Effectivement, le prolétariat était majoritaire en Algérie, ce qui explique le Parti communiste était la première formation. Dire que les gens n'étaient pas au courant est erroné car il suffit à l'épisode dit "des bastonades" suite à l'attentat du casino de la Corniche que les colons avaient venger par les meurtres d'au moins trois Algériens.
Mais c'est avant tout la présence majoritaire du PCF (dont faisait partie Camus) qui laisse perplexe dès lors que ces "âmes" internationalistes se devaient prendre fait et cause pour l'indépendance (comme Alleg, lui aussi communiste). Donc, ce qui prouve que l'on peut être communiste et raciste.
Il ne se sont pas laisser entraîner, en vérité, c’était pas leurs problèmes, c’est ce que l’on pourrait à la limite reprocher. Et, je parle pour les villes, au début en 54, mêmes les Musulmans à Alger, j’avais des voisins à Bab el Oued, ne se sentaient pas concernés, ils comprenaient pas trop. On ne savait pas ce qui se passait dans le bled et les conditions des Musulmans. Ensuite tout à dégénéré et il était trop tard.
Si vous le dites. Vous au moins, vous avez vécu les évènements.
Jadis
Effectivement, le prolétariat était majoritaire en Algérie, ce qui explique le Parti communiste était la première formation. Dire que les gens n'étaient pas au courant est erroné car il suffit à l'épisode dit "des bastonades" suite à l'attentat du casino de la Corniche que les colons avaient venger par les meurtres d'au moins trois Algériens.
Mais c'est avant tout la présence majoritaire du PCF (dont faisait partie Camus) qui laisse perplexe dès lors que ces "âmes" internationalistes se devaient prendre fait et cause pour l'indépendance (comme Alleg, lui aussi communiste). Donc, ce qui prouve que l'on peut être communiste et raciste.
Bab El Oued était en effet à environ 70% communiste avant 54 (80 000 habitants). Je n’ai jamais dit que les gens n’étaient pas au courant, il ne se sentaient pas concernés, c’est différent. Alors qu’ils l’étaient bien sur, même malgré eux.
Concernant l’attentat de la Corniche, où ils y avaient d’ailleurs pas mal de Musulmans ce jour là et c’est toute l’énormité de cette affaire. Il est possible qu’il y est eu des actions de revanches, certainement même.. Une personne qui rentre chez lui et apprend que sa fille, son fils a été tué dans un attentat, pour rien, qu’il soit Musulman ou Pieds-noir, il peut réagir mal. Surtout que Musulmans ou Pieds-noirs, en Algérie et c'est bien connu, nous avons le sang chaud.
Ensuite, par rage il va aller tuer pour se venger l'un de la communauté de ceux qui sont responsables, d’une façon aveugle, il tuera un innocent. Cet innocent aura lui aussi une famille, un père, une mère, un fils, qui voudra se venger également. Et voilà… ! on en sort plus. La violence engendre la violence, la haine engendre la haine.
Lorsque l’on comprend cela, on commence à comprendre ce qui s’est passé entre les deux communautés en Algérie. Et les Borgeauds et consorts, on en avait rien a faire, Pieds-noirs ou pas, nous n’étions pas du même monde
Mon histoire de cette période je ne la connais pas par livres, ou pas essentiellement, mais par ce que j’ai vu et vécu. Et croyez moi il y a une énorme différence. Comme je l’ai déjà dit sur ce forum « L’histoire est un mensonge que personne ne contexte » c’est de Napoléon et c’est une grande vérité.
Il n’y avait pas en ville, je ne sais pas pour le bled, de mauvaises relations entre Musulmans et Pieds-noirs, aucun passif, un ouvrier ne peut pas détester un autre ouvrier en l’accusant de colonialisme. Mon père est né au village Victor au dessus de BEO, son père, mon grand père, était maçon, ils vivaient chichement. Il m’a raconté, enfants, ils étaient 5 Pieds-noirs pour 50 Musulmans, ils se sont élevés ensemble, avec les joies et les peines que l’on peut avoir dans les familles. Adolescent ils sortaient ensemble, jeune homme également. Il m’a dit un jour, « on avait passé un accord, lorsque l’on aller danser, ils (les Musulmans) n’invitaient pas nos sœurs, on n’invitait pas les leurs. » C’était en définitive la seule différence en rapport à la religion. Les mariages mixtes, ni les uns, ni les autres n’étaient pour.
