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Les projets d'Airbus pour remplacer l'A320

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  • Les projets d'Airbus pour remplacer l'A320

    La Tribune.fr - 02/09/2009 |

    Le modèle le plus vendu de la gamme Airbus pourrait être à terme remplacé par un avion mono-couloir et par un bi-couloir, plus large, demandé par certaines compagnies aériennes. Français et Allemands négocient ferme.

    LES VENTES D'AIRBUS DEVRAIENT RESTER STABLES EN 2009, DÉCLARE LOUIS GALLOIS

    Selon nos informations, Airbus réfléchit à donner non pas un mais deux successeurs à son best seller l’Airbus A320 de 150 sièges. Il s’agirait, confie un haut responsable d’Airbus, d’un appareil mono couloir (« single aisle » disent les spécialistes anglo-saxons) comme aujourd’hui mais aussi d’un bi-couloir (« double aisle »). Ce dernier répondrait aux demandes de certaines grandes compagnies aériennes ainsi que de low costs (ces transporteurs à bas prix et bas coûts), désireuses de pouvoir embarquer et débarquer les passagers plus rapidement pour mieux rentabiliser l’exploitation de l’avion.

    Cette hypothèse s’inscrit aussi dans le cadre des négociations entre Français et Allemands sur la répartition de la charge industrielle au sien du consortium. Les Allemands ont laissé aux Français une part majeure sur le nouveau programme A350 qui doit rivaliser avec le Boeing 787. Or, les problèmes de ce dernier profitent à son concurrent européen qui voit ses commandes décoller. A Toulouse où il doit être produit, on se frotte les mains. Et à Hambourg, on demande des compensations. Cet été, le Financial Times Deutschland écrivait que les Français avaient du coup accepté – notamment pour que l’A350 reçoive les aides publiques prévues, y compris de Berlin – que le successeur de l’A320 soit réalisé outre-Rhin. Mais en cas de double modèle, Toulouse, de plus en plus spécialisé dans les fuselages larges de la gamme, espère garder le modèle à deux couloirs, en misant sur le fait que c’est celuides deux qui aura le plus de succès. Interrogé sur l’inconvénient financier de lancer deux avions au lieu d’un, Jacques Delys, du cabinet spécialise ID Aero évoque une hypothèse : celle d’une remotorisation de l’A320 actuel d’une part et pour le modèle bi-couloir, d’une réutilisation de l’A350 avec une aile plus petite : « au total, cela ne serait pas plus cher que le coût d’un seul programme entièrement nouveau ».

    Officiellement, aucune date n’est donnée pour un éventuel successeur à la famille des Airbus A320, avec ses dérivés raccourcis (A318 et A319 de 105 et 125 sièges) ou allongé (A321 de 185 sièges). Pas question en effet de tuer la poule aux œufs d’or. Airbus vient de livrer son quatre millième modèle – un petit A319 à la compagnie aérienne brésilienne TAM - ce qui en fait le deuxième avion le plus construit au monde derrière le Boeing 737 et ses 6100 exemplaires. Mieux : avec plus de 6400 commandes depuis son 1er vol en 1984 et son lancement commercial en 1988, l’A320 est l’un des appareils qui a rencontré le plus grand succès de toute l’histoire de l’aéronautique civile. Le B737 affiche plus de 8200 commandes mais il a été lancé vingt ans plus tot. Pas question donc pour Airbus, la grande filiale du groupe européen d’aéronautique , d’espace et d’armement EADS, de casser la dynamique. Car les clients risqueraient en cas d’annonce d’un successeur de préférer attendre ce dernier plutôt que d’acheter le modèle actuel à moins d’un besoin urgent.

    Pour autant, Airbus comme Boeing – qui ne donne pas de date non plus - savent qu’il leur faudra tôt ou tard lancer un nouveau modèle ou au moins une version amplement modernisée. En vingt-cinq ans, les technologies ont évolué , les besoins des compagnies aériennes aussi. Pourtant, les deux avionneurs ont déjà beaucoup à faire. Airbus tente de stabiliser une fois pour toute la production industrielle de son très gros porteur A380, de viabiliser le programme cahotique d’avion militaire de transport A400M (à hélices) et prépare son futur A350 pour contrer le Boeing 787. C’est ce dernier quimobilise en ce moment les ressources de l’avionneur américain, qui a vu en ce programme très novateur les clés de son rebond face à Airbus mais connaît ces derniers mois des problèmes à répétition. Les mois de retard s’accumulent même si Boeing vient de donner un nouveau calendrier.

    Olivier Provost
    "Le mouton a peur du loup, mais c'est le berger qui le mangera" (proverbe roumain)
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