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Voir la version complète : Lettre confidentielle ‘GlobalEurope Anticipation Bulletin’ N°23 – 15 mars 2008


nacer-eddine06
21/03/2008, 13h35
1- Perspective
Crise systémique globale - Fin 2008 : Déroute des fonds de pension
D'ici la fin de 2008, nous allons assister à une formidable déroute de l'ensemble des fonds de pension de la
planète, mettant en péril tout le système des retraites par capitalisation. Ce cataclysme financier aura une
dimension humaine dramatique puisqu'il correspond à l'arrivée à la retraite de la première vague des babyboomers
aux Etats-Unis, en Europe et au Japon… (page 2)
2- Telescope
Les actions de la Fed sur les marchés accélèrent la prochaine explosion des 500 trillions
USD de produits financiers dérivés
Sans s’en rendre compte, Ben Bernanke enfonce encore plus profondément Wall Street dans la crise […] En
contribuant involontairement à retirer le tapis bancaire sous les pieds des hedge funds, il déclenche l'explosion
d'une nouvelle « bombe » de produits dérivés d'un montant de plus de 500.000 Milliards USD… (page 5)
Vers une nationalisation d'une partie du système bancaire des Etats-Unis
Si la Fed continue à agir comme elle le fait actuellement, sa prochaine « grande action » risque d'être tout
simplement la nationalisation d'une partie du système bancaire des Etats-Unis puisqu'elle a entrepris de prendre
à son compte les bilans dégradés d'un nombre croissant d'établissements financiers du pays… (page 7)
Le top-5 des pays européens les plus exposés aux retombées de la crise financière
américaine La situation des banques dans plusieurs pays européens devient en effet très fragile, même si globalement
l'économie de la zone Euro continue à résister aux conséquences de la récession américaine… (page 8)
Fonds de pension : Les trois chocs de la fin 2008
La crise systémique globale va provoquer la déroute du système basé sur les fonds de pension qui suppose une
hausse continue et régulière des principales catégories d'actifs dans lesquels les sommes énormes gérées par les
fonds de pension sont investies ; or la crise actuelle remet en cause simultanément ces deux contraintes de
fonctionnement du système de retraite par capitalisation… (page 10)
Cinq pays occidentaux vont être les plus affectés par l'effondrement du système de
retraites par capitalisation A la fin de l'année 2008, au rythme du développement de la crise systémique globale dans la sphère économique
et financière, LEAP/E2020 estime qu'une moitié des fonds de pension sera confrontée à des risques
d'insolvabilité face non seulement à une baisse drastique de leurs revenus, mais également à une fonte de la
valeur de leur capital… (page 12)
Cinq recommandations stratégiques et opérationnelles pour sauver sa retraite face à la
déroute des fonds de pension (page 13)
3- Focus
Attaque sur l'Iran à l'été 2008 : l'effondrement du Dollar augmente la probabilité à 70%
L’effondrement de la devise américaine par rapport aux autres devises majeures et vis-à-vis du pétrole et de l'or
en particulier, est porteur d'un risque accru d'attaque des installations nucléaires iraniennes d'ici l'été 2008, par
Israël et les Etats-Unis. Pour LEAP/E2020 la probabilité d'une telle attaque d'ici l'élection américaine de
Novembre 2008 est actuellement évaluée à 70%, comme exliqué dans ce numéro 23 du GEAB… (page 14)
4- Le GlobalEurometre
Résultats & Analyses
Concernant l'intervention militaire de l'OTAN en Afghanistan, le verdict des Européens est sans appel : 91%
d'entre eux estiment nécessaire de fixer une date pour le retrait des troupes européennes de ce pays…

nacer-eddine06
21/03/2008, 13h39
1- Perspective
Crise systémique globale - Fin 2008 : Déroute
des fonds de pension
Selon LEAP/E2020, d'ici la fin de 2008, nous allons assister à une formidable déroute de l'ensemble
des fonds de pension de la planète, mettant en péril tout le système des retraites par capitalisation.
Ce cataclysme financier aura une dimension humaine dramatique puisqu'il correspond à l'arrivée à la
retraite de la première vague des baby-boomers aux Etats-Unis, en Europe et au Japon : les revenus
des fonds de pension s'effondrent au moment même où ils doivent commencer à effectuer leur
première grande série de versements aux retraités. Dans ce numéro 23 du GEAB, notre équipe
anticipe l'évolution de cette prochaine crise des fonds de pension, précise les pays les plus touchés
(notamment en Europe) et présente des recommandations opérationnelles et stratégiques pour y faire
face.
Parallèlement, dans ce GEAB N°23, LEAP/E2020 anticipe les prochains mois de cette crise
systémique globale qui est désormais une évidence pour tous, s'attachant à anticiper les effets
pervers des prêts de la Réserve fédérale américaine qui sont en train de fragiliser encore plus
l'ensemble du système financier américain, et analysant les risques à venir qui pèsent sur les
établissements bancaires aux Etats-Unis et dans certains pays européens particulièrement exposés.
Parallèlement notre équipe analyse l’impact de la crise économique et financière US actuelle sur les
probabilités et les conséquences d’une attaque de l’Iran par Israël et les Etats-Unis avant les
prochaines élections présidentielles américaines.
En tout état de cause, avec l'annonce d'un plan de sauvetage d'urgence de la cinquième banque
d'affaires US, Bear Stearns1 (prélude à sa vente ou à sa mise en liquidation dans les prochaines
semaines), on assiste bien à la faillite d'un grand établissement financier dès le premier trimestre
2008, comme anticipé par notre équipe dans le GEAB N°192.
Simultanément, le Dollar US a repris sa chute libre par rapport à l'Euro, au Yen, au Yuan; l'or est à
plus de 1.000 USD/once, le pétrole à plus de 110 USD/baril, les bourses mondiales en baisse de 20%
en un trimestre, et la dernière tentative de stopper la crise financière avec le prêt de 200 Milliards
USD aux banques par la Réserve fédérale américaine a déjà montré qu'il avait échoué ... tous les
fondements de l'ordre économico-financier de ces dernières décennies s'écroulent sous nos yeux, à un
rythme de plus en plus rapide. Ce sont bien tous les signes d'une crise systémique3.
1 Source : Reuters, 14/03/2008
2 Nous avions annoncé Février 2008 dans le GEAB N° 19, et c'est finalement le 14 Mars que cette première banque américaine
aura fait défaut. Nous rappelons par ailleurs que désormais, selon notre anticipation de Novembre 2007, d'autres banques
américaines, européennes et asiatiques vont suivre.
3 D'ailleurs CNN/Money ne s'y trompe pas qui titre son dossier spécial : « Problème N°1 : L'argent de l'Amérique ». Source :
CNN/Money. Car en effet, à la base, il s'agit bien de cela : l'évaporation pure et simple de milliers de milliards de dollars US
accumulés de manière illusoire ces dernières années dans les comptes d'établissements financiers, d'entreprises, de particuliers
et de gouvernement, à travers toute la planète. C'est ce qu'avait précisément notre équipe dans les premiers GEAB dès le début
de l'année 2006.