J’entends les colons, les colons… Il y avait combien de colons, dans le sens péjoratif, en Algérie ? Des types qui possédaient des centaines d’hectares de terre, 50, 100 ? pas plus croyez moi. Sur 1 millions de Pieds-noirs cela fait peu.
Aanis, tu parles d’erreurs historiques, mais il y en a eu plein et de part et d’autre. C’est comme ça… Il ne faut pas regarder cette histoire aujourd’hui, mais se replonger dans les conditions de l’époque. Il n’y avait pas les bons d’un coté et les mauvais de l’autre, il n’y a jamais dans la vie les bons d’un coté et les mauvais de l’autre. C’est toujours un peu plus compliqué.
Jadis : ces "âmes" internationalistes se devaient prendre fait et cause pour l'indépendance…. Donc, ce qui prouve que l'on peut être communiste et raciste.
Encore une fois ce n’est pas si simple, il faut laisser le temps au temps. Et le racisme n’a rien à voir la dedans, désolé.
L’indépendance de l’Algérie, comme je l’ai déjà dit, aujourd’hui, aucun Pieds-noirs ne diraient que l’Algérie pouvait rester Française, car le temps est passé, les passions également, nous avons pris du recul.
Cette indépendance il fallait la préparer, préparer les gens, tout a été trop vite, sans aucune réflexion, analyse des parties en présence. Ce n’est pas une critique, mais cela s’est passé comme ça, c’est tout. Je pense qu’avec le temps, tout aurait pu être différent, je pense que les Pieds-noirs auraient pu s’habituer à l’idée, j’en suis même sur. Mais il fallait surtout qu’il n’y ait pas de sang versé entre les deux communautés, ce ne fut pas le cas. A qui la faute, qui a commencé, quelle importance ? cela s’est passé et on ne peut pas refaire l’histoire, malheureusement.
Pourquoi je n’aime pas trop parler de cette affaire ?
Parce que dans un débat il y a toujours des avis contraires, autrement pas de débat. Et je ne sais pas si cela est possible aujourd’hui de regarder NOTRE histoire, les yeux dans les yeux.
Ce fil se nomme
Vérité de l'Histoire sans se raconter d'histoires!
C'est une idée généreuse, Mais, est-ce bien raisonnable…. ?
Amitiés à vous
Bonjour à tout le monde,
Merci BEO pour ton intéressante contribution.
Il va sans dire que je ne partage pas ton avis. L'histoire de la guerre d'Algérie a fait office de nombreux ouvrages de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'avoir vécu ce conflit afin d'en procéder à une synthèse apodictique.
Il est souvent omis des événements essentiels de par des fervents d'une Algérie française et cette tare amène à un résultat insatisfaisant.
C'est à Yalta que tout va se décider. A ce propos, il faut se souvenir qu'aucun représentant français n'avait été convié à cette conférence car l'Hexagone n'était pas sorti vainqueur du deuxième conflit mondial. Au demeurant, il y a lieu de constater que la France a perdu toutes ses guerres.
En outre, l'écrasement du soulèvement hongrois en 1956 vient aussi apporter son lot d'ingérence dans le soutien du camp de l'Est à l'Algérie.
Enfin, même si l'hypothèse d'une Algérie autonome mais rattachée à la France pouvait séduire quelques uns, pratiquement cette variante était irréalisable du fait que ni le Maroc ni la Tunisie-indépendants-n'auraient toléré cezze solution.
Jadis
Bonjour à tout le monde,
Merci BEO pour ton intéressante contribution.
Il va sans dire que je ne partage pas ton avis. L'histoire de la guerre d'Algérie a fait office de nombreux ouvrages de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'avoir vécu ce conflit afin d'en procéder à une synthèse apodictique.
Bonjour Jadis,
Tu ne partages pas mon avis, j’espère bien. Car d’une part je ne détiens pas la vérité, personne ne la détient, et si nous étions d’accord on ne serait pas là à en discuter. Quand aux livres, pardonne moi, mais je ne leur fait qu’une confiance relative, les livres sont rarement écrits, de par et d’autre, par des gens complètement neutres.
Il est souvent omis des événements essentiels de par des fervents d'une Algérie française et cette tare amène à un résultat insatisfaisant.
Personnellement je peux faire abstraction de tout idéal relatif à l’Algérie Française. Et la majorité des Pieds-noirs, aujourd’hui, également. J’ai l’impression, sans vouloir froisser personne, que nous, nous avons compris certaines choses, que l’on ne pouvait comprendre à l’époque. Cela nous a permit de prendre aujourd’hui le problème autrement, de comprendre ce qui s’est réellement passé, comment nous nous sommes fait roulés dans la farine, notamment par un Charles qui se voulait De Gaulle.
C'est à Yalta que tout va se décider. A ce propos, il faut se souvenir qu'aucun représentant français n'avait été convié à cette conférence car l'Hexagone n'était pas sorti vainqueur du deuxième conflit mondial. Au demeurant, il y a lieu de constater que la France a perdu toutes ses guerres.
Yalta Je ne sais pas.
La France a perdue toute ses guerres ? c'est un peu réducteur et 14/18 on en fait quoi ? Pour l'Algérie, on peut en parler, mais sans haine et sans passion et il faut être d’accord pour mettre le doigt là où cela fait mal. La France ,n’a pas perdu la guerre d’Algérie, militairement j’entends.
Et je ne dis pas cela pour la défendre ou par orgueil, j’en ai rien à faire en vérité, ce qui m’intéresse dans cette histoire c’est essentiellement ma communauté et comment nous en sommes arrivés là avec les Musulmans, c’est tout... Quoi que aujourd’hui les plaies entre nous se cicatrisent, tout doucement, mais il faudra encore un peu de temps…
En outre, l'écrasement du soulèvement hongrois en 1956 vient aussi apporter son lot d'ingérence dans le soutien du camp de l'Est à l'Algérie.
Je ne vois pas le rapport, mais bon…
Enfin, même si l'hypothèse d'une Algérie autonome mais rattachée à la France pouvait séduire quelques uns, pratiquement cette variante était irréalisable du fait que ni le Maroc ni la Tunisie-indépendants-n'auraient toléré cezze solution.
Je n’ai jamais dit cela. L’autonomie dans un premier temps en effet pouvait être une bonne solution, mais à courts terme, juste pour laisser le temps aux communautés de se préparer à l’indépendance. D’ailleurs sur le plan économique et politique, cela aurait été aussi préférable, on ne gère pas un pays du jour au lendemain, comme ça …. C’est le cas aujourd’hui pour la Nouvelle Calédonie, il y a quelques années un processus à été mis en place qui amènera l’indépendance sur 20 ans je crois.
Salut à tous.
Oui. la France a perdu toutes ses guerres. Faisant l'analyse du père de Ségolène Royal qui fut un haut gradé militaire de l'armée française, ce constat est proclamé par un historien de l'hexagone.
De toute façon, ce n'est pas le sujet de ce fil. Quel rapport avec ce qui nous interesse?
la France a perdu toutes ses guerres
non pas vrai ça, au temps de napoleon bonaparte c'était l'une des plus grandes puissance d'europe, elle a pas perdu la seconde guerre mondiale, tu veux peut-être dire qu'elle a perdu de nombreuses batailles, mais ça tous les pays l'on vécu, et on est pas à la fin des temps...
Tu te réfères à Waterloo,un certain 18 juin 1815? "Le pire qui avait été prévu...s'est pleinement réalisé" ainsi fut le contenu sibyllin du télégraphe d'un colonel à son état-major parisien pour lui annoncer la déroute!
non je ne me referre pas specialement à waterloo, on sait tous comment finirent les batailles napoleoniennes, mais je parlais de la seconde guerre mondiale, même si l'armée française a connue une deroute decourageante, mais je ne suis pas trop partisans de ses sempiternelles requisitoires guerriers, c'est comme si un colon te disait "on a gagné militairement en algerie", ça veut plus rien dire ses discussions aujourd'hui
Militairement, il est certain que la France aurait pu gagner le conflit en Algérie, ce qui n'aurait pas constitué un exploit d'une armée contre la gurérilla. Mais voilà, en lieu et place de s'attaquer à Nasser, lors de la crise de Suez en 1956, elle devait s'attaquer à l'URSS afin de couper l'approvisionnement en armes au FLN. Cette erreur stratégique sera le tournant décisif de la guerre d'Algérie.
à vrais dire jadis, les guerres ne m'interessent pas personnellement ;)
Moi non plus. Mais mal ma thèse d'insinuer que la France devait s'attaquer à l'URSS afin de rompre les livraisons d'armes au FLN! Cette thèse fait office d'heures de prises de bec avec des colons sur un autre forum. A leurs avis, la France n'était pas assez puissante afin de faire face à l'Union soviétique!!!
Jadis
Militairement, il est certain que la France aurait pu gagner le conflit en Algérie, ce qui n'aurait pas constitué un exploit d'une armée contre la gurérilla. Mais voilà, en lieu et place de s'attaquer à Nasser, lors de la crise de Suez en 1956, elle devait s'attaquer à l'URSS afin de couper l'approvisionnement en armes au FLN. Cette erreur stratégique sera le tournant décisif de la guerre d'Algérie.
Pardonne moi mon ami, mais la France avait gagné militairement. Et il n’y a pas de honte à cela. Que pouvait faire, comme tu le dis si bien, une guérilla, mal armée, mal entraînée, contre une armée moderne de 500 000 hommes ?
Il faut rester réaliste.
Mais comme le dit Tolkien, cela ne veut plus rien dire, si d’ailleurs cela a voulu dire quelque chose à une époque. Cette guerre n’était militaire que dans les apparences. C’est à Evian que tout ce jouait.
Allez, tant pis je me lache…
Ce que nous avons compris, aujourd'hui, nous les Pieds-noirs, c’est que la France à partir de 1958, ne voulait plus garder l’Algérie. Et De Gaulle avait déjà pris sa décision lorsqu’il a dit « je vous ais compris etc… » Il avait déjà décidé que l’Algérie serait indépendante. Alors pourquoi continuer la guerre ? pour le Sahara mon ami, essentiellement pour le Sahara et son sous-sol.
Donner l’indépendance oui, le Sahara non.
D’abord qui était De Gaulle, voici quelques citations qui situe le personnage.
A un député UNR, Léon Delbecque, également partisan de l’Algérie française:
« Et puis, Delbecque, vous nous voyez mélangés à des Musulmans? Ce sont des gens différents de nous. Vous nous voyez mariant nos filles avec des Arabes?» (La Tragédie du Général, op. cit.)
Au général Koenig: «Evidemment, lorsque la monarchie ou l’empire réunissait à la France l’Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté, le Roussillon, la Savoie, le pays de Gex ou le Comté de Nice, on restait entre Blancs, entre Européens, entre chrétiens … Si vous allez dans un douar, vous rencontrerez tout juste un ancien sergent de tirailleurs, parlant mal le français (…) Tous ces bicots se chamaillent. Ils aiment les fusils, ils aiment s’en servir. Ils ont la manie de la fantasia » (La Tragédie du Général, op. cit.).
« Au soir des accords d’Evian, en mars 1962 : Alors. Joxe, vous avez bientôt fini avec vos bicots? » (Cité dans Le Petit De Gaulle illustré, op.cit.)
« Des Français, ces gens-là! Avec leurs turbans et leurs djellabas!» (Cité par A. Peyrefitte. C’était De Gaulle. Ed Gallimard, 2000)
« Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont les Arabes, les Français sont les Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisons l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées!» (Cité par Benjamin Stora, Le Transfert d’une mémoire, Ed. La découverte, 1999).
Et j’en ai supprimé certaines qui étaient vraiment trop irrespectueuses.
Non la France, De Gaulle, ne voulait pas garder l’Algérie. La France ne voulait pas prendre le risque d’intégrer 10 millions de Musulmans, qui pouvaient représenter 50 ans plus tard un électorat trop important au sein de la République.
Mais il fallait arriver aux accords d’Evian en position de force pour négocier le Sahara, il fallait donc continuer la guerre pour la gagner, tout en sachant que l’indépendance serait accordée. Et tous ces morts pour rien. Le pire, c’est qu’en effet le Sahara fut négocié, la France obtenant donc ce qu’elle avait désirée, mais les accords ne furent pas respecté. Et je vais te surprendre peut-être, mais tant mieux, cela me satisfait.
Si on n’a pas compris cela, on a rien compris à mon humble avis. Et cette façon de voir les choses change toutes les données. C’est pourquoi nous les PN, aujourd’hui, nous avons pris du recul et si c’était à refaire, crois moi on agirait différemment. Mais comment pouvait-on savoir ?
Amitiés à tous.
