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Le roi du Maroc ne lâche aucun de ses pouvoirs

dimanche 19 juin 2011, par Rédaction

Le roi Mohamed VI du Maroc maintient l’essentiel des pouvoirs au royaume et demeure notamment le commandeur des croyants.

Le roi du Maroc ne lâche aucun de ses pouvoirs. Les agences de presse occidentales ont donné le « la » en annonçant que le roi du Maroc réduisait ses pouvoirs comme s’il s’agissait d’orienter la lecture dans le « bon sens ». En réalité, il élargit les prérogatives de son Premier ministre tout en conservant les moyens de le brider. Le Mouvement du 20 février est déçu. Il ne s’est pas fait une opinion en lisant la presse française mais en analysant, par lui-même, le discours royal. Et, contrairement à l’annonce du roi Mohamed VI du Maroc reprise en chœur par les médias français, le Maroc n’est pas près de devenir une monarchie parlementaire où le Roi règne sans gouverner. C’est bien ce que le Mouvement de jeunes du 20 février a compris en appelant à manifester aujourd’hui contre le projet de révision constitutionnelle. Le Mouvement, qui lutte pour une « constitution véritablement démocratique et une monarchie parlementaire », a prévu de manifester à Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech et Fès.

L’analyse critique du Mouvement des jeunes est fondée. Il y a eu des petits progrès. Il faut noter, en premier lieu, l’avancée qui fait de la langue amazighe, une langue officielle du pays avec l’arabe. En terme de pouvoirs, les évolutions, minimes et d’un verrouillage aisé, portent sur les prérogatives du Premier ministre. Désormais, il sera désigné, par le Roi, au sein du parti arrivé en tête des élections législatives. Le Premier ministre pourra tenir un Conseil de gouvernement pour discuter de la politique générale du pays, ce qui ne se faisait qu’en Conseil des ministres sous la présidence du Roi. Le Premier ministre aura désormais pouvoir de dissoudre le Parlement, possibilité réservée jusque-là au roi du Maroc et son pouvoir de nomination est étendu en matière de fonctions civiles. L’élargissement des prérogatives du Premier ministre s’accompagne cependant de verrous qui peuvent les rendre inopérantes. La tenue d’un Conseil de gouvernement est liée à un accord préalable du Palais Royal sur son ordre du jour. Le Roi peut ainsi opposer son veto à tout sujet qui ne lui agrée pas. Même le pouvoir de désignation aux fonctions civiles accordé au Premier ministre est lié à l’approbation préalable du Roi. En contrepartie de cette modeste délégation de pouvoir, le Roi demeure le chef de l’exécutif et la référence religieuse en tant que « Commandeur des croyants ».

Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran