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Nadine Labaki: "Et maintenant, on va où ?"

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  • Nadine Labaki: "Et maintenant, on va où ?"

    Après "Caramel", Nadine Labaki tourne "Et maintenant, on va où ?"

    Nadine Labaki a beaucoup de chance, ou un talent qui relève de la parapsychologie. Pour la deuxième fois, elle tourne un film sans acteurs professionnels, et sur son plateau on ne devinera jamais que ce n’est pas le métier de ces comédiens talentueux. Le premier long métrage de Nadine Labaki s’appelait Caramel. Celui qu’elle tourne en ce moment a pour titre peu maniable (mais encore amendable) Et maintenant, on va où? Ce 8 décembre, elle est installée dans une belle maison de pierre de Douba, une petite ville perchée à mille mètres d’altitude, à une heure et demie de route au Nord de Beyrouth. Le plat de résistance de la journée met en scène deux mères meurtries et un garçon qui n’est pas tout à fait encore un jeune homme. Comme cette séquence est située presque à la fin du film, on ne peut la raconter. Il suffit de savoir que Et maintenant, on va où? est un film musical, une comédie burlesque et une tragédie, qui met aux prises les femmes et les hommes d’un village encore meurtri par la guerre civile.

    D’un côté le principe de vie féminin qui passe par dessus les divisions religieuses, de l’autre le désir de mort masculin. Ce jour-là, pris entre les deux, le personnage adolescent d’Hammoudi, incarné par Mustapha Sakka, étudiant en business, vigile dans une galerie marchande à Saïda, qui n’avait jamais joué la comédie avant de croiser les pas d’une des recruteuses de Nadine Labaki. La performance du jeune Mustapha est étonnante de consistance et d’intensité. Il joue vraiment la comédie, comme s’il en avait appris les techniques. Prise après prise (et Nadine Labaki aime apparemment avoir un matériau abondant), il varie légèrement sa performance (en arabe, mais au bout d’une demie-douzaine de fois, on en discerne chaque mot) avec une précision surprenante.

    L’équipe s’apprête à quitter Douma, qu’elle a a occupé pendant cinq semaines, recouvrant les rues goudronnées de poussière blanche, réinventant la destination des échoppes. On sait bien que sur un plateau de cinéma rien n’est vrai. Mais comment le deviner quand on découvre pour la première fois, un pays, une petite ville, un salon libanais désuet. J’espère qu’on trouve d’aussi beaux frontons d’armoire chez les vraies grand-mères de la région.

    Le Monde (blog)
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