La prise de conscience désormais généralisée que le monde fait face à une crise d'une ampleur et
d'une nature nouvelles permet déjà à nos chercheurs d'affiner certaines de leurs anticipations. Ainsi,
en ce qui concerne les devises, notre équipe a entrepris de revoir ses estimations sur la valeur du
Dollar US par rapport aux trois autres monnaies mondiales stratégiques, à savoir l'Euro, le Yen et le
Yuan. Ainsi, LEAP/E2020 estime désormais que le taux EURUSD atteindra 1,75 à la fin 2008 (au lieu
de 1,70 comme l'avait anticipé notre équipe dès 2006) ; le taux USDYEN tombera à 90 et le taux
USDYUAN à 64.
Evolution du Dollar Index (panier de monnaies références5) au 14/03/2008 / Source FxStreet
Devant l'ampleur de la Très Grande Dépression US désormais en plein développement6, LEAP/E2020
se félicite de constater que les autorités américaines, suite aux nombreuses protestations7, ont
finalement décidé de maintenir la parution synthétique des indicateurs économiques US sur le site
EconomicIndicators.Gov. Dans une période aussi troublée, il est en effet important que l'information
statistique sur l'économie des Etats-Unis reste aisément et largement disponible. Les finances d'une
multitude d'acteurs privés et publics, individuels et collectifs en dépendent.
4 LEAP/E2020 souhaite souligner que si les Etats-Unis et Israël lancent une attaque sur l'Iran cette année, nos estimations,
développées dans le GEAB N°23, sont encore plus négatives pour la valeur du Dollar US d'ici la fin 2008. Et concernant les
rumeurs d'une action concertée des banques centrales pour mettre fin à la chute de la devise américaine, soyons clairs, elles
n'ont aucun fondement : une telle action ne peut plus être mise en oeuvre, les banques centrales ayant des intérêts désormais
divergents du fait du découplage entre les grandes régions économiques mondiales, comme l'a anticipé LEAP/E2020 depuis
plusieurs mois. L'effondrement du Dollar US se nourrit de l'entrée en récession de l'économie américaine et d'une dévaluation
connexe d'environ 50% par rapport aux autres grandes devises.
5 Monnaies du Dollar Index : Euro, Yen, Dollar Canadien, Livre britannique, Franc suisse et Couronne suédoise. Si le Yuan
chinois était intégré à cet index sa chute serait encore plus forte.
6 Il y a même désormais des sites web qui se spécialisent sur le sujet, par exemple Depression2.TV dont le sous-titre est
éloquent : « Survivre à la Seconde Grande Dépression ».
7 Extrait du communiqué posté sur le site EconomicIndicators.gov : « ... l'ESA (Economics and Statistics Administration) avait
initialement prévu de cesser le service (de publication des indicateurs) pour des raisons budgétaires, mais face aux réactions
reçues par l'ESA, la décision a été prise de continuer le site ... ».

Dans cette même logique, la Réserve fédérale d'Atlanta fait oeuvre utile en diffusant gratuitement un
DVD intitulé « Se préparer à la crise : reconnecter son flux financier vital » (« Crisis Preparedness:
R econnecting the Financial Lifeline »), qui permet aux opérateurs de toute nature d'anticiper la crise,
et donc de mieux s'y préparer8. Dans la perspective de la phase d'effondrement de l'économie réelle
aux Etats-Unis, prévue pour Septembre 2008 par LEAP/E20209, ces conseils officiels prennent tout
leur sens. Notamment, comme nous le soulignons depuis des mois, en cas de crise grave, « le liquide
est roi » (« Cash becomes king » comme le répète ce DVD), et ce que la crise soit liée à un désastre
naturel ou provoqué par les hommes comme l'illustre parfaitement le fait que les assureurs américains
ont désormais perdus plus d'argent à cause de la crise des subprimes qu'à cause du cyclone Katrina,
pourtant le pire désastre naturel de l'histoire des Etats-Unis10.
Réserves propres des établissements de dépôts américains (1950 – 02/2008) / Source Réserve
fédérale de Saint Louis
Pour finir, des courbes comme celle ci-dessus illustrent de manière frappante combien la situation est
infiniment plus grave que ne peuvent même l'imaginer les dirigeants les plus intelligents (et ils sont
peu nombreux). Elle montre à quel point le système financier américain, et derrière lui celui d'une
grande partie de la planète, est atteint mortellement. Les banques US n'ont plus d'argent ; c'est aussi
simple et dramatique que cela. La contagion va maintenant entrer dans une seconde étape de son
développement et va donc bien générer une nouvelle série de faillites bancaires d'ici l'été, comme
anticipé dans le GEAB N°20, entraînant la rupture du système financier mondial dans la seconde
moitié de 2008.
8 Source : Banking Information, Federal Reserve Bank of Atlanta (pour commander le DVD auprès de la Fed d'Atlanta, voici le
lien direct ici)
9 Voir GEAB N°22
10 Source : Bloomberg, 14/03/2008

nacer-eddine06
21/03/2008, 13h45
2- Telescope
Les actions de la Fed sur les marchés
accélèrent la prochaine explosion des 500
trillions USD de produits financiers dérivés La récente offre de la Réserve Fédérale de prêter 200 Milliards USD aux banques américaines contre
pratiquement n'importe quel type de garanties (y compris celles dont la valeur réelle est désormais
inconnaissable) illustre combien les fondements mêmes du système financier américain, et donc
mondial, sont durablement affectés11. L'action de la Fed, qui a déjà échoué à arrêter l'effondrement
des marchés financiers et du Dollar US, a surtout permis d'éviter que plusieurs d'entre elles (Bear
Stearn12, CountryWide13, Thornburg14, Citigroup15, ...) ne fassent faillite16 avant la fin du mois de Mars
2008 du fait d'un risque systémique d'appel à garanties supplémentaires de plus de 300 Milliards
USD17. Selon LEAP/E2020, ce répit ne durera même pas le temps d'un trimestre car la détérioration du
système financier américain s'accélère comme l'illustre le programme de recrutement de la FDIC, en
charge de superviser le système bancaire américain et ses faillites18.
Ainsi, la mesure « historique »19 de la banque centrale américaine a eu pour effet pervers induit de
précipiter la chute des hedge funds. Comme anticipé dans le dernier numéro du GEAB, ceux qui
étaient il y a encore un an à peine les « rois » de la finance mondiale, les Carlyle ou KKR, sont en
effet aujourd'hui obligés de fermer leurs fonds ou plus simplement (comme Carlyle) de les laisser faire
faillite20.
11 Les deux tableaux ci-joints illustrent de manière éloquente l'ampleur historique de la crise bancaire américaine. Et pourtant,
ils n'intègrent pas les récentes décisions de la Fed qui a notamment accordé 200 Milliards USD supplémentaires de prêts aux
banques. En ce début Mars 2008, les courbes sortent des graphiques!
12 Bear Stearn vient en effet d'être renflouée pour 28 jours par la Fed de New-York et JP Morgan. Pour LEAP/E2020, ce délai va
être essentiellement utilisé pour organiser la faillite de la banque : son rachat ou sa nationalisation. Source : ,
MarketWatch/DowJones, 14/03/2008
13 CountryWide fait désormais l'objet de multiples plaintes en justice et est soumise à une enquête du FBI. Pour LEAP/E2020, le
rachat de CountryWide par Bank of America, qui devait être finalisé au troisième trimestre 2008 et qui a permis d'éviter la
faillite du premier prêteur immobilier privé américain fin 2007, n'aura pas lieu. Bank of America a toutes les raisons de se
demander désormais ce qu'elle achète vraiment en reprenant CountryWide. Source: Reuters/Yahoo, 10/03/2008
14 Thornburg, le second prêteur immobilier américain est déjà quasiment en cessation de paiement. Source : CalculatedRisk,
05/03/2008
15 Citigroup, la seconde banque américaine, continue à flirter avec le risque de faillite et dans les semaines à venir ce risque va
s'accroître du fait de la réticence croissante des investisseurs étrangers, fonds souverains en tête, de continuer à lui apporter du
capital. Source : MarketWatch/DowJones, 04/03/2008
16 C'est Ben Bernake, le patron de la Fed qui le dit lui-même. Plus précisément il a expliqué que « certaines petites banques
américaines pourraient faire faillite prochainement », ce qui traduit en language réel, signifie que « plusieurs banques, dont
certaines importantes, sont certainement sur le point de faire faillite ». Rien d'étonnant donc à constater que depuis sa
déclaration, il y a 15 jours, la Fed est ouvert pour près de 400 Milliards USD de lignes de crédit. Source : CNBC, 28/02/2008 .
17 A lire : Reuters/Yahoo, 08/03/2008
18 Source : GATA/WallStreetJournal, 26/02/2008
19 C'est en effet une mesure d'une ampleur inconnue depuis la Grande Dépression des années 1930. Source : The Telegraph,
14/03/2008
20 D'ailleurs, pour ces groupes, la fin de leurs hedge funds risque de n'être que le préambule à leur effondrement. Leur époque,
fondée sur les liquidités infinies et la frénésie de fusions/acquisitions, est terminée. Source : Financial Times, 07/03/2008

Chaque jour, un hedge fund, petit ou grand, ferme ses portes et licencie ses employés21. Ceux qu'on
appelle désormais les « Hedge without Funds » voient leur chute s'accélérer depuis que la Fed a offert
aux banques de prendre les hypothèques en tout genre en garantie de ses prêts. Les banques se sont
donc précipitées pour accroître leurs demandes de garantie aux hedge funds à qui elles ont prêté des
sommes énormes (32 fois son capital pour le fonds Carlyle qui vient de faire faillite à Amsterdam) afin
de porter ces mêmes garanties à la Fed en échange de liquidités.
Ainsi, Ben Bernanke, sans visiblement s'en rendre compte, enfonce-t-il encore plus profondément Wall
Street dans la crise, car non seulement ces faillites de hedge funds alimentent la panique boursière
mais elles contribuent in fine à détériorer encore plus le bilan des banques qui restent de toute façon
lourdement engagées dans ce secteur financier. Et en contribuant involontairement à retirer le tapis
bancaire sous les pieds des hedge funds, il déclenche l'explosion d'une nouvelle « bombe » de
produits dérivés d'un montant de plus de 500.000 Milliards USD22.
Emprûnts des établissements de dépôts américains auprès de la Réserve fédérale (1910 - 02/2008)
/ Source Réserve fédérale de Saint Louis
21 Lire à ce sujet le remarquable article de Roddy Boyd intitulé « Anatomie de l'effondrement d'un hedge fund », qui à partir de
l'exemple du hedge fund Tequesta, qui a récemment fait faillite, démonte les mécanismes à l'oeuvre et permet de prendre la
mesure du choc financier à venir. Source : Fortune/CNNMoney, 07/03/2008
22 Source : MarketWatch/DowJones, 10/03/2008

Vers une nationalisation d'une partie du
système bancaire des Etats-Unis
A sa décharge, notre équipe doit répéter son anticipation du mois de Juin 2007 : la Fed est désormais
impuissante23. Mais pour l'instant, les autorités financières américaines n'en ont pas encore déduit la
stratégie ad hoc de l' « impuissance » : paradoxalement, ne rien faire trop rapidement ou brutalement
car tout action intempestive se révèle insuffisante, mal ciblée ou génératrice d'effets pervers. La Fed
doit désormais comprendre que ce qu’il se passe est trop « gros » pour elle. Cela exige des actions
politiques de grande envergure, et non plus seulement des interventions monétaires ou financières24.
Si la Fed continue à agir comme elle le fait actuellement, sa prochaine « grande action » risque d'être
tout simplement la nationalisation d'une partie du système bancaire des Etats-Unis25 puisqu'elle a
entrepris de prendre à son compte les bilans dégradés d'un nombre croissant d'établissements
financiers du pays. On assiste, à un rythme moindre mais à une échelle beaucoup plus large, à une
opération de type Northern Rock26. On sait désormais comment cette dernière s'est terminée : par la
nationalisation de la banque britannique. Pour LEAP/E2020, cette option n'est plus improbable pour un
nombre croissant de banques américaines : la question est si l'économie US pourra supporter ce
surcoût immense dans l'état de faiblesse structurelle où elle se trouve.
Les cas de Fannie Mae (dont le PDG fait la tournée des investisseurs européens et asiatiques pour
essayer de renflouer l'entreprise27) et Freddie Mac, anticipé dès 2006 par LEAP/E2020, sont
dorénavant emblématiques puisque ces deux mastodontes du prêt immobilier aux Etats-Unis (60% du
marché à eux deux) frôlent la faillite. Le fait que leurs titres aient été largement utilisés pour financer
les produits dérivés et les placements étrangers en Dollars US28 les placent au coeur d'une double
crise interne et externe et imposera un coût terrible au contribuable US (et aux investisseurs étrangers
qui vont y perdre beaucoup d'argent dans tous les cas de figure). Le FMI a d'ailleurs averti les Etats
du monde entier qu'il allait probablement falloir utiliser l'argent du contribuable pour combler le trou
financier gigantesque généré par la crise actuelle29.
23 A lire : The Telegraph, 13/03/2008
24 Nous avons indiqué dans de précédentes analyses que viendrait le temps des politiques une fois que la nature de la crise
systémique globale serait reconnue. Cela faisait partie des recommandations que nous adressions à l'Euroland dès le début
2006 : si dans la zone Euro le temps approche d'une plus grande implication des dirigeants politiques, il est évident pour
LEAP/E2020 que ce moment est déjà arrivé aux Etats-Unis. La Fed ne peut être qu'un instrument pour maîtriser la crise ; elle ne
peut pas en être l'acteur central. Hélas, les classes dirigeantes américaines actuelles semblent penser le contraire.
25 Source : Financial Times, 11/03/2008
26 Source : MarketOracle, 18/02/2008
27 Source : Reuters, 10/03/2008
28 Depuis 2006, LEAP/E2020 a régulièrement recommandé aux opérateurs de cesser d'investir dans les titres Fannie Mae et
Freddie Mac du fait de leur faiblesse structurelle. Contrairement aux idées reçues, ces deux opérateurs ne sont pas des agences
publiques. Voir sur ce sujet les GEAB précédents notamment en 2007 et 2006.
29 Source : Financial Times, 14/03/2008

nacer-eddine06
21/03/2008, 13h47
Le top-5 des pays européens les plus exposés
aux retombées de la crise financière
américaine Les banques américaines ne sont en effet pas les seules à s'orienter vers des nationalisations totales
ou partielles pour éviter de tomber en faillite. La situation des banques dans plusieurs pays européens
devient en effet très fragile, même si globalement l'économie de la zone Euro continue à résister30 aux
conséquences de la récession américaine31. Le Royaume-Uni continue bien sûr à être le pays
européen le plus exposé à l'ensemble des conséquences de la crise systémique globale, y compris
bancaires32. Les banques britanniques viennent ainsi d'être obligées d'effacer près de 9 Milliards
d'Euros (un montant record) de leurs bilans du fait des difficultés de paiement des ménages
endettés33. Et l'immobilier, qui à l'image des Etats-Unis, a servi à financer la croissance économique
de ces dernières années est désormais en chute34 tandis que, à Londres, la crise financière mondiale
affecte durement le coeur même de la richesse du pays35.
Exposition des banques au secteur immobilier dans 6 pays (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne,
Etats-Unis, Australie et Japon)
30 A lire, notamment sur l'effet limité de la hausse de l'Euro par rapport au Dollar, sur les exportations de la zone Euro, et sur la
crainte des exportateurs d'une accélération de l'inflation en cas de baisse des taux européens : International Herald Tribune,
14/03/2008
31 Comme le souligne notre équipe depuis des mois, ce « découplage » se confirme et illustre qu'il est bien une des
caractéristiques de la crise puisque l'existence de l'Euro, comme les intérêts économiques désormais divergents de l'Euroland et
des Etats-Unis, constitue des facteurs qui, du point de vue de Washington, aggravent la situation américaine. Par exemple, sans
l'Euro, la crise du Dollar ne prendrait pas l'ampleur historique qu'elle atteint désormais car l'absence de devise alternative au
Dollar limiterait la baisse de la devise américaine. De la même manière, le maintien des taux d'intérêt à leur niveau actuel par la
BCE, tout à fait justifié actuellement selon nos chercheurs, apparaît comme un handicap à la Fed qui aurait souhaité que toutes
les grandes banques centrales suivent ses baisses de taux.
32 D'ailleurs, Mervyn King, le patron de la Banque d'Angleterre, vient d'annoncer à ses concitoyens qu'ils devaient se préparer à
une baisse de leur niveau de vie. Source : The Telegraph, 26/02/2008
33 Source : The Telegraph, 01/03/2008
34 Source : La Tribune, 11/03/2008
35 Source : Financial Times, 08/03/2008

