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Liban : Saad Hariri reprend le combat de son père assassiné

vendredi 22 avril 2005, par Stanislas

Un peu plus de deux mois après l’assassinat, le 14 février, du premier ministre libanais Rafic Hariri, sa famille a annoncé, mercredi 20 avril, que l’un de ses fils, Saad, reprenait le flambeau et faisait son entrée en politique.

"Saad Rafic Hariri assumera la responsabilité et le leadership historique de toutes les affaires nationales et politiques afin de poursuivre la voie de la construction nationale à tous les niveaux, ayant pour objectif le Liban de la dignité et de l’indépendance, le Liban de l’unité nationale" prôné par feu son père et "pour lequel il s’est sacrifié", indique un communiqué publié par la famille au terme de la période de condoléances.
Saad Hariri devait être reçu, jeudi 21 avril à Paris, par le président français Jacques Chirac, ami personnel de l’ancien premier ministre.

L’entrée en politique de Saad, 35 ans, second des fils Hariri ­ l’aîné, Raad, veut demeurer à l’écart de la politique ­, n’était pas acquise d’emblée, mais la période des condoléances, explique un ami de la famille, a fourni un délai de réflexion. Il est alors apparu évident, ajoute cette source, qu’il fallait "donner corps à l’idée que Rafic Hariri se faisait d’un Liban souverain, démocratique, économiquement fort, entretenant des relations privilégiées avec la Syrie, ouvert sur le monde. Les témoignages de sympathie qui se sont exprimés tant au Liban qu’à l’étranger ont conforté l’idée qu’il ne fallait pas renoncer à ce projet politique".

"UNE UNITÉ SANS PRÉCÉDENT"

Dans leur communiqué, l’épouse et les six enfants de Rafic Hariri s’adressent aux "assassins pour leur dire que le Liban ne mourra point à cause de l’assassinat de Rafic Hariri, mais qu’il s’est révolté contre ce crime et l’a affronté grâce à une unité nationale sans précédent. L’heure est désormais à l’Etat de droit". Il n’est pas exclu que Saad Hariri pose sa candidature aux élections législatives prévues à la fin mai.

"L’un des critères de son entrée en lice sera la loi électorale qui doit être adoptée par le Parlement", précise cet ami de la famille. A ce jour, tant le mode de scrutin que le découpage électoral constituent une pomme de discorde entre opposants et loyalistes. Si sa décision était définitivement prise de briguer d’ores et déjà, dans les pas de feu son père, un mandat de député, ce serait son baptême politique.

L’entrée de Saad Hariri en politique n’a pu se faire sans l’assentiment de l’Arabie saoudite et sans doute avec la bénédiction de la France, commente un connaisseur. Outre son coparrainage ­ avec les Etats-Unis ­ de la résolution 1559 de l’ONU exigeant le départ des forces syriennes du Liban, Paris a plaidé dès le début pour une commission d’enquête internationale sur l’assassinat de l’ancien premier ministre. Le prince héritier saoudien, Abdallah Ben Abdel Aziz, est sur la même longueur d’onde. Peu après l’attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri, il avait mis en demeure le président syrien Bachar Al-Assad de mettre fin sans délai à la présence syrienne au Liban.

Diplômé en affaires internationales de l’université de Georgetown, marié et père de deux enfants, Saad (diminutif de Saadeddine) Hariri est, selon sa biographie officielle, le directeur général de Saudi Oger, l’une des plus grandes sociétés du Moyen-Orient, spécialisée dans la construction de projets en Arabie saoudite ainsi qu’en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis, dont le chiffre d’affaires s’élève à plus de 2 milliards de dollars (près de 1,5 milliard d’euros) et qui emploie près de 35 000 personnes.

Il est également président du comité exécutif d’Oger Telecom, qui s’intéresse aux télécommunications au Moyen-Orient et en Afrique, ainsi que d’Omnia Holdings, tout en étant membre du conseil d’administration d’Oger International, de l’Entreprise de travaux internationaux, de Saudi Investment Bank, de Saudi Research and Marketing Group et de Future Television.

Par Mouna Naïm, lemonde.fr