"Pardonne moi mon ami, mais la France avait gagné militairement. Et il n’y a pas de honte à cela. Que pouvait faire, comme tu le dis si bien, une guérilla, mal armée, mal entraînée, contre une armée moderne de 500 000 hommes ?"
Comme déjà évoqué, ce sont 610 000 hommes du côtà français qui étaient opposé à 46 000 résistants algériens. Mais la France n'a pas gagné militairement la guerre d'Algérie, elle pouvait la gagner. Il faut souvenir que l'URSS était prête à entrer militairement dans le conflit algérien si la France ne lâchait pas le peuple algérien et ceci avec la bénédiction des USA.
L'extraordinaire instinct diplomatique du FLN avait porté le conflit devant l'ONU et c'est efectivement cette instance qui avait imposé unréférendum à la France à propos de l'affranchissement de l'Algérie.
Reste la question de savoir ce qui serait advenu de ce conflit si le peuple français avait refusé l'indépendance algérienne dont de Gaulle avait menti sur sa suite en cas d'acceptation.
Finalement, les jeux étaient faits ce d'autant que Ferhat Abbas s'était éloigné d'une simple autonomie par ces propos: "Si une force étrangère veut pérenniser sa présence sur un sol qui ne lui appartient pas, alors ici, il lui faudra tout détruire".
"Il fallait écouter les Algéreins en 1945"
Du courage, Albert Nallet en a revendre. Car il lui a bien fallu des tonnes de ce courage pour dire ses quatre vérités sur une atroce guerre qu’est celle que l’Algérie a subi la mort et l’amour dans l’âme. D’autres tonnes, pour venir ici chez nous, parler de son livre «On n’efface pas la vérité, Guerre d’Algérie, Grande Kabylie» à la veille du 1er novembre et dans un contexte bilatéral qui connaît depuis quelques temps ses moments de blues. Un livre dans lequel cet homme courage dénonce sans complaisance aucune les cruautés du colonialisme, la torture, les exactions sommaires, les corvées de bois, l’indemnisation par l’Etat français des criminels de l’OAS que De Gaulle pourtant a pourchassé comme de vulgaires terroristes. Bref, pour cet ancien combattant du contingent français, c’est une véritable thérapie qu’à été ce livre qu’il vient tout juste de rééditer.
Le Jour d’Algérie : Plus de deux mille livres sur la Guerre d’Algérie ont été écrits par d’anciens combattants de l’armée française… trop ou peu de livres ? Ont-ils tous dit la vérité, toute la vérité ?
Albert Nallet : Je pense qu’il n’y a jamais trop de livres. D’abord, le nombre de 2 000 qui a été récemment donné en France, est approximatif mais disons qu’il y en a eu beaucoup depuis une dizaine d’années quand les choses se sont décantées à propos de la Guerre d’Algérie. Tout d’abord en 1999, en réponse aux engagements de la gauche plurielle, à l’unanimité, l’Assemblée nationale (le Parlement français), décide enfin de substituer les termes «d’opérations de maintien de l’ordre» ou «d’opérations effectuées en Afrique du Nord» par ceux de «guerre d’Algérie». Puis en 2000, le témoignage dans Le Monde de Louisette Ighilahriz, ancienne combattante de l’ALN, nous révèle le nom de ceux qui l’ont torturée en 1957. A partir de là, entre autres, un certain nombre d’appelés de l’armée française, qui l’ont jugé nécessaire, ont rompu un silence qui a perduré durant trente ou quarante ans. Apparaît au grand jour toutes les affres de cette «vraie guerre» (embuscades, tortures, assassinats, destructions, souffrances des populations, vols, viols et tant d’autres horreurs…) Certains ont raconté leurs histoires personnelles qui ont toutes leur importance, d’autres, moins nombreux, reflètent leur nette opposition à la guerre faite au peuple algérien.
Ils ne sont pas très nombreux ?
Oui, ils n’ont pas été très nombreux puisque à l’époque les jeunes du contingent ne pouvaient manifester leur opposition à cette guerre. Il n’y a donc pas eu une levée en masse. Seulement, un début de contestation en 1956 avec des rappelés qui ont refusé de partir en Algérie. Dans ces livres-là, je pense que beaucoup de choses ont été dites. Nous sommes à la veille d’un enseignement en toute transparence de cette période.
Votre livre est de ceux-là ?