Et dans la zone Euro, la liste des pays les plus exposés est simple à élaborer. En dehors de l'Espagne
(touchée par sa propre crise immobilière et que LEAP/E2020 avait dès la fin 2006 identifiée comme un
pays à risque), elle peut être établie à partir de la liste des pays détenteurs des plus importantes
réserves d'actifs américains ou libellés en Dollars US. Pour notre équipe, un outil simple et efficace
d'évaluation de ce risque est fourni par le Département du Trésor américain via sa liste des détenteurs
de bons du Trésor US36. On constate ainsi que les plus gros détenteurs de ces bons US dans
l'Euroland en Décembre 2007 sont :
Luxembourg 69,7 Milliards USD
Allemagne 41,7 Milliards USD
Irlande 18,7 Milliards USD
Pays-Bas 15,2 Milliards USD
Italie 14,6 Milliards USD
Belgique 13,2 Milliards USD
France 11,3 Milliards USD
En rapportant ces montants à la taille de l'économie du pays, il apparaît clairement que le
Luxembourg, l'Irlande, la Belgique et les Pays-Bas présentent le plus grand risque de subir une
contagion directe avec un impact puissant de la crise issue des Etats-Unis. Comme ce sont souvent
ces mêmes pays dont les opérateurs financiers ont massivement investi à Wall Street ou dans
l'économie américaine ces dernières années, l'addition va être sévère dans les prochains mois.
36 Source : US Department of Treasury / Federal Reserve Board, 29/02/2008

Fonds de pension : Les trois chocs de la fin
2008 Ces dernières décennies, les fonds de pension, nés aux Etats-Unis, et destinés à présenter une
alternative par capitalisation au modèle européen de retraite par répartition, se sont largement
répandus. En Europe, les deux systèmes de retraite co-existent désormais (le système par
capitalisation dominant parfois le système par répartition) dans de nombreux pays comme le
Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Espagne et les nouveaux Etats membres de l'UE.
Si les problèmes de financement du système de retraite par répartition sont bien connus (notamment
du fait du vieillissement de la population occidentale), la crise systémique globale va, selon
LEAP/E2020, provoquer la déroute du système basé sur les fonds de pension. En effet, ce système
suppose une hausse continue et régulière des principales catégories d'actifs dans lesquels les sommes
énormes gérées par les fonds de pension sont investies. Or la crise actuelle remet en cause
simultanément ces deux contraintes de fonctionnement du système de retraite par capitalisation
puisque :
. d'une part, la plupart des classes d'actifs (actions, obligations, immobilier, Dollar, ...) sont en train de
voir leurs valeurs s'effondrer par rapport aux montants atteints ces dernières années37 ;
. et, d'autre part, cette baisse est durable (pour au moins plusieurs années, voire plus d’une décennie
pour le pays au coeur de ce système, à savoir les Etats-Unis).
Enfin, et c'est un troisième coup fatal porté aux fonds de pension, après avoir pu pendant plus de
deux décennies capitaliser sur les contributions des nombreuses générations d'actifs « babyboomers
», ces derniers prennent désormais leur retraite réduisant significativement le nombre de
contributeurs tout en accroissant substantiellement la demande de déboursement de la part des fonds
de pension.
Pour notre équipe, ce scénario ressemble à une sorte de piège infernal » dans lequel vont se trouver
enfermés en même temps les fonds de pension eux-mêmes, les retraités qui ont cotisé pendant des
décennies à ces fonds et tout une partie du système financier et économique mondial qui dépend de
ces fonds de pension (dont nombre d'entreprises qui les comptent comme actionnaires).
Répartition des revenus des fonds de pension publics américains / Source NASRA 2007
37 Aux Etats-Unis, un organisme de surveillance des fonds de pension vient d'alerter ces mêmes fonds qu'ils sont assis sur une
bombe à retardement du fait de la crise des subprimes. Source : ExtraRealty, 05/03/2008

nacer-eddine06
21/03/2008, 13h50
Ainsi, au Royaume-Uni, du fait de l'effondrement boursier, le déficit des fonds de pension s'est
fortement accru à 97,5 Milliards £ en Février 2008 (contre 80,8 Milliards £ un mois plus tôt) tandis que
le nombre de fonds en excédent diminue rapidement38.
Les chutes successives des places financières mondiales érodent le capital des fonds de pension au
Royaume-Uni39 et ailleurs. Par exemple, aux Etats-Unis, 64% des revenus des fonds de pension en
charge des retraites des employés du secteur public national et local proviennent de placements
financiers variés (le reste est issu des contributions patronales et salariales)40. L'impact de la crise
financière actuelle sera donc majeur sur l'avenir des retraites des employés du secteur public
américain. Quand on sait que 20% des fonds de pension européens et américains et 40% des fonds
japonais sont investis dans des hedge funds41, on est certain que cet impact sera très négatif (il suffit
de voir l'hécatombe actuelle des hedge funds pour imaginer les pertes nettes que subissent
actuellement tous ces fonds de pension).
38 Source : PensionRiskMatters, 12/03/2008
39 Source : Thisismoney, 23/01/2008
40 Source : Rapport « State and Local Government Retiree Benefits », Government Accountability Office, 09/2007 , Acheson
Files.
41 Source : « Pension Funds Investment in Hedge Funds », OECD, 09/2007

Cinq pays occidentaux vont être les plus
affectés par l'effondrement du système de
retraites par capitalisation Avec les hedge funds, encore ne s'agit-il que des investissements les plus « risqués » ! Les fonds de
pension, quant à eux, ne s'attendaient pas du tout à voir les bourses et les valeurs immobilières
chuter comme elles le font à travers la planète depuis plusieurs mois. Ces classes d'actifs sont en train
de perdre de 30% à 70% de leur valeur entre 2007 et 2009. Or, il n'y a aucune alternative aux
marchés financiers envisageable pour des montants aussi importants. A titre d'exemple, les 300 fonds
de pension les plus importants ont dépassé la valeur cumulée de 10.000 Milliards USD en Septembre
200742. S'il est certain que les hausses de prix des matières premières, de l'énergie, de l'or, ... sont
alimentées par ces fonds de pension à la recherche désespérée d'actifs rentables, il n'en reste pas
moins que, collectivement, c’est une recherche vaine. La réalité est simple : ces fonds perdent
beaucoup d'argent (1.500 Milliards USD de perte dès Janvier 200843) et ils vont en perdre encore plus
dans les mois et années à venir. Nous estimons, que malgré les mesures de protection que les fonds
de pension prennent actuellement en sortant des placements les plus exposés, ils vont collectivement
perdre au moins 3.000 Milliards USD supplémentaires en 2008 et que leurs rendements vont
désormais tomber à 5% (hors inflation) dans le meilleur des cas.
Parallèlement, ce sont des dizaines de millions de nouveaux retraités « baby-boomers » qui
commencent à solliciter la trésorerie de ces mêmes fonds. Selon notre équipe, il est probable que d'ici
la fin 2008, cette crise constituera la nouvelle forme dominante de la crise financière globale actuelle.
Cela va également entraîner une crise sociale affectant les retraités, en particulier aux Etats-Unis
(45% du total des actifs mondiaux des fonds de pension à la fin 2006), au Japon (18%) et dans
plusieurs pays européens fortement dépendants du système de retraite par capitalisation, à savoir le
Royaume-Uni (7%), la Suède (1%), le Danemark (1%) et surtout, dans la zone Euro, les Pays-Bas
(6% du total des actifs mondiaux des fonds de pension). Le Canada sera également affecté puisqu'il
représente 5% des actifs mondiaux des fonds de pension44. Le reste du monde ne représente que
11% de l'ensemble et les retraités y seront donc peu affectés.
On constate donc d’après cette liste que les retraités des Etats-Unis, du Japon, du Royaume-Uni, des
Pays-Bas et du Canada qui comptaient sur les revenus réguliers de leur retraite par capitalisation vont
se trouver devant une situation difficile. A la fin de l'année 2008, au rythme du développement de la
crise systémique globale dans la sphère économique et financière, LEAP/E2020 estime qu'une moitié
des fonds de pension sera confrontée à des risques d'insolvabilité face non seulement à une baisse
drastique de leurs revenus, mais également à une fonte de la valeur de leur capital. Les régulateurs
des différents pays concernés devraient très rapidement se saisir de ce dossier car il va être
dramatique pour des millions de retraités américains, japonais, néerlandais et canadiens.
42 Source : Pension&Investments, 03/09/2007
43 Source : Reuters, 30/01/2008
44 Répartition des parts des actifs mondiaux des fonds de pension fournie par Watson&Wyatt.

