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AARROU
29/07/2016, 22h40
Devant le Roi, Jouahri appelle à des ruptures
dans les politiques économiques

Devant le Roi, Jouahri appelle à des ruptures dans les politiques
économiques
(Photo MAP)

*Le Roi Mohammed VI, a reçu, vendredi 29 juillet au palais royal à
Tétouan, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, qui a présenté au
Souverain le rapport annuel de la Banque centrale sur la situation
économique, monétaire et financière au titre de l'exercice 2015.*

La présentation du rapport annuel de Bank Al-Maghrib
était très attendue cette année. Abdellatif Jouahri, gouverneur de la
Banque centrale, avait été en plusieurs occasion extrêmement critique à
l'égard des politiques économiques suivies et on se demandait jusqu'où
il irait en présence du Souverain.

En fait, il est resté dans la tonalité habituelle, c'est-à-dire critique
certes, mais mesuré. Ses messages principaux concernent les limites de
la politique économique lancée en 2008 et basée sur la demande
intérieure, la nécessité d'un nouveau modèle économique basé sur
l'industrialisation, les exportations et la création d'emplois; et enfin
placer les orientations stratégiques du pays à l'abri des aléas et des
rivalités politiques.

Voici de larges extraits de cette présentation de Abdellatif Jouahri:

"Notre pays aura réalisé des avancées importantes, avec notamment un
redressement sensible des équilibres macroéconomiques et une
amélioration de son attractivité et de son rayonnement. Ces progrès lui
sont reconnus par les institutions et les investisseurs internationaux,
comme en témoignent les flux importants d’investissements dont il
bénéficie, le renouvellement de son accord au titre de la ligne de
précaution et de liquidité avec le FMI et les appréciations positives
des agences de notation.

"Grâce aux grands chantiers économiques, sociaux et institutionnels
lancés depuis le début des années 2000, notre pays dispose aujourd’hui
d’une infrastructure institutionnelle et économique conséquente. Cet
environnement favorable lui a permis une nette accélération de la
croissance et des avancées notables sur le plan du développement humain.

"Ces réalisations sont certes des acquis précieux qui gagneraient à être
consolidés, mais force est de constater cependant que *le rythme du
progrès s’est inscrit ces dernières années dans une tendance baissière*.

"En effet, malgré la conjonction de plusieurs facteurs favorables aussi
bien internes qu’externes,*l’atonie des activités non agricoles et de
l’emploi se poursuit*, notre tissu productif se fragilise et les progrès
sur le plan du développement humain restent en deçà des attentes et
faibles en comparaison internationale.

"Une telle situation nous amène à *nous interroger sur nos politiques et
nos stratégies* et nous interpelle sur la capacité de notre *modèle de
développement* à continuer à répondre aux attentes et aspirations de nos
concitoyens.

"C’est ce questionnement qui a été au centre du discours du Trône de
juillet 2014, appelant à une nouvelle approche dans l’élaboration des
politiques publiques plaçant le capital immatériel au centre des priorités.

"Le modèle basé sur la *demande intérieure comme moteur de la
croissance* qui a prévalu jusqu’à présent *a montré ses limites.* Outre
la faiblesse de la croissance et de la création d’emplois, la sensible
détérioration ces dernières années des déficits jumeaux, l’aggravation
du niveau d’endettement et la persistance d’un faible niveau de
compétitivité de notre tissu productif sont autant de signes de
fragilité qui reflèteraient son essoufflement.

"Aujourd’hui, *notre pays a besoin d’initier une véritable refonte de ce
modèle et une série de ruptures *au niveau de la conception et de la
mise en oeuvre des politiques publiques.

*"L’industrialisation*créatrice de valeur ajoutée et d’emplois de
qualité devrait être au centre de ces mutations à côté des autres
stratégies sectorielles lancées ces dernières années mais dont les
résultats jusqu’à présent restent contrastés.

"La dynamique à l’export du secteur automobile et, dans une moindre
mesure, de certains autres métiers mondiaux se poursuit, mais les effets
d’entraînement sur l’économie demeurent encore limités. A cet égard, la
mise en place *d’écosystèmes* est une orientation prometteuse qui
devrait, si les objectifs qui leur sont assignés se matérialisent dans
des délais raisonnables, améliorer les résultats de ces stratégies et
renforcer les petites et moyennes entreprises, épine dorsale du tissu
industriel.

"Ce constat rappelle encore une fois la nécessité *d’évaluer le
rendement de ces plans sectoriels*, leur phasage et leur *cohérence*
d’ensemble. Cette évaluation devrait être systématique et revêtir un
caractère institutionnel à travers la mise en place de dispositifs ou
d’entités dédiées, permettant une analyse ex-ante, un suivi régulier et
rapproché pour opérer les ajustements éventuels dans des délais appropriés.

"Plus globalement, nous estimons que pour un meilleur encadrement du
développement économique et social de notre pays, la mise en place d’une
*planification stratégique* serait appropriée. Celle-ci permettrait de
mieux répondre aux exigences d’une vision globalisée et cohérente, avec
une priorisation des objectifs et une optimisation dans l’utilisation
des ressources.

