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Massacre des Français en Haïti (1804)

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  • Massacre des Français en Haïti (1804)

    Les massacres de 1804 en Haïti sont l'assassinat de la quasi-totalité des citoyens français blancs restés en Haïti après l'échec de l'expédition de Saint-Domingue et l'indépendance d'Haïti, suivant la révolution haïtienne. Ordonnés par Jean-Jacques Dessalines, ils sont perpétrés sur toute l'étendue du territoire haïtien entre février et fin avril 1804. Il s'est traduit par 3 000 à 5 000 morts.


    Avec la défaite de la France et le rapatriement de l'armée française vers la métropole, la révolution haïtienne touche à sa fin, avec la déclaration de l'indépendance le 1er janvier 1804 par Jean-Jacques Dessalines. Toutefois, celui-ci, qui avait déjà massacré en novembre 1803 des prisonniers français trop malades pour quitter l'île avec le reste de l'armée, est bien décidé à éradiquer la présence française dans ce nouvel État[1].

    Le soir même, la question de l'élimination des Français restant à Haïti, évoquée dans la déclaration d'indépendance[2], est soulevée par Dessalines, bien que celui-ci leur ait promis une protection[3],[4]. Le massacre, plutôt que la déportation, est choisi[5]. Le but recherché est de régler le problème de populations de couleurs différentes dans un même pays[6], tout en supprimant une population qui pourrait être plus sensible aux intérêts de l'ancienne puissance coloniale plutôt que celle de la nouvelle république[7]. Dessalines craint notamment une nouvelle expédition française pour reprendre l'île[8]. S'ensuit une campagne de communication visant à opposer la population noire à la communauté française encore présente, campagne menée par Dessalines et Louis Boisrond Tonnerre, violemment francophobe[9], et dont la propagande est répétée durant les massacres, afin de les justifier[4].
    Déroulement des massacresModifierAprès sa nomination à la tête de l'État, Dessalines demande mi-février à certaines villes (Léogâne, Jacmel, Les Cayes) d'organiser des massacres au niveau local[10]. Le 22 février 1804, le nouveau gouverneur général prend un décret ordonnant le massacre des Blancs[11]. Des exclusions concernant certaines professions (médecins, prêtres, ou toute autre pouvant être utile à la population haïtienne), ainsi que les déserteurs polonais (issus de l'expédition de Leclerc[7]) et les fermiers allemands (ayant fondé une colonie dans le nord-ouest de l'île, avant la révolution[7]) sont prévues[Note 1]. Si les femmes et les enfants sont d'abord censés être épargnés, Dessalines décide finalement de les éliminer également[7].

    En février et mars, Dessalines parcourt les cités d'Haïti pour s'assurer que ses consignes étaient exécutées, de nombreux soldats rechignant à les appliquer[7]. D'après l'un des survivants des massacres, Dessalines oblige les mulâtres à prendre leur part au massacre[13], « afin qu'ils ne puissent prétendre après coup en être innocents, laissant cette responsabilité retomber sur les épaules des Noirs uniquement[Note 2] ». Les massacres commencent alors dans les rues et dans les environs des villes, intégralement à l'arme blanche, afin que la ville suivante ne soit pas alertée[4].

    À Jérémie, Dessalines insiste pour que tous ses soldats, notamment les mulâtres, appliquent ses consignes. Les femmes qui ne sont pas tuées subissent des viols, ou, menacées de mort, sont obligées à des mariages forcés. Ses hommes ayant découvert des proies que les habitants de la ville essayent de cacher, Dessalines propose à tous les rescapés une amnistie - ceux qui se montrent alors sont également éliminés. Le gouverneur quitte la ville en ayant pillé les richesses des victimes. Il ne reste plus grand chose des 450 habitants blancs de Jérémie ; quelques survivants peuvent s'échapper de l'île les mois suivants, aidés par des bateaux de commerce américains. De son côté, Dessalines continue sa campagne de Petit-Goâve à Léogâne[13].

    À Port-au-Prince, contrairement aux ordres du nouveau pouvoir, il n'y a d'abord eu que quelques meurtres, mais avec l'arrivée de Dessalines le 18 mars, l'escalade des tueries commence. D'après le témoignage d'un capitaine britannique, quelque 800 personnes sont tuées dans la cité et il n'y a qu'une cinquantaine de survivants[13].
    indigène (après octobre 1802). L'administration récupère donc la plupart des terres expropriées, mais est incapable de s'en occuper par elle-même, et les cède aux proches du pouvoir, eux-mêmes délégant la gestion agricole selon une chaîne hiérarchique qui place la paysannerie dans une situation de servage, ce qui provoque un vaste exode rural, freinant l'investissement des capitaux étrangers dans le seul secteur rentable de l'économie haïtienne[21]. Le massacre de l'élite sociale et économique de l'île aura très durablement appauvri l'économie haïtienne[22]
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