Cinq recommandations stratégiques et
opérationnelles pour sauver sa retraite face à
la déroute des fonds de pension D'ici la fin de l'année 2008, il est encore temps de « sauver les meubles », mais à condition d'agir vite.
Première recommandation : Renseignez vous très vite sur la structure des investissements de
votre fonds de pension. Il est important de savoir s'il est fortement investi dans les produits financiers
dérivés, les hedge funds, les actions, les obligations, l'immobilier, ...
Si plus de 50% est investi dans les produits financiers dérivés ou les hedge funds, essayez d'en sortir
au plus vite (nous parlons ici de jours) pour redevenir liquide et investir de vous-même dans d'autres
classes d'actifs (voir notamment les précédentes recommandations de LEAP/E2020 à ce sujet) car
chaque semaine, et pour une longue période, ces actifs voient leur valeur s'effondrer un peu plus.
S'il est essentiellement en actions, analysez plus en détail le portefeuille, mais sortez-en également
très vite s’il s’agit de valeurs financières américaines ou dépendantes du marché américain.
S'il est essentiellement dans des valeurs libellées en Dollars US ou en Livres Sterling, même
recommandation : dégagez-vous rapidement !
Deuxième recommandation : Protégez-vous contre l'inflation tout en limitant les risques au strict
miminum, surtout tant que la crise systémique globale n'est pas entrée dans une phase de
stabilisation. Privilégiez les obligations d'état (sauf Etats-Unis et Royaume-Uni) indexées sur l'inflation.
Ne cherchez pas la grande rentabilité, visez les placements d'épargnants frileux. Toujours le même
conseil que nous donnons depuis un an, ne cherchez pas à gagner, contentez vous de ne pas perdre.
Au pire restez totalement liquide sur votre compte en banque pour les mois à venir.
Troisième recommandation : Si vous n'êtes pas propriétaire de votre habitation principale,
investissez dans l'immobilier pour en acheter une. Attention ! Il ne s’agot pas ici de spéculer mais d’y
habiter.
Quatrième recommandation : Méfiez vous de l'or et de l'argent. Il y a actuellement une très forte
spéculation autour de ces deux métaux précieux et les banques centrales du monde entier ont déjà
montré par le passé qu'elles pouvaient brutalement faire plonger leurs cours en se mettant à en
vendre de grandes quantités. Quand aux gouvernements, ils ont déjà à plusieurs reprises, en cas de
crises très graves, réquisitionné ces métaux ou rendu illégale leur possession privée afin de défendre
la valeur de la monnaie papier45. Donc, si les lingots vous rassurent, suivez régulièrement l'évolution
des cours pour ne pas vous faire prendre par surprise en cas de retournement brutal toujours
possible.
Cinquième recommandation : Diversifiez ! Ne mettez pas toutes vos économies dans le même
plan de pension, dans la même banque, dans le même type de placement, dans la même monnaie…
Sans vous perdre dans une multitude d'opérations, mettez vos oeufs dans au moins trois paniers :
liquide, devises fortes, immobilier personnel ou autres placements (métaux précieux, rares, valeurs
boursières agro-alimentaires).
45 L'un de ces épisodes est encore dans la mémoire de nombreux Américains. Il s'agit de la décision par F. D. Roosevelt de
réquisitionner l'or dans tout le pays, par l'Executive Order N°6102, le 5 Avril 1933, quelques mois après son arrivée au pouvoir,
au coeur de la Grande Dépression. La possession d'or était limitée à 100 US $ par personne et toute infraction punie de 10,000
USD d'amende et de dix ans de prison. Il est utile de lire ce texte détaillé de Patrick Chkoreff qui illustre la mise en oeuvre de
cette décision destinée à préparer l'avènement dès Janvier 1934 d'un nouveau Dollar, toujours indexé sur l'or, mais fortement
dévalué de 41%. Le ton du texte est aussi révélateur car, 64 ans plus tard, un grand nombre d'Américains n'ont toujours pas
oublié qu'ils se sont fait déposséder par l'Etat d'une partie de leurs économies, même si c'était pour sauver le pays d'une crise
sans fin. Dernier point intéressant sur cet épisode : les réactions internationales de l'époque, telles qu'on peut les lire dans cet
article de Time Magazine du 29/01/1934 intitulé « Roosevelt Money ». L'histoire ne se répète pas, mais elle a tendance parfois
à faire des variations sur des thèmes déjà connus !

emyou
21/03/2008, 13h51
Le sensationnel, c est ce qui se vent le plus. Tous les journalistes sont devenus des experts financier. Au fait, ils ne se rendent pas compte qu ìls sont a la solde des speculateurs qui ont vendu des millions d actions au debut des l ete dernier pour les racheter a bas prix a un moment donnè. Sinon, l economie va bien, le taux de chomage n est pas haut et l economie americaine ne represente plus ce qu elle etait avant avec la presence de la Chine et de l inde entre autres.
Les perdants sont ceux qui vendent leurs parts dans les fonds et les actions actuellement. Malheureusement, ce sont les petits investisseurs qui n ont pas de conseillers financiers.

nacer-eddine06
21/03/2008, 13h53
3- Focus
Attaque sur l'Iran à l'été 2008 :
l'effondrement du Dollar augmente la
probabilité à 70%
En Janvier 2006, dans le GEAB N°1, les chercheurs de LEAP/E2020 développaient une analyse
fondamentale qui reliait directement la puissance des Etats-Unis avec la valeur du Dollar, intitulée
« USA 2006 - 2010 : la « Chute du ‘Mur' Dollar » ou la fin de l'autre superpuissance née en 1945 » .
LEAP/E2020 estime aujourd'hui que la chute du « Mur Dollar » se déroule à une vitesse plus rapide
encore qu’anticipé alors46.
Or cet effondrement de la devise américaine par rapport aux autres devises majeures et vis-à-vis du
pétrole et de l'or en particulier, est porteur d'un risque accru d'attaque des installations nucléaires
iraniennes d'ici l'été 2008, par Israël et les Etats-Unis. Ainsi, pour LEAP/E2020 la probabilité d'une telle
attaque d'ici l'élection américaine de Novembre 2008 est actuellement évaluée à 70%, comme notre
équipe l'explique dans ce numéro 23 du GEAB.
Les 5 commandements intégrés américains / Source Defesa@net
46 Alors même qu'à l'époque, en Janvier 2006, l'immense majorité des experts jugeait totalement improbables les évolutions du
cours de la devise américaine vers 1,30 en 2006, puis 1,50 en 2007 et 1,70 en 2008 comme le prévoyait LEAP/E2020.

Selon notre équipe, le bombardement par Israël et les Etats-Unis des installations nucléaires
iraniennes n'est plus un composant potentiel de la crise systémique globale, il est devenu au fil de ces
deux dernières années l'un des éléments structurants de cette crise au niveau stratégique.
Si la crise systémique globale en cours est bien, comme le suppose LEAP/E2020, un phénomène de
transition entre deux états stables de l'organisation planétaire, alors le conflit entre les trois acteurs
étatiques47 que sont l'Iran, Israël et les Etats-Unis est devenu presque inévitable du point de vue d'au
moins deux des trois acteurs, à savoir Israël et les Etats-Unis. En effet, pour ces deux acteurs,
l'émergence d'un Iran nucléaire constitue une remise en cause de tout l'équilibre géostratégique de
l'Asie centrale au Golfe persique (et au-delà au niveau mondial) dont ils sont, en particulier depuis la
chute de l'URSS, les principaux bénéficiaires ; et dans le cas d'Israël, elle constituerait une
modification perçue comme radicalement dangereuse pour sa survie.
On pourrait dire, pour plagier Jean Giraudoux, que l'enchaînement implacable des évènements rend
toujours plus improbable l'affirmation que « le bombardement de l'Iran n'aura pas lieu »48 à laquelle
une majorité des opinions publiques veut pourtant croire.
47 Quand nous parlons d'acteurs étatiques, nous considérons uniquement les élites politiques, économiques et culturelles qui
contrôlent les leviers de pouvoir des Etats concernés. En effet, en matière de conflit militaire, surtout envisagé via des options
« légères » comme des frappes aériennes, les opinions publiques n'ont une influence éventuelle qu'a posteriori.
48 Il s'agit ici d'une référence à la pièce de théâtre prémonitoire de Jean Giraudoux intitulée « L a guerre de Troie n'aura pas
li eu » , qui fut jouée à Paris en 1935 à la veille de la Seconde Guerre Mondiale et qui décrit les tentatives vaines de la plupart
des « dirigeants » grecs et troyens d'éviter une guerre in fine inévitable. Ce qui intéresse l'équipe LEAP/E2020 dans cette
oeuvre c'est la description des mécanismes collectifs qui, à un certain moment, échappe au contrôle des dirigeants. La crise
systémique globale en fournit ainsi actuellement un autre exemple dans la sphère économique et financière avec l'impuissance
croissante de la Réserve fédérale américaine, quoiqu'elle fasse, à empêcher que l'économie américaine ne tombe dans une
grande dépression économique et sociale. En ce qui concerne l'Iran, il faut souligner qu'un facteur aggravant tient au fait que le
pouvoir à Washington est dominé par une faction qui souhaite le conflit.

Le « Mur Dollar » s'effondre, sapant les trois fondements de la puissance des Etats-Unis
L'effondrement actuel du Dollar US est ainsi l'élément clé de la confrontation avec Téhéran. L'envolée
des prix du pétrole libellés en Dollar US, tout comme la fuite hors du Dollar US vers l'or ou les devises
comme l'Euro ou le Yen, illustrent l'effondrement du « Mur Dollar » qui a assuré pendant des
décennies aux Etats-Unis trois atouts stratégiques essentiels:
. un accès sans restriction à une énergie bon marché,
. un contrôle des réserves monétaires des pays clés de la planète
. et donc un financement illimité de sa dette et notamment de ses dépenses militaires.
Ce que nous voyons se dérouler sous nos yeux en ce mois de Mars 2008 et qu'anticipe, étape par
étape, LEAP/E2020 chaque mois depuis deux ans, c'est tout simplement la disparition simultanée de
ces trois atouts stratégiques. Cette transformation radicale de la maîtrise économique et financière
des Etats-Unis sur le reste du monde se reflète évidemment à l'intérieur du pays. C'est la « Très
Grande Dépression US » décrite par LEAP/E2020 depuis la fin 2006 qui se traduit par une récession
économique majeure doublée d'une crise sociale de première ampleur (chômage, saisies immobilières
par millions, faillites bancaires et industrielles, ...).
Le pouvoir actuel à Washington sait donc désormais qu'il est confronté à une situation pire que celle
de la Grande Dépression de 1929, car s'y ajoute la perte de son influence économique et financière
internationale dont est devenue dépendante la prospérité entière du pays. Les solutions pacifiques à
une telle crise existent bien entendu, mais la plupart, pour être efficace, auraient dû être initiées il y a
au moins 10 ou 20 ans car elles sont d'ordre structurel (éducation, dépendance énergétique,
protection sociale, base industrielle, amélioration des infrastructures, ... ). Sur le court terme, à part la
reconnaissance de l'inévitabilité d'une baisse de 50% du niveau de vie de la classe moyenne
américaine et la mise en oeuvre de mesures de reconstruction des fondements économiques et
sociaux du pays dont l'impact se fera sentir dans dix ans au mieux, peu de choses sont possibles. Les
instruments non militaires pour régler le problème s'avèrent inefficaces l'un après l'autre : la Fed sait
désormais que ses baisses de taux d'intérêt comme ses gigantesques prêts aux banques n'ont aucun
effet, voire même qu'ils aggravent la situation49 ; l'administration américaine ne se fait déjà plus
d'illusion sur l'impact du stimulus fiscal adopté il y a quelques semaines seulement ; et le « rêve » de
voir les déséquilibres commerciaux se résorber grâce à la dévaluation du Dollar US a fait long feu50.
49 De facto, la Réserve fédérale américaine apparaît désormais impuissante, coincée entre la récession économique, l'inflation et
l'effondrement du Dollar. A lire : CNNMoney, 13/08/2008
50 Avec un déficit commercial qui continue à flirter avec les 60 Milliards USD chaque mois, malgré une dévaluation de près de
30% du Dollar US en deux ans, il n'y a plus grand chose à espérer en la matière.

nacer-eddine06
21/03/2008, 13h59
Cinq crises majeures se développement simultanément aux Etats-Unis sans solution
stratégique disponible
Les élites dirigeantes américaines sont donc confrontées à un situation stratégique et tactique
dramatique :
. effondrement économique
. effondrement financier
. effondrement monétaire
. crise sociale
. guerres de plus en plus coûteuses et « non terminées » en Irak et en Afghanistan.
Et il est évident qu'en plein milieu d'une année électorale, ces élites, au-delà même des divisions entre
Démocrates et Républicains, vont tenter de trouver une solution tactique rapide51 (avant l'élection de
Novembre 2008) à cette spirale infernale dans laquelle le pays s'enfonce.
L'équation tactique des prochains mois devient donc extrêmement simple pour Washington : l'Iran,
objectif de longue date du tandem Bush-Cheney et de ses alliés, devient LA « solution/diversion »
évidente à la situation dramatique actuelle ; car, de facto, la seule à portée de la main, ou plus
exactement « à portée de missile ». N'oublions pas que règne à Washington une équipe dirigeante qui
a trouvé tactiquement utile d'attaquer l'Irak de Saddam Hussein pour « régler » le problème de la
menace intégriste d'Al Qaïda et Ben Laden !
Bien entendu, et c'est là où la situation des Etats-Unis atteint une dimension tragique, un grand
nombre d'Américains, y compris au sein des élites du pays, savent pertinemment que cette
« solution/diversion » tactique est une faute stratégique d'une ampleur historique52. Et comme
beaucoup d'Américains, on peut d'ailleurs se demander si la démission surprise il y a quelques jours
de l'amiral Fallon, patron du Central Command53, et opposant déclaré à une attaque de l'Iran, n'est
pas à la fois l'indice d'un refus d'être complice de cette fuite stratégique et de l'inéluctabilité de
l'évènement.
51 Puisque les solutions stratégiques sont trop longues à mettre en oeuvre.
52 La différence fondamentale entre le drame et la tragédie, c'est que dans la tragédie, les acteurs (ou une partie d'entre eux)
sont conscients que les évènements leur échappent et les entraînent inexorablement vers leur destin ; alors que dans le drame,
les acteurs pensent pouvoir influencer les évènements de manière décisive.
53 Le Central Command est l'un des cinq commandements militaires intégrés régionaux des Etats-Unis au niveau mondial. Il
dirige les opérations militaires US sur une zone qui va de la Corne de l'Afrique à l'Asie centrale (autant dire les endroits les plus
« explosifs » de la planète actuellement) comprenant notamment l'Irak, l'Iran et l'Afghanistan (voir la carte ci-jointe).