"Sur le plan de notre politique d’ouverture, les difficultés économiques
persistantes auxquelles fait face la zone euro, notre partenaire
traditionnel, et l’inertie de l’intégration maghrébine confortent
l’orientation vers la diversification des partenariats en particulier en
direction de l’Afrique et des pays du CCG ainsi que vers les pays
influents sur la scène économique et politique internationale.

"Elle permet aussi bien à notre système bancaire qu’à nos entreprises de
s’appuyer sur de *nouveaux relais de croissance* et de consolider la
position du Maroc en tant que plateforme de transition entre l’Afrique
et le reste du monde. La réussite de ces partenariats nécessite
cependant un suivi rapproché des autorités et une mobilisation par les
opérateurs de moyens à la hauteur des engagements pour que notre pays
préserve son statut de partenaire crédible.

"Le choix de l’ouverture fait par notre pays nous a amené à initier ces
dernières années une réflexion sur l’opportunité d’opérer une
*transition graduelle vers la flexibilité de notre régime de change.*

"L’objectif visé est l’amélioration de la capacité de notre économie à
absorber les chocs extérieurs, tout en donnant un signal de confiance
aux partenaires extérieurs. Une telle approche est de nature à permettre
aux opérateurs de disposer de délais suffisants pour s’adapter
progressivement à un environnement plus exigeant et pour développer la
capacité et le savoir-faire nécessaires.

"Ce choix permettra par ailleurs de renforcer l’autonomie de la
politique monétaire et d’améliorer la transmission des décisions de la
Banque centrale à l’économie réelle.

"Bank Al Maghrib pourra ainsi opérer le passage au ciblage d’inflation,
ce qui lui permettra de mieux ancrer les anticipations et de rehausser
sa contribution au développement économique.

"S’il est vrai que de nombreux pays émergents ou en développement ont
déjà opéré cette transition par le passé, il n’en demeure pas moins que
*le Maroc est l’un des rares pays à l’entamer sur une base volontaire et
ordonnée et non sous la contrainte de crises de change*.

"Le timing retenu et la préparation préalable de ce chantier lui
assureront de meilleures chances de succès.

"Bank Al-Maghrib et le Département en charge des finances s’attèlent
actuellement à définir le phasage adéquat en tenant compte aussi bien
des spécificités de notre tissu économique que des enseignements des
expériences internationales. La réussite de ce projet reste toutefois
tributaire de la conjugaison des efforts de l’ensemble des autorités et
opérateurs concernés et du respect permanent des prérequis à ce passage.

"Pour pallier l’attitude d’hésitation et d’attentisme qui freine la
dynamique économique ces dernières années, il convient également
*d’accélérer les chantiers en cours*.

"L’élan qu’a connu la *réforme de la justice* mérite d’être réenclenché.
Il s’agit d’un chantier fondamental pour les droits humains et sociaux
mais également pour l’amélioration de l’environnement des affaires, de
l’investissement et de l’entreprenariat. L’aboutissement de ce projet
dans des délais raisonnables permettra de faire évoluer la perception
négative de la justice par l’investisseur et le citoyen en général.

AARROU
29/07/2016, 22h41
"Le chantier de la *régionalisation* avancée constitue un pas important
vers un développement territorial inclusif et équilibré, renforçant la
démocratie locale et favorisant l’investissement et l’émergence de pôles
économiques régionaux. Néanmoins, la mise en oeuvre de ce chantier est
encore à ses débuts et les expériences internationales montrent que *mal
planifié, il pourrait se transformer en gouffre financier.* Son
aboutissement nécessite une approche minutieuse pour éviter les
redondances des centres de décisions et assurer une utilisation
rationnelle des ressources.

"Il reste cependant fortement tributaire de la disponibilité de
compétences aptes à assumer la gouvernance du développement au niveau local.

"Le problème de compétences et de renouvellement de l’élite rappelle
encore une fois la nécessité de renforcer la mobilisation générale pour
accélérer la *réforme de l’éducation* et assurer son aboutissement. Tout
un chacun se doit d’apporter sa contribution à la mise en oeuvre et à la
concrétisation de la vision stratégique de l’éducation élaborée à cet effet.

"La priorité devrait être axée sur l’amélioration du rendement interne
du système dont l’actuel niveau se traduit par une énorme perte en
capital humain. En effet, une frange importante de notre jeunesse, en
particulier féminine, souffre de formes multiples d’exclusion, *près
d’un jeune sur trois n’étant ni en emploi, ni en éducation, ni en
formation.*

"Outre ces niveaux élevés d’exclusion, les défaillances du système
d’éducation et de formation contribuent à la faible qualité de l’emploi,
*un actif sur cinq étant non rémunéré et quatre sur cinq ne bénéficiant
pas de couverture médicale*.

