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Quand les Arabes font monter l'Audimat

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  • Quand les Arabes font monter l'Audimat

    C'est la dernière mode sur les écrans israéliens : inclure un Arabe dans le casting des reality-shows, à l'image de Ranin, l'apprentie actrice de "Big Brother". Sous-représentés dans les programmes traditionnels, les Palestiniens citoyens d'Israël disposent paradoxalement d'une place quasi réservée dans ces émissions importées des Etats-Unis.

    Mieux : deux d'entre eux en sont même sortis vainqueurs ! En 2003, Firas Houri, un chrétien de 21 ans, avait remporté les suffrages du public de "Project Y", un clone de "Big Brother". Et en 2006, Niral Karantinji, une jeune musulmane de Haïfa, avait conquis le jury de "Dugmaneot", un programme en forme de concours de beauté. Faut-il y voir le signe d'une meilleure coexistence ? Udi Leon, responsable de la promotion des minorités sur la Chaîne 2, est sceptique. "Il n'y a pas de bons sentiments. La présence d'un Arabe crée une tension qui attire le public. C'est du business."

    L'homme sait de quoi il parle. Depuis la création de la Chaîne 2 au début des années 1990, il bataille pour leur ouvrir les programmes contre la loi non écrite du milieu télévisé qui postule que "l'Arabe n'est pas bon pour l'audience". En 2007, malgré le scepticisme des producteurs, il recrute une jeune chrétienne, Miriam Tukan, sur le plateau de "Kokhav Nolad", l'équivalent de "Star Academy". "Miriam est arrivée jusqu'en demi-finale, raconte Udi Leon, en chantant un poème de Hayim Nahman Bialik", le Victor Hugo israélien.

    Le public arabe est moins enthousiaste. Même si beaucoup regardent ces programmes, certains se moquent des candidats qui cherchent à être plus juifs que les juifs. "Ce que les producteurs recherchent, c'est le bon Arabe, celui qui ne parle pas trop de politique", déplore Abir Kopty, une Arabe de Nazareth, disqualifiée du reality-show auquel elle avait participé en 2005, parce qu'elle avait refusé de se lever pour l'Hatikva, l'hymne national israélien.

    Dans "Big Brother", Ranin ne porte pas son identité en bandoulière. Le public a néanmoins choisi de la renvoyer de la villa début novembre. "Sur le site de l'émission, les commentaires à son propos étaient souvent racistes, dit Yaron Ten-Brink, chroniqueur à la télévision du quotidien Yediot Aharonot. Je crains que les reality-shows n'aident pas notre société à changer de regard sur les Arabes. Ou bien très lentement."

    Benjamin Barthe
    Le Monde
    L'Homme s'obstine à inventer l'Enfer dans un monde paradisiaque. Jacques Massacrier
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