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Beaucoup d’investissements en Algérie pour peu de croissance

mardi 11 novembre 2008, par Rédaction

Les énormes investissements publics en Algérie n’ont produit qu’une modeste croissance économique selon le CNES.

Des investissements massifs en Algérie. La crise financière qui secoue l’économie mondiale et ses répercussions possibles à court et à moyen terme sur l’Algérie nécessite « la mise en place d’un dispositif de veille et un train de mesures de façon préventive », a averti le Conseil national économique et social (CNES) dans sa présentation de la conjoncture économique et sociale du premier semestre 2008. Le CNES a observé que « les menaces nées de la crise n’ont en aucun cas affecté les programmes économiques et d’équipement ni pesé sur les financements » durant cette période. Cependant, à terme, « l’équilibre de la balance des paiements serait compromis en l’absence de mesures d’ajustement de la variable importation », mesures sans lesquelles l’équilibre commercial extérieur ne saurait être préservé, a estimé le CNES qui ne s’est pas hasardé à donner des recommandations à l’intention des pouvoirs publics sur ce dossier. Dans sa note, le CNES s’est limité à reprendre les principaux agrégats économiques et financiers des 6 premiers mois de l’année en cours dont l’essentiel avait déjà été publié dans le rapport semestriel de la Banque d’Algérie. Le CNES a ainsi prévu un taux d’inflation de l’ordre de 3,5 % en 2008 et une croissance de l’ordre de 3,3 % tirée par l’agriculture (+1 %), le BTP (+9,4 %), les services (+7,5 %) et l’industrie dont le taux de croissance devrait atteindre 2 % en 2008.

Le CNES a également soutenu que les signes extérieurs d’amélioration du niveau de vie des citoyens se sont confirmés, en prenant pour exemple notamment l’explosion du marché des véhicules avec 136 000 unités commercialisées durant le premier semestre 2008, en hausse de 58 % par rapport à la même période de l’année dernière. Le CNES souligne, en outre, que le montant des crédits automobiles a atteint plus de 65 milliards de dinars en 2006. Le conseil n’a toutefois pas omis de souligner « les effets négatifs » de la dépendance alimentaire de l’Algérie avec une facture au premier semestre de 3,4 milliards de dollars pour l’importation de céréales, de lait et dérivés, et de médicaments. La diversification de l’économie devient une urgence, estime le CNES. En dépit d’un état des lieux positif dressé par le CNES, les intervenants n’ont pas manqué de relever les lacunes et les contradictions qui subsistent sur le plan économique en mettant en avant les oublis de la note du CNES. Premier a intervenir, le président du Forum des chefs d’entreprise, M. Reda Hamiani, a relevé que l’Algérie investit actuellement 25 % de son PIB pour ne récolter que 6,3 % de croissance hors hydrocarbures. Il s’agit d’une croissance qui n’est pas « endogène car elle n’est pas portée par l’entreprise » et c’est là un aspect qui, selon lui, n’a pas été mentionné par le CNES. Ce dernier a également évité d’évoquer « la dévitalisation » du pays avec « des importations de biens de 35 milliards de dollars, de services de 10 milliards de dollars et de transferts de dividendes à l’étranger de plusieurs milliards de dollars ». M. Hamiani a en outre estimé que le taux de chômage officiel de 11,8 % suscite des interrogations car, selon lui, la véritable création d’emplois se fait dans les entreprises et non par le biais de dispositifs quelconques.

Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
D’après le Jeune Indépendant