J’ai fais partie de ceux qui étaient les plus engagés contre cette guerre et pour reconnaître aux Algériens leur droit à l’indépendance. J’étais un simple soldat appelé du contingent en Kabylie où j’ai tenu un journal intime commencé à la suite d’une terrible embuscade que nous avaient tendu les combattants algériens du côté de Fort National (Larbaâ Nath Irathen) et qui s’est soldée par 5 morts et 7 camarades très grièvement blessés. Une fois rentré au pays, j’ai peu parlé de la guerre. J’ai gardé le silence comme beaucoup. Mais le journal est resté. De temps à autre, j’en parlais un peu, surtout des moments extrêmement durs que j’ai vécus.
Fallait-il un livre pour dire tout cela ?
La moitié du livre reprend l’intégralité des textes que j’ai écrits dans mon journal. L’autre partie raconte mon engagement concernant la guerre d’Algérie. En effet, au moment du déclenchement de la guerre, je faisais partie de l’Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF) qui s’est opposée à cette guerre. Nous étions un certain nombre de jeunes à manifester dès 1954 contre la guerre. J’avais dix sept ans à l’époque et j’étais très loin de penser que j’allais y prendre part. Quand les hostilités se sont déclenchées, je me disais que d’ici que j’y aille, d’ici que j’ai 20 ans, la guerre serait terminée. Vous savez, en France, on ne pensait pas qu’on était face à une guerre qui allait durer huit ans. On nourrissait beaucoup d’espoir car le mouvement de paix était alors très puissant. Il y avait des forces de la Gauche, dont le Parti communiste qui représentait 25% des voix et qui militait lui pour l’indépendance de l’Algérie. Puis il y a eu l’arrivée au pouvoir du Parti socialiste en janvier1956 dont toute la campagne électorale avait été basée sur cette idée de «guerre imbécile et sans issue» et de «vocation nationale» de l’Algérie.
Source: journal Jour d'Algérie, 6/11/2006
Il faut souvenir que l'URSS était prête à entrer militairement dans le conflit algérien si la France ne lâchait pas le peuple algérien et ceci avec la bénédiction des USA.
Vraiment, je ne sais pas d'où tu sors cette information. C'est la première fois que j'entends cela, et pardonne moi, mais je n'y crois pas.
L'URSS rentrer militairement dans la guerre d’Algérie, mais tu t'imagines les conséquences, en pleine guerre froide ?
Que les Américains soient favorables à l'indépendance, oui. Ils étaient persuadés de prendre la place de la France au Sahara. Pas qu’eux, les chinois et les russes également. Il faut bien comprendre que si le Sahara n'avait pas révélé ses richesses, tout aurait été différent. L'Algérie n'était pas un conflit politique mais économique.
Et encore une fois la France, pour les raisons déjà citées, ne voulait pas garder l'Algérie. Le Sahara, oui.
Pourquoi parlait-on de « l’impasse Algérienne » ?
C’est tout simplement parce que l’on ne pouvait considéré un territoire comme partie intégrante de la nation (département) tout en refusant à 90% de sa population la nationalité Française. Cela tombe sous le sens et les évenements parlent par eux-mêmes dans cette histoire.
Regarde La Réunion, département Français à 12 000 km de l’hexagone, les Réunionnais sont Français, mais ils sont 400 000 environ. Ils ne représentent pas un poids électoral suffisamment important pour causer un danger. Idem pour les Antilles ou la Guyane. Ils avaient aussi dans ces départements des colons qui exploitaient la main d'oeuve locale. Avec le temsp tout est rentré dans l'ordre.
Il y avait deux solutions. Ou la France donnait la nationalité Française à tous les Musulmans et l’Algérie pouvait du fait rester Française, si les Musulmans avaient été d’accord, bien sur. Mais, cela il n’en était pas question. Donc il ne restait plus que l’indépendance. C’est aussi simple que cela. Le problème restant le Sahara.
On ne peut pas réfuter cette évidence. Elle est logique et j’ai envie de dire mathématique, par rapport à l’importance des populations concernées.
Amitiés .
Bien sûr BEO. Il n'est pas dans ma nature de divaguer...et je tenterai l'impossible afin de te démontrai l'information.
D'ici là, songe à Bandung.
Oui Bandung dont l'Algérie deviendra le fer de lance!
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En 1955, les damnés de la terre réinventent le monde
Bandung ou la fin de l’ère coloniale
Pour en savoir plus:
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/04/LACOUTURE/12062?var_recherche=bandung
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