Bonjour à toutes et tous,
Le récit historique est changeant. Il s'articule, dit William McNeill, autour de ce que «les groupes savent et croient au sujet de leur passé et trouvent nécessaire de préserver comme fondement de leur existence sociale, en d'autres termes leurs vérités. Ces perceptions fluctuent sous l'effet de l'environnement national et international, donnant lieu à de nouvelles interprétations, voire de nouvelles vérités.
Ainsi, en Algérie des faits inadmissibles sont apprivoisés et admis. Des héros granitiques sont ré-humanisés afin que la société puisse se les réapproprier dans sa contemporanéité. Le récit historique absorbe de nouveaux mots et concepts, un vocabulaire au goût du jour, son style même s'adapte aux besoins.
En absence d'une analyse savante et intellectuellement ambitieuse qui
introduirait dans le récit national des notions de sociologie, d'anthropologie et de politologie qui n'en faisaient pas expressément partie et qui en métamorphosent la perception. C'est toute la pertinence culturelle d'une synthèse qui s'en trouverait transformée, passant de l'affirmation à l'interrogation, de l'éprouvé à l'expérimental, et cela dans un langage actualisé propre aux disciplines utilisées et non aux extrapolations souvent spé***ées auxquelles nous sommes contraints de nous adonner pour connaître la vérité.
A votre avis?
n'est ce pas ce que l'on apelle: les mythes fondateurs?
C'est possible et à chacun son avis à ce sujet.
La conception des choses et le mode de vie inspirés par l’histoire souvent revue et corrigée évoluent avec les changements de tout ordre et la modernité.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’histoire évolue en fonction des historiens et des hommes politiques.
Le problème se pose par contre pour les croyances religieuses. Certains y voient des motifs ou des opportunités de réflexion pour leur adaptation à des besoins conjoncturels ou bien pour tenir compte des réalités nouvelles incontestables, voire irrésistibles.
Mais dans ce cadre, et de tous temps, la remise en cause des concepts religieux a posé d’énormes problèmes et continue de nos jours à susciter les réactions les plus vives.
ttp://www.libererbenchicou.com/images/BoutefilkaUneImpostureAlgerienne_MohamedBenchicou. pdf
Thirga.ounevdhou
13/01/2007, 14h44
L'histoire ne change pas, c'est la vue qui evolue et encore?
Bonjour à tout le monde,
Cette nuit sur un autre forum, j'ai guerroyé jusqu'au petit jour avec un colon et c'est affligeant de constater combien l'analyse de l'histoire difère selon le camp auquel on appartient.
En effet, outre que mon "advesaire" prétendait que la France avait fait hérité l'Algérie d'importantes infrastructures, il soutenait en outre que l'Hexagone avait offert la nationalité française aux autochtones mais ceux-ci avaient décliné l'offre.
Enfin, toujous selon l'avis de cet ancien colon, la majorité des Algériens étaient contre l'indépendance et avaient été assassinés par le FLN pour leur position.
Entendu, malgré des heures de dispute, nous n'avons pas réussi à raprocher nos positions respectives.
Aussi où se situe la vérité de l'histoire?
Thirga.ounevdhou
15/01/2007, 09h20
Aussi où se situe la vérité de l'histoire? L’objectivité et le respect de l’histoire elle-même. La rapporter telle qu'elle etait d'abord, avant toute analyse..
Jadis
Bonjour à tout le monde,
Cette nuit sur un autre forum, j'ai guerroyé jusqu'au petit jour avec un colon et c'est affligeant de constater combien l'analyse de l'histoire difère selon le camp auquel on appartient.
En effet, outre que mon "advesaire" prétendait que la France avait fait hérité l'Algérie d'importantes infrastructures, il soutenait en outre que l'Hexagone avait offert la nationalité française aux autochtones mais ceux-ci avaient décliné l'offre.
Enfin, toujous selon l'avis de cet ancien colon, la majorité des Algériens étaient contre l'indépendance et avaient été assassinés par le FLN pour leur position.
Entendu, malgré des heures de dispute, nous n'avons pas réussi à raprocher nos positions respectives.
Aussi où se situe la vérité de l'histoire?
Bonjour jadis,
Je suis Pieds-noirs, je ne me sens pas concerné par l’appellation de colon dans son aspect péjoratif, c'est-à-dire possédant des terres et exploitant une main d’oeuvre bon marché.
Non, la France n’a jamais offert la nationalité Française aux autochtones. C’est d’ailleurs la source du problème. L’Algérie était considéré comme département Français (3 en vérité) donc territoire national. Le paradoxe c’est que la majorité de la population, les Musulmans (le mot Algérien n’existant pas à l’époque), n’étaient pas considérés comme Français. Comment peut-on dire qu’un pays est de telle nationalité si la majorité de ce pays (90%) n’est pas reconnue par cette nationalité ?
D’ailleurs Les premières revendications, sauf erreur de ma part (parlant sous le contrôle de gens sur ce forum mieux informés), ont été faites par Messali Hadj, ensuite par Ferrat Tabas (pas sur de l’orthographe) bien avant 1954. Ils demandaient tout simplement que les Musulmans d’Algérie soit considérés comme des Français à part entière, ce qui était un minimum. Il me semble de mémoire que sur leurs pièces d’identités il était noté « Musulman » Alors qu’il n’était pas noté Chrétien ou Juif pour les autres. Messali Hadj avait demandé que cette annotation soit suprimée, ce qui ne fut jamais fait. On pouvait donc considéré cela comme une véritable discrimination du gouvernement Français.
