d’ordre de la « nouvelle ère » soulignant les contradictions du régime, dénonçant ses hésitations souvent, applaudissant enfin, parfois ses initiatives. Ils écrivent sur le roi4 et fait nouveau quelques-uns s’adressent au roi.

    Des loisirs à la culture, tout peut être sujet à une lecture politique dans le Maroc de la « nouvelle ère » : de l’usage des plages selon les normes islamistes à la passion du roi pour le ski nautique, de la multiplication des festivals de cinéma et de musique à la censure de l’indigente production nationale6. Ces exemples illustrent les apories suscitées par la promotion d’une image moderniste et d’ouverture de Mohammed VI et du royaume face à la récurrence des interventions des censeurs officiels ou auto-proclamés et des signes extérieurs de soumission au Commandeur des croyants. Ce hiatus est révélateur de convictions diverses et antagonistes au sein de la société, ce qui n’est pas un mal en soit, si ce n’était qu’il est symptomatique du manque de lisibilité du projet monarchique et, partant des hésitations quant à son interprétation et son adéquation à la réalité.

    Open Edition (extraits)

    A suivre

  • #2
    - De la nouvelle loi, il convient de retenir son esprit restrictif et son ambition de contrôler la vie interne des formations. Du point de vue de la création des partis, elle met fin au système déclaratif de la loi de 1958, puisque le système de l’autorisation (art. 8) qu’elle instaure vise à contrôler et, si besoin, empêcher, la formation de nouveaux partis. À ce propos, l’interdiction faite aux partis de « porter atteinte à la religion islamique, à la forme monarchique de l’État ou à l’intégrité territoriale du royaume » et d’être « fondés sur une base religieuse, linguistique, ethnique ou régionale ou discriminatoire ou contraire aux droits humains » (art. 4) a suscité de nombreuses controverses car ces dispositions laissent la porte ouverte à l’arbitraire.

    En mobilisant les références aux valeurs sacrées, ce sont notamment les militants islamistes, amazighes et défenseurs de la spécificité du Sahara qui sont interpellés. Pour preuve, le PJD réitère depuis des mois qu’il n’est pas un parti religieux, mais un parti à référentiel islamique. En fait, les frontières sont floues et la loi continue ainsi à s’inscrire dans un système de gouvernabilité makhzénien, où la justice étant aux ordres, le droit est toujours lu en fonction des besoins de la conjoncture et du degré d’allégeance de l’accusé au régime. En ce sens, si la loyauté continue à médiatiser la légalité, cette dernière tend de plus en plus à incorporer le référentiel des valeurs sacrées. Enfin, on a l’impression que c’est autour de ces marquages identitaires que sont en train de se produire les lignes de fracture idéologique. On pourrait formuler l’hypothèse inverse en affirmant que l’interdiction cristallise ces marquages.

    A suivre

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    • #3
      On peine à croire qu'il s'agit bel et bien de la dictature marocaine et non d'un film de science-fiction!

      - Ce faisant, on constate une tendance à la multiplication des actions en justice engagées par des parties civiles. Les poursuites de périodiques pour diffamation initiées directement par le ministère marocain de la Justice sont beaucoup moins nombreuses que celles intentées par des particuliers que ce soit à titre individuel ou collectif. Les pressions financières sur les annonceurs et les imprimeurs ainsi que les boycotts publicitaires se sont développés ces dernières années. Ce sont des mesures moins visibles que la censure et donc politiquement moins coûteuses pour un régime cherchant à afficher une image démocratique auprès de ses partenaires occidentaux. Cependant, cette méthode ne semble pas suffire. Elle est désormais accompagnée d’amendes aux montants exorbitants prononcées lors de jugements dont l’objectif est d’étouffer financièrement la presse qui dérange. La condamnation du directeur et du chef des actualités de l’hebdomadaire Tel Quel, à une peine de 2 mois de prison avec sursis et à payer 25 000 dirhams d’amende et 1 000 000 de dirhams de dédommagement pour diffamation dans le cadre de la plainte déposée par la députée Halima Assali relève de ce cas de figure.

      La nouvelle affaire Lmrabet est elle aussi éclairante. Suite à la publication d’un reportage sur les camps sahraouis à Tindouf dans lequel le journaliste fait mention de réfugiés, puis dans un entretien postérieur où il précise qu’il n’y a pas de personnes séquestrées, une plainte a été déposée par un inconnu, Ahmed Khar, rescapé des camps du Front Polisario, qui se présente comme étant le porte-parole d’une obscure organisation, l’Association des parents des Sahraouis victimes de la répression des camps de Tindouf. Les propos du journaliste contredisent effectivement la thèse officielle du régime marocain, mais ne visent à aucun moment le plaignant. D’après la défense de l’accusé, la plainte n’a donc pas de fondements juridiques. Cela n’empêche pas le 12 avril 2005, Ali Lmrabet d’être condamné par le tribunal de première instance de Rabat à dix ans d’interdiction d’exercer le métier de journaliste et à une amende de 50 000 dirhams pour diffamation.

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