"La problématique de l’emploi qui en découle, à un moment où plus de la
moitié de la population en âge d’activité est en dehors du marché de
travail, devrait être hissée parmi les priorités nationales. Si la
solution durable requiert une croissance économique vigoureuse et
soutenue, des politiques et des mesures appropriées peuvent en atténuer
la gravité en réduisant les distorsions sur le marché du travail.

"Il s’agit notamment de la mise à niveau de la réglementation et de la
déclinaison de la stratégie nationale de l’emploi en dispositifs et
programmes réalistes et efficaces.

"Sur le même registre, les nombreuses initiatives destinées à *renforcer
les filets sociaux au profit des populations les plus vulnérables* ont
connu un succès indéniable sur le plan de l’adhésion.

"Néanmoins, la faible capacité à répondre à la demande additionnelle au
niveau des services concernés, notamment ceux de santé, risque de
compromettre la crédibilité même des engagements de l’Etat.

"L’amélioration du ciblage et de la gouvernance de ces dispositifs
conditionne leur viabilité financière. Certains d’entre eux se trouvent
déjà menacés à court terme et leurs difficultés risquent de s’amplifier
si des réponses appropriées ne sont pas apportées dans les plus brefs
délais.

"La conception de mécanismes de ciblage efficaces permettrait également
d’élargir et d’achever la réforme du système de *compensation*. Celle-ci
se traduira certes par l’instauration de la réalité des prix, mais
permettra de dégager des marges pour mettre en place des mécanismes de
soutien au profit des populations les plus défavorisées.

"Par ailleurs, la *lenteur* de l’avancement du *projet de réforme des
retraites* devient préoccupante.

"L’ampleur des coûts générés par les retards de la mise en oeuvre
devrait amener les différents partenaires à accélérer ce chantier
d’autant plus que sa nécessité et son urgence font la quasi unanimité et
que sa préparation technique est achevée depuis plusieurs années.

"Ces coûts, s’ils continuent de s’alourdir, pourraient *compromettre la
soutenabilité des finances publiques à moyen terme*. La consolidation
des acquis à ce titre requiert également une revue de la composition des
dépenses pour en améliorer davantage la qualité et le rendement.

"La nouvelle loi organique, en particulier la règle budgétaire et la
programmation pluriannuelle qu’elle instaure, devraient d’être d’un
grand apport dans ce sens à condition que sa mise en oeuvre soit
effective et dans les délais préétablis.

"Sur le plan de la *fiscalité*, de nombreuses mesures ont été adoptées
depuis les Assises Nationales en 2013, à l’instar de la taxation des
grandes exploitations agricoles et de l’harmonisation progressive des
taux de la TVA.

"Toutefois, le rythme de la mise en oeuvre de plusieurs autres
recommandations de ces assises reste lent. Il s’agit en particulier de
l’élargissement de l’assiette fiscale, de l’intégration de l’informel et
de la réduction des nombreuses et onéreuses dérogations fiscales,
notamment celles dont le rendement économique et social n’est pas démontré.

"Les défis auxquels fait face notre pays pour réaliser ses ambitions
sont considérables, laissant peu de marges aux hésitations et à la
passivité dans la conduite de la politique publique.

*"Des ruptures sont aujourd’hui nécessaires *pour accélérer les réformes
structurelles et rehausser la confiance du citoyen et de l’opérateur
économique.

"Si les rivalités politiques sont une réalité intrinsèque aux
démocraties modernes, *les enjeux les plus stratégiques pour le pays
doivent être placés au-dessus des considérations d’ordre politique ou
catégoriel.*

"Une telle réorientation renforcera davantage encore le front interne à
un moment où notre pays doit relever de grands défis dont notamment ceux
liés à son intégrité territoriale et à sa sécurité.

"Il pourra ainsi mobiliser ses forces et ses ressources pour assurer de
meilleures conditions de vie à sa population et des perspectives
prometteuses à sa jeunesse".

Media 24

galaxy
30/07/2016, 00h19
Reponse du roi

Jouahri vous me fatigué , je ne comprend rien a ceux que vous dite , puis
mes affaires a moi vont très bien , baiser moi la main et a l'année prochaine

jawzia
30/07/2016, 00h34
"Le modèle basé sur la *demande intérieure comme moteur de la croissance* qui a prévalu jusqu’à présent *a montré ses limites.* Outre la faiblesse de la croissance et de la création d’emplois, la sensible détérioration ces dernières années des déficits jumeaux, l’aggravation du niveau d’endettement et la persistance d’un faible niveau de compétitivité de notre tissu productif sont autant de signes de fragilité qui reflèteraient son essoufflement.
Ce Jouahri est une andouille. Il ne connait rien du Maroc.

Voilà le vrai visage du Maroc, peint par un forumiste marocain s'étant fait passer un temps pour un algérien :

Maroc:
Offre industrielle agressive,
Exonération de taxe,
Offre d'infrastructure de haut niveau,
Formation renforcée,
Renforcer le noyau industriel d'origine
Massification de la production,
Liberté d'investissement,
Massification des emplois,
Opportunités d'affaires et massification de la production des investisseurs nationaux,
Favoriser la production locale attirer les grandes marques mondiales

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