Il faut bien comprendre que tout aurait été différent. 10 millions de Français en Algérie à l’époque, 9 millions de Musulmans, 1 million d’Européen. Lors des différentes élections locales, que ce soit pour l’assemblée Algérienne ou les collectivités locales, il y aurait eu une véritable représentation de l’électorat, et l’histoire aurait été sûrement différente.
Ils n’étaient donc pas Français, et la question que l’on peut se poser et, « Mais alors ils étaient quoi ? » et la réponse tombe sous le sens.
Pas Français, mais Français pour aller faire la guerre en Europe. Les politiques de tout pays ne s’embarrassent pas avec ces questions et ces situations absurdes. Seule l’intérêt compte, c’est comme ça.
PS : Après réflexion, lorsque je dis « Non, la France n’a jamais offert la nationalité Française aux autochtones» il y a une petite erreur, jamais officiellement. De Gaulle a en effet déclaré en mai 1958, après le célèbre « je vous ais compris… » , « il n’y a en Algérie qu’une seule qualité d’individus, des Français… » Mais ce n’était que paroles, il était maître en la matière. Et de toute façon bien trop tard, la mal était fait par le sang versé de part et d’autre.
Bravo pour ta probité intellectuelle. Effectivement, lors de la colonisation des autochtones n'avaient aucun statut. De même qu'il exact que Feharat Abbas-député francais-revendiquait la nationalité française pour les Algériens. Quant à Messali Hadj, je crois savoir, qu'à la fin, il s'était rallié à l'objectif de l'autodétermination algérienne. On raconte aussi qu'il (Messali Hadj) est le créateur d l'actuel drapeau algérien.Vrai ou faux?
Bravo pour ta probité intellectuelle. Effectivement, lors de la colonisation des autochtones n'avaient aucun statut. De même qu'il exact que Feharat Abbas-député francais-revendiquait la nationalité française pour les Algériens. Quant à Messali Hadj, je crois savoir, qu'à la fin, il s'était rallié à l'objectif de l'autodétermination algérienne. On raconte aussi qu'il (Messali Hadj) est le créateur d l'actuel drapeau algérien.Vrai ou faux?
Je ne sais plus exactement la position de Messali Hadj par la suite, il n’était plus tout jeune. Il me semble tout de même, sans en être certain, que Fehrat Abbas n’était pas trop pour l’indépendance, restant campé sur sa position que les Musulmans devaient devenir Français et être intégré à l’identité nationale. Mais je n’en suis pas sur.
Pour le drapeau, je ne sais pas ???
Effectivement Fehat Abbas était pour une autonomie algérienne et non autodétermination totale. D'où la scission qui s'est opérée au sein de sa formation politique (M.P.L.D.?), suivie par la création du FLN.
Je vois que tu es bien informé
http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=48460
http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=46056
http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=46010
http://guy.perville.********/spip/article.php3?id_article=36
Le parti de Messali était le MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) et celui de Abbas était l'UDMA (Union démocratique du Maniferste Algérien). Les positions de Ferhat Abbas et de Messali ont varié au cours du temps. Dans les années 20, Ferhat Abbas était pour l'intégration des musulmans, Messali était un communiste qui défendait les travailleurs algérien émmigrés. 30 ans et quelques désillusions plus tard, Abbas a fini par se rendre compte que la seule solution était l'indépendance. Quant à Messali, il est devenu tres tot indépendantiste, en 1933, il l'était déja.
@ Beo:
J'ai toujours considéré les pieds noirs comme des algériens. Cependant, leur plus grande erreur historique est de s'etre laissé entrainer par les riches propriétaires terriens dans une opposition radicale à toute réforme, aussi timide soit-elle, du statut des musulmans d'Algérie.
Rie à redire....ta prose est parfaite et respecte l'histoire écrite dans des livres crédibles.
http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=39718&idc=9&refresh=1
Aanis
@ Beo:
J'ai toujours considéré les pieds noirs comme des algériens. Cependant, leur plus grande erreur historique est de s'etre laissé entrainer par les riches propriétaires terriens dans une opposition radicale à toute réforme, aussi timide soit-elle, du statut des musulmans d'Algérie.
Non même pas, en vérité comme je le dis ailleurs sur FA, 80 % avaient un niveau de vie inférieur au Français moyen de Métropole. Beaucoup, au contraire de ce que l’on pourrait penser, étaient de petits-gens, ouvriers, petits commerçants, fonctionnaires. Le niveau intellectuel était très bas, beaucoup commençaient à travailler très jeune, 13-14 ans.
Il ne se sont pas laisser entraîner, en vérité, c’était pas leurs problèmes, c’est ce que l’on pourrait à la limite reprocher. Et, je parle pour les villes, au début en 54, mêmes les Musulmans à Alger, j’avais des voisins à Bab el Oued, ne se sentaient pas concernés, ils comprenaient pas trop. On ne savait pas ce qui se passait dans le bled et les conditions des Musulmans. Ensuite tout à dégénéré et il était trop tard.
Pour le reste, c’est compliqué et je préfère oublier tout cela.
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