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Voir la version complète : Kateb Yacine.


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l'imprevisible
19/12/2007, 06h55
http://www.biografiasyvidas.com/biografia/y/fotos/yacine.jpg


Kateb Yacine est né en 1929 à Constantine, dans l'Est de l'Algérie. Son père avait une double culture, française et musulmane. Après l'école coranique, il entre à l'école et au lycée français. Il a participé, lorsqu'il avait 15 ans (1945) à Sétif à la grande manifestation des musulmans qui protestent contre la situation inégale qui leur est faite.

Kateb est alors arrêté et emprisonné quatre mois durant. Il ne peut reprendre ses études et se rend à Annaba, puis en France. De retour en Algérie, en 1948, il entre au quotidien Alger Républicain et y reste jusqu'en 1951. Il est alors docker, puis il revient en France où il exerce divers métiers, publie son premier roman et part à l'étranger (Italie, Tunisie, Belgique, Allemagne...). Ensuite, il poursuivra ses voyages avec les tournées de ses différents spectacles. Il est mort en 1989.

La source. (http://www.radiofrance.fr/parvis/yacine.htm)


Le Monde Diplomatique.
Décembre 1999.

Kateb Yacine, un résistant.

Le dixième anniversaire de la mort de Kateb Yacine a au moins ceci de bon qu’il incite les éditeurs à publier ses textes. Certains étaient déjà connus, d’autres pas, en tout cas pas du public français. L’OEuvre en fragments en est à sa troisième édition (1). On ne s’y attardera donc pas plus, sauf pour en recommander la lecture à qui ne connaîtrait pas la diversité des talents de l’auteur de Nedjma. Ce livre recueille en effet des poèmes, des textes en prose et des extraits de l’oeuvre théâtrale.

Romancier, poète, dramaturge, Kateb Yacine fut encore un inlassable chroniqueur : on le découvre dans Minuit passé de douze heures (2). Depuis les textes légèrement grandiloquents de la jeunesse - le premier d’entre eux, consacré à l’émir Abdelkader, est écrit par un adolescent de dix-sept ans - jusqu’à ceux, pleins de colère et de tristesse contenues, d’après la répression de la jeunesse d’Alger en octobre 1988, on peut suivre tout l’itinéraire d’un grand intellectuel dont le premier souci fut toujours de rester proche de son peuple. « Aucune langue n’est étrangère, à condition de pratiquer d’abord sa propre langue, écrivait-il en 1975. Je m’exprime aujourd’hui en arabe dialectal, dans la langue du peuple algérien. J’apprends aussi à balbutier en langue dite berbère, la langue des ancêtres. C’est un double saut périlleux. Il faut le faire ou se résigner à l’aliénation. »

On pourrait presque transposer terme à terme, à propos de sa carrière, ce qu’il écrivait sur Garcia Lorca, dans Afrique-Action, en 1961. Le poète rapporte de New York « son chef-d’oeuvre, l’un des plus grands poèmes du monde : le Romancero gitano . Toute l’Espagne le reconnaît comme son meilleur poète. Mais Lorca ne s’arrête pas là. Il obtient une subvention, réunit une troupe ambulante, Baraca, qui va faire revivre, de village en village, l’ancien théâtre espagnol ».

Loin de se reposer sur les lauriers obtenus pour Nedjma, Kateb Yacine, lui aussi, forma une compagnie théâtrale, subventionnée par le ministère du travail ! Car il se méfiait de la culture comme instrument de reproduction des inégalités sociales. Il choisit le théâtre parce que son peuple était encore majoritairement analphabète, et que c’était à lui qu’il voulait s’adresser (3). Mais qui voudra faire l’expérience d’une lecture croisée, aujourd’hui rendue possible par ces diverses publications, des articles journalistiques, des poèmes, du théâtre et de Nedjma, comprendra immédiatement l’extraordinaire unité de l’oeuvre, qui se déploie dans une impressionnante variété de manières.

Le fil rouge en est la résistance : résistance au colonialisme, puis à la constitution d’une culture nationaliste pour et par une élite fermée, enfin à la sacralisation de l’écrit. C’est ainsi, sans jamais prendre la pose de l’intellectuel éclairé ou du poète inspiré, que Kateb Yacine est devenu, comme le dit justement l’éditeur de Minuit passé de douze heures, l’ « un des plus grands écrivains de ce siècle ».