Les neufs raisons tactiques qui poussent Washington à attaquer l'Iran avant les élections
de Novembre 2008 Car la tentation tactique est grande pour les dirigeants américains actuels. Les neuf bénéfices
immédiats d'une attaque aérienne des installations nucléaires iraniennes leur paraissent indéniables :
1. Réaffirmation martiale de la primauté des Etats-Unis
2. Soutien décisif à Israël
3. Rappel à tous les Etats de la région que l'enlisement irakien et afghan n'a pas affaibli le
potentiel d'action de Washington
4. Renforcement de la solidarité atlantique, via l'implication directe des alliés européens
(surtout le Royaume-Uni et la France de Nicolas Sarkozy54) dans une confrontation avec l'Iran
5. Réapparition aux Etats-Unis d'un sentiment unitaire de « nation en guerre » profitable au
candidat républicain John McCain, vétéran du Vietnam et chouchou du Pentagone55 ; tout en
évitant à ce dernier, favorable à une action militaire contre l'Iran56, de devoir assumer une
telle opération au début de son mandat s'il est élu
6. Chaos généralisé affectant simultanément l'ensemble des économies développées (Asie et
Europe en tête), rendant donc relatif l'affaiblissement de l'économie américaine en récession
7. Eloignement des risques de voir un éventuel futur président démocrate réduire les
dépenses militaires et, au contraire, accroissement probable de ces mêmes dépenses
8. Complément « stratégique » des opérations militaires en cours en Afghanistan et en Irak,
puisque l'Iran est le « maillon dangereux » entre ces deux pays et que Washington l'accuse
régulièrement d'entretenir le potentiel militaire de ses adversaires dans ces deux Etats
9. Opération a priori sans grand risque en pertes humaines puisque conduite à distance
(bombardements et tirs de missiles).
L'implication d'Israël comme possible « pilote » de toute l'opération permet en plus de faire passer
toute l'attaque comme un « soutien » à Israël, une option fédératrice aux Etats-Unis. Enfin, les
occasions d' « incidents » permettant de légitimer une telle action ne manquent pas. Le dernier en
date était cette étrange57 histoire de vedettes iraniennes s'opposant aux vaisseaux de la VI° flotte
américaine croisant dans le Golfe persique.
Enfin, même en ce qui concerne le prix du pétrole, les dirigeants à Washington peuvent imaginer
qu'une telle attaque ne provoquerait in fine qu'une flambée peu durable des cours (vers les 200
USD/baril) car le succès de l'opération ramènerait rapidement le calme dans la région et sur les
marchés internationaux.
54 Nicolas Sarkozy a affirmé à plusieurs reprises qu'il n'accepterait pas un « Iran nucléaire » et il a entrepris de calquer
systématiquement sa position sur celle de G.W. Bush, inversant ainsi les options prises par les dirigeants français précédents. Il
est fort probable que, sauf grave problème politique interne en France, Nicolas Sarkozy soutiendra une attaque aérienne des
installations nucléaires iraniennes. Voir à ce sujet le site de l'UMP, le parti du Président français.
55 Il est un enfant du sérail militaire américain. Outre ses états de service militaire et ses années d'emprisonnement à Hanoï lors
de la guerre du Vietnam, il est en effet fils et petit-fils d'amiral. Source : Wikipedia
56 A lire sur le site RealClearPolitics les cinq questions difficiles que poseront a priori les électeurs américains à John McCain
dans la phase finale de sa campagne ... sauf si G.W. Bush a préalablement lancé l'attaque sur l'Iran.
57 Etrange car très rapidement l'US Navy a dû reconnaître que les images diffusées à l'origine, « prouvant » l'incident, n'étaient
peut-être pas si fidèles que cela à la réalité des faits puisque les menaces proférées pouvaient avoir une autre origine que les
vedettes incriminées. Source : ABC News, 10/01/2008

Les conséquences tragiques pour les Etats-Unis de cette réaction tactique à un problème
stratégique
Bien entendu, les chercheurs de LEAP/E2020 ne partagent pas du tout les analyses précédentes qui
nous paraissent être du « wishful thinking » du même acabit que lorsque l'invasion de l'Irak était
présentée comme une guerre de libération rapidement menée sous les acclamations enthousiastes
des Irakiens et suivie du développement (tout aussi enthousiaste) de la démocratie dans l'ensemble
du Moyen-Orient.
Notre équipe est ainsi convaincue qu'une attaque sur l'Iran aura des conséquences catastrophiques au
Moyen-Orient et en Occident :
. loin d'une solidarité atlantique accrue, elle accélèrera fortement le délitement en cours de
l'OTAN58
. redonnera à la Russie une place centrale59
. tout en poussant la Chine et le Japon, et l'ensemble des pays pétroliers, à se dégager au
plus vite de l'emprise financière de Washington (le Dollar US, lâché brutalement par ces pays
clés, passera en quelques jours à des taux de l'ordre de 1 EUR = 2 USD, 1 USD = 70 YEN et 1
USD = 5 YUAN)
. les prix du pétrole restant autour de 200 USD/baril
Parallèlement, sous la pression de l'Iran, l'OPEP mettra en oeuvre une triple politique de rétorsion
contre Washington :
. un embargo pétrolier de la part des pays les plus durs (Iran et Venezuela en particulier60)
. la sortie du peg Dollar de la part des pays du Golfe
. et le début de la vente du pétrole OPEP en Euros.
Et notre équipe n'évoque pas ici la probable recrudescence d'attentats à travers tout l'Occident, sans
parler des conséquences imprévisibles sur le Pakistan, déjà en état de guerre civile larvée.
Il y aura donc bien un chaos mondial mais loin d'en être les bénéficiaires, les Etats-Unis verront leur
situation extérieure et intérieure se dégrader encore plus rapidement. Quant à Israël, cette opération
militaire précipitera le pays en direction du « scénario N°1 : La fin de l’état d’Israël / Vers de simples
communautés juives dans un Moyen-Orient musulman », le pire scénario envisageable pour les
Israéliens, présenté dans le GEAB N°8, en Septembre 2006.
58 En France, une telle action provoquera probablement la chute du président Sarkozy déjà très impopulaire.
59 Appuyé sur ses réserves énergétiques et sa stabilité interne retrouvée, Moscou n'attend que ce type d'occasion pour
retrouver un rôle important sur la scène internationale en particulier en Europe et au Moyen-Orient. Une telle crise lui
permettra, conjointement avec Pékin, de chasser les Etats-Unis d'Asie Centrale.
60 A ce sujet, notre équipe estime que le conflit militaire récemment évité entre d'une part la Colombie (seul allié de Washington
désormais en Amérique du Sud) et d'autre part le Venezuela et l'Equateur est un indicateur fiable du risque de conflit autour du
pétrole vénézuelien en cas d'attaque de l'Iran et de réponse brutale du régime d'Hugo Chavez (à savoir un embargo pétrolier
sur les Etats-Unis dont le Venezuela est l'un des premiers fournisseurs de brut).

nacer-eddine06
21/03/2008, 14h01
Un intense ballet diplomatique est orchestré depuis quelques semaines par Washington et
Israël
. première tournée de G.W. Bush au Moyen-Orient (01/2008)
. visite d'Ehud Olmert à Berlin pour évoquer la sécurité d'Israël et l'Iran (02/2008)61
. visite de Shimon Peres à Paris (03/2008)62
. visite conjointe de Condoleeza Rice et Robert Gates à Moscou (03/2008)63
. visite de Dick Cheney au Moyen-Orient (03/2008)64.
Il est bien entendu possible de croire la version officielle, à savoir que cette chorégraphie diplomatique
est essentiellement destinée à maintenir en vie le processus d'Annapolis. Mais pour LEAP/E2020, cette
version se heurte à deux obstacles, l'un de fond et l'autre de forme :
. sur le fond, le processus d'Annapolis était déjà mort avant même d'être né et personne en
Israël ou en Palestine ne lui prête la moindre chance d'aboutir65
. et sur la forme, ce serait bien la première fois que le vice-président Dick Cheney serait utilisé
pour une « mission de paix », son passé et sa réputation l'ont plutôt toujours placé du côté de
la guerre.
C'est donc bien l'Iran qui est au coeur de l'intense activité diplomatique en cours !
Et comme nous l'avons déjà souligné précédemment, dans le cas d'une opération militaire prenant la
forme d'une attaque aérienne, les opinions publiques seront mises devant le fait accompli car il n'y a
pas, dans ce cas précis, de signes avant-coureurs d'opérations militaires. Tout au plus pourrait-on
ranger dans cette catégorie le déploiement d'éléments vitaux du Groupe d'Intervention Rapide Nassau
(Nassau Expeditionnary Strike Group) de l'US Navy au large du Liban66 ; ou bien la surprenante série
d'incidents qui ont affecté les câbles sous-marins par lesquels transite l'Internet au Moyen-Orient,
bloquant ou ralentissant fortement les connections de tous les pays de la zone, sauf Israël, le Liban et
l'Irak67. D'ailleurs, l'Union Internationale des Télécommunications (UIT) n'exclut pas a priori la
possibilité d'un acte de sabotage des câbles sous-marins concernés68.
L'ironie de l'Histoire sera in fine qu'en utilisant des solutions tactiques pour résoudre un problème
stratégique, les élites au pouvoir à Washington entraîneront leur pays dans une crise interne et
externe encore plus profonde et durable que s'ils n'avaient rien faits.
61 Source : Jerusalem Post, 10/02/2008
62 Source : La Tribune, 09/03/2008
63 Source : Washington Post, 12/03/2008
64 Source : Newsmax, 10/03/2008
65 Outre les anticipations de notre équipe à ce sujet dès l'Automne 2007, la recrudescence des heurts (attentats, tirs de
roquette, opérations punitives) entre Israël et le Hamas illustre à quel point le processus d'Annapolis est déconnecté de toute
réalité. Sources : Haaretz, 18/11/2007 - Arabnews, 05/12/2007
66 Source : RIA Novosti, 12/03/2008
67 Source : CNN, 31/01/2008
68 Source : Arabian Business, 19/02/2008