François Bouchardeau.



(1) L’OEuvre en fragments, inédits littéraires et textes retrouvés, rassemblés et présentés par Jacqueline Arnaud, Sindbad/Actes Sud, 1999, 446 pages, 169 F.

(2) Minuit passé de douze heures, écrits journalistiques 1947-1989, Le Seuil, Paris, 1999, 360 pages, 130 F.

(3) Boucherie de l’espérance, oeuvres théâtrales, Le Seuil, octobre 1999, 570 pages, 140 F.





http://www.dailymotion.com/swf/64SnUMWFWDR0tcQhA

absente
19/12/2007, 12h19
Kateb Yacine.... et sa Nedjma...
Merci pour ce résumé biographique...

Océane
19/12/2007, 20h23
... Nedjma ... Je n'ai pas pu finir de le lire ... J'y arriverai un jour, I know ;)

absente
19/12/2007, 22h16
Je n'ai jamais compris sans fausse modestie pourquoi tant de gens n'arrive pas à lire Nedjma... C'est pourtant le plus beau livre algérien... La compléxité se dépasse si on le lit comme un récit poétique et non plus comme un roman... Il faut des fois se laisser surprendre!

Océane
20/12/2007, 11h47
... Son "style" me fait bâiller ... Tout comme celui d'Assia Djebar ;)

Bachi
20/12/2007, 15h30
Je n'aime pas non plus le style de Djebbar...
Elle est lourde, lourde, lourde...
Ennuyeuse, ennuyeuse, ennuyeuse
Un somnifère...
Tenace, j'ai tout de même lu les 50 premières pages de Femmes d'Alger dans leur appartement...
J'ai récidivé voir si son style pesant et ronronnant avait changé avec Ombre sultane, mais que dalle...30 pages m'avaient assommé et définitivement fait rompre avec cette écrivaine. Cela ne m'étonne pas qu'elle soit prise à l'académie française, ce cercle d'auteurs ennuyeux...

Kateb est bien meilleur, j'aime beaucoup sa hardiesse, sa liberté de ton.
Nedjma, j'ai lu et relu, c'est fameux...


ET que je ne voie personne venir me contester mes goûts...

houmaiz
20/12/2007, 18h40
S'il n'y avait pas ça :
ET que je ne voie personne venir me contester mes goûts...
J'aurai commenté ça :
Je n'aime pas non plus le style de Djebbar...
Elle est lourde, lourde, lourde...
Ennuyeuse, ennuyeuse, ennuyeuse
Un somnifère...

Tout en étant d'accord avec ça :
Cela ne m'étonne pas qu'elle soit prise à l'académie française, ce cercle d'auteurs ennuyeux...

mmis_ttaq-vaylit
20/12/2007, 19h00
Bachi,
voila une lecture supplementaire sur l oeuvre de Kateb.
http://www.limag.refer.org/Theses/Drouglazet/PhD.pdf

Je pense meme que Tariql aimerait y jeter un coup d'oeil comme l auteur fait un parallel avec l oeuvre de Derrida, cet autre algerien.

bonne lecture/bonnes fetes.

PS: merci l imprevisible pour ce beau rappel.

houmaiz
20/12/2007, 19h03
Je pense meme que Tariql aimerait y jeter un coup d'oeil comme l auteur fait un parallel avec l oeuvre de Derrida, cet autre algerien.

Je doutais un peu que Derrida était français, alors là quand tu nous dis qu'il est algérien, il ne l'est que par naissance, sans doute accidentelle.
Saha Aidek

absente
20/12/2007, 22h32
Son "style" me fait bâiller ...


Que ne faut-il pas lire, Mon Dieu...... Que ne faut-il pas lire?!!!
Ce roman comparé à Joyce, Faulkner ... fait bailler....
Je suis épatée par les analyses "stylistique" de ce forum... A chaque auteur une perle!

De plus, la comparaison avec Assia Djebar est plus que fausse et inutile: il ne s'agit pas de la même écriture et du même travail esthétique.

Bachi
21/12/2007, 14h57
Je suis épatée par les analyses "stylistique" de ce forum

Faux !
Personne n'a fait d'analyse stylistique ici...
Nous ne faisons que causer de nos goûts littéraires, ce que nous avons aimé, ce que nous avons trouvé ennuyeux...

K. Yacine comparé à Joyce ?...
Devrais-je cesser d'aimer Kateb moi qui trouve Joyce tellement somnifère ?

Bien sûr que non...


Si nous ne lisions que ce que les corporations de critiques littérataires nous recommandaient, nous nous ennuierions à mort...

Océane
21/12/2007, 16h26
... Andalousia, tu seras moins "épatée" si tu admets que les autres ne partagent pas tes goûts littéraires ... et si tu cesses de les imposer !

Oui, il me fait bâiller .... Khaaaaaaaaaaaaaaa ;)

absente
21/12/2007, 20h33
Je n'impose rien en disant que je ne comprenant une telle remarque!
Je n'impose rien en disant que justement Vous imposez vos choix stylistiques en parlant de la sorte d'écrivains... Je pense qu'il faut user d'une autre léxématique pour parler d'écrivains.
La comparaison à Joyce est présente pour montrer que d'autres ont trouvé plaisir et talent à l'écriture...

Enfin Océane, parler littérature oui mais parler de baillement non....

Bachi
21/12/2007, 20h41
si tu admets que les autres ne partagent pas tes goûts littéraires ... et si tu cesses de les imposer !

Si si , moi, j'impose mes goûts ! sti de sti...
Yasmina Khadra est le meilleur auteur algérien de tous les temps...

Et ceux de mes amis qui ne l'aiment pas, je ne leur parle plus...

Alors, sirène...
Khadra ou pas Khadra ?

Océane
21/12/2007, 22h04
... Je ne conteste pas le talent de Kateb Yacine mais ses écris n'accrochent pas mon intérêt ... Quant à Khadra, je ne dirai pas que c'est le meilleur auteur algérien ... Mais le lire ne me fait pas bâil ... oh, pardon ... mais ses écrits me parlent et j'éprouve du plaisir à le lire.

Alors, Croco, on continue à se parler ;)

Bachi
21/12/2007, 22h19
¨ca dépend...
Qui est ton meilleur ?...

Océane
21/12/2007, 22h50
... Meilleur, non mais à chacun son style ... J'aime bien celui de Rachid Mimouni ... Et de Boualem Sansal ... Oui, oui, ces deux amis ! ;)

tariqlr
21/12/2007, 23h16
Merci pour le lien -mmis ttaq-vaylit !
Si mes lectures sont éclectiques, j’avoue que j’ai un penchant pour les auteurs engagés et universalistes. En Algérie indépendante, le peu d’années que j’ai passées, j’ai bu, dégusté, enivré d’auteurs algériens, du cru : Kateb (bien sûr), Mouloud Ferraoun, Mammeri….
Les Dérida et tant d’autres sont aussi algériens et universalistes que je le suis. Mes échanges, à Avignon, avec H.Aleg ou lire Francis Jeanson qui disait : « L’Algérie, il faut s’en convaincre, c’est une culture, c’est une profondeur stratégique, c’est une histoire. Le passage de la France en Algérie n’est qu’un épisode dans l’histoire plus que trois fois millénaire. Massinissa battait monnaie, il y a 21 siècles de cela, pendant que l’Europe émergeait des ténèbres vers les temps historiques » ; me pousse à la modestie en avançant mon algérianité.
« Quand la mémoire faiblit, quand elle commence comme une fragile falaise rongée par la mer et le temps, à s’effondrer par pans entiers dans les profondeurs de l’oubli, c’est le moment de rassembler ce qui reste, ensuite il sera trop tard ». Vercors – Jean Brullet

absente
22/12/2007, 09h20
C'est bien de se souvenir de l'orthographe de l'auteur qu'on apprécie....

houmaiz
22/12/2007, 10h35
Si si , moi, j'impose mes goûts ! sti de sti...
Yasmina Khadra est le meilleur auteur algérien de tous les temps...
Hahahahahah, c'est assez totalitaire Bachi :mrgreen:
Et ceux de mes amis qui ne l'aiment pas, je ne leur parle plus...

Si je me considère comme l'un de tes amis Bachi (du moins de ma part tu l'es, je ne sais pas si c'est réciproque :rolleyes: ) et si je dis que je n'ai pas vraiment de sentiments distingués pour Khadra, devrais-je conclure que c'est fini, on se parel plus Bachi ?
¨ca dépend...
Qui est ton meilleur ?...
Enfin j'échappe à ta règle Bachi, mon préféré n'est meme pas algérien, donc pas de souci ;)