4- Le GlobalEurometre 69
GlobalEurometre de Mars 2008 - RESULTATS
GlobalEurometre 03-2008 Oui Non Ne sait
pas
1. Pensez-vous que l’UE sera capable d’élaborer et d’adopter une
réforme de ses institutions avant les prochaines élections
européennes (en juin 2009) ?
9% 80% 11%
2. Pensez-vous qu’une forme de gouvernance économique de
l’Euroland devrait être instaurée ? 92% 4% 4%
3. Croyez-vous qu’un Sommet de l’Euroland sera organisé avant la fin
2008 ? 55% 35% 10%
4. Trouvez-vous que le gouvernement de votre pays reflète les
attentes de votre peuple en matière de construction européenne ? 21% 76% 3%
5. Le gouvernement de votre pays reflète-t-il vos propres attentes en
matière de construction européenne ? 12% 80% 8%
6. Pensez-vous que l’UE devient plus démocratique avec le nouveau
Traité européen en cours de ratification ? 20% 76% 4%
7. Pensez-vous que le dollar va continuer à baisser par rapport à
toutes les grandes devises ? 92% 3% 5%
8. Estimez-vous que l’inflation augmente dans votre pays ? 90% 4% 6%
9. Craignez-vous de perdre votre emploi dans les prochains mois à
cause de la crise globale ? 6% 92% 2%
10. Craignez-vous de perdre de l’argent dans les prochains mois à
cause de la crise globale ? 56% 35% 9%
11. Si votre retraite dépend de fonds de pension, craignez-vous de
perdre une partie de vos économies de retraite ? 44% 13% 43%
12. Pensez-vous que la zone Euro est en mesure d’absorber les
tendances économiques et financières divergentes actuelles entre
certains de ses états membres ?
51% 18% 31%
13. Pensez-vous que les Etats-Unis seront plus affectés que la zone
Euro par l’actuelle crise globale ? 83% 8% 9%
14. Pensez-vous que les troupes européennes doivent rester
stationnées en Afghanistan sans limite dans le temps ? 6% 91% 3%
15. Pensez-vous que G. W. Bush quittera le pouvoir en 2008 sans
avoir fait bombarder les installations nucléaires iraniennes ? 64% 17% 19%
69
Chaque mois, l’équipe de GEAB consulte pour vous 200 leaders d’opinion européens

GlobalEuromètre de Mars 2008 - ANALYSE
Gouvernance UE : La crédibilité de la relance institutionnelle de l'UE continue à baisser/
La gouvernance économique de la zone Euro devient de plus en plus populaire /
Persistance du fort décalage entre attentes des peuples et actions des leaders /
Toujours plus d'Européens pour estimer que l'UE ne devient pas plus démocratique avec
le nouveau traité européen / Quasi unanimité pour estimer que l'inflation est de retour
dans l'UE / Stabilité des craintes de perte de d'emploi (très faible) ou d'argent
(importante) à cause de la crise systémique globale / Forte inquiétude de pertes sur les
fonds de pension / Majorité pour penser que la zone Euro pourra absorber les tendances
divergentes économiques et financières actuelles entre Etats membres
La crédibilité d'une relance institutionnelle de l'UE continue à baisser avec désormais 80% des sondés qui
pensent que l'UE ne parviendra pas à faire adopter le nouveau traité européen d'ici Juin 2009. La demande
d'une gouvernance économique de la zone Euro dépasse ce mois-ci les 90% (92%) tout en marquant un reflux
de la probabilité de la tenue d'un sommet de l'Euroland d'ici la fin 2008. Cette évolution inverse entre attentes
des citoyens et incapacité des dirigeants à y répondre contribue à maintenir le mécontentement vis-à-vis des
dirigeants de l'UE à un très haut niveau, autour de 80%. Et la ratification, « à la sauvette », hors de l'arène
démocratique, du nouveau traité semble renforcer cette situation puisqu'ils sont désormais 76% à estimer que
l'UE ne devient pas plus démocratique avec ce nouveau texte. Le divorce entre l'UE et son opinion publique
n'est donc pas prêt d'être réglé.
En revanche, ils sont une large majorité (51% contre 18%) à penser que l'Euroland pourra absorber les
tendances économiques et financières divergentes qui affectent plusieurs pays de la zone Euro, signe que les
Européens font actuellement plus confiance à la Banque Centrale Européenne qu'aux autorités politiques de
l'UE. C'est important car les craintes des Européens en la matière se confirment. Ainsi le retour de l'inflation est
désormais annoncé par 90% des sondés qui estiment qu'elle se développe dans leur Etat-membre.
Parallèlement si la crainte de perdre son emploi à cause de la crise globale reste marginale (6%), les sondés
sont 56% à craindre de perdre de l'argent à cause de cette même crise. Ils sont même une très forte majorité
à craindre de perdre une partie de leur retraite quand cette dernière dépend de fonds de pension. La réalité de
cette crainte est beaucoup plus importante que les chiffres ne le laissent penser de prime abord, avec 44%
craignant cette perte contre 13% sans inquiétude. En effet, le taux très important de « sans opinion »
correspond en général à un public qui ne dépend pas de fonds de pension pour sa retraite. Pour mieux se
rendre compte de la forte inquiétude des Européens concernés par les fonds de pension, il s'agit donc de
rapprocher 44% et 13%, et de constater que plus des ¾ des sondés dont la retraite fonctionne sur
capitalisation sont inquiets.
Relations UE/Reste du monde : Maintien d'une quasi-unanimité sur la poursuite de la
chute du Dollar US / Maintien de l'opinion majoritaire que G.W. Bush ne bombardera
pas l'Iran avant de quitter le pouvoir / Maintien d'une très large majorité pour estimer
que les Etats-Unis seront plus affectés que la zone Euro par la crise globale / Quasiunanimité
à réclamer un calendrier pour l'engagement des troupes européennes en
Afghanistan
Avec 92% des sondés convaincus de la poursuite de la chute du Dollar US, l'opinion des Européens sur
l'évolution de la monnaie américaine reste quasi-unanime sur l'évolution en cours : la chute est durable.
Le renversement brutal d'opinion entamé il y a quatre mois concernant le fait que G. W. Bush ne fera pas
bombarder les installations nucléaires iraniennes avant de quitter le pouvoir, se confirme mais avec une
stabilisation à 64%.
Ils sont un peu moins nombreux que le mois précédent (83% contre 94%) à estimer que les Etats-Unis seront
plus fortement affectés que la zone Euro par la crise globale, signe que les inquiétudes liées à l'inflation et aux
chutes des bourses touchent aussi le moral des Européens.
Concernant l'intervention militaire de l'OTAN en Afghanistan, le verdict des Européens est sans appel : 91%
d'entre eux estiment nécessaire de fixer une date pour le retrait des troupes européennes de ce pays.

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